Renaud Marie René de CORTA, né le 2 février 1915 à Paris (VIIe arrondissement), mort le 20 avril 1979 à Paris, Français, officier de la Légion étrangère, combattant des Forces françaises libres, général de corps d’armée, Compagnon de la Libération, participant aux campagnes du Gabon, d’Érythrée, de Syrie, de Libye, de Tunisie, d’Italie et de France, puis aux opérations d’Indochine.
Renaud de Corta naît à Paris le 2 février 1915. Il est issu d’une famille attachée aux traditions militaires et au service de la France.
Son père, ingénieur, a participé à la Première Guerre mondiale. Le jeune Renaud grandit ainsi dans un environnement marqué par le souvenir de ce conflit et par les valeurs patriotiques.
Très tôt attiré par la carrière militaire, il choisit de préparer le concours d’entrée à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr.
Il y appartient à la promotion du Roi Alexandre Ier, dont il sort en 1936.
À sa sortie de Saint-Cyr, il choisit l’infanterie.
Il est affecté comme sous-lieutenant au 158e régiment d’infanterie, stationné en Alsace.
Cette première affectation lui permet de se familiariser avec le commandement des unités d’infanterie et les réalités du service sur la frontière orientale.
Il est promu lieutenant en octobre 1938.
Mobilisation de septembre 1939
À la déclaration de guerre, Renaud de Corta rejoint le front avec le 158e régiment d’infanterie.
La période de septembre 1939 à mai 1940 est caractérisée par une guerre de positions, l’armée française demeurant principalement sur la défensive.
En mars 1940, il est muté au centre d’instruction du camp de La Courtine, dans la Creuse.
Il est chargé d’encadrer des élèves aspirants destinés à renforcer les unités combattantes.
Cette affectation l’éloigne temporairement du front.
Le 10 juin 1940, il quitte La Courtine pour rejoindre l’école militaire de Fontenay-le-Comte, en Vendée.
Quelques jours plus tard, la situation militaire française devient catastrophique.
Refus de l’armistice — Juin 1940
Le 17 juin 1940, Renaud de Corta entend le discours radiodiffusé du maréchal Pétain annonçant la demande d’armistice.
Il refuse immédiatement cette perspective.
Considérant que la guerre doit être poursuivie aux côtés des Britanniques, il décide de quitter la France pour rejoindre l’Angleterre.
Le 18 juin 1940, accompagné d’un camarade, il embarque à La Rochelle sur un bâtiment participant au rapatriement des troupes britanniques.
Il gagne ainsi la Grande-Bretagne.
Après son arrivée, il rejoint le camp de Trentham Park, où sont regroupés plusieurs militaires français ayant refusé l’armistice.
Il s’engage dans les Forces françaises libres.
Cette décision constitue une rupture avec l’autorité du gouvernement de Vichy, mais correspond à sa conviction que la France doit poursuivre le combat.
Engagement à la 13e demi-brigade de Légion étrangère — 1940
Renaud de Corta est affecté au 1er bataillon de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, la 13e DBLE.
Cette formation, constituée avant la campagne de Norvège, a joué un rôle important dans les premiers engagements militaires de la France libre.
Elle rassemble des officiers et des légionnaires de diverses nationalités ayant choisi de poursuivre la guerre.
De Corta y reçoit le commandement d’une section.
Il doit rapidement s’adapter aux méthodes de combat de la Légion étrangère et à l’organisation des unités françaises libres.
Il sert aux côtés de plusieurs officiers appelés à devenir des figures importantes de la France libre.
Expédition de Dakar — Septembre 1940
À la fin de septembre 1940, Renaud de Corta participe avec son unité à l’expédition Menace, organisée contre Dakar.
Cette opération franco-britannique vise à obtenir le ralliement de l’Afrique occidentale française au général de Gaulle.
Cependant, les autorités locales demeurent fidèles au gouvernement de Vichy.
La tentative de ralliement échoue.
Les forces franco-britanniques renoncent à poursuivre l’opération après plusieurs engagements militaires.
Pour les légionnaires de la 13e DBLE, cette expédition constitue une première expérience des difficultés politiques et militaires rencontrées par la France libre.
Campagne du Gabon — Novembre 1940
Après l’échec de Dakar, la 13e DBLE participe aux opérations destinées à obtenir le ralliement du Gabon.
Renaud de Corta prend part à cette campagne.
Les combats aboutissent à la prise de Libreville en novembre 1940.
Le Gabon rejoint alors les territoires de l’Afrique-Équatoriale française ralliés au général de Gaulle.
La victoire permet à la France libre de consolider sa position en Afrique centrale.
Elle fournit également des bases territoriales et militaires indispensables à la poursuite de la guerre.
Campagne d’Érythrée — Mars-avril 1941
Au début de 1941, la 13e DBLE est engagée en Afrique orientale contre les forces italiennes.
Renaud de Corta participe à la campagne d’Érythrée.
Les troupes françaises libres opèrent aux côtés des forces britanniques et de leurs alliés.
L’objectif est de réduire les positions italiennes défendant les accès à la mer Rouge.
Le 15 mars 1941, de Corta se distingue lors des combats de l’Engiahat.
Sous le feu ennemi, il conserve son calme et dirige efficacement les hommes placés sous son commandement.
Son action contribue à infliger des pertes aux forces italiennes.
Il participe ensuite aux opérations menées contre Keren, important verrou défensif italien.
La prise de Keren, le 27 mars 1941, ouvre la voie à la progression alliée vers Massaoua.
Au début d’avril, Renaud de Corta prend part aux combats aboutissant à la prise de ce port.
Ces succès représentent une étape importante dans les premières campagnes victorieuses des Forces françaises libres.
Campagne de Syrie — Juin 1941
Après les opérations d’Afrique orientale, la 13e DBLE est engagée dans la campagne de Syrie.
Les forces françaises libres et britanniques combattent les troupes françaises demeurées fidèles à Vichy.
La situation présente un caractère particulièrement douloureux, puisque des unités françaises se trouvent opposées les unes aux autres.
Le 19 juin 1941, lors des combats de Kissoué, Renaud de Corta est blessé par une balle à la hanche.
Cette blessure constitue la première d’une série qui marquera durablement sa carrière militaire.
Après avoir reçu des soins, il reprend son service.
En septembre 1941, il est promu capitaine.
Il demeure affecté au 1er bataillon de Légion étrangère, où il reçoit le commandement de la compagnie lourde.
Cette unité dispose des armes d’appui nécessaires aux opérations de l’infanterie.
Campagne de Libye — 1942
En 1942, Renaud de Corta participe aux opérations menées dans le désert libyen.
Il sert au sein du 1er bataillon de Légion étrangère, temporairement intégré à la 2e Brigade française libre.
Les forces françaises libres combattent aux côtés de la VIIIe armée britannique contre les troupes allemandes et italiennes commandées par le maréchal Rommel.
Les opérations sont caractérisées par une grande mobilité et par l’importance des moyens blindés, de l’artillerie et du ravitaillement.
En avril 1942, de Corta participe au mouvement de repli vers les positions d’El-Alamein.
La situation militaire alliée demeure alors préoccupante.
L’avance des forces de l’Axe menace directement l’Égypte et le canal de Suez.
Participation aux combats d’El-Alamein — Octobre 1942
À l’automne 1942, Renaud de Corta participe aux combats d’El-Alamein.
Le 24 octobre, les unités françaises libres sont engagées dans des opérations particulièrement difficiles contre les positions ennemies de l’Himeimat.
Ces combats se déroulent sur un terrain fortement défendu, comprenant des champs de mines, des positions d’artillerie et des installations antichars.
Les pertes sont importantes.
Renaud de Corta se distingue par son comportement sous le feu.
Son courage et ses qualités de commandement lui valent une citation à l’ordre de l’armée.
L’inventaire de son dossier individuel à l’Ordre de la Libération mentionne un rapport concernant son attitude au combat le 24 octobre 1942, daté du 5 novembre suivant.
Cette pièce constitue une source primaire particulièrement importante pour l’étude de son engagement à El-Alamein.
Campagne de Tunisie — 1943
Au début de 1943, les Forces françaises libres participent aux opérations destinées à chasser les troupes germano-italiennes d’Afrique du Nord.
Renaud de Corta poursuit son service dans les unités de la Légion étrangère.
Le 9 mai 1943, pendant les combats du djebel Garci, il est blessé par un éclat d’obus.
Il doit être évacué par avion vers l’hôpital de Meknès, au Maroc.
Cette nouvelle blessure l’éloigne momentanément des opérations.
Malgré son état, il souhaite continuer à participer activement à la guerre.
Il demande au général Koenig l’autorisation d’être parachuté en France pour accomplir une mission clandestine.
Cette demande n’est pas acceptée.
En juillet 1943, il rejoint son unité en Tripolitaine.
Nomination comme Compagnon de la Libération — 3 juin 1943
Le 3 juin 1943, Renaud de Corta est nommé Compagnon de la Libération.
Cette distinction récompense son engagement volontaire dès juin 1940 et son comportement au cours des campagnes d’Afrique et du Moyen-Orient.
Elle intervient alors que la guerre se poursuit et que les Forces françaises libres préparent leur participation aux opérations de libération de l’Europe.
L’attribution est faite de son vivant.
Elle est confirmée par le décret original conservé dans son dossier individuel de l’Ordre de la Libération.
Campagne d’Italie — 1944
En 1944, Renaud de Corta participe à la campagne d’Italie au sein de la 1re Division française libre.
Cette division combat aux côtés des forces alliées contre les positions allemandes organisées dans la péninsule.
Les unités françaises libres participent notamment aux opérations menées dans le secteur du Garigliano.
Le 22 mai 1944, lors des combats de Pontecorvo, Renaud de Corta est blessé par un éclat de mortier.
Malgré cette nouvelle blessure, il reprend son service après sa convalescence.
Les combats d’Italie constituent une étape essentielle dans la préparation du retour des forces françaises sur le territoire national.
Débarquement de Provence — Août 1944
Le 16 août 1944, Renaud de Corta débarque à Cavalaire, dans le Var, avec la 1re Division française libre.
Il participe ainsi au débarquement de Provence.
L’opération, déclenchée le 15 août, permet l’établissement de plusieurs têtes de pont alliées sur le littoral méditerranéen.
Les troupes françaises prennent rapidement part aux opérations de libération du sud du pays.
Après les combats de Provence, la division progresse vers la vallée du Rhône.
Renaud de Corta retrouve alors le sol français, quatre années après son départ de La Rochelle pour poursuivre la guerre.
Campagne des Vosges — Novembre 1944
À l’automne 1944, la 1re Division française libre est engagée dans les Vosges.
Les conditions militaires sont particulièrement difficiles.
Le relief montagneux, les forêts, les intempéries et la résistance allemande ralentissent les opérations.
Le 22 novembre 1944, Renaud de Corta est blessé par l’explosion d’une mine.
Il doit une nouvelle fois être évacué.
Après plusieurs semaines de soins, il parvient à rejoindre son unité en Alsace, en janvier 1945.
Il y reçoit une nouvelle citation à l’ordre de l’armée.
Cette quatrième blessure connue depuis 1941 témoigne des risques auxquels il s’est personnellement exposé pendant la guerre.
Campagne d’Alsace et combats de l’Authion — 1945
Au début de 1945, Renaud de Corta retrouve les unités françaises libres engagées en Alsace.
Il participe aux opérations destinées à repousser les dernières offensives allemandes et à libérer définitivement la région.
Au printemps 1945, la 1re Division française libre est transférée vers les Alpes-Maritimes.
Elle participe aux combats contre les positions allemandes du massif de l’Authion.
Ces opérations visent à réduire les fortifications ennemies qui contrôlent les principaux passages alpins.
Renaud de Corta termine la guerre à la tête du 1er bataillon de Légion étrangère.
Promu chef de bataillon en 1945, il appartient désormais à la génération d’officiers qui ont combattu dans les Forces françaises libres depuis leurs premiers engagements jusqu’à la victoire finale.
Le destin de ses parents dans la Résistance
Pendant que Renaud de Corta combat dans les Forces françaises libres, ses parents participent à la Résistance intérieure.
Ils appartiennent au mouvement Ceux de la Libération.
En juin 1944, ils sont arrêtés par les autorités allemandes.
Ils sont ensuite déportés.
Tous deux meurent en déportation.
Renaud de Corta ne les retrouvera donc pas à son retour en France.
Cette tragédie familiale illustre la double participation de certaines familles françaises à la lutte contre l’Occupation : les uns combattant dans les armées de la France libre, les autres poursuivant la résistance clandestine sur le territoire occupé.
Les identités complètes de ses parents, leurs lieux de détention et les circonstances précises de leur décès devront être confirmés par la consultation des archives de la déportation.
Carrière militaire après la Libération — 1945-1947
Après la victoire de 1945, Renaud de Corta poursuit sa carrière dans l’armée.
Il est nommé chef de cabinet du résident général de France à Tunis.
Il occupe ces fonctions jusqu’en 1947.
Cette affectation lui permet d’acquérir une expérience administrative et diplomatique complémentaire de son expérience militaire.
En 1947, il rejoint l’état-major de l’Institut des hautes études de défense nationale.
Il participe aux travaux consacrés à la réflexion stratégique et à l’organisation de la défense.
École supérieure de guerre — 1950
En 1950, Renaud de Corta entre à l’École supérieure de guerre.
Cette formation prépare les officiers supérieurs à exercer des responsabilités d’état-major et de commandement de grandes unités.
Il suit les stages de l’enseignement militaire supérieur.
Cette étape marque le passage d’une carrière principalement consacrée au commandement des unités combattantes vers des responsabilités militaires plus importantes.
Guerre d’Indochine — 1952-1954
De 1952 à 1954, Renaud de Corta participe à la guerre d’Indochine.
Il sert d’abord au 5e régiment étranger d’infanterie.
Il est ensuite affecté à l’état-major interarmes des forces terrestres à Saigon.
Il reçoit le grade de lieutenant-colonel au cours de cette période.
Son expérience de combattant de la France libre et sa connaissance des opérations d’infanterie constituent des atouts pour les responsabilités qui lui sont confiées.
Il participe à la conduite des opérations françaises dans un conflit marqué par le développement de la guerre de guérilla et par des engagements de plus en plus importants.
Responsabilités à l’OTAN — 1955-1958
Après un passage dans les services de l’enseignement militaire supérieur à Paris, Renaud de Corta est affecté au Grand Quartier général des puissances alliées en Europe, le SHAPE.
Il sert à Fontainebleau de 1955 à 1958.
Cette affectation intervient dans le contexte de la guerre froide et du développement de la coopération militaire entre les pays membres de l’OTAN.
Il participe aux travaux d’état-major et à l’organisation de la défense collective.
Il est promu colonel pendant cette période.
Commandement du 3e régiment étranger d’infanterie — 1958-1960
De 1958 à 1960, Renaud de Corta commande le 3e régiment étranger d’infanterie en Afrique du Nord.
Cette responsabilité le ramène au commandement direct d’une unité de la Légion étrangère.
Le régiment est engagé dans les opérations de la guerre d’Algérie.
De Corta doit conduire les activités opérationnelles de ses unités, assurer leur entraînement et maintenir leur cohésion.
Cette période complète une carrière militaire marquée par des engagements successifs sur plusieurs théâtres d’opérations.
Cabinet militaire de Pierre Messmer — 1960-1962
En mars 1960, Renaud de Corta est appelé au cabinet militaire de Pierre Messmer, ministre des Armées.
Il participe aux travaux de préparation des décisions militaires et effectue plusieurs missions en Algérie.
Cette fonction le place au contact direct des principales questions de défense de la période.
Il demeure en poste pendant une phase particulièrement importante de l’évolution de la politique française en Algérie.
Commandement de grandes unités — 1962-1968
En 1962, Renaud de Corta reçoit le commandement de la 12e brigade mécanisée, stationnée à Fribourg, en République fédérale d’Allemagne.
Il est promu général de brigade en 1963.
En 1966, il prend le commandement de la 3e division.
Le 1er avril 1967, il est élevé au grade de général de division.
En 1968, il devient adjoint au général commandant la 7e région militaire, à Marseille.
Ses fonctions témoignent de l’importance prise par son expérience opérationnelle et son aptitude au commandement.
Général de corps d’armée — 1970-1973
Promu général de corps d’armée, Renaud de Corta accède à des responsabilités au plus haut niveau de la hiérarchie militaire française.
En avril 1970, il devient adjoint du général Michel Fourquet, chef d’état-major des Armées.
En septembre 1971, il est nommé chargé de mission auprès de Michel Debré, ministre d’État chargé de la Défense nationale.
Il participe ainsi aux travaux de direction et d’organisation des armées françaises.
En janvier 1973, il est admis dans la deuxième section du cadre des officiers généraux.
Cette décision marque la fin de sa carrière militaire active.
Décès et sépulture
Renaud de Corta meurt le 20 avril 1979 à Paris, à l’âge de 64 ans.
Il est inhumé à Fontaine-le-Comte, dans la Vienne.
Sa carrière militaire s’est étendue sur près de quarante années.
Elle l’a conduit des premiers combats de la France libre aux plus hautes fonctions de commandement et d’état-major de l’armée française.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 2 février 1915 | Naissance à Paris. |
| 1936 | Sortie de Saint-Cyr, promotion du Roi Alexandre Ier. |
| 1936 | Affectation au 158e régiment d’infanterie. |
| Octobre 1938 | Promotion au grade de lieutenant. |
| Septembre 1939 | Mobilisation avec son régiment. |
| Mars 1940 | Affectation au camp de La Courtine. |
| 17 juin 1940 | Décision de poursuivre la guerre. |
| 18 juin 1940 | Embarquement à La Rochelle pour l’Angleterre. |
| Juin 1940 | Engagement dans les Forces françaises libres. |
| Septembre 1940 | Participation à l’expédition de Dakar. |
| Novembre 1940 | Campagne du Gabon. |
| Mars-avril 1941 | Campagne d’Érythrée. |
| 19 juin 1941 | Première blessure, à Kissoué, en Syrie. |
| Septembre 1941 | Promotion au grade de capitaine. |
| Avril 1942 | Opérations dans le désert libyen. |
| 24 octobre 1942 | Combats de l’Himeimat, à El-Alamein. |
| 9 mai 1943 | Deuxième blessure, au djebel Garci. |
| 3 juin 1943 | Nommé Compagnon de la Libération. |
| Juillet 1943 | Retour à son unité en Tripolitaine. |
| 22 mai 1944 | Troisième blessure, à Pontecorvo. |
| 16 août 1944 | Débarquement de Provence à Cavalaire. |
| 22 novembre 1944 | Quatrième blessure, dans les Vosges. |
| Janvier 1945 | Retour au combat en Alsace. |
| Printemps 1945 | Campagne de l’Authion. |
| 1945 | Promotion au grade de chef de bataillon. |
| 1945-1947 | Chef de cabinet du résident général à Tunis. |
| 1947 | Affectation à l’Institut des hautes études de défense nationale. |
| 1950 | Entrée à l’École supérieure de guerre. |
| 1952-1954 | Campagne d’Indochine. |
| 1955-1958 | Affectation au SHAPE, à Fontainebleau. |
| 1958-1960 | Commandement du 3e régiment étranger d’infanterie. |
| Mars 1960 | Entrée au cabinet militaire de Pierre Messmer. |
| 1962 | Commandement de la 12e brigade mécanisée. |
| 1963 | Promotion au grade de général de brigade. |
| 1966 | Commandement de la 3e division. |
| 1er avril 1967 | Promotion au grade de général de division. |
| 1968 | Adjoint au commandant de la 7e région militaire à Marseille. |
| Avril 1970 | Adjoint au chef d’état-major des Armées. |
| Septembre 1971 | Chargé de mission auprès de Michel Debré. |
| Janvier 1973 | Admission dans la deuxième section des officiers généraux. |
| 20 avril 1979 | Décès à Paris. |
Unités militaires et organismes d’appartenance
158e régiment d’infanterie — Sous-lieutenant puis lieutenant de 1936 à 1940.
Forces françaises libres — Engagement en juin 1940.
13e demi-brigade de Légion étrangère — Chef de section, puis officier commandant une compagnie d’appui.
1er bataillon de Légion étrangère — Commandant de la compagnie lourde, puis chef de bataillon.
2e Brigade française libre — Campagne de Libye et combats d’El-Alamein.
1re Division française libre — Campagnes d’Italie, de Provence, des Vosges, d’Alsace et des Alpes.
5e régiment étranger d’infanterie — Campagne d’Indochine.
SHAPE — Affectation au commandement interallié en Europe.
3e régiment étranger d’infanterie — Chef de corps de 1958 à 1960.
12e brigade mécanisée — Commandant à partir de 1962.
3e division — Commandant à partir de 1966.
7e région militaire — Adjoint au commandant à Marseille.
État-major des Armées — Adjoint au chef d’état-major.
Camarades de combat et collaborateurs
Charles DE GAULLE — Général, chef de la France libre ; Renaud de Corta rejoint ses forces en juin 1940.
Raoul MAGRIN-VERNEREY, dit Monclar — Officier de Légion étrangère, chef de la 13e DBLE au moment de son ralliement à la France libre.
Dimitri AMILAKVARI — Lieutenant-colonel, commandant de la 13e DBLE ; participe aux campagnes d’Afrique et aux combats d’El-Alamein, où il trouve la mort le 24 octobre 1942.
Pierre KOENIG — Général des Forces françaises libres ; commande les forces françaises dans la guerre du désert et reçoit la demande de Renaud de Corta concernant une mission clandestine en France.
Jean SIMON — Officier de la 13e DBLE, Compagnon de la Libération ; participe aux premières campagnes de la France libre.
Gabriel BRUNET DE SAIRIGNÉ — Officier de la Légion étrangère, Compagnon de la Libération ; sert dans les formations de la 13e DBLE.
Pierre MESSMER — Officier de la France libre, puis ministre des Armées ; Renaud de Corta rejoint son cabinet militaire en 1960.
Michel FOURQUET — Général, chef d’état-major des Armées ; Renaud de Corta devient son adjoint en 1970.
Michel DEBRÉ — Ministre d’État chargé de la Défense nationale ; confie à Renaud de Corta une mission auprès de son cabinet en 1971.
Lieux de mémoire et d’action
Paris — Ville natale et lieu de décès.
Saint-Cyr — Formation militaire initiale.
Alsace — Première affectation au 158e régiment d’infanterie.
La Courtine — Creuse — Centre d’instruction militaire en 1940.
La Rochelle — Charente-Maritime — Port de départ vers l’Angleterre le 18 juin 1940.
Trentham Park — Royaume-Uni — Camp de regroupement des militaires français ayant rejoint la France libre.
Dakar — Sénégal — Expédition de septembre 1940.
Libreville — Gabon — Campagne de novembre 1940.
Keren et Massaoua — Érythrée — Combats de mars-avril 1941.
Kissoué — Syrie — Lieu de sa première blessure.
El-Alamein et Himeimat — Égypte — Combats d’octobre 1942.
Djebel Garci — Tunisie — Lieu de sa deuxième blessure.
Pontecorvo — Italie — Lieu de sa troisième blessure.
Cavalaire — Var — Débarquement de Provence le 16 août 1944.
Vosges — Région de sa quatrième blessure en novembre 1944.
Alsace — Retour au combat en janvier 1945.
Massif de l’Authion — Alpes-Maritimes — Derniers combats de la Seconde Guerre mondiale.
Fontainebleau — Seine-et-Marne — Affectation au SHAPE.
Marseille — Bouches-du-Rhône — Fonctions à la 7e région militaire.
Fontaine-le-Comte — Vienne — Lieu de sépulture.
Décorations
Grand officier de la Légion d’honneur — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date du décret et publication au Journal officiel restant à vérifier.
Compagnon de la Libération — Décret du 3 juin 1943. Attribution de son vivant, non posthume. Dossier individuel 1 A 238. Reçu du diplôme n° 128 daté du 24 juin 1965. Date de publication au Journal officiel non établie. Source : Ordre de la Libération.
Grand-croix de l’ordre national du Mérite — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Décret et publication officielle à vérifier.
Croix de guerre 1939-1945 — Sept citations. Source : Ordre de la Libération.
Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs — Trois citations. Source : Ordre de la Libération.
Croix de la Valeur militaire — Source : Ordre de la Libération.
Médaille de la Résistance française — Décret du 31 mars 1947, Journal officiel du 23 décembre 1948. Dossier individuel 1O15223. Attribution de son vivant, sans rosette. Source : base officielle des médaillés de la Résistance française.
Médaille des blessés — Source : Ordre de la Libération.
Médaille coloniale — Agrafes Érythrée, Libye, Tunisie et Extrême-Orient. Source : Ordre de la Libération.
Médaille commémorative de la guerre 1939-1945 — Source : Ordre de la Libération.
Médaille des services volontaires dans la France libre — Source : Ordre de la Libération.
Médaille commémorative de la campagne d’Indochine — Source : Ordre de la Libération.
Médaille commémorative des opérations de sécurité et de maintien de l’ordre en Afrique du Nord — Source : Ordre de la Libération.
Bronze Star Medal — États-Unis. Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Date et acte officiel d’attribution américains non retrouvés.
Commandeur de l’ordre du Nichan Iftikhar — Tunisie. Source : Ordre de la Libération. L’intitulé est normalisé ; la notice officielle emploie la graphie « Nicham Iftikar ».
Commandeur de l’ordre du Ouissam alaouite — Maroc. Source : Ordre de la Libération.
Dossiers d’archives et d’homologation
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 238
L’inventaire officiel des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, version du 24 septembre 2025, identifie le dossier personnel de Renaud de Corta sous la cote 1 A 238.
Ce dossier comprend notamment le décret du 3 juin 1943 portant attribution de la croix de la Libération.
Il contient également le reçu du diplôme de Compagnon de la Libération n° 128, daté du 24 juin 1965.
Les documents de renseignements personnels comprennent une fiche établie en février 1963, une fiche d’annuaire de la chancellerie et un questionnaire adressé aux Compagnons et à leurs familles.
Six pièces de correspondance échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1968 et 1970 sont également signalées.
Le dossier comporte une copie d’un extrait de naissance.
Il conserve surtout deux documents militaires particulièrement intéressants : un rapport sur le comportement de Renaud de Corta pendant le combat du 24 octobre 1942, daté du 5 novembre suivant, ainsi qu’une copie de son état des services.
Il comprend enfin une retranscription d’un entretien réalisé par Jérôme Camilly, une note biographique et trois articles de presse.
La période couverte par les documents s’étend principalement de 1942 à 1990.
Service historique de la Défense
L’inventaire de l’Ordre de la Libération signale des copies provenant du Service historique de la Défense.
Il confirme notamment l’existence du rapport relatif aux combats du 24 octobre 1942 et d’un état des services militaires.
Aucune cote nominative GR 16 P certaine n’a été établie lors des présentes recherches.
Il serait donc imprudent d’attribuer à Renaud de Corta une cote non vérifiée.
Ordre de la Libération — Dossier de médaillé 1O15223
Le dossier 1O15223 concerne l’attribution de la Médaille de la Résistance française.
La base officielle confirme le décret du 31 mars 1947 et la publication au Journal officiel du 23 décembre 1948.
Dossier d’homologation consulté
Les références du dossier de l’Ordre de la Libération et du dossier de la Médaille de la Résistance ont été identifiées.
En revanche, aucun dossier d’homologation distinct n’a été consulté directement dans son intégralité.
L’engagement dans les Forces françaises libres est confirmé par la biographie officielle de l’Ordre de la Libération.
Références bibliographiques
Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945, Chancellerie de l’Ordre de la Libération, Paris, 1961. Ouvrage collectif de référence consacré aux Compagnons de la Libération.
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000, 822 p. Étude historique générale permettant de replacer le parcours de Renaud de Corta dans celui des premiers volontaires de la France libre.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, Bordeaux, 2010 ; édition augmentée, 2023. Référence biographique consacrée aux Compagnons de la Libération.
Les Compagnons de l’aube, Guillaume PIKETTY, Textuel, Paris, 2014. Étude historique consacrée aux premiers engagements des Français libres et des Compagnons de la Libération ; pagination non vérifiée.
La France libre, Jean-Louis CRÉMIEUX-BRILHAC, Gallimard, Paris, 1996, 969 p. Étude de référence permettant de contextualiser l’engagement des militaires français libres et les différentes campagnes conduites de 1940 à 1945.
Bir Hakeim, Erwan BERGOT, Presses de la Cité, Paris, 1989. Ouvrage consacré à la bataille de Bir Hakeim et aux combattants de la France libre ; pagination de l’édition non vérifiée.
Références internet
Ordre de la Libération — Renaud de Corta — Notice biographique officielle présentant sa formation militaire, son engagement dans la France libre, les campagnes de la Légion étrangère, les blessures reçues et sa carrière après 1945 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/renaud-corta-de
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers individuels des Compagnons, lettre C — Identification du dossier 1 A 238 et description des documents militaires et administratifs conservés —
Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française, lettre C — Confirmation de la Médaille de la Résistance, du décret du 31 mars 1947, du Journal officiel du 23 décembre 1948 et de la cote 1O15223 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/C?page=5
Ministère des Armées — La bataille de Bir Hakeim : la guerre du désert — Présentation historique de la bataille, du rôle des Forces françaises libres et de la 13e DBLE — https://www.defense.gouv.fr/terre/actualites/bataille-bir-hakeim-guerre-du-desert
Observations
Renaud de Corta appartient à la génération des officiers français qui ont refusé la défaite de juin 1940 et choisi de poursuivre la guerre aux côtés du général de Gaulle.
Son départ de La Rochelle, le 18 juin 1940, constitue un engagement particulièrement précoce.
Il rejoint rapidement la 13e demi-brigade de Légion étrangère, formation emblématique de la France libre.
Son parcours présente une remarquable continuité opérationnelle.
De 1940 à 1945, il participe successivement aux campagnes d’Afrique centrale, d’Afrique orientale, de Syrie, de Libye, de Tunisie, d’Italie et de France.
Ses quatre blessures connues témoignent de son exposition répétée aux combats.
Sa carrière ne s’interrompt pas avec la victoire de 1945.
Il poursuit son service en Indochine et en Afrique du Nord, puis accède à des responsabilités importantes dans les états-majors nationaux et interalliés.
Son itinéraire illustre ainsi le passage d’un jeune officier ayant rejoint spontanément la France libre à un général de corps d’armée exerçant des fonctions au plus haut niveau de la défense française.
La disparition de ses parents en déportation constitue enfin un aspect essentiel de son histoire familiale et de son engagement contre l’Occupation.
Divergences documentaires et points à vérifier
La première difficulté concerne la participation éventuelle de Renaud de Corta à la bataille de Bir Hakeim.
Son appartenance à la 13e DBLE et sa participation à la campagne de Libye sont établies. Cependant, la notice officielle de l’Ordre de la Libération ne mentionne pas expressément sa présence à Bir Hakeim pendant les combats du 26 mai au 11 juin 1942.
En effet, elle précise qu’il sert alors au 1er bataillon de Légion étrangère, temporairement rattaché à la 2e Brigade française libre.
Cette précision interdit de conclure automatiquement à sa participation personnelle à Bir Hakeim.
La seconde difficulté concerne les parents de Renaud de Corta.
L’Ordre de la Libération confirme leur engagement au sein du mouvement Ceux de la Libération, leur arrestation en juin 1944 et leur mort en déportation.
En revanche, les sources consultées ne permettent pas de préciser leurs identités complètes ni les lieux et dates exacts de leur décès.
Enfin, les sources institutionnelles confirment les nombreuses décorations françaises et étrangères de Renaud de Corta, mais les décrets individuels et les publications officielles correspondantes n’ont pas tous été retrouvés.
Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’identité, les dates et lieux de naissance et de décès, la formation militaire, l’engagement dans les Forces françaises libres, les principales campagnes, les quatre blessures, la nomination comme Compagnon de la Libération et la carrière militaire après 1945 sont établis par la biographie officielle de l’Ordre de la Libération. Le dossier individuel 1 A 238 et le dossier de la Médaille de la Résistance 1O15223 sont identifiés avec précision. Le niveau B est retenu en raison de l’absence de consultation intégrale des archives militaires, de certaines incertitudes concernant les opérations de 1942, de la vérification encore incomplète des décorations étrangères et des lacunes relatives au destin de ses parents.
Sources consultées
Ordre de la Libération — Renaud de Corta — Notice biographique officielle — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/renaud-corta-de
Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, version du 24 septembre 2025 —
Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française, lettre C — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies/C?page=5
Ministère des Armées — La bataille de Bir Hakeim : la guerre du désert — https://www.defense.gouv.fr/terre/actualites/bataille-bir-hakeim-guerre-du-desert