La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CORTOT Louis Lucien alias Lip,

Louis Lucien CORTOT, alias Lip, né le 26 mars 1925 à Sombernon (Côte-d’Or), mort le 5 mars 2017 à Saint-Mandé (Val-de-Marne), Français, ajusteur-mécanicien, résistant de l’Organisation spéciale, combattant des Francs-tireurs et partisans français, officier des Forces françaises de l’intérieur, Compagnon de la Libération, responsable associatif et défenseur de la mémoire de la Résistance.

Origines familiales et enfance

Louis Cortot naît le 26 mars 1925 à Sombernon, commune de Côte-d’Or située à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Dijon.

Son père exerce la profession d’artisan ferblantier.

Il grandit dans une famille modeste, profondément attachée aux traditions républicaines et marquée par le souvenir des conflits franco-allemands.

Selon les souvenirs recueillis par la Fondation de la Résistance, son arrière-grand-père avait été arrêté sous le règne de Louis-Philippe en raison de ses convictions politiques, puis déporté à Cayenne.

La mémoire de la guerre de 1870 et celle de la Première Guerre mondiale occupent également une place importante dans son environnement familial.

Sa mère, originaire du nord de la France, avait connu l’occupation allemande de 1914-1918.

Ces souvenirs contribuent à développer chez le jeune Louis Cortot une sensibilité patriotique et un rejet de l’occupation étrangère.

En 1937, alors qu’il est âgé de douze ans, sa famille quitte la Côte-d’Or pour s’installer à Saint-Cloud, dans la région parisienne.

Ses parents y occupent un emploi de concierges.

Louis Cortot poursuit sa scolarité et obtient son certificat d’études.

Il s’intéresse particulièrement aux événements politiques internationaux, notamment à la guerre civile espagnole, au Front populaire et aux accords de Munich.

Formation professionnelle et passion pour l’aviation

Dès l’adolescence, Louis Cortot manifeste un intérêt prononcé pour l’aviation et la mécanique.

En 1938, il rejoint le Club d’aviation populaire de Boulogne-Billancourt.

Cette organisation, issue de la politique de développement de l’aviation populaire, permet à de jeunes Français de découvrir les techniques aéronautiques.

Louis Cortot s’initie au pilotage de planeurs et d’avions.

Il acquiert également des connaissances techniques qui orientent son avenir professionnel.

Il souhaite poursuivre des études dans le domaine aéronautique.

Au début de l’Occupation, il est élève à l’École pratique supérieure de Suresnes, où il prépare un certificat d’aptitude professionnelle de chaudronnerie et de mécanique.

Cependant, la situation économique de sa famille se dégrade.

Son père est âgé et son frère aîné, Jean Cortot, est arrêté en raison de ses activités résistantes.

Louis doit interrompre ses études pour contribuer aux ressources familiales.

Il devient ajusteur dans une entreprise industrielle.

Cette activité professionnelle jouera un rôle important dans son engagement clandestin.

Refus de l’Occupation — 1940

Louis Cortot n’a que quinze ans lorsque la France est vaincue en juin 1940.

Il assiste à l’installation de l’occupation allemande en région parisienne.

La présence des troupes ennemies, les restrictions imposées à la population et la collaboration du gouvernement de Vichy provoquent son opposition.

Dans son environnement familial et parmi ses camarades, les discussions portent rapidement sur la possibilité de résister.

Le jeune Cortot ne se satisfait pas d’une opposition simplement verbale.

Il souhaite participer à des actions concrètes.

Au début de 1941, il entre dans la Résistance, suivant également l’exemple de son frère aîné Jean.

Il n’a pas encore seize ans.

Entrée dans l’Organisation spéciale — Mars 1941

Louis Cortot prend contact avec l’Organisation spéciale, généralement désignée par les initiales OS.

Cette organisation clandestine, liée au Parti communiste français, participe aux premières actions contre l’occupant allemand.

Elle rassemble notamment des militants et des volontaires décidés à mener des opérations de propagande, de récupération d’armes et de sabotage.

Louis Cortot commence par des missions relativement simples.

Il distribue des tracts clandestins, récupère des armes, coupe des lignes téléphoniques et participe à la neutralisation d’installations utilisées par l’occupant.

Très rapidement, il manifeste sa volonté de participer à des actions plus directement offensives.

Ses connaissances mécaniques et son emploi d’ajusteur lui permettent de contribuer à la préparation de matériels destinés aux opérations clandestines.

La répression exercée contre les premiers groupes résistants est particulièrement sévère.

Après l’arrestation de son frère Jean, la police tend une souricière au domicile familial.

Louis Cortot doit se cacher pendant plusieurs jours chez des amis.

Cet épisode marque son entrée dans une clandestinité plus dangereuse.

Premières opérations de sabotage — 1941-1942

Au cours de l’année 1941, Louis Cortot participe au développement de petits groupes d’action.

Ces formations disposent de moyens limités et doivent agir dans un environnement surveillé par les forces allemandes et les services de police français.

Leurs actions visent principalement les communications, les transports et les installations participant à l’effort de guerre allemand.

Louis Cortot utilise sa formation technique pour préparer le matériel employé dans les sabotages.

Il participe à plusieurs opérations, dont le déraillement d’un train transportant des chars provenant des usines Renault et destinés au front de l’Est.

Les renseignements disponibles ne permettent pas de fixer avec certitude la date exacte de cette opération.

En mai 1942, son groupe rend inutilisable un transformateur-disjoncteur à Issy-les-Moulineaux.

Il participe également à une attaque à la grenade contre un convoi de Jeunesses hitlériennes à Trappes.

Ces actions témoignent du développement progressif de la lutte armée en région parisienne.

Engagement dans les Francs-tireurs et partisans — 1942

Au début de 1942, les groupes de lutte armée issus de l’Organisation spéciale sont progressivement intégrés aux Francs-tireurs et partisans.

Louis Cortot rejoint cette nouvelle organisation.

Les FTP entendent développer les actions armées et les sabotages contre les installations allemandes ainsi que contre les organisations collaborationnistes.

Les opérations sont généralement conduites par de petits groupes, afin de limiter les risques de détection.

La sécurité impose l’utilisation de pseudonymes et le cloisonnement des informations.

Louis Cortot utilise notamment le pseudonyme Lip.

En juillet 1942, son groupe attaque le local du Rassemblement national populaire, organisation collaborationniste, à Boulogne-Billancourt.

Le local est détruit à l’explosif.

Le groupe mène ensuite une opération contre le bureau d’embauche des ouvriers français volontaires pour travailler en Allemagne, situé à Courbevoie.

L’objectif de cette seconde action est de s’opposer au recrutement de main-d’œuvre destinée à l’économie de guerre allemande.

Ces opérations contribuent à faire connaître l’activité des groupes FTP dans la région parisienne.

Actions clandestines de décembre 1942

En décembre 1942, Louis Cortot participe à une attaque à l’explosif contre un bâtiment occupé par les services allemands de répression, rue de Bussy, à Paris.

Cette action est mentionnée dans la biographie officielle de l’Ordre de la Libération.

Les circonstances opérationnelles précises, les participants et les résultats matériels de l’attaque nécessiteraient l’examen des rapports clandestins et des archives de police.

Elle témoigne néanmoins du passage des premiers sabotages à des opérations visant directement des installations de l’appareil répressif allemand.

Chef de groupe FTP — Janvier 1943

En janvier 1943, Louis Cortot devient chef de groupe.

Il assume désormais des responsabilités d’organisation et de commandement.

Il doit préparer les opérations, répartir les missions et veiller à la sécurité de ses camarades.

Cette promotion intervient alors qu’il n’a pas encore dix-huit ans.

Il poursuit ses activités dans la région parisienne.

En novembre 1943, il participe notamment au sabotage de la centrale électrique d’Issy-les-Moulineaux.

Cette opération s’inscrit dans la stratégie de désorganisation des infrastructures utilisées par l’occupant.

Les sabotages des installations électriques peuvent perturber les activités industrielles et les moyens de communication.

Le rôle personnel de Cortot dans la préparation et l’exécution de cette opération est attesté par l’Ordre de la Libération, sans que les archives opérationnelles complètes aient été directement consultées.

Départ pour la Seine-et-Marne — Janvier 1944

En janvier 1944, Louis Cortot quitte son emploi pour rejoindre les FTP de Seine-et-Marne.

Il retrouve son frère aîné Jean Cortot, devenu responsable FTP sous le pseudonyme de capitaine Buick.

Les deux frères participent à l’implantation d’un maquis dans le secteur de Saint-Mammès.

Cette nouvelle phase de l’engagement de Louis Cortot correspond à l’évolution de la Résistance intérieure.

À l’approche du débarquement allié, les organisations clandestines cherchent à renforcer leurs moyens militaires et à préparer les actions destinées à accompagner la libération du territoire.

Les groupes doivent disposer de lieux de regroupement, de dépôts de matériel, de moyens de communication et de liaisons sûres.

La Seine-et-Marne présente un intérêt stratégique en raison de ses voies de communication ferroviaires et routières.

Opérations contre les convois allemands — Mai-juillet 1944

Au printemps 1944, Louis Cortot participe à plusieurs attaques contre des convois allemands en Seine-et-Marne.

Les opérations se multiplient après le débarquement allié du 6 juin 1944.

Les groupes de Résistance cherchent à gêner les déplacements des troupes allemandes et à perturber leur ravitaillement.

Les attaques sont conduites avec des moyens matériels souvent limités.

Les résistants doivent privilégier la surprise et la rapidité d’exécution.

Louis Cortot participe à ces opérations comme chef de groupe.

En mai 1944, il reçoit le grade d’aspirant.

Il commande alors trois groupes d’environ quinze hommes chacun.

Il exerce donc une responsabilité opérationnelle sur un ensemble d’une quarantaine de combattants.

Cette fonction témoigne de la confiance accordée à un résistant qui n’a que dix-neuf ans.

Officier de liaison des FFI — 1944

À partir de mai 1944, Louis Cortot assure également des missions de liaison entre l’état-major des Forces françaises de l’intérieur de Seine-et-Marne et celui de Paris.

Ces responsabilités sont particulièrement importantes.

Les communications clandestines doivent permettre de coordonner les opérations et de transmettre les instructions militaires.

Les agents de liaison transportent parfois des documents sensibles et doivent franchir des secteurs surveillés par l’occupant.

La capture d’un agent peut compromettre plusieurs organisations.

Louis Cortot participe à cette coordination tout en poursuivant ses responsabilités dans les groupes combattants.

Combats de la Libération — Août 1944

Après le débarquement de Provence, le 15 août 1944, et la progression des armées alliées en France, les Forces françaises de l’intérieur multiplient leurs actions.

En région parisienne, les combats de la Libération commencent avant l’arrivée des troupes régulières.

Les FTP de Seine-et-Marne participent aux opérations menées contre les forces allemandes en retraite.

Louis Cortot se trouve engagé dans cette phase décisive.

Les groupes résistants doivent notamment reconnaître les mouvements ennemis, contrôler certains itinéraires et faciliter la progression des troupes alliées.

Blessure grave à Lieusaint — 26 août 1944

Le 26 août 1944, Louis Cortot participe aux opérations de libération dans le secteur de Lieusaint, en Seine-et-Marne.

Il se déplace en automobile à travers la forêt de Sénart lorsque le véhicule est pris sous le feu des forces allemandes.

Il est très grièvement blessé au visage par des éclats de projectiles explosifs.

Malgré la gravité de ses blessures, il conserve son sang-froid.

Il refuse initialement de quitter le combat.

Il faut lui donner un ordre formel pour qu’il accepte d’être évacué vers un poste sanitaire.

Il est finalement hospitalisé à l’Hôtel-Dieu, à Paris.

Ses blessures entraînent des séquelles durables, notamment la perte de la vision d’un œil.

À dix-neuf ans, Louis Cortot termine ainsi son engagement combattant après plus de trois années d’activité clandestine.

Nomination comme Compagnon de la Libération — Novembre 1944

Après les combats de la Libération, Louis Cortot est proposé pour l’attribution de la croix de la Libération par le colonel Henri Rol-Tanguy.

Sa candidature est acceptée.

Par décret du 8 novembre 1944, il est nommé Compagnon de la Libération.

Il est alors âgé de dix-neuf ans.

Le 11 novembre 1944, le général de Gaulle lui remet personnellement la croix de la Libération lors d’une cérémonie organisée à l’Arc de Triomphe, à Paris.

Cette distinction reconnaît notamment son engagement précoce, sa participation aux opérations de sabotage, ses responsabilités au sein des FTP et son comportement pendant les combats d’août 1944.

Louis Cortot appartient ainsi aux plus jeunes résistants décorés de la croix de la Libération.

Responsabilités après la Libération — 1944-1945

Après sa convalescence, Louis Cortot demeure engagé dans les organisations issues de la Résistance.

Il exerce des responsabilités dans les milices patriotiques et la Garde civique républicaine en Seine-et-Oise.

Il participe notamment à l’instruction de dossiers relatifs aux personnes poursuivies pour des faits de collaboration.

Cette activité s’inscrit dans le contexte de la réorganisation des institutions républicaines et de l’épuration à la Libération.

Les services doivent examiner les responsabilités individuelles et transmettre les informations utiles aux autorités compétentes.

Louis Cortot contribue à ces travaux pendant la période de transition entre la clandestinité et le rétablissement des institutions.

À la fin de la guerre, il possède le grade d’aspirant de réserve.

Carrière professionnelle dans l’aéronautique

Après la guerre, Louis Cortot reprend une activité professionnelle civile.

Il retrouve le domaine de la mécanique et de l’aéronautique qui l’avait passionné pendant sa jeunesse.

Il entre dans les établissements Dassault.

La notice officielle de l’Ordre de la Libération situe cette entrée en 1947, tandis qu’un hommage publié par un média spécialisé dans l’aéronautique mentionne 1948.

Il travaille d’abord comme ajusteur.

En 1961, il rejoint le département des équipements, où il participe notamment au montage des équipements de prototypes aéronautiques.

En 1966, il devient agent technique monteur hydraulique.

En 1976, il est promu préparateur.

Il poursuit sa carrière chez Dassault jusqu’à son départ à la retraite en 1986.

Cette carrière témoigne de la continuité entre sa formation technique initiale, interrompue par la guerre, et son activité professionnelle après la Libération.

Engagement dans les associations de la Résistance

Louis Cortot consacre une partie importante de sa vie à la défense de la mémoire de la Résistance.

Il participe aux activités de l’Association nationale des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance, l’ANACR.

Il en devient président national, puis coprésident national.

Dans cette fonction, il intervient régulièrement lors de cérémonies commémoratives, de conférences et de rencontres avec des élèves.

Il insiste particulièrement sur la nécessité de transmettre aux jeunes générations les valeurs qui avaient motivé l’engagement des résistants.

Son témoignage repose sur une expérience personnelle exceptionnelle : entré dans la Résistance à quinze ans, il a participé pendant plusieurs années aux actions clandestines avant d’être grièvement blessé lors de la Libération.

Il rappelle fréquemment que la Résistance fut aussi une expérience de solidarité, de fraternité et de responsabilité collective.

Responsabilités au sein de l’Ordre de la Libération

En décembre 2010, Louis Cortot devient membre du Conseil de l’Ordre de la Libération.

Il participe aux travaux de l’institution chargée de préserver la mémoire des Compagnons.

À partir de l’été 2012, il préside l’Association des amis du musée de l’Ordre de la Libération.

Il participe également aux activités de la Fondation de la Résistance, dont il devient vice-président.

Ces différentes responsabilités témoignent de son engagement durable dans les institutions mémorielles.

Il contribue notamment à faire connaître les parcours des résistants auprès des établissements scolaires.

Transmission de la mémoire aux jeunes générations

Louis Cortot intervient régulièrement devant des élèves et des enseignants.

Il participe aux cérémonies du Concours national de la Résistance et de la Déportation.

Le 8 mai 2015, au palais de l’Élysée, il s’adresse aux lauréats du concours.

Il évoque son engagement clandestin et l’importance de la solidarité entre résistants.

Il encourage les jeunes à réfléchir par eux-mêmes, à refuser les injustices et à agir.

Son discours témoigne d’une conception de la mémoire qui ne se limite pas à la commémoration des événements passés.

Pour Louis Cortot, le souvenir de la Résistance doit également contribuer à la formation civique des nouvelles générations.

Il poursuit ces activités presque jusqu’à sa disparition.

Décès — 5 mars 2017

Louis Cortot meurt le 5 mars 2017 à l’hôpital d’instruction des armées Bégin, à Saint-Mandé, dans le Val-de-Marne.

Il est âgé de quatre-vingt-onze ans.

Sa disparition suscite de nombreux hommages.

Une cérémonie militaire est organisée dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides.

Il est inhumé le 10 mars 2017 au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, dans le caveau de l’Ordre de la Libération.

Il repose auprès de son épouse.

Il avait exprimé le souhait d’être inhumé dans ce cimetière, situé dans le XXe arrondissement où il avait vécu pendant les dernières années de son existence.

En mars 2025, à l’occasion du centenaire de sa naissance, son fils Jean-Louis Cortot lui consacre un hommage publié par l’Association des familles de Compagnon de la Libération.

Ce témoignage apporte des informations complémentaires sur sa vie familiale et son attachement à la mémoire de ses compagnons de lutte.

Chronologie

DateÉvénement
26 mars 1925Naissance à Sombernon, en Côte-d’Or.
1937Installation familiale à Saint-Cloud.
1938Adhésion au Club d’aviation populaire de Boulogne-Billancourt.
1940Études professionnelles à Suresnes.
Début 1941Entrée dans la Résistance.
Mars 1941Contacts avec l’Organisation spéciale.
1941Arrestation de son frère Jean ; interruption de ses études et entrée dans la vie professionnelle.
Mai 1942Sabotage d’un transformateur-disjoncteur à Issy-les-Moulineaux.
Juillet 1942Attaques contre des locaux collaborationnistes à Boulogne-Billancourt et Courbevoie.
Décembre 1942Participation à une attaque contre un bâtiment allemand rue de Bussy, à Paris.
Janvier 1943Devient chef de groupe FTP.
Novembre 1943Participation au sabotage de la centrale électrique d’Issy-les-Moulineaux.
Janvier 1944Rejoint les FTP de Seine-et-Marne.
Mai 1944Nommé aspirant ; commandement de trois groupes de combattants.
Mai-juillet 1944Attaques contre les convois allemands et missions de liaison FFI.
26 août 1944Grièvement blessé à Lieusaint.
8 novembre 1944Nommé Compagnon de la Libération.
11 novembre 1944Remise de la croix de la Libération par le général de Gaulle.
1944-1945Responsabilités dans les organisations de sécurité issues de la Résistance.
1947-1948Entrée aux établissements Dassault, selon les sources.
1961Affectation au département des équipements.
1966Devient agent technique monteur hydraulique.
1976Promotion comme préparateur.
1986Départ à la retraite.
Décembre 2010Entrée au Conseil de l’Ordre de la Libération.
Été 2012Présidence de l’Association des amis du musée de l’Ordre de la Libération.
8 mai 2015Intervention devant les lauréats du Concours national de la Résistance et de la Déportation.
5 mars 2017Décès à Saint-Mandé.
10 mars 2017Inhumation au Père-Lachaise.

Unités, réseaux, mouvements et organismes d’appartenance

Organisation spéciale — Engagement clandestin à partir de 1941 ; missions de propagande, de récupération d’armes et de sabotage.

Francs-tireurs et partisans français — Participation aux opérations de lutte armée à partir de 1942 ; chef de groupe en janvier 1943.

FTP de Seine-et-Marne — Participation à l’organisation des groupes combattants et à l’implantation d’un maquis dans le secteur de Saint-Mammès.

Forces françaises de l’intérieur — Aspirant ; commandement de trois groupes et missions de liaison entre les états-majors de Seine-et-Marne et de Paris.

Milices patriotiques et Garde civique républicaine — Responsabilités après la Libération.

Association nationale des anciens combattants et ami(e)s de la Résistance — Président puis coprésident national.

Ordre de la Libération — Membre du Conseil à partir de décembre 2010.

Association des amis du musée de l’Ordre de la Libération — Président à partir de 2012.

Fondation de la Résistance — Vice-président.

Camarades de combat et collaborateurs

Jean CORTOT, alias capitaine Buick — Frère aîné de Louis Cortot, résistant et responsable FTP ; participe avec lui à l’organisation des groupes combattants de Seine-et-Marne en 1944.

Henri ROL-TANGUY — Colonel, responsable des Forces françaises de l’intérieur de la région parisienne ; propose Louis Cortot pour l’attribution de la croix de la Libération.

Charles DE GAULLE — Général, chef de la France libre puis président du Gouvernement provisoire ; remet personnellement à Louis Cortot la croix de la Libération le 11 novembre 1944.

Georges GUINGOUIN — Résistant et responsable des maquis du Limousin ; personnalité de la Résistance à laquelle Louis Cortot rend hommage lors de ses obsèques en octobre 2005.

Fred MOORE — Compagnon de la Libération et chancelier de l’Ordre ; participe aux activités mémorielles auxquelles Louis Cortot est associé et lui remet les insignes de commandeur de la Légion d’honneur en novembre 2014.

Lieux de mémoire et d’action

Sombernon — Côte-d’Or — Commune natale de Louis Cortot.

Saint-Cloud — Hauts-de-Seine — Lieu de résidence familiale à partir de 1937.

Boulogne-Billancourt — Hauts-de-Seine — Activités aéronautiques de jeunesse et opérations clandestines contre les organisations collaborationnistes.

Suresnes — Hauts-de-Seine — École professionnelle fréquentée avant son entrée dans la Résistance.

Issy-les-Moulineaux — Hauts-de-Seine — Sabotages d’installations électriques en 1942 et 1943.

Trappes — Yvelines — Secteur d’une opération armée contre un convoi allemand.

Courbevoie — Hauts-de-Seine — Destruction d’un bureau de recrutement de travailleurs destinés à l’Allemagne.

Paris, rue de Bussy — Participation à une opération contre un bâtiment utilisé par les services allemands.

Saint-Mammès — Seine-et-Marne — Participation à l’implantation d’un maquis FTP.

Lieusaint et forêt de Sénart — Seine-et-Marne — Secteur de sa blessure grave du 26 août 1944.

Paris, Hôtel-Dieu — Établissement où il reçoit des soins après sa blessure.

Paris, Arc de Triomphe — Remise de la croix de la Libération le 11 novembre 1944.

Paris, Hôtel national des Invalides — Lieu de ses activités mémorielles et des honneurs militaires rendus après son décès.

Saint-Mandé — Val-de-Marne — Lieu du décès.

Paris, cimetière du Père-Lachaise — Lieu de sa sépulture dans le caveau de l’Ordre de la Libération.

Décorations

Grand officier de la Légion d’honneur — Dignité confirmée par l’Ordre de la Libération. L’inventaire du dossier personnel mentionne des extraits du Journal officiel de juin et juillet 2016 ainsi qu’un procès-verbal de réception dans cette dignité. La date exacte du décret doit être contrôlée dans le texte officiel. Source : Ordre de la Libération, dossier 1 A 239.

Compagnon de la Libération — Décret du 8 novembre 1944 ; attribution de son vivant, non posthume. Remise de la croix le 11 novembre 1944 à l’Arc de Triomphe. Ampliation du décret datée du 16 janvier 1946 conservée dans le dossier 1 A 239. Date de publication au Journal officiel non établie lors des présentes recherches. Source : Ordre de la Libération.

Croix de guerre 1939-1945 — Une citation. Source : Ordre de la Libération.

Croix du combattant 1939-1945 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.

Croix du combattant volontaire 1939-1945 — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.

Croix du combattant volontaire de la Résistance — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.

Médaille de la Résistance française — Aucune attribution individuelle n’a été confirmée dans les sources nominatives directement exploitées. Cette décoration ne figure pas dans la liste officielle des distinctions de Louis Cortot publiée par l’Ordre de la Libération. Elle n’est donc pas intégrée parmi les décorations établies.

Dossiers d’archives et d’homologation

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 239

L’inventaire officiel des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, version du 24 septembre 2025, identifie le dossier personnel de Louis Cortot sous la cote 1 A 239.

Ce dossier conserve un mémoire de proposition de 1944 pour l’attribution de la croix de la Libération, deux courriers de la même année et l’ampliation du décret du 8 novembre 1944, établie le 16 janvier 1946.

Il comprend également le reçu du diplôme de Compagnon de la Libération, daté du 6 juin 1965.

Plusieurs pièces administratives concernent ses états de services et les démarches relatives à ses décorations.

Le dossier contient notamment des copies de documents provenant du Service historique de la Défense et de la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur.

Il conserve également des témoignages, des interviews et des interventions publiques prononcées par Louis Cortot au cours des dernières décennies de sa vie.

Une interview réalisée en décembre 2016 par Guillemette de Sairigné est particulièrement intéressante pour l’étude de ses souvenirs de la Résistance.

D’autres documents concernent ses activités mémorielles, notamment une intervention à la Sorbonne en décembre 2013 et un discours prononcé lors de la remise des prix du Concours national de la Résistance et de la Déportation en mai 2015.

Enfin, le dossier comprend plusieurs documents relatifs à son décès et à son inhumation.

Service historique de la Défense — GR 16 P 143877

La cote GR 16 P 143877 correspond au dossier nominatif de Louis Cortot dans la série des dossiers administratifs de résistants.

Elle est confirmée par le Musée de la Résistance en ligne.

Toutefois, l’inventaire de l’Ordre de la Libération comporte une anomalie typographique : il présente la référence GR 16 P 1438777, avec un chiffre 7 supplémentaire.

La cote GR 16 P 143877 est retenue provisoirement sous réserve d’une vérification directe dans le répertoire original du SHD.

L’inventaire mentionne notamment une homologation de grade FFI de 1949, un certificat d’appartenance aux Forces françaises de l’intérieur du 8 février 1949 et plusieurs documents administratifs concernant ses services.

Grande Chancellerie de la Légion d’honneur

Le dossier de l’Ordre de la Libération contient plusieurs copies de pièces provenant de la Grande Chancellerie.

Parmi elles figurent un état des services FFI daté du 4 juillet 1945, des documents relatifs à la réception de Louis Cortot dans différents grades de la Légion d’honneur et plusieurs extraits du Journal officiel.

Une cérémonie de remise des insignes de commandeur est documentée le 17 novembre 2014.

Les pièces de 2016 concernent son élévation à la dignité de grand officier.

Dossier d’homologation consulté

Une homologation de grade FFI datée de 1949 et un certificat d’appartenance aux Forces françaises de l’intérieur du 8 février 1949 sont identifiés dans l’inventaire du dossier 1 A 239.

Ces pièces n’ont pas été directement consultées dans leur intégralité.

Leur existence permet néanmoins de confirmer qu’une reconnaissance administrative des services de Louis Cortot a été établie après la Libération.

Références bibliographiques

Mémorial des Compagnons de la Libération 1940-1945, Chancellerie de l’Ordre de la Libération, Paris, 1961. Ouvrage collectif de référence consacré aux Compagnons de la Libération.

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe NOTIN, Perrin, Paris, 2000, 822 p. Ouvrage permettant de replacer l’engagement de Louis Cortot dans l’histoire générale de l’Ordre de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir TROUPLIN, Elytis, Bordeaux, édition augmentée de 2023, 1 600 p. Dictionnaire biographique consacré à l’ensemble des Compagnons de la Libération.

Les Compagnons de l’aube, Guillaume PIKETTY, Textuel, Paris, 2014, 442 p. Étude historique des premiers engagements dans la France libre et la Résistance.

Dictionnaire historique de la Résistance, sous la direction de François MARCOT, Robert Laffont, Paris, 2006, 1 187 p. Ouvrage de référence permettant de contextualiser l’Organisation spéciale, les FTP et les Forces françaises de l’intérieur.

Louis Cortot, Fondation de la Résistance, portrait biographique publié après son décès en 2017. Synthèse consacrée à son engagement précoce, à ses activités clandestines et à son action pour la transmission de la mémoire.

In Memoriam — Louis Cortot 1925-2017, Jean-Louis CORTOT, Bulletin de l’Association des familles de Compagnon de la Libération, 2025. Témoignage familial publié à l’occasion du centenaire de la naissance de Louis Cortot.

Références internet

Ordre de la Libération — Louis Cortot — Notice biographique officielle précisant son engagement dans l’Organisation spéciale, ses activités FTP, sa blessure d’août 1944 et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/louis-cortot

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers individuels des Compagnons, lettre C — Identification du dossier 1 A 239 et présentation des archives militaires, administratives et mémorielles —

Fondation de la Résistance — Louis Cortot — Portrait historique consacré à son enfance, à son engagement dans la lutte armée, à ses activités en Seine-et-Marne et à son action mémorielle — https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/portrait/louis-cortot/

Musée de la Résistance en ligne — Louis Cortot — Notice historique accompagnant une photographie conservée par le musée de l’Ordre de la Libération — https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=4353

Musée de la Résistance en ligne — Louis Lucien Cortot — Notice nominative précisant le parcours FTP-FFI et la référence du dossier SHD GR 16 P 143877 — https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=0&media=11830

Ordre de la Libération — Bulletin de l’Association des familles de Compagnon de la Libération — Hommage familial de Jean-Louis Cortot pour le centenaire de la naissance de son père —

Fondation de la France libre — Bulletin France libre, n° 56 — Témoignage personnel de Louis Cortot consacré à son engagement et aux motivations des premiers résistants —

Observations

Louis Cortot appartient à la génération des très jeunes résistants entrés dans la lutte clandestine dès les premières années de l’Occupation.

Son parcours présente une caractéristique particulièrement remarquable : lorsqu’il rejoint l’Organisation spéciale au début de 1941, il n’a pas encore seize ans.

Il commence par des activités de propagande et de liaison avant de participer à des opérations de sabotage.

Son engagement évolue progressivement vers des responsabilités de commandement au sein des FTP.

En janvier 1943, il devient chef de groupe, puis, en mai 1944, il commande trois groupes de combattants en Seine-et-Marne.

Sa blessure grave du 26 août 1944 intervient à la fin de quatre années de guerre et de clandestinité.

La remise de la croix de la Libération par le général de Gaulle, le 11 novembre 1944, représente la reconnaissance officielle d’un engagement exceptionnellement précoce.

Après la guerre, Louis Cortot reprend une carrière professionnelle dans l’aéronautique, domaine qui l’intéressait déjà avant 1940.

Il consacre parallèlement une part importante de son existence à la transmission de la mémoire de la Résistance.

Ses fonctions à l’ANACR, à la Fondation de la Résistance et au sein de l’Ordre de la Libération témoignent de cet engagement durable.

Sa participation aux rencontres scolaires et au Concours national de la Résistance et de la Déportation constitue une dimension essentielle de son activité après-guerre.

Son parcours illustre ainsi la continuité entre l’engagement clandestin d’un adolescent, la reconstruction professionnelle de l’après-guerre et la transmission mémorielle aux générations suivantes.

Tableau des divergences entre sources

SujetSourceInformationAppréciation
Entrée chez DassaultOrdre de la Libération1947Date mentionnée dans la notice officielle.
Entrée chez DassaultHommage professionnel publié après son décès1948Divergence mineure à vérifier dans les archives de l’entreprise.
Cote SHDMusée de la Résistance en ligneGR 16 P 143877Référence retenue provisoirement.
Cote SHDInventaire de l’Ordre de la LibérationGR 16 P 1438777Chiffre supplémentaire probablement dû à une erreur typographique.
Âge lors de l’engagementOrdre de la Libération et Fondation de la RésistanceQuinze ans au début de 1941Concordance des sources principales.
Âge lors de l’engagementCertains hommages associatifsSeize ansApproximation chronologique ; Louis Cortot atteint seize ans le 26 mars 1941.
Lieu du décèsOrdre de la LibérationSaint-Mandé, le 5 mars 2017Date et commune confirmées.
Établissement du décèsANACRHôpital d’instruction des armées BéginPrécision complémentaire, sans contradiction.
Légion d’honneurNotice de l’Ordre de la LibérationGrand officierDignité confirmée ; décret individuel à vérifier dans le Journal officiel.

Indice de fiabilité de la notice Niveau B — L’identité, les dates et lieux de naissance et de décès, l’entrée dans la Résistance en 1941, l’appartenance à l’Organisation spéciale puis aux FTP, les principales opérations clandestines, le commandement de groupes FFI, la blessure du 26 août 1944 et la nomination comme Compagnon de la Libération sont établis par plusieurs sources institutionnelles concordantes. Le dossier individuel 1 A 239 est identifié avec précision et l’existence d’un dossier SHD est confirmée. Le niveau B est retenu en raison de l’anomalie relative à la cote militaire, de l’absence de consultation intégrale des dossiers d’homologation, du contrôle encore incomplet de certaines opérations clandestines et de l’absence de vérification directe de plusieurs textes de décoration au Journal officiel.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Louis Cortot — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/louis-cortot

Ordre de la Libération — Répertoire numérique des dossiers individuels des Compagnons de la Libération, lettre C, version du 24 septembre 2025 —

Fondation de la Résistance — Louis Cortot — https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/portrait/louis-cortot/

Musée de la Résistance en ligne — Louis Cortot — https://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=4353

Musée de la Résistance en ligne — Louis Lucien Cortot — https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=0&media=11830

Ordre de la Libération — Bulletin de l’Association des familles de Compagnon de la Libération, hommage de Jean-Louis Cortot —

Fondation de la France libre — Bulletin France libre, n° 56, témoignage de Louis Cortot —

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024