La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

DA RIF Émile

Émile DA RIF, alias Émile DEGAND, né le 10 octobre 1914 à Falcade, province de Belluno, Italie, mort pour la France le 12 mai 1943 à l’ouest d’Enfidaville, Tunisie, légionnaire d’origine italienne, adjudant des Forces françaises libres, combattant des campagnes de Norvège, d’Érythrée, de Syrie, de Libye, d’Égypte et de Tunisie, chef de section à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère, Compagnon de la Libération à titre posthume.

Jeunesse et formation

Émile DA RIF naît le 10 octobre 1914 à Falcade, dans les Dolomites italiennes, au sein d’une famille de neuf enfants dont il est le septième. Son père exerce la profession de maçon et sa mère est ménagère.

Vers 1920, alors qu’il est âgé de six ans, il arrive en France avec sa famille. Les DA RIF s’installent dans le Haut-Rhin, où Émile passe son enfance et son adolescence. La biographie officielle de l’Ordre de la Libération mentionne la localité de Gernay, graphie qui pourrait correspondre à Cernay. Cette identification géographique reste cependant à confirmer.

Issu d’un milieu modeste, Émile DA RIF entre jeune dans la vie professionnelle. En 1931, il travaille comme aide-maçon dans les Alpes, puis exerce la même activité dans l’Isère l’année suivante. Ces premiers emplois s’inscrivent dans la continuité du métier de son père.

En 1933, alors qu’il approche de ses dix-neuf ans, il décide de s’engager pour cinq années dans la Légion étrangère. Cette décision marque le début d’une carrière militaire qui le conduira sur plusieurs théâtres d’opérations avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Engagement dans la Légion étrangère — 1933-1939

Après son incorporation et sa formation militaire, Émile DA RIF est affecté au Maroc. De 1934 à 1937, il sert à la 1re compagnie du 4e Régiment étranger d’infanterie (4e REI).

Il y acquiert une solide expérience de l’infanterie et de la vie en campagne. Ses qualités militaires lui valent d’être promu caporal en janvier 1935.

En 1938, à l’expiration de son premier contrat, il renouvelle son engagement pour une durée de dix années, manifestant ainsi sa volonté de poursuivre une carrière professionnelle dans la Légion étrangère.

Lorsque la France entre en guerre contre l’Allemagne, en septembre 1939, Émile DA RIF est promu sergent. Il possède alors six années de service et une expérience acquise principalement au Maroc.

Au début de 1940, il rejoint la 13e Demi-brigade de marche de Légion étrangère, formation créée pour participer aux opérations alliées en Scandinavie. Cette affectation constitue une étape décisive de son parcours.

La campagne de Norvège — Mai-juin 1940

Au printemps 1940, la 13e Demi-brigade de Légion étrangère est engagée dans l’expédition alliée de Norvège, organisée après l’invasion allemande du pays le 9 avril.

Le corps expéditionnaire français, placé sous le commandement du général Antoine BÉTHOUART, participe aux opérations conduites avec les forces britanniques, polonaises et norvégiennes dans la région de Narvik.

Émile DA RIF prend part aux combats de Bjervik et de Narvik, en mai et juin 1940. Les légionnaires participent notamment aux débarquements et aux attaques contre les positions allemandes. Le relief montagneux et les conditions climatiques compliquent les opérations, tandis que les forces alliées cherchent à reprendre le port de Narvik, dont la position présente une grande importance stratégique.

La ville est reconquise le 28 mai 1940. Émile DA RIF se distingue pendant cette campagne et reçoit une citation militaire, mentionnée dans sa biographie officielle.

Cependant, la situation militaire en France contraint les Alliés à interrompre leurs opérations en Norvège. Le corps expéditionnaire est évacué vers la Grande-Bretagne au début de juin.

Émile DA RIF se trouve ainsi au Royaume-Uni lorsque le gouvernement français demande l’armistice.

Le refus de la défaite et le ralliement à la France libre

La défaite française de juin 1940 place les militaires évacués de Norvège devant un choix difficile. Une partie des légionnaires décide de poursuivre la guerre avec les Britanniques et le général de Gaulle, tandis que d’autres souhaitent rejoindre les territoires demeurés sous l’autorité du gouvernement français.

Émile DA RIF choisit de continuer le combat.

Le 1er juillet 1940, il s’engage dans les Forces françaises libres (FFL) sous le nom d’Émile DEGAND.

Cette décision est particulièrement significative pour un homme né en Italie, arrivé en France pendant son enfance et engagé depuis 1933 dans la Légion étrangère. Il choisit de poursuivre la lutte pour la libération du pays dans lequel il a grandi et qu’il sert depuis plusieurs années.

Le nom DEGAND devient celui sous lequel il est connu dans les unités de la France libre. Il ne s’agit pas d’un pseudonyme utilisé dans un réseau clandestin de la Résistance intérieure, mais d’une identité de service militaire.

Émile DA RIF rejoint les légionnaires de la 13e Demi-brigade qui constituent l’une des premières formations combattantes de la France libre. Promu sergent-chef, il participe bientôt à de nouvelles opérations.

Les campagnes de Dakar, d’Érythrée et de Syrie — 1940-1941

En septembre 1940, Émile DA RIF participe avec la 13e DBLE à l’expédition de Dakar, organisée par les Britanniques et les Français libres pour obtenir le ralliement de l’Afrique-Occidentale française au général de Gaulle.

L’opération, connue sous le nom d’opération Menace, se heurte à la résistance des autorités et des forces demeurées fidèles au gouvernement de Vichy. Après plusieurs journées d’affrontements, les Alliés doivent renoncer à prendre Dakar.

La 13e DBLE est ensuite engagée en Afrique orientale contre les forces italiennes. Au début de 1941, Émile DA RIF participe à la campagne d’Érythrée, notamment aux combats de Keren, en mars, puis de Massaoua, dont la prise intervient le 8 avril.

Ces opérations sont menées dans un environnement montagneux difficile, face à des positions italiennes solidement organisées. Les légionnaires contribuent à l’offensive alliée qui conduit à la défaite des forces italiennes en Érythrée.

En juin et juillet 1941, Émile DA RIF participe ensuite à la campagne de Syrie, au cours de laquelle les forces britanniques et françaises libres affrontent les troupes françaises restées fidèles au gouvernement de Vichy. Les combats prennent fin avec l’armistice de Saint-Jean-d’Acre, signé le 14 juillet.

Ayant participé successivement aux campagnes de Norvège, de Dakar, d’Érythrée et de Syrie, Émile DA RIF possède désormais une importante expérience militaire.

En octobre 1941, il est promu adjudant. Il poursuit son service dans la 13e DBLE, désormais engagée dans les opérations de la guerre du désert.

La campagne de Libye et la bataille de Bir Hakeim — 1942

Émile DA RIF rejoint la 1re Brigade française libre, commandée par le général Pierre KOENIG. Il sert comme chef de section à la 6e compagnie du 2e bataillon de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère.

Cette fonction lui confie la responsabilité directe d’un groupe de légionnaires, dont il doit assurer la conduite au combat.

Au printemps 1942, la brigade KOENIG reçoit la mission de défendre la position de Bir Hakeim, située dans le désert libyen, sur le flanc sud du dispositif allié. Cette position doit contribuer à empêcher les forces allemandes et italiennes de contourner les défenses britanniques.

La bataille commence le 26 mai 1942. Pendant plus de deux semaines, les Français libres résistent aux attaques répétées de l’infanterie, des blindés, de l’artillerie et de l’aviation ennemies. Les bombardements provoquent des pertes importantes, tandis que les réserves d’eau et de munitions diminuent progressivement.

Émile DA RIF participe à cette défense comme chef de section. Son rôle consiste à maintenir la cohésion de ses hommes, à organiser la résistance dans son secteur et à exécuter les missions confiées à son unité.

La biographie officielle de l’Ordre de la Libération souligne expressément qu’il se distingue pendant les combats de Bir Hakeim. Elle ne précise cependant pas les circonstances d’un fait d’armes individuel daté. Il convient donc de ne pas lui attribuer une action particulière qui ne serait pas confirmée par les archives.

Dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, la brigade KOENIG parvient à évacuer la position à travers les lignes ennemies. Malgré les pertes subies pendant cette opération, une grande partie des combattants réussit à rejoindre les forces alliées.

Émile DA RIF poursuit la guerre au sein de la 13e DBLE. Sa participation à Bir Hakeim constitue l’un des épisodes majeurs de son parcours militaire.

La bataille d’El Alamein et la blessure de l’Himeimat — Octobre 1942

Après la campagne de Libye, les unités françaises libres participent aux opérations alliées conduites en Égypte.

Le 23 octobre 1942, les forces britanniques et alliées déclenchent la seconde bataille d’El Alamein, destinée à rompre les positions allemandes et italiennes.

La 1re Brigade française libre est engagée dans le secteur de l’Himeimat, où les combats sont particulièrement violents. Les unités doivent progresser face à des positions défendues par l’artillerie et les armes automatiques.

Le 24 octobre 1942, Émile DA RIF est blessé par des éclats de grenade.

Malgré sa blessure, il refuse d’abandonner immédiatement son poste et conserve le commandement de sa section jusqu’à la fin de l’action.

Cet épisode, précisément mentionné par l’Ordre de la Libération, témoigne de son courage et de son sens des responsabilités. Il constitue l’un des faits d’armes individuels les mieux documentés de sa carrière.

Après les combats d’El Alamein, Émile DA RIF reprend son service dans la 13e DBLE. Les sources consultées ne précisent pas la durée de ses soins, mais sa participation à la campagne de Tunisie, quelques mois plus tard, est établie.

La campagne de Tunisie et la mort au combat — Mai 1943

Au printemps 1943, Émile DA RIF participe avec son unité aux dernières opérations alliées d’Afrique du Nord.

Les forces allemandes et italiennes, progressivement refoulées vers la Tunisie, tentent de conserver leurs dernières positions. Les combats demeurent violents malgré la dégradation de leur situation militaire.

En mai 1943, la 13e DBLE est engagée dans le secteur d’Enfidaville, au sud de Tunis.

Le 12 mai 1943, en début de matinée, Émile DA RIF, connu dans son unité sous le nom d’Émile DEGAND, est mortellement atteint par un obus de gros calibre, à environ dix kilomètres à l’ouest d’Enfidaville.

Il est âgé de vingt-huit ans.

Sa mort intervient quelques heures avant la capitulation définitive des dernières grandes forces allemandes et italiennes d’Afrique du Nord, le 13 mai 1943.

Émile DA RIF avait servi pendant dix années dans la Légion étrangère. Depuis son ralliement à la France libre, le 1er juillet 1940, il avait participé à presque toutes les grandes campagnes de la 13e DBLE, de la Norvège à la Tunisie.

Il est inhumé au cimetière de Takrouna, en Tunisie, selon l’Ordre de la Libération. L’emplacement précis de sa sépulture et l’existence éventuelle d’un transfert ultérieur restent à vérifier dans les registres des sépultures militaires.

Nomination comme Compagnon de la Libération — 26 août 1943

Par décision du 26 août 1943, Émile DA RIF est nommé Compagnon de la Libération à titre posthume.

Cette distinction reconnaît son engagement précoce dans les Forces françaises libres, sa participation aux campagnes de la 13e DBLE et son comportement au combat.

Son dossier individuel est conservé à l’Ordre de la Libération sous la cote 1 A 256.

L’inventaire officiel mentionne une ampliation de la décision du 26 août 1943, ainsi que deux courriers de la même année relatifs à cette attribution.

Le reçu du diplôme de Compagnon de la Libération n° 714 est daté du 18 mars 1966.

La référence exacte de publication de la décision au Journal officiel n’a pas été établie.

Camarades de combat

Antoine BÉTHOUART — Général commandant le corps expéditionnaire français en Norvège ; Émile DA RIF participe sous son commandement aux combats de Bjervik et de Narvik.

Raoul MAGRIN-VERNEREY, MONCLAR — Officier supérieur de la Légion étrangère, commandant de la 13e DBLE pendant la campagne de Norvège et acteur du ralliement d’une partie de l’unité à la France libre.

Alfred CAZAUD — Officier de la 13e DBLE et Compagnon de la Libération, ayant participé aux premières campagnes de la France libre.

Pierre KOENIG — Général commandant la 1re Brigade française libre pendant la campagne de Libye et la bataille de Bir Hakeim ; Émile DA RIF sert sous son commandement.

Dimitri AMILAKVARI — Lieutenant-colonel de la 13e DBLE, Compagnon de la Libération, participant aux combats de Bir Hakeim et mort pendant la bataille d’El Alamein en octobre 1942.

Jacques PÂRIS DE BOLLARDIÈRE — Officier de la 13e DBLE, Compagnon de la Libération, engagé dans plusieurs campagnes de la France libre au sein de la même unité.

Renaud DE CORTA — Officier de la 13e DBLE et Compagnon de la Libération, appartenant à l’encadrement de l’unité pendant les campagnes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Bernard SAINT-HILLIER — Officier de la 13e DBLE et Compagnon de la Libération, participant aux campagnes de la France libre.

Appartenance aux unités militaires

4e Régiment étranger d’infanterie (4e REI) — Service à la 1re compagnie au Maroc, de 1934 à 1937.

13e Demi-brigade de Légion étrangère (13e DBLE) — Affectation en 1940, campagne de Norvège, ralliement à la France libre et participation aux opérations jusqu’à sa mort en mai 1943.

Forces françaises libres (FFL) — Engagement volontaire le 1er juillet 1940, sous le nom d’Émile DEGAND.

1re Brigade française libre — Formation commandée par Pierre KOENIG, au sein de laquelle Émile DA RIF participe à la campagne de Libye et à la bataille de Bir Hakeim.

6e compagnie du 2e bataillon de la 13e DBLE — Unité dans laquelle il exerce les fonctions de chef de section pendant la campagne de Libye.

Retour à la vie civile

Émile DA RIF meurt au combat le 12 mai 1943. Il ne connaît donc ni la libération de la France ni le retour à la vie civile après la guerre. Sa carrière professionnelle, commencée comme aide-maçon en 1931, s’est poursuivie dans la Légion étrangère à partir de 1933 jusqu’à sa disparition.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. La date du décret individuel et sa publication au Journal officiel n’ont pas été vérifiées.

Compagnon de la Libération — Décision du 26 août 1943, attribution à titre posthume. Dossier individuel 1 A 256. Reçu du diplôme de Compagnon n° 714 daté du 18 mars 1966.

Médaille militaire — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Décret individuel et date de publication restant à rechercher.

Croix de guerre 1939-1945 — Quatre citations, selon l’Ordre de la Libération. L’une d’elles récompense sa conduite pendant la campagne de Norvège. Les dates et les niveaux des autres citations restent à préciser.

Croix du combattant 1939-1945 — Distinction mentionnée par l’Ordre de la Libération. Dénomination réglementaire exacte à vérifier.

Médaille coloniale — Avec les agrafes Maroc, Érythrée, Libye et Bir Hakeim, selon la notice officielle.

Médaille des blessés — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Sa blessure du 24 octobre 1942 à l’Himeimat est documentée.

Médaille de la Résistance française — Aucune attribution individuelle n’a été confirmée dans les sources consultées. La décoration collective de la 13e DBLE ne peut être assimilée à une distinction individuelle d’Émile DA RIF.

Décorations étrangères — Aucune attribution individuelle certaine n’a été identifiée.

Lieux de mémoire

Falcade, province de Belluno, Italie — Commune natale d’Émile DA RIF, le 10 octobre 1914 selon l’Ordre de la Libération.

Haut-Rhin, France — Région dans laquelle il passe son enfance et son adolescence après son arrivée en France vers 1920.

Alpes et Isère, France — Régions où il travaille comme aide-maçon en 1931 et 1932.

Maroc — Service au 4e Régiment étranger d’infanterie entre 1934 et 1937.

Bjervik et Narvik, Norvège — Combats de mai 1940 au sein de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère.

Grande-Bretagne — Ralliement aux Forces françaises libres le 1er juillet 1940.

Dakar, Sénégal — Expédition de septembre 1940.

Keren et Massaoua, Érythrée — Campagne de 1941 contre les forces italiennes.

Syrie — Campagne de juin-juillet 1941.

Bir Hakeim, Libye — Défense de la position du 26 mai au 11 juin 1942.

L’Himeimat, Égypte — Blessure du 24 octobre 1942 pendant la bataille d’El Alamein.

Enfidaville, Tunisie — Secteur de sa mort au combat, le 12 mai 1943.

Takrouna, Tunisie — Lieu de sépulture mentionné par l’Ordre de la Libération.

Références bibliographiques

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, 2023.

Les Compagnons de l’aube, Guillaume PIKETTY, Textuel, Paris, 2014.

La France libre, Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC, Gallimard, Paris, 1996.

Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945, Chancellerie de l’Ordre de la Libération, Imprimerie nationale, Paris, 1961.

Références internet

Ordre de la Libération — Émile DA RIF — Notice biographique officielle :
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/emile-da-rif

Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre D :

Service historique de la Défense — Répertoire nominatif des dossiers administratifs de résistants, lettre D :

Ordre de la Libération — Collection photographique Émile DA RIF, référence 001679 :
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/630f2b9f18d4961067e46e04

Association des anciens de la 1re Division française libre — Compagnons de la Libération :
https://www.1dfl-le-blog.fr/compagnons_liberation/

Dossier d’homologation consulté

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 256

Le dossier individuel d’Émile DA RIF est conservé sous la cote 1 A 256.

Le répertoire numérique officiel, lettre D, établi par Roxane Ritter et daté du 24 septembre 2025, mentionne une ampliation de la décision du 26 août 1943 portant attribution de la croix de la Libération, deux courriers de la même année et le reçu du diplôme de Compagnon n° 714, daté du 18 mars 1966.

Le dossier comprend également une fiche d’annuaire de l’Ordre de la Libération, un questionnaire adressé aux Compagnons ou à leurs familles, seize pièces de correspondance échangées entre 1957 et 2005 et un extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération.

L’inventaire a été consulté, mais les pièces originales n’ont pas été intégralement dépouillées.

Service historique de la Défense — GR 16 P 157775

Le répertoire nominatif des dossiers administratifs de résistants, lettre D, mentionne un dossier au nom d’Émile DA RIF sous la cote GR 16 P 157775.

Le lieu de naissance indiqué est Falcade, en Italie, ce qui concorde avec la biographie de l’Ordre de la Libération.

En revanche, le répertoire donne le 22 mai 1912 comme date de naissance, alors que l’Ordre de la Libération retient le 10 octobre 1914.

Cette divergence importante doit être résolue par consultation de l’acte de naissance et des pièces originales du dossier militaire. Dans l’attente, la date publiée par l’Ordre de la Libération est conservée pour la notice biographique.

L’absence de mention d’homologation FFL sur la ligne du répertoire ne remet pas en cause le ralliement du 1er juillet 1940, établi par la source institutionnelle.

Archives de la Légion étrangère

Les archives de la Légion étrangère pourraient permettre de vérifier les engagements de 1933 et de 1938, les affectations au Maroc, les promotions et la situation administrative d’Émile DA RIF.

Les journaux de marche de la 13e DBLE, notamment ceux du 2e bataillon, présentent un intérêt particulier pour approfondir son rôle à Bir Hakeim, sa blessure à l’Himeimat et les circonstances de sa mort pendant la campagne de Tunisie.

Aucune cote individuelle supplémentaire n’a été établie avec une certitude suffisante.

Archives des sépultures militaires

L’Ordre de la Libération indique qu’Émile DA RIF est inhumé au cimetière de Takrouna, en Tunisie.

La consultation des registres du service des sépultures de guerre permettrait de vérifier l’emplacement de sa tombe et l’existence éventuelle d’un transfert ultérieur de sa dépouille.

Observations

Émile DA RIF appartient aux légionnaires d’origine étrangère qui ont choisi de poursuivre la guerre au service de la France libre après la défaite de juin 1940.

Né en Italie et élevé en France, il s’engage dans la Légion étrangère en 1933 avant de participer aux campagnes de Norvège, d’Afrique et du Moyen-Orient. Son parcours est marqué par son ralliement précoce au général de Gaulle, son engagement à Bir Hakeim et son comportement pendant la bataille d’El Alamein, où il conserve le commandement de sa section malgré une blessure.

Tué en Tunisie le 12 mai 1943, à la veille de la capitulation des forces de l’Axe en Afrique du Nord, il est nommé Compagnon de la Libération à titre posthume le 26 août suivant.

Sa biographie illustre la contribution des volontaires étrangers de la Légion à la poursuite du combat français entre 1940 et 1943.

La principale recherche restant à conduire concerne la divergence entre les dates de naissance mentionnées par l’Ordre de la Libération et par le répertoire SHD.

Indice de fiabilité de la notice : Niveau B — Les principales étapes du parcours d’Émile DA RIF, ses engagements dans la Légion étrangère, son ralliement du 1er juillet 1940, ses campagnes militaires, sa blessure du 24 octobre 1942, les circonstances de sa mort et sa nomination comme Compagnon de la Libération sont établis par l’Ordre de la Libération. Le dossier individuel 1 A 256 est précisément identifié. Le niveau B est maintenu en raison de la divergence importante concernant la date de naissance et de l’absence de consultation intégrale des états de services et des pièces originales du dossier SHD.

Chronologie du résistant

DateÉvénement
10 octobre 1914Naissance à Falcade, en Italie, selon l’Ordre de la Libération.
Vers 1920Arrivée en France avec sa famille.
1931Travail comme aide-maçon dans les Alpes.
1932Travail comme aide-maçon en Isère.
1933Engagement pour cinq ans dans la Légion étrangère.
1934-1937Service à la 1re compagnie du 4e REI au Maroc.
Janvier 1935Promotion au grade de caporal.
1938Renouvellement de son engagement pour dix ans.
Septembre 1939Promotion au grade de sergent.
Début 1940Affectation à la 13e Demi-brigade de Légion étrangère.
Mai-juin 1940Campagne de Norvège, combats de Bjervik et de Narvik.
Juin 1940Évacuation vers la Grande-Bretagne.
1er juillet 1940Engagement dans les Forces françaises libres sous le nom d’Émile DEGAND.
1940Promotion au grade de sergent-chef ; date précise à vérifier.
Septembre 1940Participation à l’expédition de Dakar.
Mars-avril 1941Campagne d’Érythrée, combats de Keren et de Massaoua.
Juin-juillet 1941Campagne de Syrie.
Octobre 1941Promotion au grade d’adjudant.
26 mai-11 juin 1942Bataille de Bir Hakeim, en Libye.
24 octobre 1942Blessure par éclats de grenade à l’Himeimat, pendant la bataille d’El Alamein.
Printemps 1943Campagne de Tunisie.
12 mai 1943Mort au combat à environ dix kilomètres à l’ouest d’Enfidaville.
26 août 1943Nomination comme Compagnon de la Libération à titre posthume.
Après le décèsInhumation à Takrouna, en Tunisie, selon l’Ordre de la Libération.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSource 1Source 2Appréciation
Date de naissanceOrdre de la Libération : 10 octobre 1914.Répertoire SHD GR 16 P 157775 : 22 mai 1912.Divergence importante. L’acte de naissance et les pièces militaires originales doivent être consultés.
Lieu de naissanceOrdre de la Libération : Falcade, Italie.Répertoire SHD : Falcade, Italie.Concordance géographique.
PrénomOrdre de la Libération : Émile.Certaines sources secondaires : Emilio.Émile est retenu comme forme institutionnelle française.
Localité de résidence en AlsaceOrdre de la Libération : Gernay.Identification géographique envisagée : Cernay, Haut-Rhin.Hypothèse à vérifier ; ne pas remplacer la graphie institutionnelle sans document.
Grade de sergentOrdre de la Libération : septembre 1939.Certaines notices secondaires évoquent 1938.Septembre 1939 est retenu selon la source institutionnelle.
Nom utilisé dans les FFLOrdre de la Libération : Émile DEGAND.Sources secondaires : Émile DA RIF.Deux formes correspondant au même combattant selon l’Ordre de la Libération.
Date du décèsOrdre de la Libération : 12 mai 1943.Autres notices historiques : mai 1943 pendant la campagne de Tunisie.Date institutionnelle conservée.
Nomination comme CompagnonOrdre de la Libération : 26 août 1943.Inventaire du dossier 1 A 256 : décision du 26 août 1943.Concordance.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Émile DA RIF — Notice biographique officielle — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/emile-da-rif

Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre D —

Service historique de la Défense — Répertoire nominatif des dossiers administratifs de résistants, lettre D —

Ordre de la Libération — Collection photographique Émile DA RIF, référence 001679 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/630f2b9f18d4961067e46e04

Association des anciens de la 1re Division française libre — Compagnons de la Libération — https://www.1dfl-le-blog.fr/compagnons_liberation/

Wikipédia — Émile DA RIF — https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Da_Rif

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