Alfred BALACHOWSKY, né le 15 août 1901 à Korotcha / Karotcha (Russie, aujourd’hui oblast de Koursk, Russie), mort le 24 décembre 1983 à Saint-Mandé (Val-de-Marne, France)
La notice officielle de l’Ordre de la Libération présente Alfred Balachowsky comme né en Russie dans une famille liée à l’agronomie, arrivé jeune en France, puis élève de l’École nationale supérieure d’agronomie de Rennes à partir de 1921. Elle suit ensuite son installation professionnelle en Algérie, puis son retour en métropole, ses travaux de zoologie agricole et sa thèse soutenue à la Sorbonne en 1932. Cette formation d’agronome et d’entomologiste explique la place scientifique qu’il occupe au début de la guerre.
La notice officielle affirme qu’« très rapidement, il entre dans la Résistance » après sa démobilisation de juillet 1940 et qu’il rejoint le réseau Prosper de la section F du SOE britannique. Le Musée de la Résistance en ligne confirme cette appartenance à SOE Prosper et situe ses lieux d’action en Île-de-France.
Appartenance à un réseau ou mouvement
L’appartenance au réseau Prosper, section F du SOE, est confirmée à la fois par l’Ordre de la Libération et par le Musée de la Résistance en ligne.
Selon la notice officielle, à la demande de Francis Suttill, Alfred Balachowsky organise les liaisons radio du réseau à l’École nationale d’agriculture de Grignon, où il enseigne la zoologie. Il prend part aux rencontres clandestines, transmissions, contacts avec les envoyés alliés et parachutages de personnes, de matériel de transmission et d’armement. Le Musée de la Résistance en ligne confirme la centralité de Grignon dans son action et son rôle dans le réseau Prosper.
Son parcours concentrationnaire fait aussi partie intégrante de son action résistante. Arrêté en juillet 1943, il est déporté à Buchenwald puis envoyé à Dora avant d’être ramené à Buchenwald.
La notice officielle précise qu’au « bloc des cobayes », sa compétence scientifique lui permet d’occuper une position relativement protégée, qu’il utilise pour aider d’autres détenus.
Elle indique qu’il sauve de l’exécution Yeo-Thomas, Stéphane Hessel et Henri Peulevé en leur faisant prendre l’identité de cadavres.
Cette affirmation, spectaculaire, ne repose ici que sur la notice officielle et des reprises secondaires .
Arrestation / évasion / déportation
Le 1er juillet 1943, la police allemande investit l’École de Grignon ; le lendemain, Balachowsky est arrêté à son domicile de Viroflay. Le Musée de la Résistance en ligne confirme la date d’arrestation du 2 juillet 1943. Après Fresnes puis Compiègne, il est déporté le 16 janvier 1944 à Buchenwald, puis transféré à Dora. Le Musée de la Résistance en ligne confirme la date de déportation et la date de rapatriement au 22 avril 1945. Il est libéré par l’armée Patton le 11 avril 1945.
Camarades de combat
Le seul camarade de combat qu’il soit pleinement sûr de citer ici est Francis Suttill, chef du réseau Prosper, explicitement nommé par la notice officielle. Les noms de Yeo-Thomas, Stéphane Hessel et Henri Peulevé apparaissent dans le contexte concentrationnaire.
Retour à la vie civile
Après son rapatriement il est accueilli à l’Institut Pasteur, où il avait été nommé en 1943 à la tête du laboratoire de parasitologie végétale. Il a eu aussi un rôle de témoin au procès de Nuremberg, puis sa carrière au Muséum national d’histoire naturelle. Le retour à la vie civile s’opère donc par la reprise immédiate de la carrière scientifique, étroitement liée au devoir de témoignage.
Décorations
- La Médaille de la Résistance française avec rosette par décret du 17 mars 1947, JO du 27 mars 1947.
- Légion d’honneur,
- Croix de guerre 1939-1945,
- Croix du combattant volontaire de la Résistance et des décorations étrangères sont mentionnées par des sources secondaires spécialisées.
Lieux de mémoire
Nous n’avons pas identifié, dans cette recherche, de rue ou d’établissement portant son nom.
Références bibliographiques
Buchenwald par ses témoins. Histoire et dictionnaire du camp de concentration de Buchenwald-Dora et de ses Kommandos (1937-1945), sous la direction d’Olivier Lalieu, Belin, 2014.Cet ouvrage permet de replacer Alfred Balachowsky dans le contexte concentrationnaire de Buchenwald et Dora, en confrontant le parcours individuel à l’histoire générale du camp. Il est particulièrement utile pour vérifier les épisodes liés à son activité au bloc 50 et à son rôle auprès d’autres détenus.
La vie et l’œuvre d’Alfred Balachowsky, Jean Dorst, La Vie des sciences, Académie des sciences, 1984.Ce texte d’hommage savant éclaire la carrière scientifique de Balachowsky après-guerre et permet de mieux comprendre le poids de l’homme de science dans le résistant et le témoin. Il est précieux pour articuler biographie intellectuelle et itinéraire mémoriel.
Références internet
L’Ordre de la Libération et son musée La notice officielle fournit la base la plus solide pour la chronologie de guerre, l’appartenance au réseau Prosper et la confirmation de la médaille de la Résistance avec rosette. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/alfred-balachowsky
Musée de la Résistance en ligne La fiche de personne et la photographie d’identité confirment l’appartenance à SOE Prosper, la date d’arrestation, la déportation et le rapatriement. Le site est particulièrement utile pour sécuriser l’ossature factuelle de la répression subie. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=21593
Service historique de la Défense Le SHD signale l’existence d’un dossier individuel de personnel d’Alfred Balachowsky dans la série AC 21 P. Cette indication est importante pour une vérification archivistique ultérieure de l’homologation résistante. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Oui pour le signalement d’archive : AC 21 P 659928 dans l’inventaire SHD consulté par le moteur du site ; la notice de l’Ordre de la Libération donne en outre la cote 1O2342 pour le dossier de médaille de la Résistance.
Observations
Contradictions relevées
La principale divergence porte sur l’orthographe du lieu de naissance : Korotcha dans la notice officielle de l’Ordre de la Libération, Karotcha dans le Musée de la Résistance en ligne. J’ai retenu la forme Korotcha / Karotcha, en signalant la variation, car les deux sources convergent sur la même localité russe et la même date de naissance.
Une autre divergence potentielle concerne la nationalité. Alfred Balachowsky naît en Russie, mais des sources secondaires rappellent sa naturalisation française en 1932.
Le lieu de décès à Saint-Mandé n’apparaît pas dans la notice de l’Ordre de la Libération, qui ne donne que la date. J’ai retenu Saint-Mandé parce que cette information converge entre des autorités documentaires et bibliographiques sérieuses.
Sources consultées le 11 mars 2026
- Ordre de la Libération, notice officielle Alfred Balachowsky : biographie, réseau, médaille, cote de dossier.
- Musée de la Résistance en ligne : fiche personne, photographie, dates d’arrestation, déportation et rapatriement.
- SHD : signalement du dossier individuel de personnel et cote AC 21 P.
- Data BnF / Persée / sources d’autorité : confirmation du décès en 1983 et de Saint-Mandé.