La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

CHEVIGNARD Bernard René

Bernard René CHEVIGNARD, né le 16 février 1913 au Havre (Seine-Inférieure, actuelle Seine-Maritime), fusillé le 15 mars 1944 au Mont-Valérien, à Suresnes (Seine, actuels Hauts-de-Seine), Français, sous-officier de cavalerie, résistant du réseau Turma-Vengeance, organisateur et chef des sections spéciales des Corps francs Vengeance, Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 20 janvier 1946.

Jeunesse et formation

Bernard Chevignard naît le 16 février 1913 au Havre, dans une famille de six enfants.

Son père exerce la profession d’importateur. Il a épousé, aux États-Unis, en 1910, Mary Morris, de nationalité américaine.

Au commencement de la Première Guerre mondiale, sa mère s’installe avec ses enfants à Gevrey-Chambertin, en Côte-d’Or.

Bernard y passe ses premières années.

La famille conserve par la suite des attaches importantes avec la Bourgogne, où il sera finalement inhumé.

Il poursuit sa scolarité à Paris, à l’établissement Saint-Jean-de-Passy.

Il obtient la première partie du baccalauréat.

Les renseignements disponibles ne permettent pas de préciser s’il poursuit ensuite des études supérieures.

En octobre 1933, il décide de devancer l’appel et rejoint l’armée française.

Cette décision marque le début d’un engagement militaire qui se prolongera pendant la Seconde Guerre mondiale.

1933-1934 — Service militaire

Bernard Chevignard accomplit son service militaire au 8e régiment de dragons.

Il suit le peloton des élèves sous-officiers de réserve.

Cette formation lui permet d’acquérir des compétences dans le commandement de petites unités.

En avril 1934, il est promu maréchal des logis.

Il termine son service au 3e bataillon de dragons portés, stationné à Lunéville.

Les dragons portés appartiennent aux formations de cavalerie motorisée de l’armée française.

Leur emploi repose sur la mobilité, la reconnaissance et la capacité à intervenir rapidement.

Cette expérience sera particulièrement utile lorsque Bernard Chevignard organisera des groupes d’action clandestine.

Libéré de ses obligations militaires à l’automne 1934, il retourne à la vie civile.

Il devient employé dans une entreprise de transports de Levallois-Perret.

Il exerce ensuite différentes professions temporaires.

Les sources institutionnelles ne permettent pas d’établir précisément toutes ses activités professionnelles pendant les années précédant la guerre.

Son passage dans le secteur des transports mérite néanmoins d’être signalé, compte tenu de l’importance que prendront les véhicules et les déplacements dans son activité résistante.

Engagement militaire en 1939-1940

Août 1939 — Mobilisation

À la fin d’août 1939, Bernard Chevignard est rappelé sous les drapeaux.

Il rejoint le 73e groupe de reconnaissance de division d’infanterie (73e GRDI).

Il sert avec le grade de maréchal des logis.

Les groupes de reconnaissance sont chargés de rechercher les renseignements nécessaires aux grandes unités.

Ils participent notamment à la reconnaissance des itinéraires, à l’observation des mouvements ennemis et à la couverture des déplacements.

Leur équipement et leur organisation privilégient la mobilité.

Mai-juin 1940 — Campagne de France

Bernard Chevignard participe aux combats de la campagne de France.

Son comportement lui vaut une citation à l’ordre de la division.

Cette citation atteste une conduite remarquée pendant les opérations.

Vers le 20 juin 1940, il est fait prisonnier par les forces allemandes.

Il est interné à Reims.

La défaite française et la signature de l’armistice ne mettent cependant pas fin à sa volonté de combattre.

Septembre 1940 — Évasion

En septembre 1940, Bernard Chevignard réussit à s’évader de son lieu de détention.

Il regagne Paris.

Il franchit ensuite clandestinement la ligne de démarcation pour rejoindre la zone non occupée.

Il est démobilisé en octobre 1940.

Son évasion constitue le premier acte connu de refus personnel de la captivité et de la défaite.

Il ne rejoint cependant pas immédiatement une organisation structurée de Résistance.

Son engagement clandestin se développera progressivement.

Décembre 1940-septembre 1941 — Les Chantiers de jeunesse

En décembre 1940, Bernard Chevignard se porte volontaire pour exercer des fonctions d’encadrement dans les Chantiers de la jeunesse française.

Il est envoyé à l’École nationale des cadres d’Uriage, en Isère.

Cet établissement occupe une place particulière dans l’histoire intellectuelle de la France pendant l’Occupation.

Créé dans le cadre des institutions de Vichy, il devient progressivement un lieu où se développent des réflexions critiques à l’égard de la politique de collaboration.

Plusieurs personnalités, dont Emmanuel Mounier et Hubert Beuve-Méry, participent à son environnement intellectuel.

Il importe toutefois de distinguer cette évolution de l’établissement des choix personnels de chacun de ses élèves.

La fréquentation d’Uriage ne suffit pas, en elle-même, à établir une appartenance à la Résistance.

Dans le cas de Bernard Chevignard, son engagement résistant se manifestera clairement après son retour à Paris.

En septembre 1941, il décide de quitter les Chantiers de jeunesse.

Il considère qu’il doit désormais agir directement contre l’occupation allemande.

Il regagne Paris et retrouve sa famille.

Ses proches partagent son opposition à l’occupation du territoire français.

Cette solidarité familiale jouera un rôle important dans son engagement et exposera plusieurs membres de sa famille à la répression.

Engagement dans la Résistance

1941-1942 — Premières actions clandestines

Après son retour à Paris, Bernard Chevignard cherche à rejoindre une organisation de Résistance.

Il ne parvient pas immédiatement à établir un contact satisfaisant.

Il commence alors à entreprendre de sa propre initiative des actions contre l’armée allemande.

La biographie de l’Ordre de la Libération décrit cette première période comme celle de sabotages réalisés sans appartenance à une structure constituée.

Les dates, les lieux et les résultats précis de ces premières actions ne sont pas détaillés.

Il convient donc de ne pas lui attribuer des opérations déterminées sans documentation supplémentaire.

Cette activité témoigne néanmoins de sa volonté de passer d’un refus individuel de l’Occupation à une action clandestine effective.

Mars 1943 — Entrée dans Turma-Vengeance

En mars 1943, Bernard Chevignard entre en relation avec le docteur Pierre Wetterwald.

Celui-ci appartient aux fondateurs du réseau Turma-Vengeance, constitué avec le docteur Vic-Dupont.

Turma-Vengeance rassemble plusieurs activités de Résistance, notamment le renseignement, l’évasion et l’action clandestine.

L’organisation développe également des formations destinées à assurer la protection de ses membres et à exécuter des opérations contre les forces allemandes.

Le docteur Wetterwald confie à Bernard Chevignard une mission précise :

Constituer, entraîner et commander une section spéciale chargée de protéger les membres de l’organisation, d’effectuer des sabotages et de mener des actions armées.

Cette responsabilité correspond à ses compétences militaires.

Son expérience dans la cavalerie motorisée lui a donné une formation à la mobilité, à l’organisation et au commandement de petits groupes.

Il doit désormais adapter ces méthodes aux conditions de la clandestinité.

Les moyens matériels sont cependant extrêmement limités.

Les résistants disposent de peu d’armes, de véhicules et d’équipements.

Bernard Chevignard entreprend de les obtenir directement aux dépens des forces allemandes.

Création des sections spéciales de Vengeance

Printemps 1943 — Organisation des groupes

Bernard Chevignard recrute des hommes susceptibles de participer à des opérations clandestines particulièrement dangereuses.

Il leur dispense une instruction adaptée à leurs futures missions.

L’organisation repose sur de petits groupes capables de se déplacer rapidement.

Ces hommes doivent également savoir agir avec discrétion et se disperser après une opération.

Bernard Chevignard parvient progressivement à constituer deux sections d’action.

Leurs moyens proviennent en partie de matériels pris aux Allemands.

Les opérations permettent notamment de récupérer des véhicules, du carburant, des armes, des uniformes et des documents.

L’utilisation de ces matériels permet aux résistants d’accroître leur mobilité.

Elle contribue également à leurs possibilités de camouflage et de circulation.

La récupération de documents et d’uniformes allemands comporte toutefois des risques considérables.

Les participants peuvent être arrêtés au cours de l’opération ou lors d’un contrôle ultérieur.

Bernard Chevignard dirige personnellement plusieurs de ces actions.

Développement en province

Son activité ne se limite pas à Paris.

Il se déplace notamment à Nevers, Fourchambault et Évreux.

Il contribue à y constituer des sections d’action comparables à celles qu’il a organisées dans la région parisienne.

Cette extension géographique témoigne de la confiance accordée à ses capacités d’organisation.

Elle révèle également la volonté du réseau Vengeance de disposer de groupes capables d’intervenir dans différents secteurs.

Ces formations doivent pouvoir agir contre des objectifs locaux tout en maintenant des relations avec les responsables de l’organisation.

Les renseignements disponibles ne permettent pas de reconstituer précisément les effectifs de chacune de ces sections.

Il serait donc imprudent d’établir un total départemental des résistants placés directement sous son commandement.

Juin 1943 — Sabotages et actions armées

16 juin 1943 — Secteur de Chantilly

Le 16 juin 1943, Bernard Chevignard participe à une opération dans les environs du viaduc de Chantilly, dans l’Oise.

Un sabotage est en préparation dans ce secteur.

La biographie officielle indique qu’il participe à la mise à mort d’une sentinelle allemande.

Cet épisode révèle la nature directement combattante des actions conduites par les sections spéciales de Vengeance.

Il s’agit d’opérations clandestines dirigées contre les forces d’occupation et leurs installations.

La préparation d’un sabotage ferroviaire exige une reconnaissance préalable et la recherche de moyens permettant d’approcher l’objectif.

Les installations de transport constituent alors des cibles importantes, en raison de leur utilisation par les autorités militaires allemandes.

La source institutionnelle ne permet pas de déterminer avec certitude si la destruction du viaduc a effectivement été réalisée à cette occasion.

Il convient donc de distinguer l’opération contre la sentinelle du sabotage projeté.

Ligne téléphonique Paris-Bruxelles-Berlin

Bernard Chevignard participe également à la préparation d’une opération contre la ligne de télécommunications reliant Paris, Bruxelles et Berlin.

Cet axe présente un intérêt stratégique pour les communications allemandes.

L’interruption des transmissions peut désorganiser temporairement les relations entre plusieurs états-majors ou services.

La biographie de l’Ordre de la Libération lui attribue l’organisation de cette destruction.

Elle ne précise toutefois pas suffisamment les modalités techniques et le lieu exact de l’opération.

Ces renseignements pourraient être recherchés dans les archives du réseau Vengeance et dans les dossiers individuels de ses membres.

Juillet 1943 — Répression contre sa famille

En juillet 1943, les autorités allemandes recherchent activement Bernard Chevignard.

Elles se présentent au domicile parisien de sa mère.

Celle-ci héberge alors un aviateur américain.

Les Allemands découvrent sa présence.

Mary Chevignard est arrêtée.

Elle est ensuite déportée au camp de concentration de Ravensbrück.

La biographie de l’Ordre de la Libération indique qu’elle revient de déportation en 1945, mais meurt peu après son retour.

Une publication consacrée aux Compagnons havrais présente une version différente et indique qu’elle n’est pas revenue de Ravensbrück.

Cette divergence doit être conservée jusqu’à la vérification de son dossier individuel de déportation.

Il est important de ne pas confondre les deux affirmations.

Dans les deux cas, son arrestation et sa déportation sont liées à l’aide apportée à un aviateur allié et aux recherches menées contre son fils.

Ce drame familial illustre les conséquences de la répression allemande sur l’entourage des résistants.

Il montre aussi l’engagement personnel de Mary Chevignard dans l’assistance aux militaires alliés.

Août 1943 — Actions à Paris

Opérations avec Michel Pelletier

Pendant l’été 1943, Bernard Chevignard travaille étroitement avec Michel Pelletier, son jeune adjoint.

Les deux hommes participent à plusieurs opérations audacieuses.

Ils cherchent notamment à récupérer des automobiles utilisées par les Allemands.

Selon l’Ordre de la Libération, ils réalisent cinq vols de véhicules pendant le mois d’août 1943.

Ces actions se déroulent notamment rue Lauriston et sur l’avenue des Champs-Élysées.

Leur réalisation dans des quartiers fréquentés de la capitale accroît considérablement les risques.

À deux reprises, Bernard Chevignard est poursuivi par les forces allemandes.

Des coups de feu sont tirés dans sa direction.

Il parvient chaque fois à leur échapper.

Ces opérations démontrent l’efficacité des petits groupes qu’il a constitués.

Elles comportent toutefois une exposition permanente aux arrestations.

Bilan des sections spéciales

La biographie officielle attribue aux sections spéciales de Vengeance, sous son commandement, environ cent actions clandestines.

Ce chiffre constitue un bilan collectif.

Il ne signifie pas que Bernard Chevignard ait personnellement participé à chacune des opérations.

Il convient également de distinguer les différentes catégories d’actions : récupération de matériels, sabotages, attaques et opérations de protection.

Les archives opérationnelles seraient nécessaires pour établir une liste nominative et chronologique complète.

L’ampleur de l’activité rapportée montre néanmoins la place prise par Chevignard dans l’organisation des Corps francs Vengeance.

22 août 1943 — Arrestation à la piscine Molitor

Le 22 août 1943, Bernard Chevignard entreprend une nouvelle opération à Paris.

Il se trouve à la piscine Molitor, où il cherche à s’emparer d’uniformes allemands.

Il est surpris par les autorités.

Il réussit d’abord à s’échapper en traversant une baie vitrée.

Il gagne la rue.

Cependant, il est rapidement rattrapé et arrêté.

La scène se déroule sous les yeux de sa sœur, qui l’attend à proximité avec une bicyclette.

Cet épisode met fin à son activité clandestine.

Sa capture intervient quelques semaines après l’arrestation de sa mère.

Elle prive les sections spéciales de Vengeance de leur principal organisateur.

L’arrestation de Bernard Chevignard est directement confirmée par l’Ordre de la Libération.

Les circonstances particulières de son évasion momentanée et de sa reprise sont également rapportées dans la biographie officielle.

Emprisonnement et torture

Août-septembre 1943 — Prison du Cherche-Midi

Après son arrestation, Bernard Chevignard est interné à la prison militaire du Cherche-Midi, à Paris.

Cet établissement est utilisé pendant l’Occupation pour la détention de personnes arrêtées dans des affaires politiques et militaires.

En septembre 1943, il est remis aux autorités allemandes.

Il est transféré à la prison de Fresnes.

Septembre 1943-mars 1944 — Fresnes

Bernard Chevignard est soumis à plusieurs interrogatoires.

L’Ordre de la Libération précise qu’il est torturé à plusieurs reprises.

Les enquêteurs allemands cherchent à obtenir des informations sur les membres et les activités du réseau Vengeance.

La documentation disponible ne permet pas de reconstituer précisément le déroulement de ces interrogatoires.

Il convient donc de ne pas lui attribuer de déclarations particulières sans disposer de procès-verbaux ou de témoignages.

Pendant cette période, d’autres membres du réseau sont arrêtés.

Parmi eux figure Michel Pelletier.

Les autorités allemandes réunissent progressivement les éléments destinés à une procédure judiciaire contre plusieurs résistants.

Mars 1944 — Condamnation à mort

3 mars 1944 — Tribunal militaire allemand

Selon la biographie de l’Ordre de la Libération, Bernard Chevignard comparaît devant un tribunal militaire allemand le 3 mars 1944.

Il est jugé avec quatre autres résistants :

Michel PELLETIER, son adjoint.

Albert KOULMANN.

François SACHETTI.

André TAVERNIER.

Les cinq hommes sont condamnés à mort.

La biographie officielle indique que des aveux attribués à Albert Koulmann jouent un rôle dans la procédure.

Cependant, l’inventaire du dossier individuel de Bernard Chevignard mentionne une copie du compte rendu du procès daté du 4 mars 1944, rédigé par Julien Kraehling.

Cette différence de dates doit être examinée.

Le 3 mars peut correspondre à la date de l’audience ou du jugement, tandis que le 4 mars correspondrait à la rédaction du compte rendu.

Il serait prématuré de considérer ces deux indications comme nécessairement contradictoires.

La consultation du document original permettrait de préciser cette chronologie.

15 mars 1944 — Exécution au Mont-Valérien

Le 15 mars 1944, Bernard Chevignard est conduit au Mont-Valérien, à Suresnes.

Il est fusillé avec ses quatre camarades.

Le mémorial du Mont-Valérien confirme nominativement les cinq victimes de cette exécution collective.

Les résistants appartiennent au réseau Turma-Vengeance.

Bernard Chevignard meurt à trente et un ans.

Son exécution intervient six mois avant la libération de Paris.

Les cinq hommes sont exécutés le même jour que la publication du programme du Conseil national de la Résistance, événement également signalé par le mémorial du Mont-Valérien.

Cette coïncidence chronologique constitue un élément de contexte historique, sans établir de relation entre les deux événements.

Reconnaissance posthume

Après son exécution, Bernard Chevignard est d’abord inhumé au cimetière parisien d’Ivry.

En 1949, son corps est transféré dans le caveau familial du cimetière des Péjoces, à Dijon.

Ce transfert marque le retour de sa dépouille dans la région à laquelle sa famille est attachée depuis la Première Guerre mondiale.

Sa famille a également été frappée par une autre mort tragique.

En septembre 1944, son jeune frère Alain CHEVIGNARD est tué par des soldats allemands en retraite à Charmes, dans les Vosges.

L’Ordre de la Libération présente cette mise à mort comme dépourvue de motif établi.

Ainsi, plusieurs membres de la famille Chevignard ont été victimes de la répression et des violences allemandes.

20 janvier 1946 — Compagnon de la Libération

Bernard Chevignard est nommé Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 20 janvier 1946.

Cette distinction reconnaît son engagement dans la Résistance, la création des sections spéciales de Vengeance et son activité dans la lutte clandestine.

L’inventaire officiel du dossier individuel 1 A 212 confirme la présence du décret du 20 janvier 1946.

Il mentionne également un mémoire de proposition établi en 1946.

Ce document constitue une source essentielle pour rechercher les motifs exacts de la nomination.

Il n’a pas été directement dépouillé.

Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement

8e régiment de dragons

Unité dans laquelle Bernard Chevignard effectue son service militaire à partir d’octobre 1933.

3e bataillon de dragons portés

Unité dans laquelle il termine son service en 1934.

73e groupe de reconnaissance de division d’infanterie

Unité à laquelle il appartient pendant la campagne de France de 1940.

Chantiers de jeunesse — École des cadres d’Uriage

Formation dans laquelle il exerce des fonctions d’encadrement de décembre 1940 à septembre 1941. Cette période ne constitue pas, par elle-même, une appartenance à la Résistance.

Réseau Turma-Vengeance

Organisation de Résistance qu’il rejoint en mars 1943.

Corps francs Vengeance

Bernard Chevignard constitue et dirige des sections spéciales chargées de la protection des résistants, de sabotages et d’opérations armées.

L’activité de Bernard Chevignard relève de la Résistance intérieure organisée, et non des unités régulières des Forces françaises libres.

Missions et actions

Son engagement peut être distingué en trois périodes.

La première correspond à son refus de la captivité en 1940 et à son évasion du camp de Reims.

La deuxième est celle de ses premières actions clandestines individuelles, après son retour à Paris en 1941.

La troisième commence en mars 1943 avec son entrée dans Turma-Vengeance.

Il assume alors une fonction militaire essentielle : constituer les moyens d’action d’une organisation clandestine.

Ses missions comprennent la formation de groupes, le recrutement, l’acquisition de matériels, la préparation de sabotages et la conduite d’opérations armées.

Son activité se distingue notamment par la capacité de ses groupes à récupérer des moyens de transport et des équipements auprès des forces allemandes.

Les opérations conduites dans la région parisienne et dans plusieurs villes de province témoignent de l’extension de son organisation.

Le bilan d’une centaine d’actions doit être attribué collectivement aux sections placées sous son commandement.

Camarades de combat

Pierre WETTERWALD — Médecin, fondateur du réseau Turma-Vengeance avec Vic-Dupont. Il confie à Bernard Chevignard, en mars 1943, la création des sections spéciales.

Vic-DUPONT — Médecin et cofondateur de Turma-Vengeance. Il appartient à la direction du réseau dans lequel Bernard Chevignard exerce ses responsabilités.

Michel PELLETIER — Jeune adjoint de Bernard Chevignard. Il participe notamment aux opérations de récupération de véhicules à Paris en août 1943. Arrêté après lui, il est condamné à mort puis fusillé au Mont-Valérien le 15 mars 1944.

Albert KOULMANN — Résistant du réseau Turma-Vengeance, condamné à mort avec Bernard Chevignard et exécuté le même jour.

François SACHETTI — Résistant de Turma-Vengeance, condamné et fusillé le 15 mars 1944.

André TAVERNIER — Résistant de Turma-Vengeance, condamné et exécuté avec les quatre autres membres du groupe.

Les cinq fusillés du 15 mars 1944 sont identifiés nominativement par le mémorial du Mont-Valérien.

Arrestation, emprisonnement et déportation

Vers le 20 juin 1940 — Fait prisonnier pendant la campagne de France.

Septembre 1940 — S’évade de son lieu de détention à Reims.

22 août 1943 — Arrêté à Paris après l’échec d’une opération à la piscine Molitor.

Août-septembre 1943 — Détenu à la prison du Cherche-Midi.

Septembre 1943 — Remis aux autorités allemandes et transféré à Fresnes.

1943-1944 — Soumis à plusieurs interrogatoires et tortures.

3 mars 1944 — Condamné à mort par un tribunal militaire allemand.

15 mars 1944 — Fusillé au Mont-Valérien.

Bernard Chevignard n’a pas été déporté dans un camp de concentration. Il est mort fusillé après avoir été détenu dans plusieurs prisons françaises utilisées par les autorités allemandes.

Sa mère, en revanche, a été déportée à Ravensbrück.

Décorations

Chevalier de la Légion d’honneur — Attribution à titre posthume — Grade confirmé par l’Ordre de la Libération. Décret de nomination et publication au Journal officiel non directement vérifiés.

Compagnon de la Libération — À titre posthume — Décret du 20 janvier 1946 — Dossier individuel 1 A 212 — Diplôme n° 688 — Source : Ordre de la Libération. La date de publication au Journal officiel reste à établir.

Croix de guerre 1939-1945 — Deux citations — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. La biographie mentionne notamment une citation à l’ordre de la division pendant la campagne de France de 1940.

Médaille de la Résistance française — Aucune attribution nominative certaine n’a été établie dans les sources vérifiées. Cette décoration ne doit pas être ajoutée sans confirmation dans la base officielle.

Lieux de mémoire

Le Havre — Seine-Maritime. Ville natale de Bernard Chevignard, le 16 février 1913.

Gevrey-Chambertin — Côte-d’Or. Commune où il passe une partie de son enfance.

Saint-Jean-de-Passy — Paris. Établissement où il poursuit ses études.

Lunéville — Meurthe-et-Moselle. Ville de son affectation au 3e bataillon de dragons portés.

Levallois-Perret — Hauts-de-Seine. Ville où il exerce une activité professionnelle dans une entreprise de transports.

Reims — Marne. Lieu de son internement comme prisonnier de guerre en 1940 et de son évasion.

Uriage — Isère. École nationale des cadres des Chantiers de jeunesse.

Paris. Principal centre de ses activités clandestines.

Chantilly — Oise. Secteur d’une opération armée du 16 juin 1943.

Nevers — Nièvre. Ville où il participe à l’organisation d’une section d’action.

Fourchambault — Nièvre. Autre lieu de développement des sections spéciales.

Évreux — Eure. Ville où il organise des activités clandestines.

Rue Lauriston — Paris. Secteur de plusieurs opérations de récupération de véhicules en août 1943.

Avenue des Champs-Élysées — Paris. Autre secteur de ses opérations clandestines.

Piscine Molitor — Paris. Lieu de son arrestation du 22 août 1943.

Prison du Cherche-Midi — Paris. Premier lieu de détention après son arrestation.

Prison de Fresnes — Val-de-Marne. Lieu de détention et d’interrogatoire.

Mont-Valérien — Suresnes. Lieu de son exécution, le 15 mars 1944.

Cimetière parisien d’Ivry. Lieu de sa première inhumation.

Cimetière des Péjoces — Dijon. Lieu de sa sépulture définitive depuis 1949.

Charmes — Vosges. Ville où son frère Alain est tué par les Allemands en septembre 1944.

Le Havre — Stèle des Compagnons de la Libération. Monument rappelant notamment la mémoire des Compagnons originaires de la ville.

Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Institution conservant son dossier individuel 1 A 212.

Références bibliographiques

Bernard Chevignard (1913-1944), Compagnon de la Libération, Bernard Chevignard, éditions de Salmaise, 2006, 193 p. — Biographie familiale consacrée au parcours du résistant. La référence précise de l’auteur et de l’éditeur mérite une vérification sur la page de titre avant publication définitive.

Les Compagnons de la Libération de Côte-d’Or, Olivier Matthey-Doret, Dijon, 1995, 120 p. — Étude biographique consacrée aux Compagnons liés au département de la Côte-d’Or.

Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination individuelle non vérifiée. — Publication mémorielle dont un extrait est conservé dans le dossier de Bernard Chevignard.

Dictionnaire des fusillés 1940-1944, sous la direction de Claude Pennetier, Jean-Pierre Besse, Thomas Pouty et Delphine Leneveu, Éditions de l’Atelier, Paris, 2015, pagination individuelle non vérifiée. — Dictionnaire biographique consacré aux victimes exécutées pendant l’Occupation. Un extrait est conservé dans le dossier 1 A 212.

1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général consacré aux Compagnons de la Libération.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, éditions de 2010 et 2023, pagination individuelle non vérifiée. — Répertoire biographique des titulaires de la croix de la Libération.

Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, 54 p. — Répertoire archivistique décrivant le dossier individuel 1 A 212, les documents relatifs à son procès et les témoignages familiaux.

Références internet

Ordre de la Libération — Bernard CHEVIGNARD — Biographie officielle présentant son engagement militaire, ses activités dans Turma-Vengeance, son arrestation, sa condamnation et son exécution — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/bernard-chevignard

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, identification du dossier individuel 1 A 212 et des documents relatifs au procès — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf

Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C — Identification du dossier de Résistance Bernard CHEVIGNARD, cote GR 16 P 127794 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf

Mémorial du Mont-Valérien — Le 15 mars 1944 — Confirmation de l’exécution de Bernard Chevignard, Albert Koulmann, Michel Pelletier, François Sachetti et André Tavernier — https://www.mont-valerien.fr/evenements/ce-jour-la/date/1944/03/

Musée de la Résistance en ligne — Stèles dédiées aux Compagnons de la Libération de Côte-d’Or — Notice de Bernard Chevignard, activités des Corps francs Vengeance et référence au dossier GR 16 P 127794 — https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=0&media=11830

Compagnons de la Libération du Havre — Bernard Chevignard — Présentation biographique, reproduction d’un acte de naissance et documentation familiale — https://compagnonshavrais.jimdofree.com/introduction-aux-compagnons-de-la-lib%C3%A9ration-du-havre/bernard-chevignard/

Ordre de la Libération — Liste alphabétique des Compagnons — Confirmation des prénoms Bernard René et du décret du 20 janvier 1946 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf

Ordre de la Libération — Dossier pédagogique sur les condamnations et exécutions — Mention nominative de Bernard René Chevignard parmi les Compagnons fusillés pendant l’Occupation — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/Dossier%20CNRD_AFCL-2019_0.pdf

Dossier d’homologation

Service historique de la Défense — GR 16 P 127794

L’inventaire nominatif de la série GR 16 P et le répertoire de l’Ordre de la Libération identifient :

CHEVIGNARD Bernard — GR 16 P 127794.

Cette cote correspond au dossier individuel de Résistance.

Elle est confirmée par l’inventaire institutionnel de l’Ordre de la Libération.

L’existence du dossier est établie.

Son contenu original n’a pas été directement dépouillé.

Il n’est donc pas possible de préciser les périodes de services homologuées ni le détail des décisions administratives.

La consultation du dossier permettrait notamment de rechercher les pièces relatives à son engagement dans les Corps francs Vengeance et à la reconnaissance de ses activités clandestines.

Service historique de la Défense — Caen

Une autre cote est signalée dans les références biographiques secondaires :

AC 21 P 436087.

Elle correspondrait à un dossier de victime de guerre.

Cette référence reste à vérifier directement dans les répertoires de la Division des archives des victimes des conflits contemporains.

Les documents pourraient contribuer à préciser son état civil, son exécution et les circonstances de la reconnaissance de sa mort pour la France.

Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 212

L’inventaire officiel du 24 septembre 2025 identifie :

CHEVIGNARD Bernard — 1 A 212.

Il décrit plusieurs ensembles documentaires.

Attribution de la croix de la Libération

Mémoire de proposition établi en 1946.

Décret du 20 janvier 1946.

Reçu du diplôme n° 688, daté du 17 mars 1966.

Cette dernière date est postérieure au décès de Bernard Chevignard.

Elle ne doit donc pas être interprétée comme une remise personnelle du diplôme.

Renseignements administratifs

Fiche de renseignements de la chancellerie de l’Ordre de la Libération, non datée.

Correspondances

Huit pièces échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1970 et 2006.

État civil

Extrait d’acte de naissance de 1913.

Cette pièce permettrait notamment de confirmer directement les deux prénoms.

Documents militaires et administratifs

Copie d’un extrait du registre des actes de décès de 1945.

Copie d’une demande de certificat de 1948.

Copie d’une fiche de contrôle de 1958.

Un courrier de 2001.

Présentation du réseau Turma-Vengeance, non datée.

Archives privées

Copie du compte rendu du procès du 4 mars 1944, rédigé par Julien Kraehling.

Un courrier de 2007.

Le compte rendu du procès constitue une pièce particulièrement importante pour vérifier les circonstances de la condamnation et l’identité des cinq résistants exécutés.

Travaux historiques

Extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération, publié en 1961.

Extrait de la base Mémoire des hommes, daté de 2008.

Extrait du Dictionnaire des fusillés 1940-1944, publié en 2015.

Document intitulé Les Compagnons de la Libération de Côte-d’Or.

Témoignages

Un courrier de 1995.

Témoignage de Lucie Mallard, sœur de Bernard Chevignard, non daté.

Ce témoignage pourrait être particulièrement utile pour préciser les circonstances de l’arrestation du 22 août 1943, à laquelle elle assiste selon la biographie officielle.

Notes biographiques

Cinq courriers de 1995.

Document intitulé Un chevalier de la Légion d’honneur, Bernard Chevignard, daté de 1995.

Copie de notes manuscrites non datées.

Sépulture

Un courrier de 2003.

Hommages et commémorations

Documents relatifs au soixantième anniversaire de son exécution, en 2004.

Message du Secrétariat d’État aux anciens combattants.

Discours de Rose-Marie Antoine.

Biographie commémorative.

Documents relatifs à l’hommage rendu aux dix Compagnons de la Libération du Havre en 2012.

Programme et photographie de la stèle commémorative.

L’ensemble documentaire est décrit comme couvrant la période 1913-2015.

Ces informations proviennent de l’inventaire officiel. Les documents originaux n’ont pas été intégralement consultés.

Observations

Bernard Chevignard appartient aux résistants dont le parcours commence par une expérience de la guerre régulière et se poursuit dans l’action clandestine.

Mobilisé en août 1939, il participe à la campagne de France.

Fait prisonnier en juin 1940, il réussit à s’évader quelques mois plus tard.

Il refuse ainsi de se résigner à la captivité et à la défaite.

Après un passage par l’École des cadres d’Uriage, il rejoint Paris et entreprend ses premières actions individuelles contre l’occupant.

Son entrée dans Turma-Vengeance, en mars 1943, lui permet de développer son activité à une autre échelle.

Il devient l’organisateur des sections spéciales de l’organisation.

Son rôle est essentiellement militaire.

Il doit recruter, entraîner et équiper des hommes capables de mener des opérations dangereuses contre les forces allemandes.

La capacité de ses groupes à se procurer du matériel directement auprès de l’occupant représente une caractéristique majeure de leur activité.

Son parcours est également marqué par un risque personnel considérable.

Les opérations qu’il conduit sont réalisées à proximité des forces allemandes, parfois au cœur de Paris.

Elles provoquent des poursuites et exposent les participants à la capture.

Sa famille est directement touchée par la répression.

Sa mère est arrêtée et déportée à Ravensbrück.

Son frère Alain sera tué en septembre 1944.

Bernard Chevignard est lui-même arrêté le 22 août 1943, torturé et condamné à mort.

Son exécution au Mont-Valérien, avec quatre autres membres de Turma-Vengeance, constitue l’aboutissement de cette répression.

Trois points documentaires méritent une attention particulière.

Le premier concerne Mary Chevignard. Les sources ne concordent pas sur son décès : l’Ordre de la Libération indique qu’elle meurt après son retour de déportation en 1945, tandis qu’une notice secondaire indique qu’elle ne revient pas de Ravensbrück. Seul son dossier individuel ou son acte de décès permettrait de trancher.

Le deuxième concerne la procédure judiciaire de mars 1944. La biographie officielle situe la condamnation au 3 mars, mais l’inventaire signale un compte rendu du procès daté du 4 mars. Il faut déterminer si cette seconde date correspond à la rédaction du document.

Le troisième concerne le bilan des opérations des Corps francs Vengeance. La centaine d’actions attribuée aux sections spéciales constitue un bilan global qui ne doit pas être confondu avec les opérations personnellement réalisées par Bernard Chevignard.

La consultation du dossier individuel 1 A 212, et particulièrement du compte rendu du procès et du témoignage de Lucie Mallard, pourrait permettre d’apporter plusieurs précisions importantes.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité de Bernard René Chevignard, sa naissance le 16 février 1913 au Havre, son engagement au 73e GRDI, sa captivité et son évasion de 1940, son entrée dans Turma-Vengeance en mars 1943, son organisation des sections spéciales, son arrestation du 22 août 1943, sa condamnation à mort en mars 1944 et son exécution au Mont-Valérien le 15 mars 1944 sont établis par des sources institutionnelles concordantes. Sa nomination comme Compagnon de la Libération à titre posthume par décret du 20 janvier 1946 est confirmée. Les dossiers 1 A 212 et GR 16 P 127794 sont identifiés. Les principales réserves concernent le sort exact de sa mère, la chronologie détaillée de son procès, le bilan individuel de ses opérations clandestines et les références administratives complètes de certaines décorations.

Chronologie

DateÉvénement
16 février 1913Naissance au Havre, Seine-Inférieure.
1914-1918Séjour familial à Gevrey-Chambertin.
Avant 1933Études à Saint-Jean-de-Passy, Paris.
Octobre 1933Engagement anticipé au 8e régiment de dragons.
Avril 1934Promotion au grade de maréchal des logis.
1934Affectation au 3e bataillon de dragons portés, à Lunéville.
Automne 1934Libération du service militaire.
1934-1939Activités professionnelles, notamment dans une entreprise de transports à Levallois-Perret.
Fin août 1939Mobilisation au 73e GRDI.
Mai-juin 1940Campagne de France ; citation à l’ordre de la division.
Vers le 20 juin 1940Fait prisonnier par les Allemands.
Septembre 1940Évasion de son lieu de détention à Reims.
Octobre 1940Démobilisation après son passage en zone sud.
Décembre 1940Entre aux Chantiers de jeunesse ; affectation à Uriage.
Septembre 1941Quitte les Chantiers de jeunesse et regagne Paris.
1941-1942Premières actions clandestines individuelles.
Mars 1943Rencontre Pierre Wetterwald ; rejoint Turma-Vengeance.
Printemps 1943Création de deux sections spéciales d’action.
1943Organisation de groupes à Nevers, Fourchambault et Évreux.
16 juin 1943Opération près du viaduc de Chantilly.
1943Préparation d’une opération contre la ligne Paris-Bruxelles-Berlin.
Juillet 1943Arrestation de sa mère, Mary Chevignard, ensuite déportée à Ravensbrück.
Août 1943Opérations de récupération de véhicules avec Michel Pelletier à Paris.
22 août 1943Arrestation à proximité de la piscine Molitor.
Août-septembre 1943Emprisonnement au Cherche-Midi.
Septembre 1943Transfert à la prison de Fresnes.
3 mars 1944Condamnation à mort par le tribunal militaire allemand, selon l’Ordre de la Libération.
4 mars 1944Date du compte rendu du procès conservé en copie au dossier 1 A 212.
15 mars 1944Exécution au Mont-Valérien avec quatre camarades de Turma-Vengeance.
1944Première inhumation au cimetière d’Ivry.
Septembre 1944Mort de son frère Alain à Charmes, dans les Vosges.
1945Retour de déportation et décès de sa mère, selon l’Ordre de la Libération ; chronologie à vérifier.
20 janvier 1946Décret de nomination comme Compagnon de la Libération à titre posthume.
1949Transfert de son corps au cimetière des Péjoces, à Dijon.
2004Commémoration du soixantième anniversaire de son exécution.
2012Hommage aux dix Compagnons de la Libération du Havre.

Tableau des divergences entre sources

Point examinéSourcesAppréciation
IdentitéOrdre de la Libération : Bernard Chevignard ; liste officielle des Compagnons : Bernard René Chevignard.Les deux prénoms sont retenus.
NaissanceOrdre de la Libération et documentation commémorative : 16 février 1913, Le Havre.Concordance.
Service militaireOrdre de la Libération : 8e dragons, puis 3e bataillon de dragons portés.Chronologie établie.
Campagne de 1940Ordre de la Libération : 73e GRDI, citation à l’ordre de la division.Informations retenues.
ÉvasionOrdre de la Libération : septembre 1940, Reims.Date et lieu retenus.
Entrée dans VengeanceOrdre de la Libération : mars 1943, rencontre avec Pierre Wetterwald.Chronologie établie.
Bilan opérationnelOrdre de la Libération : environ cent actions des sections spéciales.Bilan collectif, non individuel.
ArrestationOrdre de la Libération : 22 août 1943, piscine Molitor.Concordance.
ProcèsOrdre de la Libération : condamnation le 3 mars 1944 ; inventaire : compte rendu daté du 4 mars.Deux dates à rapprocher par consultation du document original.
ExécutionOrdre de la Libération et mémorial du Mont-Valérien : 15 mars 1944, Suresnes.Concordance complète.
Compagnons d’exécutionOrdre de la Libération et mémorial : Koulmann, Pelletier, Sachetti, Tavernier.Identifications concordantes.
Sort de Mary ChevignardOrdre de la Libération : morte après son retour en 1945 ; publication consacrée aux Compagnons havrais : ne revient pas de Ravensbrück.Divergence non résolue.
SépultureOrdre de la Libération : Ivry, puis Dijon en 1949.Chronologie retenue.
Croix de la LibérationDécret du 20 janvier 1946.Date confirmée par l’Ordre et son inventaire.
Dossier de CompagnonOrdre de la Libération : 1 A 212.Cote confirmée.
Dossier de RésistanceSHD : GR 16 P 127794.Cote confirmée.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Bernard CHEVIGNARD — Biographie officielle, engagement militaire, entrée dans Turma-Vengeance, organisation des sections spéciales, arrestation, procès, exécution et décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/bernard-chevignard ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, dossier individuel 1 A 212 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C, dossier Bernard CHEVIGNARD, cote GR 16 P 127794 — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf ; Mémorial du Mont-Valérien — Chronologie du 15 mars 1944 et identification des cinq résistants de Turma-Vengeance exécutés à Suresnes — https://www.mont-valerien.fr/evenements/ce-jour-la/date/1944/03/ ; Musée de la Résistance en ligne — Stèles dédiées aux Compagnons de la Libération de Côte-d’Or, notice Bernard Chevignard et référence au SHD — https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=0&media=11830 ; Compagnons de la Libération du Havre — Bernard Chevignard, reproduction d’un acte de naissance, éléments biographiques et documentation familiale — https://compagnonshavrais.jimdofree.com/introduction-aux-compagnons-de-la-lib%C3%A9ration-du-havre/bernard-chevignard/ ; Ordre de la Libération — Liste alphabétique des Compagnons, Bernard René CHEVIGNARD, décret du 20 janvier 1946 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/liste_compagnons_0.pdf ; Ordre de la Libération — Dossier pédagogique relatif aux condamnations et aux exécutions, identification de Bernard René Chevignard parmi les Compagnons fusillés — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/Dossier%20CNRD_AFCL-2019_0.pdf

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