Edmond DEBEAUMARCHÉ, alias Dury, Roux, Henry, l’Ami, né le 15 décembre 1906 à Dijon, Côte-d’Or, France, mort le 28 mars 1959 à Suresnes, Hauts-de-Seine, France, fonctionnaire des Postes, télégraphes et téléphones (PTT), responsable de la Résistance-PTT, membre du réseau Confrérie Notre-Dame, organisateur des liaisons clandestines et du sabotage des télécommunications allemandes, arrêté et déporté à Buchenwald, Dora et Bergen-Belsen, Compagnon de la Libération.
Jeunesse et formation
Edmond Paul DEBEAUMARCHÉ naît le 15 décembre 1906 à Dijon, en Côte-d’Or, dans une famille modeste. Son père est employé de commerce et sa mère blanchisseuse. Devenu pupille de la Nation à l’âge de treize ans, il poursuit ses études avec l’ambition d’embrasser une carrière dans l’aviation. Cependant, une vue insuffisante l’empêche de réaliser ce projet.
Il se tourne alors vers l’administration des Postes, télégraphes et téléphones (PTT), qu’il intègre par concours. Cette orientation professionnelle sera déterminante dans son engagement futur, car elle lui permet d’acquérir une connaissance approfondie du fonctionnement des services postaux, des circuits d’acheminement du courrier et des installations de télécommunication.
Selon sa notice du Maitron, Edmond DEBEAUMARCHÉ est également engagé dans la vie politique et syndicale avant la guerre. Membre de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) à partir de 1932, il appartient à un milieu professionnel dans lequel les organisations syndicales jouent un rôle important.
Cette expérience administrative et militante lui fournit des connaissances et des relations qu’il mettra au service de la Résistance après la défaite française.
Mobilisation et refus de la défaite
Mobilisé en septembre 1939, Edmond DEBEAUMARCHÉ sert dans l’armée de l’Air comme sergent radio. Il possède ainsi une expérience militaire dans le domaine des transmissions, qui complète sa formation professionnelle aux PTT.
Démobilisé en juin 1940 avec le grade de sous-lieutenant, il refuse d’accepter la défaite et l’armistice. Il décide de poursuivre le combat par des moyens clandestins, en utilisant les possibilités offertes par son activité professionnelle.
Dès 1940, il entreprend d’organiser des liaisons postales entre les deux zones de la France. La ligne de démarcation constitue alors un obstacle important à la circulation des personnes, des renseignements et des documents. Les résistants doivent trouver des moyens discrets pour transmettre leurs informations sans attirer l’attention des autorités allemandes ou françaises.
Edmond DEBEAUMARCHÉ comprend rapidement que les installations et les personnels des PTT peuvent jouer un rôle essentiel dans cette organisation.
Engagement dans la Résistance et premières liaisons clandestines
Dès les premiers mois de l’Occupation, Edmond DEBEAUMARCHÉ participe à la mise en place d’un circuit clandestin de transport de courrier entre la zone occupée et la zone non occupée. Il utilise notamment les wagons-poste ambulants, dont le fonctionnement régulier offre des possibilités de circulation particulièrement intéressantes pour les organisations résistantes.
Il imagine de dissimuler les plis clandestins dans les tuyaux de chauffage des wagons. Ce procédé permet de soustraire les documents aux contrôles ordinaires et d’assurer leur transport avec une relative discrétion.
Ces liaisons sont notamment utilisées au profit de la Confrérie Notre-Dame (CND), réseau de renseignements fondé par Gilbert RENAULT, connu sous le pseudonyme de colonel Rémy. Ce réseau joue un rôle important dans la collecte et la transmission de renseignements militaires destinés aux services de la France libre.
Parallèlement à ses activités de transport clandestin, Edmond DEBEAUMARCHÉ héberge des résistants recherchés par les services allemands. Son engagement ne se limite donc pas à l’utilisation des moyens professionnels des PTT : il apporte également une aide directe à des personnes menacées d’arrestation.
En 1942, il entre en relation avec l’Organisation civile et militaire (OCM) et sa branche spécialisée dans les PTT. Ces contacts élargissent progressivement son champ d’action et le conduisent à exercer des responsabilités croissantes dans la Résistance.
L’État-major PTT et l’organisation des communications clandestines
À partir de l’été 1943, Edmond DEBEAUMARCHÉ devient un membre actif de l’État-major PTT (EMPTT), organisation clandestine qui s’appuie sur les personnels et les installations des services postaux et des télécommunications.
Il travaille étroitement avec Ernest PRUVOST, responsable national du mouvement, et Simone MICHEL-LÉVY, l’une des principales organisatrices des liaisons clandestines.
Sous la direction de cette dernière, il contribue au transport et à l’acheminement du courrier destiné à Londres ou provenant des services de la France libre. Les correspondances clandestines circulent grâce à un ensemble de relais, de personnels sûrs et de moyens de transport intégrés aux activités ordinaires des PTT.
Edmond DEBEAUMARCHÉ participe également à l’organisation de circuits permettant de transporter des fonds destinés aux organisations de Résistance et aux maquis. Des voitures postales et des wagons ambulants sont utilisés pour assurer ces transferts.
Cette organisation exige une connaissance précise des services administratifs et une grande vigilance. La découverte d’un seul circuit peut entraîner l’arrestation de nombreux agents et compromettre l’ensemble des liaisons.
Le fonctionnement de ce réseau repose donc sur une discipline clandestine rigoureuse, à laquelle Edmond DEBEAUMARCHÉ contribue directement.
La direction de l’État-major PTT — Novembre 1943
En novembre 1943, l’organisation subit une répression particulièrement sévère. Ernest PRUVOST, recherché par la Gestapo, doit quitter Paris et se réfugier dans la Manche. Le 5 novembre, Simone MICHEL-LÉVY est arrêtée à Paris.
Ces événements désorganisent une partie des structures clandestines des PTT.
Edmond DEBEAUMARCHÉ prend alors en charge la direction opérationnelle de l’État-major PTT, tout en maintenant des relations avec Ernest PRUVOST, qui conserve des responsabilités dans le mouvement.
Il entreprend de reconstituer les liaisons compromises et de renforcer l’organisation dans les différentes régions.
Pour cela, il parcourt une grande partie du territoire français et développe des groupes clandestins dans plusieurs centres postaux de moyenne importance. Cette implantation décentralisée permet de limiter les conséquences d’une éventuelle arrestation dans un grand centre et de préparer les actions nécessaires au moment de la Libération.
Son activité témoigne de qualités d’organisation et de commandement reconnues par ses camarades.
Les plans de sabotage des télécommunications allemandes
À l’approche du débarquement allié, les organisations de Résistance des PTT participent à la préparation d’opérations destinées à désorganiser les communications ennemies.
Edmond DEBEAUMARCHÉ contribue, en liaison avec Ernest PRUVOST, à l’élaboration des plans Potard et Violet.
Ces dispositifs visent à interrompre les communications téléphoniques et télégraphiques utilisées par les forces allemandes, notamment les liaisons à longue distance nécessaires à la transmission des ordres militaires.
Le plan Violet prévoit des opérations coordonnées contre les installations et les lignes de télécommunication, afin de ralentir les mouvements et les réactions du commandement allemand lors des offensives alliées.
Une autre dimension de cette préparation consiste à préserver certaines installations stratégiques susceptibles d’être réutilisées par les forces de libération. Il ne s’agit donc pas de détruire indistinctement les équipements, mais de désorganiser les communications ennemies tout en conservant, lorsque cela est possible, les moyens techniques nécessaires à la reprise des services.
Cette combinaison du sabotage et du contre-sabotage constitue l’une des caractéristiques importantes de la Résistance-PTT.
Le renseignement et l’interception des télégrammes chiffrés
Parallèlement à la préparation des sabotages, Edmond DEBEAUMARCHÉ participe à une activité de renseignement particulièrement sensible.
Il parvient à se procurer les trois codes secrets utilisés par Joseph DARNAND et la Milice française. Avec l’aide de Maurice HORVAIS, il obtient des copies des télégrammes chiffrés transitant par le central télégraphique de Paris.
Ces documents sont exploités par les services clandestins, et leur contenu est transmis au capitaine PORTALIS, alias Billy, appartenant à un service de renseignements interallié.
L’accès à ces communications représente un avantage considérable. Il permet de recueillir des informations sur l’activité des autorités collaborationnistes et de leurs services, tout en conservant une surveillance discrète des messages qui utilisent les installations des PTT.
Le risque encouru par les agents participant à ces interceptions est particulièrement élevé. La découverte de leur activité pourrait révéler non seulement leur identité, mais également celle de plusieurs responsables clandestins.
Edmond DEBEAUMARCHÉ poursuit néanmoins cette mission jusqu’à son arrestation, à l’été 1944.
Arrestation — 3 août 1944
Le 3 août 1944, Edmond DEBEAUMARCHÉ est arrêté par la Gestapo dans un café situé près de la gare Montparnasse, à Paris. Deux de ses collaborateurs, Louis TANTY et Marcelle GUÉRIN, sont arrêtés avec lui.
Conduit dans les locaux de la police allemande, rue des Saussaies, il subit des interrogatoires particulièrement violents.
Ses tortionnaires cherchent à obtenir les noms de ses camarades et des renseignements sur l’organisation de la Résistance-PTT. Malgré les coups répétés, qui lui font perdre connaissance, il refuse de livrer les informations demandées.
Son silence contribue à protéger les membres du réseau encore en liberté.
Après ces interrogatoires, il est incarcéré à la prison de Fresnes, où il demeure jusqu’à sa déportation.
Déportation à Buchenwald — 15 août 1944
Le 15 août 1944, Edmond DEBEAUMARCHÉ est déporté depuis la gare de Pantin vers le camp de concentration de Buchenwald, en Allemagne.
Il fait partie d’un convoi de détenus politiques et de résistants transférés depuis la région parisienne, alors que les forces alliées progressent en France.
La déportation intervient quelques jours seulement avant la libération de Paris.
À Buchenwald, les détenus sont soumis aux conditions de vie du système concentrationnaire nazi : insuffisance alimentaire, épuisement, violences et incertitude permanente quant à leur sort.
Son séjour dans ce camp est cependant de courte durée, car il est rapidement transféré vers le complexe concentrationnaire de Mittelbau-Dora.
Le camp de Dora et les usines souterraines d’armement
Le 3 septembre 1944, Edmond DEBEAUMARCHÉ est transféré à Dora, où les autorités nazies utilisent la main-d’œuvre concentrationnaire pour produire des armements dans des installations souterraines.
Le complexe industriel est notamment consacré à l’assemblage des fusées V2 et à des activités liées aux armes V1. Les détenus sont contraints de travailler dans des conditions extrêmement pénibles, sous la surveillance des SS.
Edmond DEBEAUMARCHÉ se présente comme ingénieur électricien, ce qui lui permet d’être affecté à des travaux techniques.
Il participe aux opérations de fabrication concernant les V1 et cherche à entraver la production.
Son expérience des équipements électriques et des transmissions lui donne des connaissances utiles pour comprendre le fonctionnement de certaines installations.
Il est cependant rapidement soupçonné de sabotage.
Condamnation à mort — Novembre 1944
Le 3 novembre 1944, Edmond DEBEAUMARCHÉ est transféré à la prison de Nordhausen, où il subit de nouveaux interrogatoires.
Accusé de sabotage et de participation à une organisation clandestine antinazie, il est condamné à mort le 11 novembre 1944.
La sentence n’est cependant pas immédiatement exécutée.
Maintenu en détention, il échappe provisoirement à la pendaison. Le 17 novembre, il est renvoyé au camp de Dora.
Cette période constitue l’une des épreuves les plus graves de son existence. Déjà torturé après son arrestation en France, il doit affronter une nouvelle répression au sein même du système concentrationnaire.
Malgré ces circonstances, il survit aux derniers mois de la guerre.
Bergen-Belsen et la libération — Avril 1945
Au début d’avril 1945, l’avance des armées alliées provoque l’évacuation de plusieurs camps de concentration.
Le 5 avril 1945, Edmond DEBEAUMARCHÉ est transféré vers Bergen-Belsen.
Les conditions sanitaires et alimentaires de ce camp sont alors catastrophiques. Des milliers de détenus meurent de maladie, de faim et d’épuisement.
Le 15 avril 1945, les troupes britanniques libèrent Bergen-Belsen.
Edmond DEBEAUMARCHÉ fait partie des survivants.
Il est rapatrié en France le 27 avril 1945, après plus de huit mois de captivité et de déportation.
Son retour marque la fin d’un parcours concentrationnaire qui l’a conduit successivement à Buchenwald, Dora, Nordhausen et Bergen-Belsen.
Retour à la vie civile
Après son rapatriement, Edmond DEBEAUMARCHÉ reprend progressivement une activité publique. Son engagement dans la Résistance et son expérience de la déportation lui confèrent une autorité morale reconnue.
En 1945, il devient membre de l’Assemblée consultative provisoire, organisme qui associe notamment des représentants de la Résistance à la reconstruction des institutions françaises.
Il exerce ensuite les fonctions de directeur adjoint du cabinet du ministre des PTT, puis poursuit une carrière administrative qui le conduit au poste d’inspecteur général au ministère des Anciens Combattants.
Lieutenant-colonel de réserve dans les Transmissions, il conserve également un lien avec l’institution militaire.
Une part importante de son activité d’après-guerre est consacrée à la défense des droits des anciens déportés et internés. Il devient président de l’Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus (UNADIF).
À ce titre, il participe aux actions de mémoire et à la représentation des victimes de la répression nazie. Son expérience personnelle des camps donne une portée particulière à cet engagement.
Nomination comme Compagnon de la Libération
Par décret du 19 octobre 1945, Edmond DEBEAUMARCHÉ est nommé Compagnon de la Libération.
Cette distinction récompense son rôle dans l’organisation de la Résistance-PTT, la mise en place des liaisons clandestines, la préparation des sabotages et son comportement face à la répression.
Son dossier individuel est conservé à l’Ordre de la Libération sous la cote 1 A 260. Il contient notamment le mémoire de proposition de 1945, le décret d’attribution de la croix de la Libération et des documents relatifs à son activité résistante.
Décès et obsèques
Edmond DEBEAUMARCHÉ meurt le 28 mars 1959 à Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, à l’âge de cinquante-deux ans.
Ses obsèques sont célébrées dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides, à Paris, en hommage à son engagement dans la Résistance et à son action au service des anciens combattants et des déportés.
Il est inhumé à Dijon, sa ville natale, au cimetière des Péjoces.
Sa disparition intervient quatorze années après son retour des camps de concentration.
Camarades de combat
Ernest PRUVOST — Responsable national de l’organisation clandestine des PTT, dont Edmond DEBEAUMARCHÉ devient l’un des principaux collaborateurs. Malgré son départ de Paris en novembre 1943, ils maintiennent leurs relations pour préparer les actions de sabotage.
Simone MICHEL-LÉVY — Responsable des liaisons clandestines au sein des PTT, Compagnon de la Libération à titre posthume. Edmond DEBEAUMARCHÉ travaille sous sa direction avant son arrestation du 5 novembre 1943.
Maurice HORVAIS — Résistant des PTT, collaborateur d’Edmond DEBEAUMARCHÉ dans l’obtention des copies de télégrammes chiffrés transitant par le central télégraphique de Paris.
Gilbert RENAULT, colonel Rémy — Fondateur de la Confrérie Notre-Dame, réseau de renseignements pour lequel Edmond DEBEAUMARCHÉ organise des transports clandestins de courrier.
Louis TANTY — Collaborateur de l’organisation clandestine des PTT, arrêté avec Edmond DEBEAUMARCHÉ le 3 août 1944 à Paris.
Marcelle GUÉRIN — Résistante appartenant à l’entourage opérationnel d’Edmond DEBEAUMARCHÉ, arrêtée en même temps que lui et Louis TANTY.
Pierre DEJUSSIEU-PONTCARRAL — Résistant et Compagnon de la Libération, également déporté à Buchenwald ; appartient au même milieu d’anciens résistants déportés après la guerre.
Appartenance aux réseaux et mouvements
Confrérie Notre-Dame (CND-Castille) — Réseau de renseignements de la France libre auquel Edmond DEBEAUMARCHÉ apporte son concours par l’organisation de transports clandestins de courrier.
Organisation civile et militaire (OCM) — Mouvement de Résistance avec lequel il entre en contact en 1942, notamment par l’intermédiaire de sa branche PTT.
Résistance-PTT / Action-PTT — Organisation clandestine utilisant les moyens professionnels des services postaux et des télécommunications pour les liaisons, le renseignement et le sabotage.
État-major PTT (EMPTT) — Structure de coordination dont il devient l’un des principaux responsables en 1943.
Services de renseignements liés à la France libre — Destinataires de courriers clandestins et de renseignements recueillis grâce aux moyens des PTT.
Décorations
Grand officier de la Légion d’honneur — Dignité confirmée par l’Ordre de la Libération. Le décret du 21 janvier 1957 est mentionné dans les sources biographiques ; sa publication au Journal officiel reste à vérifier directement.
Compagnon de la Libération — Décret du 19 octobre 1945. Attribution de son vivant. Dossier individuel 1 A 260 conservé à l’Ordre de la Libération.
Croix de guerre 1939-1945 avec palme et étoile d’argent — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Les textes et dates des citations restent à rechercher dans les archives militaires.
Medal of Freedom — États-Unis — Décoration américaine attribuée pour services rendus à la cause alliée. Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.
Officier de l’ordre de la Couronne — Belgique — Distinction belge confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix de guerre 1940 avec palme — Belgique — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.
Commandeur de l’ordre royal du Cambodge — Distinction mentionnée par l’Ordre de la Libération.
Commandeur du Ouissam alaouite — Maroc — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille de la déportation et de l’internement pour faits de Résistance — Mentionnée dans les sources biographiques secondaires. L’attribution individuelle reste à vérifier dans les archives administratives.
Lieux de mémoire
Dijon, Côte-d’Or, France — Ville natale d’Edmond DEBEAUMARCHÉ. Un square situé rue d’Auxonne porte son nom et une plaque commémorative rappelle son engagement résistant.
Paris, France — Lieu de ses activités clandestines, notamment dans les services centraux des PTT.
Rue des Saussaies, Paris, France — Lieu des interrogatoires qu’il subit après son arrestation.
Prison de Fresnes, Val-de-Marne, France — Lieu de détention avant sa déportation.
Gare de Pantin, Seine-Saint-Denis, France — Point de départ du convoi de déportation du 15 août 1944.
Buchenwald, Allemagne — Premier camp de concentration dans lequel il est déporté.
Mittelbau-Dora, Allemagne — Camp et complexe industriel souterrain où il est soumis au travail forcé et accusé de sabotage.
Nordhausen, Allemagne — Lieu de sa détention et de sa condamnation à mort en novembre 1944.
Bergen-Belsen, Allemagne — Dernier camp de déportation, libéré le 15 avril 1945.
Hôtel national des Invalides, Paris, France — Lieu des honneurs funèbres rendus après son décès.
Cimetière des Péjoces, Dijon, Côte-d’Or, France — Lieu de sépulture.
Références bibliographiques
Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français — Le Maitron, notice « DEBEAUMARCHÉ Edmond », consacrée à son engagement politique, syndical et résistant.
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, 2023.
La France libre, Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC, Gallimard, Paris, 1996.
Histoire du camp de Dora, André SELLIER, ouvrage consacré au système concentrationnaire de Mittelbau-Dora et à la production des armes V.
Références internet
Ordre de la Libération — Edmond DEBEAUMARCHÉ — Biographie officielle :
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/edmond-debeaumarche
Le Maitron — DEBEAUMARCHÉ Edmond — Notice biographique :
https://maitron.fr/debeaumarche-edmond/
Musée de la Résistance en ligne — Edmond Paul DEBEAUMARCHÉ — Références des dossiers du Service historique de la Défense :
https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=0&media=11830
Mémoire et Espoirs de la Résistance — Edmond DEBEAUMARCHÉ — Notice de Jean NOVOSSELOFF :
https://www.memoresist.org/resistant/edmond-debeaumarche/
Archives nationales — Base Léonore — Edmond Paul DEBEAUMARCHÉ :
https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/notice/103060
Dossier d’homologation consulté
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 260
Le dossier individuel d’Edmond DEBEAUMARCHÉ est conservé sous la cote 1 A 260.
Le répertoire numérique officiel des dossiers des Compagnons de la Libération, lettre D, permet d’identifier plusieurs ensembles documentaires particulièrement utiles.
Attribution de la croix de la Libération
Le dossier comprend un mémoire de proposition établi en 1945, le décret du 19 octobre 1945 portant attribution de la croix de la Libération et deux courriers de la même année.
Renseignements et correspondances
Il conserve le bulletin d’adhésion à la Société d’entraide des Compagnons de la Libération du 29 juin 1948, plusieurs fiches de renseignements et vingt pièces de correspondance échangées avec la chancellerie entre 1954 et 1970.
Archives de la Résistance et de la déportation
Le dossier comprend une copie de la demande d’attribution du titre de déporté résistant couvrant la période 1947-1950.
Il conserve également des documents provenant du Service historique de la Défense, notamment une attestation d’appartenance aux Forces françaises combattantes du 21 décembre 1949, un certificat de validation des services du 1er février 1951 et un livret matricule d’officier couvrant la période 1948-1959.
Ces pièces présentent un intérêt particulier pour préciser les responsabilités exercées pendant la Résistance, la reconnaissance officielle de ses services et les conditions de son homologation.
Autres documents
Le dossier comporte également des archives relatives à une affaire Ellenbogen, des notes biographiques, des articles de presse, ainsi que des textes d’allocutions prononcées à Dijon en 1960.
L’inventaire officiel a été consulté, mais les pièces originales n’ont pas été intégralement dépouillées.
Service historique de la Défense — GR 16 P 161644
Cette cote correspond au dossier administratif d’Edmond Paul DEBEAUMARCHÉ dans le répertoire nominatif des résistants.
Le dossier original n’a pas été directement consulté.
Service historique de la Défense — GR 28 P 444623 et GR 28 P 1128
Ces deux références sont signalées par le Musée de la Résistance en ligne.
Leur contenu exact reste à vérifier dans les inventaires et les documents originaux.
Service historique de la Défense, Caen — AC 21 P 659921
Cette cote concerne le dossier individuel de déporté résistant d’Edmond DEBEAUMARCHÉ.
Elle constitue une référence essentielle pour compléter l’étude de son arrestation, de sa déportation et de son rapatriement.
Observations
Edmond DEBEAUMARCHÉ appartient aux grandes figures de la Résistance issue de l’administration des PTT. Son parcours illustre l’importance du personnel postal et des spécialistes des télécommunications dans la lutte clandestine contre l’Occupation.
Dès 1940, il met ses connaissances professionnelles au service de l’acheminement du courrier clandestin. Il participe ensuite à l’organisation de la Résistance-PTT, développe les liaisons avec Londres et contribue à la préparation des sabotages des communications allemandes.
Son activité de renseignement, notamment l’obtention des codes utilisés par Joseph DARNAND et la Milice, représente un aspect particulièrement remarquable de son engagement.
Arrêté le 3 août 1944, il résiste aux interrogatoires malgré les tortures, puis survit à la déportation et à une condamnation à mort prononcée à Nordhausen.
Après son retour en France, il consacre une partie importante de sa vie à la défense des anciens déportés et internés.
Son parcours associe ainsi la Résistance clandestine, la déportation et l’engagement mémoriel d’après-guerre.
La consultation des dossiers conservés au Service historique de la Défense et à l’Ordre de la Libération permettrait notamment d’approfondir ses responsabilités exactes dans les plans de sabotage et les circonstances de sa condamnation à mort.
Indice de fiabilité de la notice : Niveau B — Les informations essentielles concernant l’identité, les activités clandestines, les responsabilités au sein de la Résistance-PTT, l’arrestation, la déportation, la condamnation à mort, la libération et le parcours d’après-guerre sont établies par des sources institutionnelles concordantes. Le décret du 19 octobre 1945 et les principales cotes archivistiques sont identifiés. Le niveau B est retenu en raison de l’absence de consultation intégrale des dossiers originaux et des divergences secondaires concernant la date de l’arrestation et la localisation du décès.
Chronologie du résistant
| Date | Événement |
|---|---|
| 15 décembre 1906 | Naissance à Dijon, Côte-d’Or. |
| Vers 1919 | Devient pupille de la Nation. |
| Avant 1939 | Entre dans l’administration des PTT. |
| Septembre 1939 | Mobilisation comme sergent radio dans l’armée de l’Air. |
| Juin 1940 | Démobilisation avec le grade de sous-lieutenant. |
| 1940 | Début des activités clandestines et organisation du transport de courrier entre les deux zones. |
| 1942 | Contacts avec l’OCM et sa branche PTT. |
| Été 1943 | Devient membre actif de l’État-major PTT. |
| Novembre 1943 | Prend des responsabilités de direction après l’arrestation de Simone MICHEL-LÉVY et le départ d’Ernest PRUVOST. |
| 1943-1944 | Développement du réseau de liaisons clandestines et préparation des plans Potard et Violet. |
| 1944 | Interception et exploitation de télégrammes chiffrés de la Milice. |
| 3 août 1944 | Arrestation à Paris avec Louis TANTY et Marcelle GUÉRIN. |
| Août 1944 | Interrogatoires rue des Saussaies, puis incarcération à Fresnes. |
| 15 août 1944 | Déportation à Buchenwald depuis Pantin. |
| 3 septembre 1944 | Transfert à Dora. |
| 3 novembre 1944 | Transfert à la prison de Nordhausen. |
| 11 novembre 1944 | Condamnation à mort. |
| 17 novembre 1944 | Retour au camp de Dora. |
| 5 avril 1945 | Transfert à Bergen-Belsen. |
| 15 avril 1945 | Libération par les troupes britanniques. |
| 27 avril 1945 | Rapatriement en France. |
| 1945 | Membre de l’Assemblée consultative provisoire. |
| 19 octobre 1945 | Nomination comme Compagnon de la Libération. |
| Après 1945 | Fonctions au cabinet du ministre des PTT puis au ministère des Anciens Combattants. |
| Après 1945 | Présidence de l’UNADIF. |
| 21 janvier 1957 | Décret mentionné pour la dignité de grand officier de la Légion d’honneur. |
| 28 mars 1959 | Décès à Suresnes. |
| Après le décès | Obsèques aux Invalides et inhumation à Dijon. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément | Source 1 | Source 2 | Appréciation |
|---|---|---|---|
| Date d’arrestation | Ordre de la Libération : 3 août 1944. | Le Maitron et certaines notices secondaires mentionnent le 2 août 1944. | La date du 3 août est retenue selon la source institutionnelle ; vérification nécessaire du dossier de déporté résistant. |
| Lieu du décès | Ordre de la Libération : Suresnes. | Notice UNADIF : Paris. | Suresnes est retenu, conformément à l’Ordre de la Libération et à la base Léonore. |
| Prénoms | Ordre de la Libération : Edmond. | Base Léonore : Edmond Paul. | Edmond Paul est retenu pour l’identité complète. |
| Parcours concentrationnaire | Ordre de la Libération : Buchenwald, Dora, Nordhausen, Bergen-Belsen. | Certaines notices secondaires mentionnent également Ellrich. | Les étapes établies par la notice institutionnelle sont retenues ; le passage éventuel par Ellrich demande une vérification archivistique. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Edmond DEBEAUMARCHÉ — Notice biographique officielle :
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/edmond-debeaumarche
Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre D — Dossier 1 A 260 :
Le Maitron — DEBEAUMARCHÉ Edmond :
https://maitron.fr/debeaumarche-edmond/
Musée de la Résistance en ligne — Edmond Paul DEBEAUMARCHÉ :
https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=0&media=11830
Archives nationales — Base Léonore — Edmond Paul DEBEAUMARCHÉ :
https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr/ui/notice/103060
Mémoire et Espoirs de la Résistance — Edmond DEBEAUMARCHÉ :
https://www.memoresist.org/resistant/edmond-debeaumarche/
Ordre de la Libération — Ernest PRUVOST :
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/ernest-pruvost
UNADIF — Edmond DEBEAUMARCHÉ :
https://commission-internet-unadif.over-blog.org/edmond-debeaumarche.html
Comité de parrainage du Concours national de la Résistance et de la Déportation, Côte-d’Or — Square Edmond DEBEAUMARCHÉ :
https://www.resistantsdeportes21.com/survivants-2/dijon–edmond-debeaumarch%C3%A9