Yvonne Marie‑Louise BARATTE est née le 22 août 1910 à Paris.
Fille de Paul Baratte, inspecteur général des ponts et chaussées, et de Madeleine Tenting, elle grandit dans une famille cultivée, avec une sœur aînée, Françoise, et un frère, Jacques BARATTE, futur officier et résistant.
Passionnée d’art, elle étudie à l’École nationale supérieure des arts décoratifs puis à l’École des Beaux‑Arts à Paris, où elle devient peintre, graveur sur bois et illustratrice. Elle expose notamment à l’Exposition universelle de 1937
En 1939, elle sert comme infirmière volontaire à la Croix‑Rouge à Saint‑Dizier, puis au Val‑de‑Grâce, participant à l’évasion de blessés et à la distribution de fausses identités.
Poussée par son humanisme chrétien, elle fonde au printemps 1942, avec Marie‑Hélène Lefaucheux, l’Œuvre Sainte‑Foy, service social clandestin de la Résistance.
Missions et actions
Par l’Œuvre Sainte‑Foy, elle organise l’envoi de plusieurs centaines de colis mensuels (1942–1944) aux prisons allemandes pais pour y acheminer nourriture, vêtements, et renseignements. En 1944, elle prend la tête des liaisons féminines FFI dans le 7ᵉ arrondissement de Paris .
Arrestation / déportation
Le 11 juillet 1944, la Gestapo l’arrête à son domicile (31 avenue Henri‑Martin), la torture rue de la Pompe, puis elle est internée à Fresnes puis Romainville.
Elle est déportée le 15 août 1944 dans le convoi I.264 vers Ravensbrück (matricule 57769), puis envoyée dans des Kommandos à Torgau, Königsberg et Rechlin.
Elle meurt d’une dysenterie sévère au Revier de Ravensbrück le 25 mars 1945, quelques jours avant la libération du camp.
Camarades de combat
Elle collabore étroitement avec Marie‑Hélène Lefaucheux (cofondatrice), plusieurs bénévoles de l’Œuvre Sainte‑Foy – dont Marcelle Bidault et Irène Demarteau – ainsi qu’avec les liaisons FFI féminines. Ses compagnes de déportation, comme Yvonne Pagniez et Sunneva Sandoe, témoignent de son soutien moral dans les camps
Décorations
Légion d’honneur (chevalier)
Médaille de la résistance Française avec rosette à titre posthume par décret du 03 octobre 1946 JO 13 octobre 1946 source Ordre de la libération
Chevalier de l’Ordre de la Santé publique
Grande médaille d’honneur de la Croix‑Rouge française
Mention« Mort en déportation »
Côte du dossier : 1O2610
Côte du dossier : 1O2610
Rues ou lieux de mémoire
– Villette (Meurthe‑et‑Moselle) : une rue porte son nom depuis 1968
– Saint‑Nazaire (Loire‑Atlantique) : allée Yvonne Baratte inaugurée en 2007, clarifiée en 2014 pour honorer la résistante parisienne
– Son nom figure aussi sur les monuments aux morts de Villette et dans l’église Saint‑Symphorien, ainsi que dans une crypte dédiée dans le 15ᵉ arrondissement de Paris
Bibliographie
– Notre Yvonne. Yvonne Baratte 1910–1945, par Nicole Le Prat, Éditions Cheminements, 2005. Cet ouvrage détaille sa vie artistique, son engagement humanitaire, la création de l’Œuvre Sainte‑Foy, son arrestation, et retrace sa déportation et témoignages posthumes.
– Œuvre Sainte‑Foy, service social de la Résistance, par L. Mouly, in Musée de la Résistance en ligne, 2015. Étude du fonctionnement concret de l’Œuvre Sainte‑Foy, de la confection des colis à la liaison avec les MUR et le COSOR.
Références internet
– Wikipedia – Yvonne Baratte : notice exhaustive, retrace sa formation, l’œuvre Sainte‑Foy, arrestation, déportation, décorations, et odonymie. fr.wikipedia.org
– Wikimedia Commons – Étiquette de l’Œuvre Sainte‑Foy : visuel historique des colis envoyés. commons.wikimedia.org+7commons.wikimedia.org+7calameo.com+7
– Archives Nationales (Facebook) : article sur la torture et arrestation de Yvonne Baratte par la Gestapo. gw.geneanet.org+10facebook.com+10calameo.com+10