La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

AYYAZ Magdeleine Blanche Noelie née Croset, alias Souris,

Magdeleine Blanche Noelie AYYAZ, née Madeleine CROSET, née le 4 novembre 1913 à L’Isle-sur-la-Sorgue, Vaucluse, France, morte le 30 octobre 2011 à Saint-Didier, Vaucluse, France.

Les sources consultées présentent Magdeleine Blanche Noelie Ayyaz sous son nom de naissance Madeleine Croset. Elles la disent née à L’Isle-sur-la-Sorgue, dans une famille d’industriels. La notice biographique de l’Ordre de la Libération précise qu’elle est la fille d’Émile et de Marie-Jeanne Croset et qu’elle grandit avec un frère et une sœur. La même source indique qu’elle est infirmière de formation.

Une divergence demeure toutefois sur l’année de naissance : la base des médaillés de l’Ordre de la Libération indique le 4 novembre 1913, tandis que la biographie développée du même site indique le 4 novembre 1911. En l’état du recoupement, nous retenons 1913 pour l’identification, car cette date correspond à la fiche nominative de médaillée et aux sources mémorielles locales consultées.

Engagement dans la Résistance

Les sources consultées permettent d’établir qu’elle entre dans la Résistance à Lyon, à l’âge de vingt-neuf ans selon la notice de l’Ordre de la Libération. Les lacunes documentaires ne permettent pas de préciser ses motivations personnelles avec certitude. La source institutionnelle la présente comme engagée dans une structure clandestine de renseignement, tandis que les sources locales de L’Isle-sur-la-Sorgue rappellent son rôle de résistante déportée revenue vivante des camps.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Les sources concordent pour la rattacher au réseau Alliance. La notice de l’Ordre de la Libération affirme qu’elle « prend la tête du réseau Alliance » ; une source mémorielle du réseau Alliance la présente plus prudemment comme l’une des responsables du secteur lyonnais dit « Villa ». Afin d’éviter toute surinterprétation hiérarchique, il est plus sûr d’écrire qu’elle appartient au réseau Alliance et y exerce des responsabilités à Lyon.

Missions et actions

Les sources consultées ne permettent pas de reconstituer en détail l’ensemble de ses missions. L’Ordre de la Libération décrit Alliance comme une structure clandestine d’information et de renseignement. Une source associative sur le réseau Alliance indique qu’Alexandre Lazard, agent de renseignements et de liaison du secteur lyonnais « Villa », effectuait des missions d’observation pour le compte de Madeleine Croset, ce qui confirme qu’elle exerçait au moins des fonctions d’encadrement ou de coordination dans ce secteur. Les sources consultées ne permettent pas de préciser davantage ses actions quotidiennes sans recourir à des hypothèses.

Arrestation / évasion / déportation

Selon la notice de l’Ordre de la Libération, elle est dénoncée par un infiltré puis arrêtée par la Gestapo le 2 février 1943.

Cette même source indique qu’elle subit un interrogatoire brutal au fort de Montluc, puis connaît un parcours carcéral passant notamment par Châlons, Fresnes, Offenburg, Freiburg, Stuttgart, Gottezel, Gottbus et enfin Ravensbrück.

Jugée les 17 et 18 février 1944 par un tribunal allemand, elle est condamnée à mort, mais la sentence est ensuite commuée.

Les sources locales de L’Isle-sur-la-Sorgue confirment au minimum son arrestation en 1943, sa déportation à Ravensbrück et son retour vivant. L’Ordre de la Libération précise qu’elle quitte Ravensbrück le 23 mai 1945, transite par Göteborg en Suède, puis regagne la France.

Camarades de combat

Les sources locales rappellent sa proximité ultérieure avec Germaine Tillion, revenue elle aussi de Ravensbrück. Une source associative sur le réseau Alliance établit qu’Alexandre Lazard, alias Reille, travaille dans le secteur lyonnais sous sa responsabilité.

Retour à la vie civile

Après son retour, elle reprend une activité dans le domaine médical, d’abord comme infirmière puis comme sage-femme. Les sources locales ajoutent qu’elle a continué jusqu’à sa mort à transmettre les valeurs de solidarité, de respect et d’humanité qui avaient marqué son parcours de résistante et de déportée. Elle meurt le 30 octobre 2011 à Saint-Didier.

Décorations

  • Médaille de la Résistance française Décret du 3 août 1946 JO du 13 octobre 1946.
  • Chevalier de la Légion d’honneur le 11 janvier 1948. Cette information provient de la notice biographique de l’Ordre de la Libération ; le décret n’a pas été retrouvé dans cette recherche.

Aucune autre décoration n’a été trouvée avec certitude dans les bases consultées au cours de cette recherche.

Lieux de mémoire

Les sources consultées ne permettent pas d’identifier avec certitude un lieu de mémoire officiel nominatif permanent.

En revanche, les services patrimoniaux de L’Isle-sur-la-Sorgue ont organisé en 2025 une exposition qui lui était consacrée, preuve d’une reconnaissance mémorielle locale explicite.

Références bibliographiques

Marie-Madeleine Fourcade, L’Arche de Noé. Ouvrage majeur de contexte sur le réseau Alliance, rédigé par sa cheffe historique. Il ne constitue pas, dans cette recherche, une preuve directe pour chaque détail biographique concernant Madeleine Croset, mais il demeure une référence importante pour comprendre l’organisation, la culture clandestine et la place du renseignement dans ce réseau.

Guy Caraes, Le réseau Alliance. Ouvrage de synthèse récent consacré à l’histoire du réseau Alliance. Il est utile pour situer Madeleine Croset dans le cadre plus large de l’appareil de renseignement et de ses secteurs régionaux, même si cette recherche n’a pas permis de contrôler directement le contenu intégral du volume.

Mémorial de l’Alliance. Ce mémorial ancien, édité par l’association du réseau, constitue une source de référence pour l’histoire interne d’Alliance et la mémoire de ses membres. Il est surtout utile pour le contexte collectif du réseau et pour le repérage prosopographique.

Références internet

Ordre de la Libération. Notice nominative institutionnelle apportant l’identification de la médaillée, la cote du dossier 1O16168, la date du décret de la Médaille de la Résistance, ainsi qu’une biographie développée mentionnant son arrestation, sa condamnation à mort, sa déportation, son retour et son décès. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/magdeleine-blanche-noelie-ayyaz

INSULA – Patrimoine de L’Isle-sur-la-Sorgue. Page municipale consacrée à l’exposition de 2025, utile pour recouper la naissance en 1913, l’appartenance au réseau Alliance, l’arrestation en 1943, la déportation à Ravensbrück et la postérité mémorielle locale. https://patrimoine.islesurlasorgue.fr/2025/04/08/exposition-madeleine-croset-deportee-et-internee-de-la-resistance-1913-2011/

En mémoire du réseau Alliance. Site associatif mémoriel utile pour recouper la présence de Madeleine Croset dans le secteur lyonnais « Villa » et son rôle de responsable de secteur à travers la biographie d’Alexandre Lazard. https://reseaualliance.org/2022/06/02/alexandre-lazard-reille-secteur-villa/

Ordre de la Libération – base des médaillés de la Résistance française. Fiche d’identification brève confirmant le pseudonyme Souris, le nom de naissance Croset, la date de naissance retenue ici, la date du décret et la cote du dossier. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/A?page=3

Dossier d’homologation de médaille de la Résistance : 1O16168.  

Observations

Divergence entre sources sur l’année de naissance : 1913 dans la base nominative des médaillés de l’Ordre de la Libération et dans les sources mémorielles locales ; 1911 dans la biographie développée du même site. J’ai retenu 1913 pour l’identification de la notice.

Le prénom d’usage relevé dans les biographies est Madeleine Croset, alors que la base nominative de médaille emploie la forme complète Magdeleine Blanche Noelie AYYAZ, née CROSET.

Chronologie sommaire établie à partir des sources consultées.

DateÉvénement
4 novembre 1913Naissance à L’Isle-sur-la-Sorgue, Vaucluse, France
vers 1942Entrée en Résistance à Lyon selon la chronologie fournie par l’Ordre de la Libération
2 février 1943Arrestation par la Gestapo
17-18 février 1944Jugement par un tribunal allemand et condamnation à mort, ensuite commuée
23 mai 1945Sortie de Ravensbrück et retour progressif vers la France
3 août 1946Décret de la Médaille de la Résistance française
11 janvier 1948Nomination comme chevalier de la Légion d’honneur selon l’Ordre de la Libération
30 octobre 2011Mort à Saint-Didier, Vaucluse, France

Sources consultées le 4 avril 2026 :

Ordre de la Libération, notice « Magdeleine Blanche Noelie AYYAZ » : identité, pseudonyme, nom de naissance, décret de la Médaille de la Résistance, cote 1O16168, biographie de guerre, retour, décès.

Ordre de la Libération, base des médaillés de la Résistance : date de naissance 1913, lieu de naissance, décret et JO.

INSULA – Patrimoine de L’Isle-sur-la-Sorgue, exposition « Madeleine Croset » : réseau Alliance, arrestation en 1943, déportation à Ravensbrück, survie, mémoire locale.

En mémoire du réseau Alliance, page « Alexandre Lazard (Reille) » : confirmation du lien de Madeleine Croset avec le secteur lyonnais « Villa » et de ses responsabilités dans ce secteur.

Vérification préalable sur la Mémoire Vive de la Résistance : notice exacte trouvée pour Blaise ALEXANDRE et Antoine AVININ ; aucune notice nominative exacte retrouvée sous le nom demandé pour Magdeleine Blanche Noelie AYYAZ. Pour les deux premiers cas, il s’agit de fiches de résistants.

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