La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BALOCHE François

François BALOCHE, né le 11 novembre 1913 à Littry-les-Mines / Le Molay-Littry (Calvados, France), mort le 1er décembre 1987 à Caen (Calvados, France)

François Baloche naît dans le Calvados le 11 novembre 1913. La notice officielle le présente comme employé à la SNCF au moment de la mobilisation. Il est mobilisé le 26 août 1939 dans la défense du littoral. Ces éléments sont confirmés par l’Ordre de la Libération et par le Musée de la Résistance en ligne.

Engagement dans la Résistance

Évadé de France le 18 juin 1940, il arrive en Angleterre le lendemain à bord du chalutier Argo. Il est incorporé dans les Forces navales françaises libres le 1er juillet 1940 sous le matricule 4900 FNFL 40. Cette entrée très précoce dans la France libre est clairement confirmée par la notice officielle. Dans son cas, l’engagement résistant se confond d’abord avec l’engagement militaire dans les FNFL, avant de prendre ensuite une dimension clandestine lorsqu’il est envoyé en mission pour le BCRA.

Appartenance à un réseau ou mouvement

François Baloche appartient d’abord aux FNFL, puis à la Compagnie de fusiliers marins français formée autour de Philippe Kieffer et intégrée au Commando interallié n° 10. En octobre 1943, il est affecté au BCRA de Londres comme chargé de mission de 3e classe, assimilé au grade de sous-lieutenant. La notice officielle permet donc de retenir avec sûreté une appartenance successive aux FNFL, au commando Kieffer / No. 10 Inter-Allied Commando, puis au BCRA.

Missions et actions

Après avoir servi sur le cuirassé Courbet, puis sur les avisos Amiens et Arras, François Baloche rejoint le 20 février 1942 le commando en cours de formation de Philippe Kieffer. La notice officielle suit précisément sa formation à Skegness, puis à Achnacarry en Écosse, avant son intégration à la Troop 1 du Commando n°10 en juillet 1942.

Le 19 août 1942, lors du raid de Dieppe, son groupe aborde la côte près de Vasterival. La notice officielle précise que Baloche lance des grenades qui contribuent à détruire la batterie ennemie. Elle cite surtout sa citation à l’ordre des FNFL, qui le décrit comme ayant fait preuve de « courage, de cran, d’initiative et d’audace », ayant pris d’assaut une batterie ennemie, neutralisé une mitrailleuse et permis la destruction de deux canons. Pour cette action, il reçoit la Military Medal, présentée comme décernée pour la première fois à un soldat français, ainsi que la Médaille militaire le 12 février 1943.

En mars 1944, il est parachuté en France à Poisseul-la-Grange pour être mis à la disposition d’André Rondenay dans le cadre du plan Tortue. Il prend alors le pseudonyme Lucien Bisson. Cette partie de son parcours est essentielle car elle marque le passage du commando de choc à la mission clandestine intérieure.

Arrestation / évasion / déportation

François Baloche est arrêté par la Gestapo à Paris, au pont de l’Alma, le 20 mars 1944. Il est emprisonné à Fresnes, transféré à Compiègne le 10 juin 1944, puis déporté le 18 juin 1944.

La notice officielle ajoute qu’il s’évade du kommando d’Allach le 3 mai 1945 et revient en France le 19 mai 1945. L’ensemble de cette séquence est cohérent entre l’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne.

Camarades de combat

Deux noms ressortent avec certitude : Philippe Kieffer, chef de la compagnie de fusiliers marins français, et André Rondenay, auquel Baloche est mis à disposition pour la mission liée au plan Tortue. Je m’en tiens à ces noms, car ils sont explicitement attestés par la notice officielle.

Retour à la vie civile

Après la guerre, François Baloche est mis à disposition de la section Marine de la DGER le 16 septembre 1945, puis du ministère de la Marine le 23 juillet 1946. Il est promu maître principal fusilier le 1er janvier 1952, part en Extrême-Orient en décembre 1953 et combat en Indochine de janvier à août 1954. Le 29 août 1955, il est nommé capitaine d’armes de la marine à Phnom Penh. Il prend sa retraite militaire en février 1958.

Décorations

  • Médaille de la Résistance française avec rosette  par décret du 3 août 1946, JO du 13 octobre 1946.
  • La Légion d’honneur par décret du 20 août 1946 puis un passage au grade d’officier par décret du 7 mai 1958.
  • Médaille militaire le 12 février 1943.  
  • La Military Medal britannique  

La Croix de guerre 1939-1945 avec palme mention confirmée par source institutionnelle secondaire, sans décret retrouvé ici.

Lieux de mémoire

Nous n’avons  pas retrouvé, au cours de cette recherche de voie, place, établissement ou plaque publique portant avec certitude le nom de François Baloche.

Références bibliographiques

Les Français libres, Fondation de la France Libre et auteurs divers, divers éditeurs.Les ouvrages généraux sur les Français libres permettent de replacer François Baloche dans l’histoire du ralliement précoce à Londres, de la marine de la France libre et des commandos de Kieffer. Ils éclairent particulièrement les étapes de formation en Grande-Bretagne, le raid de Dieppe et la culture combattante des volontaires de 1940. Pour Baloche, ils sont indispensables afin de comprendre la continuité entre engagement militaire et mission clandestine.

Ouvrages sur les commandos Kieffer et Dieppe, historiographie militaire spécialisée, divers auteurs et éditeurs.Ces travaux permettent au lecteur d’entrer dans le détail du rôle joué par les fusiliers marins français dans les commandos britanniques. Ils donnent des repères sur l’entraînement à Achnacarry, l’opération de Dieppe, l’action sur les batteries côtières et les formes de reconnaissance militaire obtenues à la suite du raid. Ils sont essentiels pour contextualiser l’épisode majeur de la carrière de Baloche.

Références internet

L’Ordre de la Libération et son musée La notice officielle fournit l’ossature la plus sûre de la biographie : départ pour l’Angleterre, FNFL, commandos de Kieffer, Dieppe, mission BCRA, arrestation, déportation, évasion et médaille de la Résistance. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/francois-emile-auguste-baloche

Musée de la Résistance en ligneLe média biographique consacré à François Baloche complète utilement la notice officielle, notamment pour l’analyse des décorations visibles sur la photographie et pour la confirmation du parcours commando et clandestin. https://museedelaresistanceenligne.org/media8975-Franois-Baloche

Les Français Libres Cette base apporte un bon recoupement sur la date de décès, le profil de marin, les affectations principales et le dossier administratif de résistant. Elle est utile pour confirmer les grandes lignes sans remplacer les sources primaires. https://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=2734

Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD

Oui pour le signalement du dossier. Le répertoire SHD des résistants donne GR 16 P 29750. L’inventaire SHD des agents de réseaux mentionne également GR 28 P 4 305 / 1. La notice de l’Ordre de la Libération donne la cote 1O2452 pour le dossier de médaille de la Résistance.

Observations

Le dossier est historiquement solide. Les principaux points bien assurés sont le ralliement de juin 1940, l’appartenance aux FNFL puis aux commandos Kieffer, l’action de Dieppe, la mission BCRA, l’arrestation de mars 1944, la déportation et l’évasion d’Allach. La seule divergence notable concerne la forme du lieu de naissance, variation toponymique sans effet sur l’identification. Pour la Légion d’honneur et certaines décorations complémentaires, la source institutionnelle secondaire est crédible, mais les décrets primaires n’ont pas été retrouvés dans cette passe ; je les ai donc distingués des décorations pleinement sécurisées.

La principale divergence porte sur le lieu exact de naissance. La notice de l’Ordre de la Libération donne le lieu normalisé actuel Le Molay-Littry, alors que le corps de la biographie officielle et le Musée de la Résistance en ligne écrivent Littry-les-Mines. Il ne s’agit pas d’une contradiction de fond mais d’une variation toponymique. J’ai retenu la formulation Littry-les-Mines / aujourd’hui Le Molay-Littry.

Sources consultées le 11 mars 2026

  • Ordre de la Libération, notice officielle François Baloche : biographie complète, mission BCRA, déportation, décès, médaille de la Résistance.
  • Musée de la Résistance en ligne : média biographique, analyse des décorations, confirmations de parcours.
  • Les Français Libres : recoupement sur le décès, les affectations et le dossier de résistant.
  • SHD, inventaires et répertoires : cotes GR 16 P et GR 28 P signalées.
  • Mémoire Vive de la Résistance : absence de fiche nominative individuelle identifiée dans cette recherche.

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