La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BAKOS Joseph

Joseph BAKOS, né le 19 mars 1902 à Szabadszállás, en Hongrie, mort au combat le 26 octobre 1944 à Ronchamp (Haute-Saône), de nationalité hongroise, légionnaire des Forces françaises libres, sergent de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 7 mars 1945.

Jeunesse et formation

Les sources institutionnelles consultées renseignent peu son milieu familial ou sa scolarité. Joseph Bakos est né en Hongrie le 19 mars 1902. Il quitte son pays et s’engage en 1923 à Chambéry dans la Légion étrangère. Il sert pendant deux ans au 1er Régiment étranger d’infanterie, avant de passer au 3e REI pour participer à la campagne du Maroc de 1924-1925.

Le 28 mai 1925, à Tilmirat, il est blessé par balle à la jambe. En décembre 1925, il revient au 1er REI, où il demeure jusqu’à l’expiration de son contrat en septembre 1928. Il quitte alors temporairement la vie militaire et s’installe à Nice, où il exerce le métier de boulanger.

En décembre 1931, il se réengage à Nice. Après un nouveau passage au 1er REI en 1931-1932, il est affecté au 2e REI, d’abord en Algérie puis au Maroc. Il participe aux opérations militaires de 1933-1934. Promu caporal en novembre 1936, il devient chef de pièce de mortier, fonction qu’il exerce successivement au 2e puis au 1er REI.

Engagement dans la Résistance

Au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Joseph Bakos se trouve en Afrique du Nord. Il est intégré au corps expéditionnaire français envoyé en Scandinavie sous les ordres du général Antoine Béthouart et participe aux combats de Bjerkvik et de Narvik pendant la campagne de Norvège.

Rapatrié en Grande-Bretagne avec la Légion étrangère le 18 juin 1940, il choisit de ne pas rentrer en France. Il s’engage officiellement dans les Forces françaises libres le 1er juillet 1940. Ce choix fait de son parcours un engagement relevant de la Résistance extérieure et de la France libre.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Joseph Bakos appartient à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE), unité Compagnon de la Libération. L’instrument de recherche institutionnel consacré aux unités militaires Compagnons confirme expressément son appartenance à cette formation.

Il combat d’abord au 1er Bataillon de Légion étrangère, puis rejoint en janvier 1944 le 3e Bataillon de Légion étrangère (3e BLE), où il sert à la compagnie lourde.

Missions et actions

Après son ralliement, Joseph Bakos participe avec la 13e DBLE à l’expédition de Dakar, puis à la campagne du Gabon. Il poursuit la guerre en Érythrée, où il participe notamment aux combats de Keren et de Massaoua. Son comportement au feu lui vaut une citation à l’ordre de la brigade pour son calme et son sang-froid.

Après la campagne de Syrie, il combat en Libye. Il est promu sergent en juillet 1942. Il prend ensuite part aux opérations d’El Alamein en octobre 1942, puis à la campagne de Tunisie en mai 1943.

En janvier 1944, il rejoint le 3e BLE. Affecté à sa compagnie lourde, il participe à la campagne d’Italie. Il débarque ensuite en Provence le 18 août 1944 et remonte vers le nord avec les forces de la France libre engagées dans la libération du territoire.

Le 26 octobre 1944, à Ronchamp, en Haute-Saône, son unité est engagée contre une patrouille allemande. Alors que la situation provoque de l’agitation parmi ses hommes, Joseph Bakos quitte son abri pour les calmer. Il est mortellement atteint par des éclats d’obus.

Sa nomination comme Compagnon intervient après sa mort : le décret du 7 mars 1945 lui attribue la Croix de la Libération à titre posthume. Son fonds personnel conserve notamment le mémoire de proposition de 1944 et l’ampliation du décret datée du 17 mars 1945.

Arrestation / évasion / déportation

Les sources consultées ne font apparaître aucune arrestation, captivité, évasion ou déportation concernant Joseph Bakos pendant la Seconde Guerre mondiale.

Son parcours est celui d’un combattant régulier de la France libre engagé successivement en Afrique, au Moyen-Orient, en Italie puis en France.

Camarades de combat

La documentation établit son appartenance à la 13e DBLE, au sein de laquelle il combat pendant l’essentiel de la guerre. L’instrument institutionnel des unités militaires Compagnons permet d’identifier de nombreux autres Compagnons appartenant à cette formation, notamment René Babonneau, Gabriel Bablon, Dimitri Amilakvari, Pierre Koenig et plusieurs dizaines d’autres combattants.

Il convient cependant de ne pas transformer cette appartenance commune en relations personnelles non établies par les sources. La documentation actuellement accessible permet d’affirmer leur appartenance à la même formation combattante, mais non de reconstituer précisément le cercle personnel de Joseph Bakos.

Retour à la vie civile

Joseph Bakos n’a pas connu de retour à la vie civile après la Libération.

Après son débarquement en Provence le 18 août 1944, il poursuit sans interruption les opérations avec son unité jusqu’à sa mort au combat à Ronchamp le 26 octobre 1944, à quarante-deux ans.

Il est inhumé à la Nécropole nationale de Rougemont, dans le Doubs.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Cette décoration est expressément attestée par la notice institutionnelle. La date exacte de nomination n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques directement consultées.

Compagnon de la Libération à titre posthume. Source : Ordre de la Libération. Décret du 7 mars 1945. Le fonds personnel 1 A 44 conserve un mémoire de proposition de 1944 ainsi qu’une ampliation du décret datée du 17 mars 1945.

Médaille militaire. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée par la notice institutionnelle ; sa date d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude.

Croix de guerre 1939-1945. Source : Ordre de la Libération. La décoration est attestée par la notice institutionnelle. Celle-ci mentionne par ailleurs une citation à l’ordre de la brigade obtenue pendant la campagne d’Érythrée ; les caractéristiques complètes de l’ensemble des citations n’ont pas été suffisamment établies pour leur attribuer ici un nombre précis.

Croix du combattant. Source : Ordre de la Libération. La décoration figure expressément dans la liste institutionnelle des distinctions de Joseph Bakos.

Médaille coloniale avec agrafe « Maroc 1925 ». Source : Ordre de la Libération. La décoration et l’agrafe sont expressément mentionnées par la notice institutionnelle.

Médaille des Blessés. Source : Ordre de la Libération. La distinction est expressément mentionnée par la source institutionnelle. La blessure par balle reçue le 28 mai 1925 à Tilmirat est également documentée par cette même source.

Lieux de mémoire

Szabadszállás, en Hongrie, constitue son lieu de naissance, le 19 mars 1902.

Narvik, Keren, Massaoua, El Alamein, les champs de bataille de Tunisie et d’Italie et la Provence jalonnent ensuite son parcours de combattant de la France libre.

Ronchamp (Haute-Saône) est son lieu de mort au combat, le 26 octobre 1944.

La Nécropole nationale de Rougemont (Doubs) conserve sa sépulture. L’inventaire du fonds personnel 1 A 44 montre que l’Ordre de la Libération a également constitué un dossier documentaire consacré à cette sépulture, comprenant notamment une fiche et plusieurs courriers échangés entre 2002 et 2004.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023.

Références internet

Ordre de la Libération — notice officielle de Joseph BAKOS — Source institutionnelle principale pour l’état civil, la carrière dans la Légion étrangère, la campagne du Maroc, Narvik, le ralliement aux FFL, les campagnes d’Afrique et du Moyen-Orient, El Alamein, l’Italie, la libération de la France, la mort au combat, la sépulture et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/joseph-bakos

Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre B — Identification du fonds personnel 1 A 44, de son contenu et du dossier d’homologation GR 16 P 28485.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — archives des unités militaires Compagnons — Confirmation institutionnelle de l’appartenance de Joseph Bakos à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Wikipédia — Joseph Bakos — Source secondaire détaillée consultée conformément au protocole et confrontée aux sources institutionnelles pour le parcours militaire et les distinctions.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Bakos

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense, Vincennes — GR 16 P 28485, Joseph BAKOS.

L’instrument de recherche officiel des archives de l’Ordre de la Libération identifie explicitement le dossier d’homologation des services de Résistance GR 16 P 28485, BAKOS Joseph.

Cette vérification porte sur l’existence et la cote du dossier dans l’instrument archivistique. Le dossier original GR 16 P 28485 n’a pas été matériellement dépouillé pièce par pièce lors des présentes recherches ; son contenu ne doit donc pas être présenté comme directement consulté.

Le fonds personnel conservé par l’Ordre de la Libération est coté 1 A 44. Son inventaire mentionne notamment un mémoire de proposition pour la Croix de la Libération de 1944, l’ampliation du décret du 17 mars 1945, la carte de Compagnon de 1949, des documents provenant du Musée de la Légion étrangère et plusieurs pièces relatives à sa sépulture.

Observations

La graphie française institutionnelle du lieu de naissance est « Szabadszallac » ; la graphie hongroise moderne est Szabadszállás. Il s’agit du même lieu.

La nationalité de Joseph Bakos est explicitement donnée comme hongroise par l’Ordre de la Libération. Les sources consultées pour cette notice n’ont pas permis d’établir avec suffisamment de certitude une éventuelle naturalisation française avant son décès ; aucune naturalisation n’est donc affirmée ici.

Aucune homonymie susceptible de confondre ce parcours n’a subsisté après confrontation de la date et du lieu de naissance, de l’appartenance à la 13e DBLE, de la mort à Ronchamp et de la cote GR 16 P 28485.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau A — Fiabilité élevée.

L’identité, les principales étapes de carrière, le ralliement aux Forces françaises libres, les campagnes, l’appartenance à la 13e DBLE, la mort au combat et les principales décorations sont établis par l’Ordre de la Libération. L’instrument archivistique institutionnel confirme indépendamment le fonds personnel 1 A 44 et le dossier SHD GR 16 P 28485.

Chronologie

DateÉvénement
19 mars 1902Naissance à Szabadszállás, en Hongrie.
1923Engagement à la Légion étrangère à Chambéry ; 1er REI.
1924-1925Campagne du Maroc avec le 3e REI.
28 mai 1925Blessé par balle à la jambe à Tilmirat.
Décembre 1925Retour au 1er REI.
Septembre 1928Fin de son premier engagement ; devient boulanger à Nice.
Décembre 1931Se réengage dans la Légion étrangère.
1932-1934Sert au 2e REI ; opérations en Algérie et au Maroc.
Novembre 1936Promu caporal ; chef de pièce de mortier.
1940Campagne de Norvège ; combats de Bjerkvik et Narvik.
18 juin 1940Arrive en Grande-Bretagne avec la Légion étrangère.
1er juillet 1940S’engage dans les Forces françaises libres.
1940Dakar puis campagne du Gabon.
1941Campagne d’Érythrée ; Keren et Massaoua ; campagne de Syrie.
Juillet 1942Promu sergent.
Octobre 1942Participe aux opérations d’El Alamein.
Mai 1943Campagne de Tunisie.
Janvier 1944Rejoint le 3e BLE, compagnie lourde.
1944Campagne d’Italie.
18 août 1944Débarque en Provence.
26 octobre 1944Mort au combat à Ronchamp.
7 mars 1945Nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.
17 mars 1945Ampliation du décret conservée dans le fonds 1 A 44.

Sources consultées le 19 septembre 2026

Ordre de la Libération — notice officielle de Joseph BAKOS — Source principale pour l’état civil, le parcours dans la Légion étrangère, la campagne de Norvège, le ralliement à la France libre, Dakar, le Gabon, l’Érythrée, la Syrie, El Alamein, la Tunisie, l’Italie, le débarquement de Provence, la mort à Ronchamp, la sépulture et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/joseph-bakos

Ordre de la Libération — instrument de recherche des archives des Compagnons, lettre B — Vérification du fonds personnel 1 A 44, des pièces relatives à l’attribution de la Croix de la Libération et du dossier d’homologation GR 16 P 28485.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Ordre de la Libération — archives des unités militaires Compagnons — Contrôle de l’appartenance de Joseph Bakos à la 13e DBLE.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_unites_militaires_20260319.pdf

Wikipédia — Joseph Bakos — Source secondaire détaillée utilisée comme contrôle complémentaire du parcours et des distinctions, les éléments essentiels ayant été vérifiés dans les sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Bakos

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