La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

DÉCHELETTE Eugène

Eugène DÉCHELETTE, alias Chasseigne, Ellipse, Digonnet, Émile Perrichon, né le 5 janvier 1906 à Roanne, Loire, France, mort le 8 novembre 1973 à Troyes, Aube, France, industriel, officier des Forces françaises libres, agent du Bureau central de renseignements et d’action, délégué militaire régional de la région R5 et Compagnon de la Libération.

Jeunesse et formation

Eugène DÉCHELETTE naît le 5 janvier 1906 à Roanne, dans une famille d’industriels du textile profondément implantée dans la région. Son père, Victor DÉCHELETTE, appartient à une famille dont plusieurs membres se sont distingués dans la vie économique, intellectuelle et militaire. Son grand-oncle, l’archéologue Joseph DÉCHELETTE, s’était engagé volontairement en 1914 et avait été tué au combat quelques semaines plus tard.

Après ses études secondaires, Eugène DÉCHELETTE entreprend une formation juridique et politique. Il obtient une licence en droit et le diplôme de l’École libre des sciences politiques, avant d’entrer dans la vie professionnelle. Il travaille d’abord comme employé, puis devient administrateur de la société familiale Déchelette-Despierres, spécialisée dans l’industrie textile à Roanne.

Parallèlement à ses activités professionnelles, il accomplit ses obligations militaires et devient officier de réserve. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il possède ainsi une double expérience, administrative et militaire, qui lui permettra d’exercer des responsabilités importantes au sein de la France libre.

La campagne de France et le ralliement à la France libre

Mobilisé en août 1939, Eugène DÉCHELETTE est affecté au 216e Régiment d’artillerie, à Clermont-Ferrand. Il participe à la campagne de France de mai-juin 1940, au cours de laquelle son unité est engagée successivement en Lorraine, en Belgique et aux Pays-Bas.

La rapidité de l’offensive allemande entraîne le repli puis la désorganisation de nombreuses formations françaises. Fait prisonnier à Lille, Eugène DÉCHELETTE refuse de se résigner à la défaite et parvient à s’évader dans des conditions difficiles.

Décidé à poursuivre la guerre, il gagne la Grande-Bretagne et rejoint Londres le 31 juillet 1940. Il s’engage immédiatement dans les Forces françaises libres du général de Gaulle, appartenant ainsi aux premiers volontaires qui choisissent de continuer le combat après l’armistice.

Son expérience professionnelle, sa formation universitaire et ses compétences militaires lui permettent d’être rapidement affecté à des responsabilités d’état-major.

Les premières fonctions dans la France libre — 1941

À partir de janvier 1941, Eugène DÉCHELETTE devient officier de liaison auprès de l’état-major particulier du général de Gaulle. Ses fonctions l’amènent à participer aux relations entre les différents services de la France libre, dont l’organisation administrative et militaire est encore en cours de constitution.

Le 1er avril 1941, il rejoint le deuxième bureau, chargé des activités de renseignement. Promu capitaine, il reçoit ensuite une affectation au Haut-Commissariat français dans le Pacifique, placé sous l’autorité du capitaine de vaisseau Georges THIERRY D’ARGENLIEU.

Il arrive à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, en août 1941 et y exerce les fonctions de chef du deuxième bureau.

Le Pacifique représente alors un enjeu stratégique important. Plusieurs territoires français ont rejoint le général de Gaulle, tandis que la progression japonaise menace l’équilibre militaire de la région. Eugène DÉCHELETTE contribue à l’organisation du renseignement et au fonctionnement des services militaires français libres dans cet espace éloigné des principaux théâtres européens.

Il demeure auprès du Haut-Commissariat jusqu’en juin 1943, acquérant une expérience supplémentaire du renseignement et de la coordination militaire.

Le retour à Londres et l’engagement au BCRA — 1943

En juin 1943, à l’issue de sa mission dans le Pacifique, Eugène DÉCHELETTE regagne la Grande-Bretagne. Il est affecté au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), organisme chargé des relations avec les réseaux clandestins et les mouvements de Résistance présents en France occupée.

Il se porte volontaire pour une mission particulièrement dangereuse : rejoindre clandestinement le territoire français afin d’y exercer les fonctions de délégué militaire régional.

Les délégués militaires régionaux, ou DMR, représentent le commandement militaire de la France combattante auprès des organisations de Résistance intérieure. Leur mission consiste à coordonner les forces clandestines, préparer les opérations militaires devant accompagner le débarquement allié et assurer les liaisons avec Londres.

Ces responsabilités exigent à la fois des qualités militaires, une grande discrétion et une capacité de négociation avec des responsables issus de mouvements différents, parfois opposés sur le plan politique.

Eugène DÉCHELETTE reçoit la responsabilité de la région R5, centrée sur Limoges, qui comprend notamment la Haute-Vienne, la Corrèze, la Dordogne et l’Indre.

Il adopte le pseudonyme Ellipse.

Le parachutage et l’installation clandestine — Janvier 1944

Le 29 janvier 1944, Eugène DÉCHELETTE est parachuté dans la région de Limoges afin de prendre ses fonctions clandestines.

L’opération se déroule difficilement. Lors de son atterrissage, il se fracture la cheville, blessure qui limite considérablement ses déplacements pendant plusieurs semaines.

Cet accident constitue un handicap important pour un délégué militaire régional dont la mission suppose de parcourir de nombreux secteurs, de rencontrer les chefs de maquis et de préparer la coordination des opérations.

Malgré cette difficulté, il commence à établir ses contacts avec les responsables de la Résistance.

La région R5 dispose déjà de plusieurs organisations militaires clandestines. Les formations de l’Armée secrète, les Francs-tireurs et partisans, les Corps francs de la Libération et divers groupes locaux ont progressivement développé leurs activités.

Leur diversité représente cependant une difficulté majeure. Les responsables ne reconnaissent pas toujours les mêmes autorités et conservent parfois des conceptions différentes de la conduite de la lutte.

Eugène DÉCHELETTE doit donc construire progressivement une organisation militaire commune sans disposer lui-même d’une force combattante directement placée sous ses ordres.

L’organisation militaire de la Résistance en Limousin

Au printemps 1944, Eugène DÉCHELETTE entreprend de rapprocher les différentes formations clandestines de la région.

Il cherche à établir une hiérarchie militaire reconnue, à organiser un état-major régional et à préparer l’application des plans établis par le commandement allié pour accompagner le débarquement en France.

Ces préparatifs concernent notamment les sabotages ferroviaires, les destructions de communications et les opérations destinées à perturber les déplacements des forces allemandes.

La tâche est particulièrement difficile en Haute-Vienne, où les maquis disposent d’une implantation importante et où certaines organisations entendent conserver leur autonomie.

Parmi les responsables locaux figure Georges GUINGOUIN, chef de maquis dans la région d’Eymoutiers, dont l’influence ne cesse de s’accroître.

Les relations entre Eugène DÉCHELETTE et Georges GUINGOUIN sont marquées par de profondes divergences. Le délégué militaire régional entend placer les formations clandestines sous une autorité militaire commune, tandis que GUINGOUIN souhaite préserver l’autonomie opérationnelle des groupes qu’il a organisés.

Cette opposition prend également une dimension politique, les deux hommes appartenant à des milieux et à des traditions très différents.

Selon l’historien Fabrice GRENARD, leurs relations restent longtemps conflictuelles et témoignent des difficultés rencontrées par les délégués militaires régionaux pour faire reconnaître leur autorité auprès des chefs de maquis.

Le débarquement du 6 juin 1944 et l’intensification des opérations

Le débarquement allié en Normandie, le 6 juin 1944, marque une nouvelle étape dans l’activité d’Eugène DÉCHELETTE.

Les organisations résistantes doivent désormais appliquer les plans d’action destinés à ralentir les mouvements allemands et à soutenir les opérations alliées.

Dès cette date, Eugène DÉCHELETTE multiplie les déplacements à travers sa région. Il rencontre les chefs militaires locaux, coordonne les préparatifs et s’efforce de mettre en place une unité de commandement effective.

Son rôle devient particulièrement important au moment où les effectifs des maquis augmentent rapidement. Les combattants doivent être armés, organisés et répartis dans des formations capables d’intervenir efficacement.

La coordination ne concerne pas seulement les opérations militaires. Elle suppose également la circulation des renseignements, l’organisation du ravitaillement et la définition d’objectifs communs.

Eugène DÉCHELETTE contribue à la constitution d’un état-major régional destiné à faciliter ces différentes tâches.

Les opérations allemandes dans la Creuse — Juillet 1944

Entre le 14 et le 23 juillet 1944, une colonne allemande mène une importante opération de répression contre les maquis de la Creuse.

Les unités résistantes sont confrontées à des forces mieux équipées et disposent de moyens limités pour s’opposer à leur progression.

Eugène DÉCHELETTE se rend personnellement dans les secteurs menacés afin d’apprécier la situation et de contribuer au regroupement des combattants.

Dans des conditions particulièrement difficiles, il s’efforce de maintenir la cohésion des formations FFI, de réorganiser leurs positions et de préparer les opérations suivantes.

Son intervention illustre les responsabilités concrètes des délégués militaires régionaux, qui ne se limitent pas aux transmissions avec Londres, mais doivent également agir auprès des combattants lorsque la situation l’exige.

Les tensions avec Georges GUINGOUIN et leur résolution — Août 1944

À l’été 1944, les divergences entre Eugène DÉCHELETTE et Georges GUINGOUIN deviennent particulièrement importantes.

Le chef du maquis d’Eymoutiers a constitué une force militaire nombreuse et dispose d’une autorité considérable auprès des combattants de Haute-Vienne.

Eugène DÉCHELETTE souhaite néanmoins que le commandement départemental des FFI soit confié à un officier dont l’autorité serait reconnue par les différentes organisations.

Les discussions sont difficiles, car une mise à l’écart de GUINGOUIN risquerait de provoquer une rupture avec les formations FTP.

Selon l’étude de Fabrice GRENARD publiée par la Fondation de la Résistance, les deux hommes finissent par se rencontrer au début du mois d’août 1944.

Un compromis est élaboré le 15 août 1944, prévoyant un commandement partagé entre Georges GUINGOUIN et le commandant Lucien FAURE, issu de l’Armée secrète.

Deux jours plus tard, FAURE renonce à exercer cette responsabilité, laissant GUINGOUIN seul à la tête des FFI de Haute-Vienne, qui regroupent alors environ huit mille hommes.

Malgré leurs désaccords, Eugène DÉCHELETTE et Georges GUINGOUIN acceptent de coopérer pour préparer la libération de Limoges.

Cette évolution montre que la coordination militaire a progressivement pris le dessus sur les rivalités qui avaient marqué les mois précédents.

La libération de Limoges — 21 août 1944

Au mois d’août 1944, les responsables de la Résistance en Haute-Vienne préparent les opérations finales contre les garnisons allemandes.

Eugène DÉCHELETTE et Georges GUINGOUIN participent aux réunions destinées à définir une stratégie commune.

Ils s’accordent sur la nécessité d’isoler les positions allemandes et de provoquer leur reddition, plutôt que de lancer des attaques frontales qui pourraient entraîner des pertes importantes parmi les combattants et la population.

Les instructions diffusées à la mi-août prévoient ainsi le blocus des garnisons et la désorganisation de leurs communications.

Cette stratégie contribue à la libération de Limoges, le 21 août 1944, après la capitulation de la garnison allemande commandée par le général GLEINIGER.

L’opération constitue une réussite importante pour la Résistance régionale. Elle résulte de l’action de plusieurs organisations qui, malgré leurs divergences, sont parvenues à coordonner leurs efforts.

Eugène DÉCHELETTE participe également aux opérations accompagnant la libération d’autres villes de la région R5.

Son activité pendant l’été 1944 contribue au rétablissement de l’autorité militaire française et à la préparation de la transition entre les formations clandestines et les unités régulières.

Les dernières fonctions militaires et la démobilisation

Après la libération de la région, Eugène DÉCHELETTE poursuit ses activités auprès des autorités militaires françaises.

Il participe notamment à la mission Chaban-Delmas, dont les modalités et les dates exactes demanderaient à être précisées par les archives.

Son expérience du renseignement, des liaisons avec Londres et de l’organisation militaire de la Résistance demeure précieuse dans la période de réorganisation des forces françaises.

Il est démobilisé en 1946, avec le grade de lieutenant-colonel honoraire.

Cette démobilisation met fin à un parcours militaire commencé en 1939, marqué par la campagne de France, l’évasion de captivité, le ralliement à la France libre, le service dans le Pacifique et les responsabilités clandestines exercées en Limousin.

Nomination comme Compagnon de la Libération

Par décret du 17 novembre 1945, Eugène DÉCHELETTE est nommé Compagnon de la Libération.

Cette distinction récompense son engagement dans les Forces françaises libres dès juillet 1940, ses activités au sein du BCRA et son action comme délégué militaire régional dans la région R5.

Son dossier individuel est conservé à l’Ordre de la Libération sous la cote 1 A 262.

Le répertoire officiel mentionne notamment un mémoire de proposition de 1945 et une ampliation du décret datée du 19 novembre 1945.

Retour à la vie civile

Après sa démobilisation, Eugène DÉCHELETTE reprend ses activités dans l’industrie textile familiale.

Il retrouve la société Déchelette-Despierres, dont il devient président-directeur général. Son expérience administrative et militaire s’ajoute désormais à sa connaissance du monde industriel.

L’entreprise connaît d’importantes transformations au cours des années suivantes. En 1966, elle est absorbée par le groupe Dollfus-Mieg, mais Eugène DÉCHELETTE conserve ses fonctions de dirigeant jusqu’en 1971.

Il exerce ensuite des activités de conseiller technique auprès de sociétés spécialisées dans le tissage.

Parallèlement, il possède un élevage de bovins en Saône-et-Loire, activité qui témoigne de son attachement à la vie rurale.

Malgré ses responsabilités professionnelles, il demeure lié à ses anciens camarades de la France libre et participe aux manifestations organisées par l’Ordre de la Libération.

Décès et sépulture

Eugène DÉCHELETTE meurt le 8 novembre 1973 à Troyes, dans l’Aube.

Son décès survient alors qu’il revient du pèlerinage annuel organisé à Colombey-les-Deux-Églises par la chancellerie de l’Ordre de la Libération, en hommage au général de Gaulle.

Il est inhumé le 11 novembre 1973 à Saint-Didier-en-Brionnais, près de Marcigny, en Saône-et-Loire.

Camarades de combat

Charles DE GAULLE — Général, chef de la France libre, dont Eugène DÉCHELETTE rejoint les forces le 31 juillet 1940.

Georges THIERRY D’ARGENLIEU — Officier de marine, haut-commissaire français dans le Pacifique, auprès duquel Eugène DÉCHELETTE dirige le deuxième bureau à Nouméa.

André DEWAVRIN, Passy — Chef du Bureau central de renseignements et d’action, auquel Eugène DÉCHELETTE est affecté après son retour du Pacifique.

Georges GUINGOUIN — Responsable majeur des maquis de Haute-Vienne, puis chef départemental des FFI, avec lequel Eugène DÉCHELETTE entretient des relations difficiles avant de coopérer à la libération de Limoges.

Maurice ROUSSELIER, Rivière — Chef régional des Forces françaises de l’intérieur en région R5, travaillant avec Eugène DÉCHELETTE à la coordination militaire des formations résistantes.

Henri CHAS, Charlieu — Responsable des Corps francs de la Libération dans la région R5, engagé dans l’organisation militaire de la Résistance en liaison avec le délégué militaire régional.

Lucien FAURE — Officier de l’Armée secrète, associé au compromis du 15 août 1944 concernant le commandement des FFI de Haute-Vienne.

Jacques CHABAN-DELMAS — Délégué militaire national, auquel Eugène DÉCHELETTE est associé dans le cadre d’une mission après la Libération.

Appartenance aux unités, réseaux et mouvements

216e Régiment d’artillerie — Mobilisation en août 1939 et participation à la campagne de France de 1940.

Forces françaises libres (FFL) — Engagement le 31 juillet 1940 à Londres.

État-major particulier du général de Gaulle — Officier de liaison à partir de janvier 1941.

Deuxième bureau — Affectation dans les services de renseignement à partir du 1er avril 1941.

Haut-Commissariat français dans le Pacifique — Chef du deuxième bureau auprès de Georges THIERRY D’ARGENLIEU, à Nouméa.

Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) — Affectation en juin 1943 et préparation d’une mission clandestine en France.

Délégation militaire régionale R5 — Responsabilité de la coordination des forces résistantes du Limousin en 1944.

Forces françaises de l’intérieur (FFI) — Participation à leur organisation militaire et aux opérations de la Libération.

Décorations

Officier de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Décret individuel et publication au Journal officiel à vérifier.

Compagnon de la Libération — Décret du 17 novembre 1945. Attribution de son vivant. Dossier individuel 1 A 262. Ampliation datée du 19 novembre 1945.

Grand officier de l’ordre national du Mérite — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date du décret à vérifier.

Croix de guerre 1939-1945 — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Nombre de citations et références individuelles à vérifier.

Médaille de la Résistance française — Décret du 6 avril 1944. Dossier individuel 1 O 17255, selon la base officielle de l’Ordre de la Libération.

Officer of the Legion of Merit — États-Unis — Distinction américaine confirmée par l’Ordre de la Libération. Acte individuel d’attribution à rechercher.

Officer of the Order of the British Empire — Royaume-Uni — Distinction britannique confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et publication dans la London Gazette à vérifier.

Lieux de mémoire

Roanne, Loire, France — Ville natale d’Eugène DÉCHELETTE et siège de l’entreprise familiale.

Clermont-Ferrand, Puy-de-Dôme, France — Mobilisation au 216e Régiment d’artillerie.

Lille, Nord, France — Lieu de sa capture pendant la campagne de France.

Londres, Royaume-Uni — Ralliement aux Forces françaises libres, fonctions d’état-major et affectation au BCRA.

Nouméa, Nouvelle-Calédonie, France — Fonctions de chef du deuxième bureau auprès du Haut-Commissariat français dans le Pacifique.

Limoges, Haute-Vienne, France — Centre de ses activités clandestines comme délégué militaire régional et ville libérée le 21 août 1944.

Creuse, France — Département où il intervient pendant les opérations allemandes de juillet 1944.

Colombey-les-Deux-Églises, Haute-Marne, France — Lieu du pèlerinage annuel de l’Ordre de la Libération auquel il participe peu avant son décès.

Troyes, Aube, France — Lieu du décès, le 8 novembre 1973.

Saint-Didier-en-Brionnais, Saône-et-Loire, France — Lieu de sépulture.

Références bibliographiques

Dictionnaire historique de la Résistance, François MARCOT (dir.), Robert Laffont, collection Bouquins, Paris, 2006.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, 2010.

La difficulté des DMR d’être acceptés par la Résistance locale : les relations conflictuelles entre Eugène Déchelette et Georges Guingouin, Fabrice GRENARD, La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 105, juin 2021.

Les Compagnons de la Libération dans la Loire, Claude LATTA, Village de Forez, nos 95-96.

Références internet

Ordre de la Libération — Eugène DÉCHELETTE — Notice biographique officielle :
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/eugene-dechelette

Fondation de la Résistance — La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 105, juin 2021 :
https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/les-lettres-trimestrielles/lettre/la-lettre-de-la-fondation-de-la-resistance-n-105/

Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons, lettre D :

Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française, lettre D :
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/D

Dossier d’homologation

Service historique de la Défense — GR 16 P 163344

La cote GR 16 P 163344 est associée à Eugène DÉCHELETTE dans les travaux publiés par la Fondation de la Résistance, qui reproduisent notamment une photographie le représentant à Londres.

Le dossier original n’a pas été intégralement consulté.

Service historique de la Défense — GR 2000 Z 200 00240

Cette cote correspond au dossier de carrière militaire d’Eugène DÉCHELETTE, identifié dans des travaux universitaires consacrés à la France libre dans le Pacifique.

Elle constitue une référence complémentaire pour la vérification de ses affectations et de ses responsabilités militaires.

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 262

Le dossier individuel d’Eugène DÉCHELETTE est conservé sous la cote 1 A 262.

Son inventaire mentionne un mémoire de proposition pour la croix de la Libération, établi en 1945, une ampliation du décret du 17 novembre 1945 datée du 19 novembre et trois courriers contemporains de cette attribution.

Il comprend également une fiche militaire du 12 août 1940, une copie d’un acte d’engagement dans les Forces françaises libres daté du 21 décembre 1940, une attestation d’appartenance aux Forces françaises combattantes du 30 juillet 1952 et un relevé des services du 27 février 1962.

Ces documents présentent un intérêt important pour vérifier les différentes étapes de sa carrière militaire et administrative.

Les pièces originales n’ont pas été intégralement dépouillées.

Ordre de la Libération — Médaille de la Résistance française, dossier 1 O 17255

La base officielle identifie Eugène DÉCHELETTE comme titulaire de la médaille de la Résistance française par décret du 6 avril 1944.

Archives relatives à la région R5

La Fondation de la Résistance cite notamment les références suivantes :

Archives nationales — 171 MI 101, dossier 5, correspondance du délégué militaire régional Ellipse avec le BCRA.

Archives nationales — 171 MI 201, dossier 562, télégrammes d’Ellipse.

Service historique de la Défense — 13 P 60, documents concernant la Résistance dans la région R5 et les instructions militaires d’août 1944.

Ces archives permettraient d’approfondir les relations entre Eugène DÉCHELETTE, les chefs des maquis et les responsables militaires de la région.

Observations

Eugène DÉCHELETTE appartient aux officiers des Forces françaises libres qui ont exercé des responsabilités importantes dans la coordination militaire de la Résistance intérieure.

Son parcours présente la particularité d’associer trois théâtres d’engagement très différents : la campagne de France de 1940, les activités de renseignement de la France libre dans le Pacifique et l’organisation clandestine des Forces françaises de l’intérieur en Limousin.

Son action comme délégué militaire régional R5 en 1944 constitue l’élément central de sa contribution à la Libération.

La documentation historique montre cependant que cette mission ne s’est pas déroulée sans difficultés. Ses relations avec Georges GUINGOUIN ont été durablement conflictuelles, notamment au sujet du commandement des FFI de Haute-Vienne.

Il convient donc d’éviter une présentation selon laquelle l’unification militaire de la région aurait été immédiatement obtenue. La coopération s’est construite progressivement, au prix de négociations difficiles, jusqu’à permettre la libération de Limoges le 21 août 1944.

Les travaux de Fabrice GRENARD apportent sur ce point un éclairage particulièrement important, fondé sur les correspondances contemporaines du BCRA et les archives militaires.

Indice de fiabilité de la notice : Niveau B — Les principales données d’état civil, les affectations militaires, le ralliement à la France libre, les responsabilités dans le Pacifique, la mission de délégué militaire régional R5, la participation à la Libération et les fonctions d’après-guerre sont établies par la notice officielle de l’Ordre de la Libération. Les relations avec Georges GUINGOUIN sont documentées par une étude historique fondée sur des archives contemporaines. Les dossiers 1 A 262, GR 16 P 163344 et 1 O 17255 sont identifiés. Le niveau B est retenu en raison de l’absence de consultation intégrale des pièces originales.

Chronologie du résistant

DateÉvénement
5 janvier 1906Naissance à Roanne.
Août 1939Mobilisation au 216e Régiment d’artillerie.
Mai-juin 1940Participation à la campagne de France.
Juin 1940Capture à Lille, puis évasion.
31 juillet 1940Arrivée à Londres et engagement dans les Forces françaises libres.
Janvier 1941Officier de liaison à l’état-major du général de Gaulle.
1er avril 1941Affectation au deuxième bureau.
Août 1941Arrivée à Nouméa.
Juin 1943Retour en Grande-Bretagne et affectation au BCRA.
29 janvier 1944Parachutage près de Limoges et fracture de la cheville.
Printemps 1944Organisation de la Résistance militaire en région R5.
6 juin 1944Intensification des opérations après le débarquement allié.
14-23 juillet 1944Intervention pendant les opérations allemandes dans la Creuse.
Début août 1944Rencontre et négociations avec Georges GUINGOUIN.
15 août 1944Compromis sur le commandement des FFI de Haute-Vienne.
21 août 1944Libération de Limoges.
17 novembre 1945Nomination comme Compagnon de la Libération.
1946Démobilisation avec le grade de lieutenant-colonel honoraire.
1966Absorption de l’entreprise Déchelette-Despierres par le groupe Dollfus-Mieg.
1971Fin de ses fonctions de dirigeant.
8 novembre 1973Décès à Troyes.
11 novembre 1973Inhumation à Saint-Didier-en-Brionnais.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSource 1Source 2Appréciation
Date d’engagement dans les FFLOrdre de la Libération : 31 juillet 1940.Inventaire du dossier 1 A 262 : copie d’un acte daté du 21 décembre 1940.Distinguer la date du ralliement et la date portée par l’acte administratif ; vérification de la pièce nécessaire.
Relations avec Georges GUINGOUINNotice de l’Ordre : rôle dans l’organisation des maquis du Limousin.Fondation de la Résistance : relations conflictuelles jusqu’en août 1944.Les sources sont complémentaires ; le conflit doit être mentionné dans la notice.
Commandement des FFI de Haute-VienneProjet de double commandement au 15 août 1944.GUINGOUIN seul chef après le retrait de Lucien FAURE.Il s’agit de deux étapes successives.
Libération de LimogesOrdre de la Libération : participation à la libération régionale.Fondation de la Résistance : capitulation allemande du 21 août 1944.Concordance ; la seconde source précise les circonstances.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Eugène DÉCHELETTE — Biographie officielle — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/eugene-dechelette

Fondation de la Résistance — La Lettre de la Fondation de la Résistance, n° 105, juin 2021 — https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/les-lettres-trimestrielles/lettre/la-lettre-de-la-fondation-de-la-resistance-n-105/

Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels, lettre D —

Ordre de la Libération — Base officielle des médaillés de la Résistance — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/D

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