Gilbert Louis Henri CHEVILLOT, alias « Lalance », né le 12 juillet 1908 à Romainville (Seine, aujourd’hui Seine-Saint-Denis), mort le 2 septembre 1944 à Alger (Algérie), Français, officier d’infanterie coloniale, capitaine des Forces françaises libres, combattant du Bataillon de marche n° 2, défenseur de Bir Hakeim, officier d’état-major de la 1re Brigade française libre, Compagnon de la Libération par décret du 14 juillet 1944.
Jeunesse et formation
Gilbert Chevillot naît à Romainville, alors commune du département de la Seine.
Son acte de naissance n’a pas été directement consulté, mais deux répertoires indépendants du Service historique de la Défense indiquent le 12 juillet 1908.
Cette date est également celle retenue dans le corps de la biographie officielle de l’Ordre de la Libération.
Il passe une partie de son enfance dans la région de Belfort.
Les renseignements disponibles ne permettent pas de reconstituer précisément sa situation familiale, ses études ou les établissements scolaires qu’il fréquente.
À l’issue de sa scolarité, il travaille comme employé dans la banlieue parisienne.
Il s’oriente cependant rapidement vers une carrière militaire.
Novembre 1928 — Service militaire
Gilbert Chevillot est appelé sous les drapeaux en novembre 1928.
Il prépare les cours d’élève officier de réserve à Lunéville, puis au camp de Saint-Avold.
En avril 1929, il est admis à la formation des élèves officiers de réserve de Saint-Cyr.
Il rejoint ensuite le 3e bataillon de dragons portés.
Cette formation appartient à la cavalerie française, dont certaines unités connaissent alors une motorisation progressive.
Les dragons portés constituent des troupes capables de se déplacer rapidement avec des moyens automobiles avant de combattre à pied.
Gilbert Chevillot acquiert ainsi une première expérience militaire.
Mai 1930 — Sous-lieutenant de réserve
En mai 1930, il est démobilisé avec le grade de sous-lieutenant de réserve.
Il retrouve la vie civile.
Cette situation ne lui convient cependant pas.
Il décide quelques années plus tard de reprendre le service militaire.
Avril 1934 — Engagement dans l’infanterie coloniale
En avril 1934, Gilbert Chevillot s’engage pour trois ans dans l’infanterie coloniale, avec le grade de sergent.
Ce choix représente une étape importante.
Après avoir été officier de réserve, il accepte de reprendre une carrière militaire active à un grade de sous-officier.
Son objectif est de servir durablement dans l’armée.
Septembre 1936 — École militaire de Saint-Maixent
En septembre 1936, Gilbert Chevillot est admis à l’École militaire d’infanterie de Saint-Maixent.
Il y suit la formation des futurs officiers.
Il sort major de la promotion « Faire Face », avec le grade de sous-lieutenant.
Ce classement témoigne de ses résultats pendant sa formation.
Il est affecté au 3e régiment d’infanterie coloniale.
Avril 1938 — Départ pour l’Afrique occidentale française
En avril 1938, il rejoint le 4e régiment de tirailleurs sénégalais (4e RTS).
Il part servir en Afrique occidentale française.
Son affectation le conduit notamment en Haute-Volta, actuelle République du Burkina Faso.
Il y exerce des fonctions d’officier dans les troupes coloniales.
Cette affectation va déterminer les circonstances de son engagement dans la France libre.
Engagement militaire en 1939-1940
Septembre 1939 — Ouagadougou
Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, Gilbert Chevillot se trouve à Ouagadougou, en Haute-Volta.
Il appartient au 4e RTS.
Il souhaite rejoindre les unités françaises engagées en métropole contre l’Allemagne.
Il demande donc à être transféré sur le théâtre européen.
Sa demande est refusée.
Il demeure en Afrique occidentale française.
Il ne participe pas directement à la campagne de France de mai-juin 1940.
Juin 1940 — Refus de l’armistice
La défaite française et l’annonce de l’armistice provoquent chez Gilbert Chevillot une réaction immédiate.
Il refuse la cessation des combats.
Dès juillet 1940, il entreprend de rallier son bataillon à la France libre.
La situation est particulièrement délicate.
L’Afrique occidentale française demeure sous l’autorité du gouvernement de Vichy.
Les responsables militaires entendent faire respecter les décisions du gouvernement installé en métropole.
Les officiers souhaitant poursuivre la guerre aux côtés du général de Gaulle s’exposent donc à des sanctions.
Gilbert Chevillot décide néanmoins de passer à l’action.
Juillet 1940 — Ralliement à la France libre
Refus d’obéissance à ses supérieurs
La biographie de l’Ordre de la Libération rapporte un épisode particulièrement significatif.
Alors que Gilbert Chevillot prépare le ralliement de son bataillon, son chef le convoque en présence des autres officiers.
Il doit être arrêté.
Gilbert Chevillot affirme alors son engagement envers la France libre, revolver au poing.
Il quitte les lieux en menaçant les hommes du corps de garde qui cherchent à l’intercepter.
Cette confrontation marque sa rupture avec les autorités militaires demeurées fidèles à Vichy.
Il ne s’agit pas d’un simple refus verbal de l’armistice.
Gilbert Chevillot organise immédiatement le départ d’une partie importante de son unité.
Passage en Gold Coast britannique
Sous son impulsion, la majeure partie des hommes concernés quitte la Haute-Volta.
Les militaires emportent leurs armes, leur matériel et plusieurs camions.
Ils parcourent plusieurs centaines de kilomètres pour rejoindre la Gold Coast britannique, actuel Ghana.
Pendant le trajet, ils doivent franchir des barrages établis pour empêcher leur départ.
Le groupe réussit finalement à gagner le territoire britannique.
Cette opération présente une importance particulière dans l’histoire des premiers ralliements à la France libre.
Elle ne concerne pas seulement un officier décidant individuellement de poursuivre la guerre.
Elle entraîne le départ collectif de soldats avec leurs armes et leurs moyens de transport.
L’action de Gilbert Chevillot contribue ainsi au renforcement des forces qui se constituent autour du général de Gaulle.
La biographie officielle ne précise cependant pas le nombre exact d’hommes ayant participé au mouvement.
Il serait donc imprudent de lui attribuer un effectif chiffré sans disposer de documents complémentaires.
Le pseudonyme « Lalance »
Gilbert Chevillot utilise le nom de « Lalance ».
Ce pseudonyme est expressément mentionné dans la biographie officielle de l’Ordre de la Libération.
Les circonstances exactes de son adoption ne sont pas précisées.
L’existence de ce nom doit être distinguée de ses affectations militaires, qui sont documentées sous son patronyme véritable.
Engagement dans les Forces françaises libres
Après son passage en Gold Coast, Gilbert Chevillot rejoint les Forces françaises libres.
Il participe ensuite aux campagnes du Moyen-Orient.
Son parcours le conduit au Bataillon de marche n° 2 (BM 2), formation appartenant aux troupes coloniales de la France libre.
Le BM 2 est constitué autour de militaires venus d’Afrique équatoriale française.
Il participe à plusieurs opérations majeures.
Gilbert Chevillot y exerce des responsabilités de commandement.
Son engagement militaire atteint son point culminant pendant la bataille de Bir Hakeim.
Mai-juin 1942 — Bataille de Bir Hakeim
Le contexte militaire
Au printemps 1942, les forces britanniques et alliées affrontent en Libye les armées allemandes et italiennes commandées par le général Erwin Rommel.
La position de Bir Hakeim se trouve au sud du dispositif défensif britannique.
Elle est occupée par la 1re Brigade française libre, commandée par le général Pierre Kœnig.
La brigade comprend plusieurs formations françaises libres, dont le BM 2.
Les Français doivent tenir une position isolée dans le désert.
Leur résistance contribue à ralentir les opérations ennemies.
27 mai-10 juin 1942 — Défense de la position
Gilbert Chevillot participe à la défense de Bir Hakeim comme officier du BM 2.
Il commande une compagnie chargée de défendre un point d’appui.
Les points d’appui sont des secteurs organisés pour résister aux attaques.
Ils disposent de positions de tir, de tranchées et de moyens de protection adaptés aux conditions du terrain.
Leur défense dépend notamment de la coordination des armes et du maintien des communications.
Pendant les combats, les forces françaises libres subissent des bombardements et des attaques répétées.
Les conditions deviennent progressivement très difficiles.
Les réserves d’eau, de vivres et de munitions diminuent.
Les unités doivent maintenir leur cohésion malgré la fatigue et les pertes.
La biographie officielle souligne que Gilbert Chevillot défend victorieusement le point d’appui placé sous son commandement.
Elle ne précise cependant ni le numéro de ce point d’appui ni son implantation exacte dans le périmètre fortifié.
Ces détails nécessiteraient la consultation des journaux de marche du BM 2 et des documents opérationnels de Bir Hakeim.
Nuit du 10 au 11 juin 1942 — Sortie de vive force
La défense de Bir Hakeim devient finalement impossible à prolonger.
Le commandement français reçoit l’ordre d’évacuer la position.
La sortie doit s’effectuer de nuit, au travers des lignes ennemies.
Cette opération représente une épreuve particulièrement dangereuse.
Les unités doivent abandonner leurs positions organisées et traverser un dispositif allemand et italien.
Les risques de dispersion sont importants.
Les véhicules rencontrent des obstacles.
Les soldats progressent sous les tirs ennemis.
Gilbert Chevillot dirige la sortie de sa compagnie.
Il parvient à ramener la quasi-totalité de ses hommes.
Ce résultat constitue l’un des épisodes les plus remarquables de son parcours militaire.
Il témoigne de sa capacité à conserver la cohésion d’une unité dans une situation extrêmement difficile.
La biographie institutionnelle attribue expressément ce succès à son commandement.
Il convient néanmoins de ne pas transformer cette indication en une absence totale de pertes.
La formule « quasi-totalité » implique que certains hommes ont pu manquer au rassemblement final.
Le bilan précis de sa compagnie reste à établir.
La participation de Gilbert Chevillot à Bir Hakeim constitue le principal motif historique de sa reconnaissance parmi les Compagnons de la Libération.
Automne 1942 — Bataille d’El Alamein
Après Bir Hakeim, Gilbert Chevillot poursuit son service dans les Forces françaises libres.
Il est affecté à l’état-major de la 1re Brigade française libre.
Cette nouvelle fonction marque une évolution de ses responsabilités.
Il ne commande plus directement une compagnie du BM 2.
Il participe désormais aux activités d’état-major.
Octobre 1942 — El Alamein
Gilbert Chevillot prend part aux combats d’El Alamein, en Égypte.
La seconde bataille d’El Alamein commence le 23 octobre 1942.
Elle constitue l’un des tournants de la guerre en Afrique du Nord.
Les forces britanniques et alliées cherchent à briser le dispositif germano-italien.
La 1re Brigade française libre participe aux opérations.
Gilbert Chevillot accompagne cette formation.
La biographie officielle ne détaille pas ses fonctions pendant la bataille.
Il convient donc de retenir son appartenance à l’état-major sans lui attribuer le commandement direct d’une unité particulière.
Maladie et hospitalisation
Après les campagnes d’Afrique du Nord, Gilbert Chevillot tombe gravement malade.
Les sources institutionnelles ne précisent pas la nature de sa maladie.
Elles ne permettent pas non plus d’en établir la date exacte d’apparition.
Il est hospitalisé à l’hôpital Maillot d’Alger.
Son état nécessite des soins prolongés.
La documentation actuellement accessible ne permet pas de reconstituer précisément ses affectations pendant l’année 1943 et les premiers mois de 1944.
Il ne faut donc pas supposer qu’il a participé aux campagnes d’Italie ou de Provence.
Aucune participation personnelle à ces opérations n’est établie.
2 septembre 1944 — Décès
Gilbert Chevillot meurt le 2 septembre 1944, à l’hôpital Maillot d’Alger.
Il est âgé de trente-six ans.
Son décès intervient alors que la libération de la France est engagée.
Il ne peut donc participer au retour des troupes françaises libres sur le territoire métropolitain.
Il est inhumé au cimetière de Saint-Eugène, à Alger.
Cette sépulture est confirmée par l’Ordre de la Libération.
En mai 2024, une délégation de l’Ordre se rend dans ce cimetière où reposent plusieurs Compagnons.
La lettre d’information publiée à cette occasion mentionne Gilbert Chevillot.
Elle comporte toutefois une erreur manifeste en situant sa mort au 2 septembre 1942, alors que la biographie officielle et les documents militaires retiennent le 2 septembre 1944.
La date du 2 septembre 1944 doit être conservée.
Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement
3e bataillon de dragons portés
Unité à laquelle Gilbert Chevillot est affecté pendant son service militaire de 1928-1930.
Infanterie coloniale
Arme dans laquelle il s’engage volontairement en avril 1934.
3e régiment d’infanterie coloniale
Première affectation après sa sortie de Saint-Maixent.
4e régiment de tirailleurs sénégalais
Unité qu’il rejoint en avril 1938 et avec laquelle il sert en Afrique occidentale française.
Forces françaises libres
Il rejoint la France libre après avoir organisé le passage d’une partie de son unité en Gold Coast britannique en juillet 1940.
Bataillon de marche n° 2
Il sert comme officier combattant et commande une compagnie pendant la bataille de Bir Hakeim.
État-major de la 1re Brigade française libre
Il y est affecté après Bir Hakeim et participe à la bataille d’El Alamein en octobre 1942.
Aucune appartenance à un réseau de Résistance intérieure n’est établie.
Son engagement relève des Forces françaises libres combattantes.
Missions et actions
L’activité militaire de Gilbert Chevillot se distingue par trois épisodes.
Le premier est le ralliement de juillet 1940.
Il refuse l’armistice et organise le départ d’une partie importante de son unité vers un territoire britannique.
Le deuxième est la bataille de Bir Hakeim.
Il commande une compagnie du BM 2, défend son point d’appui et conserve la cohésion de ses hommes pendant la sortie de la nuit du 10 au 11 juin 1942.
Le troisième est sa participation à la bataille d’El Alamein comme officier d’état-major.
Ces trois étapes illustrent un parcours passant du refus de l’armistice à l’engagement dans une unité combattante, puis à des responsabilités d’état-major.
Camarades de combat
Pierre KŒNIG — Commandant de la 1re Brigade française libre pendant la bataille de Bir Hakeim. Gilbert Chevillot sert dans la formation placée sous ses ordres.
Henri AMIEL — Officier du BM 2 et Compagnon de la Libération. Son appartenance à la même unité est établie.
André BLANCHARD — Officier du BM 2 et Compagnon de la Libération. Il participe à l’histoire combattante du bataillon.
Maurice BAYROU — Officier du BM 2, également engagé à Bir Hakeim, où il est grièvement blessé.
Henri BOURGEOIS — Officier du BM 2 et Compagnon de la Libération, appartenant aux formations françaises libres engagées en Afrique du Nord.
Adrien CONUS — Officier du BM 2, Compagnon de la Libération.
Gaston DUCHÉ DE BRICOURT — Compagnon de la Libération ayant servi au BM 2.
Pierre GABARD — Combattant du BM 2 et Compagnon de la Libération.
Ces rapprochements sont fondés sur l’appartenance commune au BM 2, confirmée par l’Ordre de la Libération.
Ils ne démontrent pas nécessairement des relations personnelles étroites ni la participation de chacun aux mêmes opérations particulières.
Arrestation, emprisonnement et déportation
Aucune arrestation, incarcération ou déportation de Gilbert Chevillot pendant la Seconde Guerre mondiale n’est établie.
En juillet 1940, il échappe à une arrestation préparée par ses supérieurs militaires demeurés fidèles à Vichy.
Cette fuite ne doit pas être confondue avec une évasion d’un établissement pénitentiaire.
Son engagement se poursuit ensuite dans les unités régulières des Forces françaises libres.
Retour à la vie civile et reconnaissance
Gilbert Chevillot ne connaît pas le retour à la vie civile après la guerre.
Il meurt en septembre 1944, alors qu’il est encore officier des Forces françaises libres.
Son engagement est reconnu par l’attribution de la croix de la Libération.
La biographie officielle indique un décret du 14 juillet 1944.
Toutefois, l’inventaire de son dossier individuel comporte une mention différente : décret du 14 juillet 1945, ampliation du 23 août 1945.
Cette divergence est particulièrement importante.
Selon la première date, Gilbert Chevillot aurait été nommé Compagnon de son vivant.
Selon la seconde, la nomination serait postérieure à son décès.
Il n’est pas possible de résoudre cette contradiction par la seule consultation des notices.
La date du 14 juillet 1944 est retenue provisoirement, puisqu’elle figure dans la notice biographique officielle et dans le répertoire des Compagnons.
L’examen du décret original conservé à l’Ordre de la Libération demeure nécessaire.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur — Grade confirmé par l’Ordre de la Libération. Décret de nomination et publication au Journal officiel non directement vérifiés.
Compagnon de la Libération — Décret du 14 juillet 1944, selon la biographie officielle et le répertoire des Compagnons — Dossier individuel 1 A 214 — Divergence avec l’inventaire archivistique, qui indique un décret du 14 juillet 1945 et une ampliation du 23 août 1945 — Publication au Journal officiel non établie. La nature posthume ou non de l’attribution demeure à vérifier.
Croix de guerre 1939-1945 avec palme — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Nombre total de citations non établi dans les sources consultées.
Médaille de la Résistance française — Aucune attribution nominative n’a été confirmée dans les documents examinés. Cette distinction ne doit pas être ajoutée sans justification institutionnelle.
Lieux de mémoire
Romainville — Seine-Saint-Denis. Commune natale de Gilbert Chevillot, le 12 juillet 1908.
Belfort — Territoire de Belfort. Région où il passe une partie de son enfance.
Lunéville — Meurthe-et-Moselle. Lieu de sa formation d’élève officier de réserve.
Saint-Avold — Moselle. Camp militaire où il poursuit cette formation.
Saint-Cyr-l’École — Yvelines. Centre de formation militaire où il est reçu en avril 1929.
Saint-Maixent-l’École — Deux-Sèvres. École militaire dont il sort major de la promotion « Faire Face ».
Ouagadougou — Burkina Faso. Lieu de son affectation au moment de la déclaration de guerre.
Gold Coast — actuel Ghana. Territoire britannique rejoint avec une partie de son unité en juillet 1940.
Bir Hakeim — Libye. Position défendue par la 1re Brigade française libre du 27 mai au 11 juin 1942.
El Alamein — Égypte. Théâtre des combats d’octobre 1942 auxquels il participe.
Hôpital Maillot — Alger. Lieu de son décès le 2 septembre 1944.
Cimetière de Saint-Eugène — Alger. Lieu de sa sépulture.
Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Conservation de son dossier individuel 1 A 214.
Références bibliographiques
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général consacré aux Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, éditions de 2010 et 2023, pagination individuelle non vérifiée. — Répertoire biographique des Compagnons.
Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination de la notice non vérifiée. — Publication mémorielle dont un extrait figure au dossier 1 A 214.
Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, p. 33. — Inventaire officiel décrivant le dossier de Gilbert Chevillot et révélant une divergence concernant la date de son décret de nomination.
Références internet
Ordre de la Libération — Gilbert CHEVILLOT — Biographie officielle, ralliement à la France libre, combats de Bir Hakeim, participation à El Alamein, décès et décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/gilbert-chevillot
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire de Roxane Ritter, dossier individuel 1 A 214 et divergence concernant le décret de nomination — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf
Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C — Identification de Gilbert Louis Henri Chevillot, né le 12 juillet 1908 à Romainville, dossier GR 16 P 127851 et homologation FFL — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf
Service historique de la Défense — Répertoire GR 8 Ye, lettres A à E — Dossier d’officier Gilbert Louis Henri Chevillot, cote GR 8 Ye 64831, confirmant les dates de naissance et de décès — https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2020-01/SHDGR_REP_8YE_A-E.pdf
Ordre de la Libération — Compagnons du BM 2 — Répertoire institutionnel des Compagnons ayant appartenu au Bataillon de marche n° 2 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/taxonomy/term/69461?page=1
Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2024 — Compte rendu d’une visite au cimetière Saint-Eugène d’Alger, mentionnant la sépulture de Gilbert Chevillot — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2024
Theatrum Belli — In memoriam : capitaine Gilbert Chevillot — Article commémoratif publié le 2 septembre 2026, reprenant les principales étapes de son parcours militaire — https://theatrum-belli.com/in-memoriam-capitaine-gilbert-chevillot-compagnon-de-la-liberation-decede-le-2-septembre-1944/
Dossier d’homologation
Service historique de la Défense — GR 16 P 127851
Le répertoire nominatif du SHD identifie :
CHEVILLOT Gilbert Louis Henri — né le 12 juillet 1908 à Romainville, Seine — GR 16 P 127851.
La colonne FFL comporte la mention « Homologué ».
Cette inscription confirme l’existence du dossier individuel et la reconnaissance administrative de son engagement dans les Forces françaises libres.
Le dossier original n’a pas été directement dépouillé.
La consultation du répertoire ne permet donc pas de préciser les périodes de service reconnues, les grades homologués ou toutes les pièces justificatives.
L’identification nominative est néanmoins certaine.
Il convient de distinguer Gilbert Louis Henri Chevillot des autres personnes portant le même patronyme dans le répertoire GR 16 P.
Dossier de carrière militaire
Service historique de la Défense — GR 8 Ye 64831
Le répertoire des dossiers d’officiers comporte l’entrée suivante :
CHEVILLOT Gilbert Louis Henri — capitaine — troupes de marine — né le 12 juillet 1908 — décédé le 2 septembre 1944 — GR 8 Ye 64831.
Cette référence constitue une confirmation particulièrement importante.
Elle permet de résoudre la divergence concernant le jour de naissance.
Elle confirme également son grade de capitaine et sa date de décès.
La consultation du dossier original pourrait apporter des informations complémentaires sur ses affectations, ses promotions, ses citations et sa maladie.
Il n’a pas été directement consulté.
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 214
L’inventaire officiel du 24 septembre 2025 identifie :
CHEVILLOT Gilbert — 1 A 214.
Il décrit les ensembles documentaires suivants.
Attribution de la croix de la Libération
Rapport du commissaire de guerre établi en 1944.
Ampliation datée du 23 août 1945, mentionnant un décret du 14 juillet 1945.
Reçu du diplôme de la croix de la Libération n° 689, daté de 1965.
La divergence avec le décret du 14 juillet 1944 mentionné dans la biographie institutionnelle constitue le principal point à vérifier.
Renseignements administratifs
Fiche de renseignements de la Société d’entraide des Compagnons de la Libération, datée de 1948.
Deux fiches de renseignements de la chancellerie de l’Ordre de la Libération, non datées.
Questionnaire destiné aux Compagnons et à leurs familles, non daté.
Correspondances
Quinze pièces échangées avec l’Ordre de la Libération.
La période indiquée dans l’inventaire est « 1950-19992 », transcription manifestement erronée.
Les dates exactes nécessitent une consultation des pièces originales.
Service historique de la Défense
Un courrier de 2007.
Copie d’un état des services non datée.
Archives du conseil municipal de Gannat
Copie d’un relevé des condamnations prononcées à la cour martiale de Gannat, pour la période 1941-1942.
Copie d’un extrait d’arrêt rendu par la cour d’appel de Riom en 1944.
Copie d’une lettre du receveur particulier des finances adressée au percepteur de Gannat, datée de 1945.
Ces documents sont classés dans le dossier de Gilbert Chevillot.
Toutefois, leur contenu n’a pas été examiné.
Il serait donc injustifié d’en déduire une condamnation ou une détention personnelle du Compagnon.
Travaux historiques
Extrait du Mémorial des Compagnons de la Libération, publié en 1961.
L’ensemble documentaire est décrit comme couvrant la période 1944-2007.
Ces renseignements proviennent de l’inventaire institutionnel et non du dépouillement des pièces originales.
Observations
Gilbert Chevillot appartient aux officiers des troupes coloniales qui refusent immédiatement l’armistice de juin 1940.
Son engagement présente une particularité essentielle.
Il ne se contente pas de rejoindre individuellement la France libre.
Il entraîne avec lui une partie importante de son unité, avec des armes, du matériel et des véhicules.
Cette initiative contribue concrètement au renforcement des premières forces gaullistes en Afrique.
Son parcours militaire est ensuite marqué par son appartenance au BM 2.
Pendant la bataille de Bir Hakeim, il exerce un commandement de première ligne.
Il défend son point d’appui et réussit à ramener la quasi-totalité de sa compagnie lors de la sortie de vive force.
Après Bir Hakeim, il participe à la bataille d’El Alamein comme officier d’état-major.
Sa carrière est ensuite interrompue par une maladie grave.
Il meurt à Alger le 2 septembre 1944, alors que la libération de la France est engagée.
Trois anomalies documentaires méritent d’être conservées.
La première concerne la date de naissance : 11 juillet 1908 dans l’en-tête de la biographie officielle, mais 12 juillet 1908 dans le corps de cette biographie et dans les deux répertoires du SHD.
La deuxième concerne la date du décret de la croix de la Libération : 14 juillet 1944 dans la biographie officielle, contre 14 juillet 1945 dans l’inventaire du dossier 1 A 214.
La troisième concerne une erreur figurant dans la lettre d’information de mai 2024 de l’Ordre de la Libération, qui situe son décès en 1942 au lieu de 1944.
La consultation de l’acte de naissance, du décret original et de son dossier de carrière permettrait de résoudre ou de documenter définitivement ces divergences.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité de Gilbert Louis Henri Chevillot, sa naissance le 12 juillet 1908 à Romainville, son décès le 2 septembre 1944 à Alger, son engagement dans la France libre en juillet 1940, son appartenance au BM 2, sa participation à Bir Hakeim et à El Alamein, ainsi que son grade de capitaine sont établis par des sources institutionnelles concordantes. Les dossiers 1 A 214, GR 16 P 127851 et GR 8 Ye 64831 sont identifiés. L’homologation FFL est confirmée. Une réserve importante concerne la date du décret de la croix de la Libération, contradictoire entre deux publications officielles. L’indice A porte donc sur la biographie militaire principale, non sur la date du décret encore à vérifier.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 12 juillet 1908 | Naissance à Romainville, Seine. |
| Enfance | Séjour dans la région de Belfort. |
| Novembre 1928 | Appelé au service militaire. |
| 1928-1929 | Formation d’élève officier de réserve à Lunéville et Saint-Avold. |
| Avril 1929 | Admission à la formation des officiers de réserve de Saint-Cyr. |
| Mai 1930 | Démobilisation comme sous-lieutenant de réserve. |
| Avril 1934 | Engagement volontaire dans l’infanterie coloniale comme sergent. |
| Septembre 1936 | Admission à l’École militaire de Saint-Maixent. |
| 1937 | Sort major de la promotion « Faire Face », avec le grade de sous-lieutenant. |
| Après 1937 | Affectation au 3e régiment d’infanterie coloniale. |
| Avril 1938 | Affectation au 4e RTS et départ pour l’Afrique occidentale française. |
| Septembre 1939 | Sert à Ouagadougou, en Haute-Volta. |
| Juin 1940 | Refuse l’armistice. |
| Juillet 1940 | Organise le ralliement d’une partie de son unité à la France libre. |
| Juillet 1940 | Passage en Gold Coast britannique avec des hommes, des armes et des véhicules. |
| 1941 | Participation aux campagnes du Moyen-Orient. |
| 1942 | Sert au BM 2 avec le grade de capitaine. |
| 27 mai-10 juin 1942 | Défense d’un point d’appui pendant la bataille de Bir Hakeim. |
| Nuit du 10 au 11 juin 1942 | Réussit à ramener la quasi-totalité de sa compagnie pendant la sortie de vive force. |
| Après juin 1942 | Affectation à l’état-major de la 1re Brigade française libre. |
| Octobre 1942 | Participation à la bataille d’El Alamein. |
| 1943-1944 | Maladie grave ; chronologie médicale et militaire à préciser. |
| 14 juillet 1944 | Décret de nomination comme Compagnon de la Libération selon la biographie officielle. |
| 2 septembre 1944 | Décès à l’hôpital Maillot d’Alger. |
| 14 juillet 1945 | Date contradictoire du décret figurant dans l’inventaire du dossier 1 A 214. |
| 23 août 1945 | Date de l’ampliation indiquée par le même inventaire. |
| Après septembre 1944 | Inhumation au cimetière de Saint-Eugène, à Alger. |
| 1965 | Reçu du diplôme de la croix de la Libération n° 689. |
Tableau des divergences entre sources
| Point examiné | Sources | Appréciation |
|---|---|---|
| Identité complète | Ordre de la Libération : Gilbert Chevillot ; SHD GR 16 P et GR 8 Ye : Gilbert Louis Henri Chevillot. | Gilbert Louis Henri retenu. |
| Date de naissance | En-tête ODL : 11 juillet 1908 ; corps de la biographie : 12 juillet ; SHD GR 16 P et GR 8 Ye : 12 juillet. | 12 juillet 1908 retenu. |
| Lieu de naissance | Ordre de la Libération et SHD : Romainville. | Concordance. |
| Pseudonyme | Ordre de la Libération : Lalance. | Confirmé. |
| Ralliement | Ordre de la Libération : juillet 1940, Haute-Volta vers Gold Coast. | Chronologie retenue. |
| Unité combattante | Ordre de la Libération : BM 2. | Confirmée. |
| Bir Hakeim | Ordre de la Libération : défense d’un point d’appui et sortie de juin 1942. | Confirmé. |
| El Alamein | Ordre de la Libération : octobre 1942, état-major de la 1re Brigade. | Confirmé. |
| Grade | Ordre de la Libération : capitaine ; SHD GR 8 Ye : capitaine. | Concordance. |
| Décret de la croix de la Libération | Biographie officielle : 14 juillet 1944 ; inventaire du dossier 1 A 214 : 14 juillet 1945. | Divergence majeure non résolue. |
| Attribution posthume | Dépend de la date exacte du décret. | Ne pas préciser sans contrôle du décret original. |
| Date de décès | Biographie officielle et SHD : 2 septembre 1944 ; lettre ODL de mai 2024 : 2 septembre 1942. | 2 septembre 1944 retenu. |
| Lieu de décès | Ordre de la Libération : hôpital Maillot, Alger. | Confirmé. |
| Sépulture | Ordre de la Libération : cimetière Saint-Eugène, Alger. | Confirmée. |
| Dossier de Compagnon | Ordre de la Libération : 1 A 214. | Cote confirmée. |
| Dossier d’homologation | SHD : GR 16 P 127851. | Cote confirmée ; homologation FFL. |
| Dossier d’officier | SHD : GR 8 Ye 64831. | Cote confirmée. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Gilbert CHEVILLOT — Biographie officielle, formation militaire, ralliement à la France libre, bataille de Bir Hakeim, participation à El Alamein et décès à Alger — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/gilbert-chevillot ; Ordre de la Libération — Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, inventaire de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, dossier individuel 1 A 214 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettre C, Gilbert Louis Henri CHEVILLOT, né le 12 juillet 1908 à Romainville, dossier GR 16 P 127851, homologation FFL — https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_C.pdf ; Service historique de la Défense — Répertoire GR 8 Ye, lettres A à E, dossier d’officier GR 8 Ye 64831, confirmation du grade de capitaine et des dates d’état civil — https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2020-01/SHDGR_REP_8YE_A-E.pdf ; Ordre de la Libération — Compagnons du Bataillon de marche n° 2, liste des militaires appartenant au BM 2 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/taxonomy/term/69461?page=1 ; Ordre de la Libération — Lettre d’information de mai 2024, visite au cimetière Saint-Eugène d’Alger et identification de la sépulture de Gilbert Chevillot — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-mai-2024 ; Theatrum Belli — Jean-Baptiste Tomachevsky, In memoriam : capitaine Gilbert Chevillot, Compagnon de la Libération, 2 septembre 2026 — https://theatrum-belli.com/in-memoriam-capitaine-gilbert-chevillot-compagnon-de-la-liberation-decede-le-2-septembre-1944/