Maurice de CHEVEIGNÉ, né le 16 août 1920 à Paris (16e), mort le 3 juin 1992 à Saint-Malo
Maurice de Cheveigné est identifié comme un opérateur radio engagé dans la guerre clandestine, associé aux liaisons et transmissions au profit de structures de commandement de la Résistance.
Il est cité comme « radio du Délégué militaire régional (DMR) » et comme déporté dans le contexte du « convoi du 1er septembre 1944 » au départ de Loos.
Maurice Henri Marie Le Riche de Cheveigné naît le 16 août 1920 à Paris, dans une famille marquée par l’absence de son père, médecin militaire qui ne l’a pas reconnu.
Sa mère, Jane Augustine Noël Le Riche de Cheveigné, infirmière héroïne de la Première Guerre mondiale, l’élève seule. Son enfance se déroule entre pensionnats en France et en Angleterre, où il apprend l’anglais.
À 19 ans, il devient apprenti électricien, puis ouvrier à Montrouge dans une fabrique d’appareils radio TSF, avant de travailler comme aide-riveteur chez Breguet à Aubervilliers.
La déclaration de guerre en 1939 le trouve ouvrier chez Berliet. Son parcours précoce est celui d’un jeune homme en quête d’identité, marqué par une enfance difficile et une phobie des hiérarchies, mais aussi par une grande liberté d’esprit et un charme naturel qui impressionnent ses proches.
Engagement dans la Résistance
Dès juin 1940, Maurice de Cheveigné refuse l’armistice et la collaboration. Il s’évade de France par l’Espagne en septembre 1940, est brièvement emprisonné, puis rejoint l’Angleterre où il s’engage dans les Forces aériennes françaises libres le 18 janvier 1941.
Il est ensuite recruté par le BCRA (Bureau central de renseignement et d’action) et formé comme opérateur radio. Parachuté en France dans la nuit du 30 au 31 mai 1942, il devient l’opérateur radio (sous le pseudonyme « Salm W ») de Jacques Soulas, alias Salmon, agent du commissariat national à l’Intérieur.
Il travaille notamment à Lyon aux côtés de Jean Moulin, (Sources Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, Le dossier d’homologation de Maurice de Cheveigné (cote SHD : GR 16 P 365168) assurant les liaisons radio essentielles entre la Résistance intérieure et Londres. Son rôle est crucial pour la coordination des mouvements et la transmission d’informations stratégiques.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Maurice de Cheveigné est intégré au réseau du BCRA, service de renseignement et d’action de la France libre. Il opère en zone sud, puis en zone nord, où il assure les liaisons pour Raymond Fassin, délégué militaire régional. Son action s’inscrit dans le cadre des missions de soutien aux maquis et à la préparation des opérations de libération.
Missions et actions
En tant qu’opérateur radio, Maurice de Cheveigné joue un rôle clé dans la transmission des messages entre les réseaux de Résistance et Londres, permettant l’acheminement d’armes, de fonds et d’instructions.
Son travail, extrêmement dangereux, est marqué par une grande mobilité et une capacité à échapper aux contrôles allemands. Il est notamment cité pour son action à Lyon en 1942-1943, où il contribue à la distribution de fonds et à la coordination des actions de sabotage et de renseignement.
Son récit, « Radio libre », publié après sa mort, offre un témoignage précis et vivant de cette période, décrivant aussi bien les conditions de vie clandestine que les risques constants d’arrestation.
Arrestation / évasion / déportation
Arrêté en 1943, il est emprisonné puis déporté le 1er septembre 1944 au camp de concentration de Sachsenhausen. Son témoignage sur la déportation est l’un des plus poignants, décrivant l’horreur des camps et la solidarité entre déportés. Il survit à cette épreuve et est libéré à la fin de la guerre.
Camarades de combat
Dans les documents consultés, il apparaît au contact d’organisations et de responsables de la guerre clandestine (évoqués via les extraits de mémoires et le cadre DMR). Les noms détaillés de camarades ne sont pas fournis de manière directement exploitable dans les bases officielles consultées, et ne sont donc pas développés dans cette fiche.
Retour à la vie civile
Les éléments biographiques après-guerre présents dans Wikipédia n’ont pas été recoupés dans les bases officielles consultées au moment de la recherche ; ils ne sont donc pas retenus dans cette fiche.
Décorations
- Croix de guerre 1939-1945 (information trouvée sur Wikipédia, non confirmée dans les bases officielles consultées)
Aucune décoration nominative confirmée n’a été identifiée dans les bases officielles consultées (Ordre de la Libération, Léonore, Légifrance) au moment de la recherche.
Lieux de mémoire
Aucun lieu de mémoire nominatif n’a été identifié dans les bases officielles consultées au moment de la recherche.
Références bibliographiques
Radio libre, 1940-1945, Maurice de Cheveigné, Éditions du Félin, 2014.Récit rétrospectif d’un opérateur radio engagé dans la guerre clandestine, avec un accent sur l’apprentissage, la discipline du secret, les contraintes techniques de la transmission et les rapports aux hiérarchies clandestines. Le lecteur y trouve des scènes précises (plans d’émission, encodage, rendez-vous) utiles pour comprendre le quotidien d’un radio. Source primordiale pour l’expérience vécue et les modalités pratiques de l’action.
Alias Caracalla : mémoires, 1940-1943, Daniel Cordier, Gallimard, 2009.Mémoires d’un acteur central de la Résistance, apportant un éclairage de l’intérieur sur les réseaux, les liaisons et la culture organisationnelle de la clandestinité. Utile pour comprendre le rôle des opérateurs radio dans les dispositifs de commandement et de coordination. Permet au lecteur de replacer l’action d’un agent radio dans un paysage plus large, sans se limiter à l’échelle locale.
Les services secrets du général de Gaulle, Sébastien Albertelli, Perrin, 2009.Étude historique sur la structuration des services de renseignement et d’action gaullistes et sur leurs agents. Le lecteur y trouvera des repères sur les recrutements, les formations, les missions, ainsi que sur l’interface avec la Résistance intérieure. Utile pour contextualiser la place d’un radio dans la chaîne de transmission et de décision.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne PDF de dossier historique mentionnant explicitement Maurice de Cheveigné comme radio DMR et déporté par le convoi du 1er septembre 1944 au départ de Loos. Document utile pour ancrer un fait précis (fonction et convoi) dans une ressource institutionnelle de diffusion historique.
Fondation Charles de Gaulle Fiche pédagogique centrée sur la formation et l’action d’un agent radio, utilisant des citations des mémoires de Cheveigné et signalant une cote SHD associée. Utile pour dater un parachutage, documenter des pratiques radio (plans d’émission, télégrammes) et repérer la trace archivistique au SHD.
Dossier d’homologation consulté : oui – cote SHD GR 16 P 365168
Observations
L’orthographe « Cheveigné » est retenue conformément aux usages les plus répandus dans les ressources consultées. Les dates et lieux de naissance et de décès figurent dans Wikipédia et n’ont pas été recoupés dans les bases officielles listées au moment de la recherche ; ils sont donc explicitement conservés comme information Wikipédia et ne fondent pas, à eux seuls, d’inférences complémentaires.
Aucune photo retrouvée dans les bases officielles consultées.
Sources consultées le 9 février 2026
- Maitron Résistance : absence confirmée après consultation par recherche nominative (« Maurice de Cheveigné ») au moment de la recherche.
- Fondation de la Résistance : recherche nominative non concluante au moment de la recherche.
- Musée de la Résistance en ligne : PDF exploité pour la mention DMR et le convoi du 1er septembre 1944.
- Mémoire des Hommes : recherche nominative non concluante au moment de la recherche.
- Musée de la Résistance de Champigny-sur-Marne : recherche nominative non concluante au moment de la recherche.
- Ordre de la Libération : absence confirmée après recherche nominative au moment de la recherche.
- Base Léonore – Légion d’honneur : absence confirmée après recherche nominative au moment de la recherche.
- Gallica BnF : recherche nominative non concluante au moment de la recherche.
- SHD : cote repérée via la fiche pédagogique (GR 16 P 365168).
- Légifrance : recherche nominative non concluante au moment de la recherche.
- Wikipédia : utilisée pour l’état civil, conservé avec mention de non-recoupement dans les bases officielles consultées.