La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

DAMMANN André

André DAMMANN, né le 12 décembre 1901 à Nancy, Meurthe-et-Moselle, France, mort le 3 février 1951 au mont Cameroun, près de Douala, Cameroun, planteur et entrepreneur, volontaire des Forces françaises libres, combattant de la Légion du Cameroun et de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère, défenseur de Bir Hakeim, officier du Bureau central de renseignements et d’action, combattant de la libération de la Savoie et de la campagne des Alpes, capitaine de réserve, Compagnon de la Libération.

Jeunesse et formation

André DAMMANN naît le 12 décembre 1901 à Nancy, en Meurthe-et-Moselle. Les sources biographiques consultées ne précisent pas son environnement familial, sa formation scolaire ni les circonstances de ses premières activités professionnelles.

En 1926, âgé de vingt-quatre ans, il quitte la France métropolitaine pour s’installer au Cameroun, territoire placé sous mandat français après la Première Guerre mondiale. Il s’établit dans le pays Bamoun, région montagneuse de l’ouest du territoire, où il développe une activité agricole.

Selon sa biographie officielle publiée par l’Ordre de la Libération, il est le premier à introduire la culture du café Arabica dans cette région. Cette initiative contribue à son implantation professionnelle et à sa connaissance du pays. La Fondation de la France libre rappelle également cette activité dans la notice nécrologique qui lui est consacrée en avril 1951.

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, André DAMMANN possède donc une situation établie au Cameroun, où il réside depuis quatorze années. La défaite française de juin 1940 va profondément modifier le cours de son existence.

Engagement dans la France libre — 1940

Lorsque le gouvernement français demande l’armistice en juin 1940, André DAMMANN refuse d’accepter la défaite. Alors que plusieurs territoires d’Afrique équatoriale se rallient progressivement au général de Gaulle, il décide d’abandonner ses activités professionnelles pour rejoindre les Français qui souhaitent poursuivre la guerre.

À l’été 1940, il s’engage dans la Légion du Cameroun, formation constituée de volontaires favorables à la France libre. Il participe à la campagne du Gabon, entreprise à l’automne pour obtenir le ralliement de ce territoire demeuré fidèle au gouvernement de Vichy. Les combats s’achèvent par la prise de Libreville, le 10 novembre 1940.

À l’issue de cette campagne, André DAMMANN rejoint la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE), l’une des premières unités de la France libre. Malgré son âge et sa situation antérieure, il accepte d’y servir comme simple soldat.

Affecté successivement à la compagnie lourde n° 3, puis à la compagnie lourde n° 2, il acquiert une spécialisation dans le maniement des armes d’appui. Cette expérience jouera un rôle déterminant lors de la bataille de Bir Hakeim.

Les campagnes d’Érythrée et de Syrie — 1941

Au début de 1941, André DAMMANN participe avec la 13e DBLE à la campagne d’Érythrée, conduite par les forces britanniques et alliées contre les possessions italiennes d’Afrique orientale.

Il prend part aux combats de Keren, en mars 1941, puis à ceux de Massaoua, dont la chute, le 8 avril, marque une étape décisive de la défaite italienne en Érythrée. Les opérations se déroulent dans un environnement montagneux difficile, face à des positions défensives solidement organisées. André DAMMANN s’y distingue par son comportement.

En juin et juillet 1941, il participe ensuite à la campagne de Syrie avec la 13e DBLE. Cette opération oppose les forces britanniques et françaises libres aux troupes françaises demeurées sous l’autorité du gouvernement de Vichy. Les combats prennent fin avec l’armistice de Saint-Jean-d’Acre, signé le 14 juillet 1941.

Ces deux campagnes permettent à André DAMMANN d’acquérir une expérience importante du combat. Il poursuit ensuite son service dans les formations françaises libres destinées à participer à la guerre du désert, au sein de la 1re Brigade française libre, commandée par le général Pierre KOENIG.

La bataille de Bir Hakeim — Mai-juin 1942

Au printemps 1942, la 1re Brigade française libre reçoit la mission de défendre la position de Bir Hakeim, dans le désert libyen, sur le flanc sud du dispositif allié. Ce point d’appui doit contribuer à empêcher les forces allemandes et italiennes du général Rommel de contourner les défenses britanniques.

La bataille commence le 26 mai 1942. Pendant plus de deux semaines, les combattants français libres résistent à des attaques répétées de blindés, d’artillerie et d’aviation. Les bombardements provoquent de nombreuses pertes tandis que les réserves d’eau et de munitions diminuent progressivement.

André DAMMANN sert une pièce d’appui au sein de son unité. Le 3 juin 1942, il est blessé au bras pendant un bombardement aérien. Malgré sa blessure, il refuse d’être évacué et demeure à son poste de combat.

Le 8 juin, au cours d’une violente attaque de chars appuyée par l’artillerie, des obus de gros calibre explosent à proximité de sa position. Atteint par plusieurs éclats, notamment à la main, il refuse une nouvelle fois d’abandonner sa pièce. Il demande qu’un garrot lui soit posé afin de limiter l’hémorragie, puis reprend le combat.

Malgré son état, il parvient à détruire deux chars ennemis qui menacent de pénétrer dans les positions françaises. Cette action, expressément mentionnée par l’Ordre de la Libération, constitue l’un des faits d’armes les plus remarquables de son parcours militaire.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, la brigade KOENIG entreprend d’évacuer Bir Hakeim à travers les lignes ennemies. La sortie s’effectue sous des tirs violents, dans des conditions particulièrement dangereuses. Alors qu’il tente de franchir à pied un barrage d’armes automatiques, André DAMMANN est atteint aux deux jambes.

Cette troisième blessure met fin à sa participation immédiate aux opérations. Évacué pour recevoir des soins, il survit aux blessures reçues pendant la bataille.

Son comportement à Bir Hakeim témoigne d’une détermination exceptionnelle. Blessé à trois reprises, il a continué à combattre aussi longtemps que son état le lui permettait, contribuant directement à la défense de la position.

Nomination comme Compagnon de la Libération — 9 septembre 1942

Après la bataille de Bir Hakeim, André DAMMANN est évacué vers le Moyen-Orient. Il poursuit sa convalescence à Sofar, au Liban, où il reçoit la visite du général de Gaulle.

Par décret du 9 septembre 1942, il est nommé Compagnon de la Libération. Le général de Gaulle lui remet personnellement la croix de la Libération pendant son séjour au centre de convalescence.

Cette distinction, attribuée de son vivant, récompense principalement sa conduite exceptionnelle pendant la défense de Bir Hakeim.

Son dossier individuel est rattaché dans le répertoire de l’Ordre de la Libération à la cote 1 A 257, mais une difficulté documentaire doit être signalée : l’inventaire classe ce dossier sous le nom de DAMMAN Maurice, alors que la notice biographique institutionnelle est consacrée à André DAMMANN. La concordance de la date du décret permet un rapprochement, sans suffire à résoudre définitivement cette divergence d’identité.

La consultation des pièces originales demeure donc nécessaire.

Le Bureau central de renseignements et d’action — 1943-1944

Après une période de convalescence au Cameroun, André DAMMANN décide de reprendre le combat. Malgré les séquelles de ses blessures, il gagne Londres et demande à être envoyé en mission clandestine en France.

Il rejoint le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA), service de renseignement et d’action de la France libre chargé notamment de préparer les opérations clandestines sur le territoire occupé.

Son expérience militaire et sa volonté de participer à la libération du territoire le conduisent à recevoir une formation adaptée aux missions de liaison avec la Résistance intérieure.

En février 1944, il est promu adjudant, puis nommé sous-lieutenant en avril. Ces promotions reconnaissent son expérience et les responsabilités qu’il est désormais appelé à exercer.

Le BCRA lui confie une mission auprès des maquis de Savoie. Il doit contribuer aux relations entre les formations résistantes et les autorités militaires de la France libre, dans une région où les groupes clandestins se préparent à participer aux combats de la Libération.

La mission en Savoie et les combats de la Libération — Août 1944

Selon la notice officielle de l’Ordre de la Libération, André DAMMANN est déposé par une opération aérienne dans le département de l’Ain, le 7 août 1944.

Il rejoint ensuite les maquis de Savoie et participe aux opérations de libération de la région. Son expérience acquise dans les Forces françaises libres constitue un atout pour des unités dont les effectifs ont augmenté au cours des mois précédents et qui doivent désormais coordonner leurs actions avec la progression des armées alliées.

La Fondation de la France libre mentionne cependant une arrivée auprès des résistants savoyards en juin 1944. Cette indication diffère de la date du 7 août donnée par l’Ordre de la Libération. En l’absence de consultation des archives opérationnelles du BCRA, la date du 7 août est retenue pour l’opération aérienne, tout en conservant cette divergence dans le dossier documentaire.

André DAMMANN participe aux combats conduits par les formations résistantes contre les unités allemandes, puis à leur transformation progressive en unités militaires régulières.

La reconstitution du 27e Bataillon de chasseurs alpins et la campagne des Alpes — 1944-1945

En octobre 1944, André DAMMANN participe à la reconstitution du 27e Bataillon de chasseurs alpins (27e BCA), unité qui intègre notamment des combattants issus de la Résistance.

Ce travail nécessite l’organisation des effectifs, leur encadrement et leur adaptation aux exigences de l’armée régulière. Fort de son expérience des campagnes de la France libre, André DAMMANN contribue à cette réorganisation.

À partir de novembre 1944, il participe avec le 27e BCA à la campagne des Alpes. Les forces françaises cherchent alors à reprendre le contrôle des vallées et des passages frontaliers encore tenus par les troupes allemandes.

Il combat en Maurienne, puis en Tarentaise, dans des conditions rendues particulièrement difficiles par le relief et l’hiver. Les opérations nécessitent des déplacements en terrain montagneux et des attaques contre des positions fortifiées.

Au moment de la capitulation allemande, en mai 1945, André DAMMANN se trouve au col du Petit-Saint-Bernard, passage stratégique entre la Savoie et la vallée d’Aoste.

Son parcours militaire l’a ainsi conduit du Cameroun au Gabon, de l’Érythrée à la Syrie, du désert libyen aux maquis de Savoie, puis aux derniers combats des Alpes.

Le 18 juin 1945, il participe à un défilé militaire en qualité de porte-drapeau de son bataillon, selon la Fondation de la France libre. Cette fonction symbolique intervient cinq années après l’appel du général de Gaulle, auquel il avait répondu par son engagement dès l’été 1940.

Retour à la vie civile

Après la guerre, André DAMMANN quitte le service actif avec le grade de capitaine de réserve. La date exacte de sa promotion à ce grade reste à préciser.

Au début de 1946, il retourne au Cameroun, où il avait commencé sa carrière professionnelle vingt années auparavant. Il abandonne l’activité agricole qui avait marqué sa première installation pour se consacrer à l’exploitation forestière.

Il entreprend de développer une entreprise dont les perspectives semblent favorables. Les sources consultées ne précisent pas son nom, sa localisation exacte ni l’étendue de ses activités, mais la notice nécrologique publiée par la Fondation de la France libre souligne l’importance qu’il accorde à cette nouvelle carrière.

En novembre 1946, il fonde un foyer. Les sources actuellement disponibles ne permettent pas d’établir avec certitude l’identité complète de son épouse ni la composition de sa famille.

André DAMMANN conserve parallèlement des responsabilités dans le monde combattant. Il devient président de l’Union française des associations de combattants (UFAC) pour le Cameroun, fonction dans laquelle il participe à la représentation des anciens militaires et à l’entretien de la mémoire des conflits.

Après les années de guerre, il semble ainsi avoir retrouvé une existence stable, consacrée à son entreprise, à sa famille et à ses engagements associatifs.

Décès dans l’accident aérien du mont Cameroun — 3 février 1951

Le 3 février 1951, André DAMMANN se trouve à bord d’un avion assurant une liaison entre Brazzaville et Paris.

L’appareil s’écrase sur les pentes du mont Cameroun, près de Douala. L’accident entraîne la mort de l’équipage et des passagers, parmi lesquels figure André DAMMANN, âgé de quarante-neuf ans.

La documentation directement consultée ne précise pas le type d’appareil, son immatriculation ni les circonstances techniques de l’accident. Ces renseignements nécessiteraient une recherche complémentaire dans les archives de l’aviation civile et dans la presse de février 1951.

Sa disparition provoque une vive émotion parmi les anciens combattants de la France libre. La Revue de la France libre lui consacre une notice nécrologique dans son numéro d’avril 1951.

Une cérémonie religieuse est organisée le 7 mars 1951, en l’église Saint-François-Xavier, à Paris, en présence de plusieurs personnalités militaires et administratives. Le général Pierre KOENIG, sous les ordres duquel André DAMMANN avait combattu à Bir Hakeim, assiste notamment à cet hommage. Le général Edgar de LARMINAT y est représenté.

André DAMMANN est inhumé à Chelles, en Seine-et-Marne. Le dossier individuel de l’Ordre de la Libération conserve des documents relatifs à sa sépulture, dont l’examen permettrait de préciser l’emplacement exact de sa tombe.

Camarades de combat

Charles DE GAULLE — Général, chef de la France libre ; André DAMMANN rejoint les forces placées sous son autorité en 1940 et reçoit personnellement de ses mains la croix de la Libération.

Pierre KOENIG — Général commandant la 1re Brigade française libre pendant la bataille de Bir Hakeim. André DAMMANN sert sous ses ordres en 1942. KOENIG assiste à la cérémonie religieuse organisée après son décès.

Raoul MAGRIN-VERNEREY, MONCLAR — Officier supérieur de la Légion étrangère, acteur majeur du ralliement d’une partie de la 13e DBLE à la France libre et de ses premières campagnes.

Dimitri AMILAKVARI — Officier de la 13e DBLE, Compagnon de la Libération, participant aux campagnes d’Afrique et à la bataille de Bir Hakeim.

Bernard SAINT-HILLIER — Officier de la 13e DBLE, Compagnon de la Libération, appartenant au même environnement militaire qu’André DAMMANN. Il est présent à la cérémonie organisée après son décès.

Jacques PÂRIS DE BOLLARDIÈRE — Officier de la 13e DBLE, Compagnon de la Libération, participant aux campagnes africaines et aux combats de Bir Hakeim.

Edgar DE LARMINAT — Général des Forces françaises libres, ayant exercé d’importantes responsabilités de commandement en Afrique et au Moyen-Orient. Il est représenté à la cérémonie religieuse du 7 mars 1951.

Appartenance aux unités et organismes militaires

Légion du Cameroun — Engagement volontaire à l’été 1940 et participation à la campagne du Gabon.

13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) — Service dans les compagnies lourdes n° 3 puis n° 2 ; participation aux campagnes d’Érythrée, de Syrie et de Libye.

1re Brigade française libre — Formation commandée par Pierre KOENIG, au sein de laquelle André DAMMANN participe à la défense de Bir Hakeim.

Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) — Préparation et exécution d’une mission clandestine en France en 1944.

Maquis de Savoie — Mission de liaison et participation aux opérations de libération de la région.

27e Bataillon de chasseurs alpins — Participation à la reconstitution de l’unité à partir d’octobre 1944 et aux opérations de la campagne des Alpes.

Union française des associations de combattants (UFAC) — Président pour le Cameroun après la guerre.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération et la Fondation de la France libre. Décret individuel et publication au Journal officiel non vérifiés.

Compagnon de la Libération — Décret du 9 septembre 1942, attribution de son vivant. Croix remise personnellement par le général de Gaulle pendant sa convalescence à Sofar, au Liban. Dossier associé à la cote 1 A 257, avec une réserve concernant l’intitulé archivistique DAMMAN Maurice. Publication au Journal officiel à vérifier.

Croix de guerre 1939-1945 — Sept citations, selon l’Ordre de la Libération. Les dates et niveaux de chacune d’elles restent à établir à partir des textes originaux.

Médaille des blessés de guerre — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Trois blessures documentées pendant la bataille de Bir Hakeim.

Médaille coloniale — Agrafes Érythrée, Bir Hakeim et Libye, selon l’Ordre de la Libération.

Military Cross — Royaume-Uni — Décoration britannique mentionnée par l’Ordre de la Libération. Acte individuel d’attribution non vérifié.

Distinguished Conduct Medal — Royaume-Uni — Distinction britannique mentionnée dans la liste institutionnelle française sous une graphie erronée. L’acte officiel britannique reste à rechercher.

King’s Medal for Courage in the Cause of Freedom — Royaume-Uni — Décoration britannique figurant dans la liste publiée par l’Ordre de la Libération. Attribution individuelle à vérifier dans les archives britanniques.

Médaille de la Résistance française — Aucune attribution individuelle certaine n’a été identifiée dans les sources consultées.

Lieux de mémoire

Nancy, Meurthe-et-Moselle, France — Ville natale d’André DAMMANN, le 12 décembre 1901.

Pays Bamoun, Cameroun — Région dans laquelle il développe la culture du café Arabica à partir de 1926.

Cameroun — Territoire de son engagement dans la France libre à l’été 1940.

Gabon — Campagne militaire de novembre 1940.

Keren, Érythrée — Combats de mars 1941.

Massaoua, Érythrée — Campagne d’avril 1941.

Syrie — Campagne de juin-juillet 1941.

Bir Hakeim, Libye — Bataille du 26 mai au 11 juin 1942, au cours de laquelle il est blessé à trois reprises et détruit deux chars ennemis.

Sofar, Liban — Lieu de convalescence et de remise de la croix de la Libération par le général de Gaulle.

Londres, Royaume-Uni — Affectation au BCRA avant sa mission clandestine en France.

Ain, France — Département dans lequel il est déposé par une opération aérienne le 7 août 1944.

Savoie, France — Mission auprès des maquis et participation aux combats de la Libération.

Maurienne et Tarentaise, Savoie, France — Opérations militaires de la campagne des Alpes.

Col du Petit-Saint-Bernard, Savoie, France — Secteur dans lequel il se trouve au moment de la capitulation allemande.

Mont Cameroun, Cameroun — Lieu de l’accident aérien du 3 février 1951.

Chelles, Seine-et-Marne, France — Lieu de sépulture.

Références bibliographiques

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, 2023.

Les Compagnons de l’aube, Guillaume PIKETTY, Textuel, Paris, 2014.

La France libre, Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC, Gallimard, Paris, 1996.

Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945, Chancellerie de l’Ordre de la Libération, Paris, 1961.

Le capitaine André Dammann, Revue de la France libre, n° 37, avril 1951. Notice nécrologique reproduite par la Fondation de la France libre.

Références internet

Ordre de la Libération — André Dammann — Notice biographique officielle :
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-dammann

Fondation de la France libre — Le capitaine André Dammann, Revue de la France libre, avril 1951 :
https://www.france-libre.net/andre-darmann/

Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels, lettre D :

Service historique de la Défense — Répertoire nominatif des dossiers administratifs de résistants, lettre D :

SAMLHOC — Liste des titulaires de l’Ordre de la Libération :
https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

Dossier d’homologation consulté

Service historique de la Défense — GR 16 P 155776

Le répertoire nominatif des dossiers administratifs de résistants, lettre D, identifie un dossier au nom d’André DAMMANN, né le 12 décembre 1901 à Nancy, sous la cote GR 16 P 155776.

La concordance du nom, de la date et du lieu de naissance permet une identification certaine dans ce répertoire. Le dossier concerne la reconnaissance administrative de son engagement dans les Forces françaises libres.

Les pièces originales n’ont pas été dépouillées. Leur consultation permettrait notamment de vérifier les dates exactes de promotion, les états de services et les documents d’homologation.

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 257

Le répertoire numérique officiel de l’Ordre de la Libération mentionne un dossier 1 A 257, classé sous l’intitulé DAMMAN Maurice.

Il contient un extrait du décret du 9 septembre 1942, correspondant à la date de nomination d’André DAMMANN comme Compagnon de la Libération. Cette concordance justifie le rapprochement documentaire, mais la différence de prénom doit être vérifiée dans les pièces originales avant de considérer l’identification comme définitivement établie.

L’inventaire signale notamment une fiche de renseignements, une fiche d’annuaire, huit pièces de correspondance avec la chancellerie, deux copies de fiches provenant des archives britanniques, un extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération, un article de presse de 1951 et plusieurs documents relatifs à la sépulture.

Le reçu du diplôme de Compagnon de la Libération n° 709 est daté du 16 mars 1966.

La consultation des fiches britanniques pourrait être particulièrement utile pour vérifier les décorations étrangères attribuées à André DAMMANN.

Archives du BCRA

Les archives opérationnelles du Bureau central de renseignements et d’action permettraient de préciser les circonstances de la mission clandestine d’André DAMMANN en France, notamment l’opération aérienne du 7 août 1944 et les relations établies avec les maquis de Savoie.

Aucune cote nominative complémentaire n’a été identifiée avec certitude.

Archives du 27e Bataillon de chasseurs alpins

Les journaux de marche et les rapports d’opérations du 27e BCA pourraient compléter la chronologie des combats menés en Maurienne et en Tarentaise. Ils permettraient également de préciser les responsabilités exercées par André DAMMANN pendant la reconstitution de l’unité.

Archives britanniques

Les actes individuels d’attribution des décorations britanniques devraient être recherchés dans les archives militaires du Royaume-Uni et dans la London Gazette.

L’identification de ces documents reste nécessaire pour confirmer les dates et les motifs des distinctions.

Observations

André DAMMANN appartient aux volontaires de la France libre qui ont abandonné une situation professionnelle établie pour poursuivre le combat après la défaite de juin 1940. Installé au Cameroun depuis 1926, il rejoint la Légion du Cameroun, puis la 13e Demi-brigade de Légion étrangère, avec laquelle il participe aux campagnes du Gabon, d’Érythrée, de Syrie et de Libye.

Son comportement pendant la bataille de Bir Hakeim constitue le fait majeur de son parcours militaire. Blessé à trois reprises, il refuse à deux occasions d’abandonner son poste et détruit deux chars ennemis le 8 juin 1942, malgré une grave blessure à la main. Cette conduite lui vaut d’être nommé Compagnon de la Libération le 9 septembre 1942.

Après sa convalescence, il choisit de reprendre le combat en rejoignant le BCRA, puis les maquis de Savoie. Il participe enfin à la reconstitution du 27e Bataillon de chasseurs alpins et aux dernières opérations de la guerre dans les Alpes.

Sa mort accidentelle, le 3 février 1951, met fin à une carrière civile qu’il avait reconstruite au Cameroun.

Deux recherches archivistiques demeurent prioritaires : l’identification exacte du dossier 1 A 257, classé sous le prénom Maurice, et la vérification des actes individuels relatifs aux décorations britanniques.

Indice de fiabilité de la notice : Niveau B — Les principales données d’état civil, les campagnes militaires, les trois blessures de Bir Hakeim, la destruction de deux chars ennemis, la nomination comme Compagnon de la Libération, la mission au BCRA et les opérations de Savoie et des Alpes sont établies par la notice officielle de l’Ordre de la Libération et recoupées par la Fondation de la France libre. La cote SHD GR 16 P 155776 est identifiée. Le niveau B est maintenu en raison de la divergence archivistique concernant le dossier 1 A 257, de l’incertitude sur la chronologie exacte de son arrivée en Savoie et de l’absence de consultation des actes originaux d’attribution des décorations britanniques.

Chronologie du résistant

DateÉvénement
12 décembre 1901Naissance à Nancy, Meurthe-et-Moselle.
1926Installation au Cameroun.
Après 1926Développement de la culture du café Arabica en pays Bamoun.
Été 1940Engagement dans la Légion du Cameroun et ralliement à la France libre.
Novembre 1940Participation à la campagne du Gabon.
Fin 1940Engagement comme soldat dans la 13e DBLE.
Mars 1941Combats de Keren, en Érythrée.
Avril 1941Combats de Massaoua.
Juin-juillet 1941Campagne de Syrie.
26 mai 1942Début de la bataille de Bir Hakeim.
3 juin 1942Première blessure au bras ; refuse l’évacuation.
8 juin 1942Deuxième blessure à la main ; poursuit le combat et détruit deux chars ennemis.
Nuit du 10 au 11 juin 1942Troisième blessure, aux deux jambes, pendant la sortie de Bir Hakeim.
Après juin 1942Convalescence à Sofar, au Liban.
9 septembre 1942Nomination comme Compagnon de la Libération.
Après 1942Convalescence au Cameroun, puis départ pour Londres.
Février 1944Promotion au grade d’adjudant.
Avril 1944Nomination comme sous-lieutenant.
7 août 1944Arrivée par opération aérienne dans l’Ain, selon l’Ordre de la Libération.
Août-septembre 1944Mission auprès des maquis de Savoie et participation aux combats de la Libération.
Octobre 1944Participation à la reconstitution du 27e BCA.
Novembre 1944Engagement dans la campagne des Alpes.
Hiver 1944-1945Opérations en Maurienne et en Tarentaise.
Mai 1945Se trouve au col du Petit-Saint-Bernard lors de la capitulation allemande.
18 juin 1945Porte-drapeau de son bataillon lors d’un défilé militaire.
Début 1946Retour au Cameroun avec le grade de capitaine de réserve.
1946Développement d’une exploitation forestière.
Novembre 1946Fondation de son foyer.
Après 1946Présidence de l’UFAC pour le Cameroun.
3 février 1951Décès dans un accident aérien sur le mont Cameroun.
7 mars 1951Cérémonie religieuse à Paris.
Après le décèsInhumation à Chelles, Seine-et-Marne.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSource 1Source 2Appréciation
IdentitéOrdre de la Libération : André DAMMANN.Répertoire archivistique 1 A 257 : DAMMAN Maurice.Divergence importante nécessitant l’examen des pièces originales.
Date et lieu de naissanceOrdre de la Libération : 12 décembre 1901, Nancy.SHD GR 16 P 155776 : mêmes renseignements.Concordance permettant l’identification nominative.
Ralliement à la France libreFondation de la France libre : août 1940.Ordre de la Libération : été 1940.Concordance générale.
Mission en SavoieOrdre de la Libération : opération aérienne du 7 août 1944 dans l’Ain.Fondation de la France libre : arrivée auprès des maquis en juin 1944.Chronologie à vérifier dans les archives du BCRA.
Grade pendant la campagne des AlpesFondation de la France libre : capitaine au 27e BCA.Ordre de la Libération : sous-lieutenant en avril 1944, puis capitaine de réserve après la guerre.Dates des promotions intermédiaires à rechercher.
Lieu de convalescenceOrdre de la Libération : Sofar, au Liban.Fondation de la France libre : Sofa.Variantes orthographiques désignant vraisemblablement la même localité.
Décoration britanniqueOrdre de la Libération : Distinguished Conduit Medal.Dénomination britannique : Distinguished Conduct Medal.Graphie à corriger ; acte individuel d’attribution à vérifier.

Sources consultées

Ordre de la Libération — André Dammann — Notice biographique officielle — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/andre-dammann

Fondation de la France libre — Le capitaine André Dammann, Revue de la France libre, avril 1951 — https://www.france-libre.net/andre-darmann/

Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels, lettre D —

Service historique de la Défense — Répertoire nominatif des dossiers administratifs de résistants, lettre D —

SAMLHOC — Liste des titulaires de l’Ordre de la Libération — https://www.samlhoc.fr/phaleristique/ordres-chevalerie/ordre_liberation_compagnons/

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