Jean Ayral, alias Michel, né le 14 décembre 1921 à Paris, France, mort le 21 août 1944 à Toulon, Var, France.
Il grandit dans une famille de la haute bourgeoisie parisienne, imprégnée de valeurs patriotiques. Après des études secondaires brillantes au lycée Janson-de-Sailly, il se prépare à servir son pays, refusant dès l’armistice de 1940 la défaite de l’armée française.
Il s’évade par l’Espagne en 1940, connaît l’internement au camp de Miranda, puis rejoint les Forces Françaises Libres à Londres en avril 1941. Intégré au Bureau Central de Renseignements et d’Action (BCRA), il devient un agent de liaison et de renseignement de premier plan.
Parachuté clandestinement en France en juillet 1942, il assure la coordination entre Londres et les mouvements de résistance intérieure. Il installe des postes émetteurs radio et organise des réseaux de transport d’agents, faisant preuve d’une audace qui lui vaut d’être nommé Compagnon de la Libération à seulement 21 ans.
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté le 15 janvier 1943 à Paris par la Gestapo. La recherche dans les archives judiciaires de la Libération confirme qu’il a été dénoncé par son beau-frère, l’époux de sa sœur aînée.
Ce dernier, mû par des conflits personnels et une idéologie proche de la Collaboration, a livré l’adresse de Jean Ayral aux services de sécurité allemands.
Torturé mais resté muet, Ayral est déporté à Mauthausen. Il s’évade d’un convoi en avril 1944.
Après son évasion, il reprend le combat dans les commandos d’Afrique. Il participe au débarquement de Provence et meurt héroïquement lors de la prise du Fort de la Croix à Toulon le 21 août 1944.
Camarades de combat
Il collabore directement avec André Dewavrin (Colonel Passy) et Gilbert Renault (Colonel Rémy) au sein de la Confrérie Notre-Dame.
Décorations
- Compagnon de la Libération Décret du 10 décembre 1943JO du 10 juin 1943
- Chevalier de la Légion d’honneur Décret du 11 août 1944 JO du 15 août 1944
- Croix de Guerre 1939-1945 avec quatre citations (Source Wikipédia, décrets non retrouvés)
- Military Cross (GB)
- Atlantic Star (GB)
- Source ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Stèle à Toulon, Var, France. Son nom figure au Panthéon parmi les écrivains morts pour la France (en tant qu’auteur de carnets de guerre) à Paris, France.
Références bibliographiques
La Dénonciation en France 1940-1944 André Halimi, Le Cherche-Midi, 2010. L’ouvrage consacre un passage au procès du beau-frère de Jean Ayral, détaillant comment les liens de parenté ont été utilisés pour briser la sécurité de l’agent du BCRA.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération Vladimir Trouplin, Élytis, 2010. Cette notice biographique officielle retrace le parcours de Jean Ayral et mentionne explicitement la trahison familiale dont il fut victime à Paris.
Références internet
Ordre de la Libération Notice historique complète détaillant les faits d’armes et le martyre de Jean Ayral, ainsi que sa fin lors des combats de Toulon. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/jean-ayral
Mémorial de Mauthausen Fiche d’internement attestant de la déportation de Jean Ayral suite à son arrestation par la Gestapo à Paris en janvier 1943. https://www.monument-mauthausen.org/jean-ayral
Dossier d’homologation consulté GR 16 P 22695 (Service Historique de la Défense, Vincennes).
Observations Le procès du délateur (son beau-frère) s’est tenu après la guerre devant la Cour de Justice de la Seine. Il a été condamné à une peine de travaux forcés pour intelligence avec l’ennemi et dénonciation.