Roger Edmond CECCALDI, dit « l’Artilleur de Koufra », né le 14 janvier 1913 à Chamberet (Corrèze), mort le 20 juin 2007 à Toulon (Var), français, officier d’artillerie coloniale, colonel, combattant des Forces françaises libres, ancien du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad, de la colonne Leclerc et de la 1re Division française libre, Compagnon de la Libération.
Jeunesse et formation
Roger Ceccaldi naît le 14 janvier 1913 à Chamberet, en Corrèze, où son père exerce alors les fonctions d’agent de l’administration des Finances.
Sa famille est originaire de Corse.
Il rejoint très jeune l’île, où il passe son enfance et une partie de son adolescence, notamment à Saint-Florent, en Haute-Corse.
Cette origine corse demeure un élément important de son identité familiale.
Son enfance se déroule pendant et après la Première Guerre mondiale, période durant laquelle la carrière militaire conserve un prestige considérable.
Roger Ceccaldi s’oriente rapidement vers l’armée.
1926 — École militaire préparatoire de Billom
Une étude historique publiée par l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire indique qu’il entre en 1926 à l’école militaire préparatoire de Billom, dans le Puy-de-Dôme.
Cette formation est destinée aux jeunes gens souhaitant poursuivre une carrière militaire.
Elle leur dispense une instruction générale associée à une préparation à la discipline et aux exigences du service.
Ceccaldi appartient ainsi à une génération d’officiers ayant commencé leur formation dans les écoles militaires préparatoires.
1931 — Engagement dans l’artillerie coloniale
À dix-huit ans, Roger Ceccaldi s’engage dans l’artillerie coloniale.
Il choisit une arme dont le fonctionnement exige de solides connaissances techniques.
L’artillerie doit assurer la préparation et l’appui des opérations d’infanterie.
Les personnels doivent maîtriser le calcul des éléments de tir, l’observation des objectifs, la transmission des ordres et l’entretien des matériels.
Cette spécialité convient au jeune militaire.
Il poursuit sa formation dans différentes écoles et unités.
1936 — École militaire d’artillerie de Poitiers
Pendant une affectation à Damas, au Levant, Roger Ceccaldi prépare le concours d’entrée à l’École militaire d’artillerie de Poitiers.
Il y est admis en 1936.
Cette réussite lui permet d’accéder à la formation des officiers.
L’enseignement porte notamment sur le commandement des batteries, les techniques de tir, l’observation et l’emploi tactique de l’artillerie.
Ceccaldi acquiert ainsi les compétences qui lui permettront, quelques années plus tard, d’utiliser avec efficacité des matériels parfois très limités dans les campagnes de la France libre.
1938 — Affectation au Tchad
En 1938, Roger Ceccaldi est affecté au régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST).
Il possède alors le grade de sous-lieutenant.
Il reçoit le commandement d’une section d’artillerie à Faya-Largeau, poste militaire isolé du nord du Tchad.
Cette affectation joue un rôle déterminant dans son parcours.
Le Tchad constitue un territoire immense, dont les communications sont difficiles.
Les unités doivent parcourir de grandes distances dans des régions désertiques ou semi-désertiques.
L’approvisionnement en eau, en carburant et en pièces mécaniques représente un problème permanent.
Les moyens de transport sont limités.
Les personnels doivent parfois utiliser plusieurs modes de déplacement pour rejoindre leur affectation.
Les travaux historiques consacrés aux hommes de Koufra rapportent que Roger Ceccaldi rejoint Faya-Largeau au terme d’un voyage particulièrement difficile, comprenant des déplacements en pirogue, à pied et à dos de chameau.
Il découvre ainsi les conditions particulières du service militaire saharien.
Il apprend à entretenir un matériel d’artillerie dans des conditions d’isolement et à organiser les déplacements de ses hommes sur de longues distances.
Cette expérience explique en partie son efficacité lors de l’expédition de Koufra.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Roger Ceccaldi est donc un jeune officier possédant une formation technique solide et une connaissance directe des contraintes du désert.
Engagement dans la France libre
Juin 1940 — La défaite française
Lorsque l’Allemagne lance son offensive contre la France, le 10 mai 1940, Roger Ceccaldi se trouve au Tchad.
Le territoire appartient à l’Afrique équatoriale française.
L’éloignement géographique des combats européens ne signifie pas que les militaires stationnés en Afrique échappent aux conséquences de la défaite.
La demande d’armistice du gouvernement Pétain les place devant une décision essentielle.
Ils doivent choisir entre l’obéissance aux nouvelles autorités françaises et la poursuite de la guerre aux côtés de la Grande-Bretagne.
Le général de Gaulle appelle à continuer le combat depuis Londres.
En Afrique équatoriale, plusieurs administrateurs et officiers souhaitent rejoindre la France libre.
Le Tchad joue un rôle particulièrement important dans ce processus.
26 août 1940 — Ralliement du Tchad
Le 26 août 1940, le Tchad se rallie au général de Gaulle.
Le ralliement intervient sous l’impulsion du gouverneur Félix Éboué et de plusieurs responsables militaires, notamment le colonel Marchand.
Cette décision possède une importance politique et stratégique majeure.
Le Tchad devient l’une des premières bases territoriales de la France libre.
Le territoire offre la possibilité de constituer des unités combattantes, de rassembler des volontaires et de préparer des opérations contre les possessions italiennes de Libye.
Le même jour, Roger Ceccaldi signe son engagement dans les Forces françaises libres.
Il conserve son affectation au RTST.
Son ralliement est donc établi à la date précise du 26 août 1940.
Il convient de ne pas confondre cette date avec le 18 juin 1940, parfois évoqué dans des récits rétrospectifs comme symbole général de son engagement.
L’acte individuel retenu par l’Ordre de la Libération est bien daté du 26 août 1940.
Ceccaldi rejoint ainsi les premiers militaires engagés dans la France libre en Afrique.
1940 — Préparation des opérations sahariennes
Le ralliement du Tchad permet au général de Gaulle d’envisager des opérations offensives contre les positions italiennes du Sahara libyen.
Le territoire constitue une base de départ relativement proche des garnisons italiennes du sud de la Libye.
Le colonel Philippe Leclerc de Hauteclocque reçoit des responsabilités importantes dans l’organisation des forces françaises libres de la région.
La préparation d’opérations sahariennes exige des moyens considérables.
Les distances sont importantes, les points d’eau rares et les pistes difficiles.
Les véhicules doivent transporter le carburant, les munitions, la nourriture et les réserves d’eau nécessaires à plusieurs jours de progression.
L’artillerie constitue également un problème.
Le matériel disponible est peu nombreux et souvent ancien.
Roger Ceccaldi va être chargé de participer à une opération dont le succès dépendra en partie de l’emploi efficace d’un unique canon.
Appartenance à une unité, un réseau ou un mouvement
Forces françaises libres (FFL)
Roger Ceccaldi signe son engagement le 26 août 1940, lors du ralliement du Tchad au général de Gaulle.
Il sert ensuite dans plusieurs formations combattantes de la France libre.
Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST)
Il appartient à cette unité dès 1938.
Il y commande une section d’artillerie stationnée à Faya-Largeau.
Il participe avec elle aux opérations de la colonne Leclerc.
Colonne Leclerc
Roger Ceccaldi appartient aux unités engagées dans l’expédition de Koufra en février-mars 1941.
Il assure l’emploi de la pièce d’artillerie de 75 mm dont dispose la colonne.
Brigade française libre du général Koenig
En 1942, il participe aux opérations de la brigade du général Pierre Koenig, notamment pendant la bataille de Bir Hakeim.
1er régiment d’artillerie (1er RA)
Pendant la bataille de Bir Hakeim, Roger Ceccaldi sert auprès de cette formation.
Il exerce d’abord des fonctions d’observateur, puis commande deux canons britanniques de 25 livres récupérés sur le champ de bataille.
1re Division française libre (1re DFL)
Après son évasion et son retour dans les lignes alliées, Roger Ceccaldi rejoint la 1re DFL en Tunisie.
Il participe avec elle aux campagnes d’Italie, de Provence, des Vosges, d’Alsace et des Alpes.
2e Brigade française libre
Il reçoit le commandement de la compagnie de canons de cette brigade après son retour de captivité.
1er régiment d’artillerie coloniale (1er RAC)
Cette formation figure parmi les unités d’appartenance mentionnées par l’Ordre de la Libération.
L’ensemble de son parcours relève de la Résistance extérieure et de la France libre combattante.
Aucune appartenance à un réseau clandestin de Résistance intérieure n’a été établie.
Missions et actions
Février 1941 — Expédition de Koufra
Au début de l’année 1941, les forces françaises libres stationnées au Tchad préparent une opération contre l’oasis de Koufra, en Libye.
Koufra constitue un point d’appui italien important dans le Sahara.
La garnison dispose notamment de positions défensives organisées autour du fort d’El Tag.
L’expédition est commandée par le colonel Leclerc.
Elle présente des difficultés logistiques considérables.
La distance entre les bases françaises du Tchad et l’objectif impose une progression à travers le désert.
Les forces engagées disposent de véhicules et de matériels en nombre limité.
Les possibilités de ravitaillement sont réduites.
L’un des principaux problèmes concerne l’artillerie.
La colonne ne dispose que d’une seule pièce capable d’assurer un appui efficace contre les positions italiennes.
Il s’agit d’un canon de montagne de 75 mm.
Roger Ceccaldi est l’officier chargé de son emploi.
Il dirige le détachement d’artillerie qui accompagne la colonne.
Février-mars 1941 — L’artilleur de Koufra
Pendant les opérations contre Koufra, Roger Ceccaldi doit exploiter au maximum les possibilités de son unique canon.
L’importance de cette pièce dépasse largement sa puissance matérielle.
Elle permet aux assaillants de soumettre les positions italiennes à un feu régulier.
Elle contribue également à exercer une pression psychologique sur les défenseurs.
La conduite du tir exige une économie rigoureuse des munitions.
Les déplacements de la pièce doivent être adaptés au terrain et à la situation tactique.
L’approvisionnement en obus constitue une difficulté permanente.
Roger Ceccaldi utilise son expérience de l’artillerie saharienne pour maintenir sa pièce en état de fonctionner.
Son efficacité lui vaut le surnom d’« Artilleur de Koufra ».
Ce surnom restera attaché à sa personne pendant toute sa carrière.
Il traduit le rôle exceptionnel joué par un matériel pourtant très limité.
1er mars 1941 — Prise de Koufra
Le 1er mars 1941, la garnison italienne de Koufra capitule.
La victoire possède une importance considérable pour la France libre.
Elle constitue l’un des premiers succès militaires obtenus par les forces terrestres du général de Gaulle.
Elle démontre leur capacité à conduire une opération offensive contre une position ennemie éloignée.
Leclerc prononce ensuite le célèbre serment de Koufra, engageant ses hommes à poursuivre la lutte jusqu’à la libération de Strasbourg.
Roger Ceccaldi appartient aux combattants présents lors de cette victoire fondatrice.
Son rôle est précisément identifié : il commande l’artillerie de la colonne.
Il convient toutefois de ne pas présenter la conquête de Koufra comme le résultat exclusif de son canon.
Le succès dépend de l’ensemble des unités engagées, de la préparation logistique et du commandement de Leclerc.
La contribution de Ceccaldi constitue néanmoins l’un des éléments tactiques les plus remarquables de l’opération.
Albert GRAND, chef de la seule pièce d’artillerie de la colonne, sert sous ses ordres.
Les deux hommes appartiennent aux Compagnons de la Libération ayant participé à cette campagne.
La notice officielle d’Albert Grand confirme expressément son rôle de chef de pièce sous le commandement du lieutenant Roger Ceccaldi.
1941-1942 — Fezzan et Libye
Après Koufra, Roger Ceccaldi poursuit les opérations avec les forces françaises libres engagées dans les régions sahariennes.
Il participe notamment aux campagnes du Fezzan et de Libye.
Ces opérations s’inscrivent dans la stratégie développée par Leclerc pour maintenir une pression militaire sur les positions italiennes.
Le Fezzan constitue une région désertique du sud-ouest de la Libye.
Les déplacements y sont difficiles et les possibilités d’appui logistique limitées.
Les unités françaises libres doivent faire preuve d’une grande mobilité.
Elles cherchent à exploiter leur connaissance du terrain et les possibilités offertes par les véhicules automobiles.
Roger Ceccaldi apporte à ces opérations son expérience acquise à Faya-Largeau et pendant la campagne de Koufra.
1942 — Formation à l’emploi du canon britannique de 25 livres
Au début de 1942, Leclerc charge Roger Ceccaldi d’étudier le fonctionnement des canons britanniques de 25 livres.
Ces pièces doivent permettre de renforcer l’artillerie des formations françaises libres.
Le canon britannique de 25 livres est un matériel polyvalent.
Il peut être utilisé pour les tirs d’appui et les tirs indirects.
Sa portée et ses caractéristiques lui permettent de répondre à plusieurs besoins tactiques de la guerre du désert.
La brigade du général Koenig ne disposant pas encore de ce matériel, Ceccaldi effectue un stage auprès du 4th Royal Horse Artillery, formation de la VIIIe armée britannique.
Cette affectation est importante.
Elle lui permet d’acquérir une connaissance pratique d’un canon qui jouera un rôle déterminant quelques semaines plus tard.
Lorsque son stage s’achève, Roger Ceccaldi doit normalement retourner au Tchad.
Cependant, le commandant de l’artillerie française libre lui demande de demeurer sur place.
Une offensive ennemie paraît imminente.
Ceccaldi est donc retenu à Bir Hakeim, où il participera à l’ensemble de la bataille.
27 mai – 11 juin 1942 — Bataille de Bir Hakeim
La bataille de Bir Hakeim constitue l’un des épisodes les plus importants de la carrière militaire de Roger Ceccaldi.
La position est défendue par la 1re Brigade française libre commandée par le général Pierre Koenig.
Elle se trouve en Libye, au sud du dispositif allié de Gazala.
Les forces allemandes et italiennes cherchent à rompre les positions britanniques afin de progresser vers l’Égypte.
La défense de Bir Hakeim contribue à ralentir leur offensive.
Pendant plusieurs jours, les Français libres résistent à des attaques terrestres et aériennes répétées.
La position subit de violents bombardements.
Les défenseurs doivent faire face à une importante supériorité matérielle ennemie.
Les premières fonctions de Ceccaldi
Au début de la bataille, Roger Ceccaldi exerce des fonctions d’observateur auprès de l’artillerie.
Cette activité consiste à identifier les objectifs, observer les mouvements adverses et contribuer à la conduite des tirs.
Elle demande une connaissance précise des possibilités des pièces disponibles.
Récupération de canons britanniques
Au cours des combats, plusieurs canons britanniques de 25 livres sont récupérés sur une brigade indienne détruite ou dispersée.
Les Français libres entreprennent de les remettre en état.
Trois pièces sont ramenées à Bir Hakeim.
L’une d’elles sert à fournir des éléments mécaniques permettant de rendre les deux autres utilisables.
Roger Ceccaldi reçoit le commandement de ces deux canons.
Cette situation constitue un exemple remarquable de récupération et de réemploi de matériel.
Elle témoigne des capacités d’adaptation des défenseurs de Bir Hakeim.
Les pièces britanniques offrent des possibilités de tir complémentaires à celles de l’artillerie française.
Grâce à sa formation récente auprès des artilleurs britanniques, Ceccaldi peut les employer efficacement.
Selon la notice officielle de l’Ordre de la Libération, ses canons sont mentionnés seize fois dans le journal de marche du 1er régiment d’artillerie pendant la bataille.
Ce chiffre constitue un indicateur de leur activité.
Il ne représente toutefois ni un nombre de victoires individuelles ni un bilan précis des objectifs détruits.
L’étude des mentions originales du journal de marche serait nécessaire pour détailler les missions effectuées.
6 juin 1942 — Blessure
Le 6 juin 1942, Roger Ceccaldi est blessé à la jambe par un éclat de bombe.
Sa blessure intervient alors que la position française subit des attaques particulièrement violentes.
Il demeure à Bir Hakeim.
Son état physique limite désormais ses possibilités de déplacement.
La garnison poursuit sa résistance pendant plusieurs jours.
Nuit du 10 au 11 juin 1942 — Sortie de Bir Hakeim
Face à l’épuisement des moyens et à la situation militaire, le commandement français décide d’évacuer la position.
Les défenseurs tentent une sortie dans la nuit du 10 au 11 juin.
Cette opération doit permettre de rejoindre les lignes alliées.
Roger Ceccaldi ne participe pas à la sortie.
Selon son témoignage repris par l’Ordre de la Libération, il n’a pas été informé de l’opération.
Le commandant du 1er régiment d’artillerie lui expliquera ultérieurement que les impératifs de sécurité des communications ne lui avaient pas permis de le prévenir.
Cette circonstance est importante.
Ceccaldi ne choisit pas de demeurer dans la position : il est laissé sur place dans un contexte de communications et d’évacuation particulièrement difficile.
Il tombe aux mains des forces allemandes.
Son engagement dans la bataille prend donc fin par la captivité.
Juin 1942 — Prisonnier de guerre
Roger Ceccaldi est fait prisonnier après l’évacuation de Bir Hakeim.
Les Allemands ont initialement tendance à considérer certains Français libres comme des militaires ayant rompu leurs obligations envers le gouvernement de Vichy.
Cette situation soulève la question de leur traitement juridique.
Le général de Gaulle et Winston Churchill interviennent afin que les prisonniers français libres soient traités conformément aux règles applicables aux prisonniers de guerre.
Les autorités alliées font notamment valoir qu’elles détiennent elles-mêmes des prisonniers allemands et italiens.
Roger Ceccaldi est finalement reconnu comme prisonnier de guerre.
Il est transféré en Italie.
1942-1943 — Camp de Sulmona
Roger Ceccaldi est interné au camp de Sulmona, dans les Abruzzes.
Cette région montagneuse se trouve au centre de l’Italie.
Les prisonniers alliés y sont détenus par les autorités italiennes.
Ceccaldi demeure en captivité pendant plus d’un an.
Cette période représente une interruption importante de son parcours militaire.
Il ne renonce cependant pas à rejoindre les forces alliées.
Il prépare son évasion avec plusieurs camarades.
12 septembre 1943 — Évasion
Le 12 septembre 1943, Roger Ceccaldi s’évade avec Robert Saunal et William Tardrew.
L’évasion intervient quelques jours après l’annonce de l’armistice italien du 8 septembre.
La situation politique et militaire italienne connaît alors une désorganisation considérable.
Les forces allemandes cherchent à occuper les territoires et à contrôler les prisonniers alliés.
De nombreux militaires détenus dans les camps italiens tentent de s’échapper.
Les fugitifs doivent éviter les patrouilles allemandes et traverser des régions montagneuses difficiles.
Roger Ceccaldi et ses compagnons entreprennent une longue marche.
Ils bénéficient de l’aide de civils italiens.
Leur progression est ralentie par le relief, les conditions météorologiques et les risques de capture.
La durée de cette fuite constitue l’un des épisodes les plus remarquables de son parcours.
4 décembre 1943 — Retour dans les lignes alliées
Le 4 décembre 1943, après 83 jours de fuite, Roger Ceccaldi et ses compagnons parviennent à rejoindre une unité néo-zélandaise.
Il s’agit d’une formation de pontonniers opérant sur le Sangro, dans le secteur d’Archi.
Un guide italien bénévole facilite leur passage.
Les trois hommes retrouvent ainsi les forces alliées.
Ils sont évacués vers l’arrière.
Ils reçoivent des soins médicaux puis rejoignent Naples.
Roger Ceccaldi cherche alors à reprendre le combat.
Son objectif initial est de retrouver les forces de Leclerc.
Cependant, la 2e Division blindée se constitue au Maroc.
Les difficultés de transport l’empêchent de rejoindre directement cette formation.
Il embarque à bord d’un Liberty ship britannique.
Le bâtiment le conduit à Bizerte, en Tunisie.
Il gagne ensuite Tunis, où la 1re Division française libre se réorganise.
Son retour représente une étape décisive.
Après dix-huit mois d’absence des unités combattantes, il est de nouveau disponible pour servir dans les forces françaises engagées contre l’Allemagne.
Fin 1943 — Retour à la 1re Division française libre
En Tunisie, Roger Ceccaldi rencontre le colonel Jean Garbay.
Celui-ci lui propose le commandement de la compagnie de canons de la 2e Brigade.
Ceccaldi accepte.
Il retrouve ainsi une fonction correspondant à sa spécialité.
La compagnie de canons constitue un élément important de l’appui direct de l’infanterie.
Elle doit assurer des tirs contre les positions ennemies, les armes automatiques et certains objectifs qui empêchent la progression des unités.
Roger Ceccaldi retrouve un commandement opérationnel.
Une erreur administrative concernant son décès
À son retour, Roger Ceccaldi apprend qu’il a été déclaré mort le 11 juin 1942, à la suite des événements de Bir Hakeim.
Cette déclaration repose sur le témoignage d’un officier ayant participé à la bataille.
L’administration militaire le considère donc comme décédé depuis près d’un an et demi.
Il découvre également qu’il avait été nommé capitaine avec effet au 25 mars 1942.
Cette situation illustre les difficultés rencontrées pour établir le sort des combattants disparus lors des opérations de 1942.
Les prisonniers n’ont pas toujours pu faire connaître leur situation aux autorités françaises libres.
Les informations parvenant aux bureaux militaires sont souvent fragmentaires.
La réapparition de Roger Ceccaldi impose donc une régularisation administrative.
Elle constitue un épisode particulièrement singulier de son parcours.
Mai-juin 1944 — Campagne d’Italie
Roger Ceccaldi participe à la campagne d’Italie avec la 1re Division française libre.
Cette formation appartient au Corps expéditionnaire français commandé par le général Alphonse Juin.
Il dirige une compagnie de canons d’infanterie.
Son unité doit appuyer les attaques des formations françaises contre les positions allemandes.
L’offensive alliée du Garigliano commence dans la nuit du 11 au 12 mai 1944.
Elle vise à rompre les défenses ennemies établies au sud de Rome.
Le terrain montagneux favorise la défense allemande.
Les unités françaises doivent progresser contre des positions organisées, souvent protégées par des ouvrages et des champs de mines.
L’appui des canons d’infanterie joue un rôle important dans la réduction de ces résistances.
12 mai – 15 juin 1944 — Combats du Garigliano
Selon l’Ordre de la Libération, Roger Ceccaldi participe aux opérations du 12 mai au 15 juin 1944.
Il se distingue par sa capacité à rapprocher les canons des unités d’infanterie qu’il doit soutenir.
La proposition de citation conservée dans son dossier de Compagnon souligne particulièrement son engagement pendant cette campagne.
Elle mentionne son activité à la tête d’une compagnie de canons et la qualité de son appui aux unités combattantes.
Ces opérations constituent un épisode particulièrement important pour sa nomination ultérieure comme Compagnon de la Libération.
Elles montrent que son engagement ne se limite pas aux premières campagnes africaines.
Après avoir connu la captivité et une longue évasion, il retrouve une place opérationnelle dans les combats de la Libération.
Août 1944 — Débarquement de Provence
Après la campagne d’Italie, Roger Ceccaldi participe au retour des forces françaises sur le territoire national.
La 1re Division française libre est engagée dans les opérations du débarquement de Provence.
L’offensive alliée commence le 15 août 1944.
Elle permet aux forces françaises et américaines de prendre pied sur les côtes méditerranéennes.
Roger Ceccaldi appartient aux unités de l’Armée B commandée par le général Jean de Lattre de Tassigny.
Il participe avec sa compagnie à la progression des forces françaises.
Août-septembre 1944 — Libération de la France
Après le débarquement, les forces alliées progressent rapidement.
Les unités françaises participent à la libération de Toulon, puis remontent vers la vallée du Rhône.
Roger Ceccaldi poursuit les opérations avec sa compagnie de canons.
Son unité intervient dans le soutien des formations d’infanterie.
Elle doit s’adapter aux combats menés successivement en terrain côtier, urbain et montagneux.
La progression conduit les forces françaises vers Lyon, puis vers les régions de l’Est.
Cette campagne représente pour Roger Ceccaldi le retour sur le territoire national après quatre années de guerre menées principalement en Afrique et au Moyen-Orient.
Automne 1944 — Belfort et Vosges
À l’automne 1944, la progression alliée devient plus difficile.
Les forces allemandes se réorganisent sur plusieurs lignes défensives.
Le relief des Vosges et les conditions météorologiques compliquent les opérations.
Roger Ceccaldi participe aux combats dans les secteurs de Belfort et des Vosges.
L’artillerie d’infanterie doit pouvoir suivre la progression des troupes et intervenir rapidement contre les positions allemandes.
Les déplacements des canons deviennent parfois difficiles.
Les routes sont endommagées et les mouvements soumis aux tirs adverses.
L’expérience acquise par Ceccaldi dans les campagnes précédentes constitue un avantage important.
Hiver 1944-1945 — Campagne d’Alsace
La 1re Division française libre participe aux opérations d’Alsace.
Les forces allemandes opposent une résistance particulièrement importante.
Les combats se déroulent notamment dans les secteurs de l’Ill et du Rhin.
Roger Ceccaldi utilise ses canons pour faire face aux contre-attaques ennemies.
La notice de l’Ordre de la Libération souligne particulièrement l’efficacité de son unité sur les bords de l’Ill.
Les opérations nécessitent des tirs d’appui précis et rapides.
L’artillerie doit contribuer à empêcher les forces allemandes de reprendre les positions conquises.
La campagne d’Alsace se déroule pendant un hiver très rigoureux.
Le froid, l’humidité et les difficultés de déplacement constituent des obstacles permanents.
Roger Ceccaldi poursuit néanmoins son commandement.
Printemps 1945 — Campagne des Alpes
Au printemps 1945, la 1re Division française libre est engagée sur le front des Alpes.
Roger Ceccaldi participe aux dernières opérations menées contre les positions ennemies.
Ces combats interviennent alors que la défaite allemande devient inévitable.
Les forces françaises doivent cependant réduire plusieurs points d’appui.
Les opérations alpines exigent une nouvelle adaptation de l’artillerie.
Le terrain montagneux limite les mouvements et complique les observations.
Le matériel doit être transporté sur des itinéraires parfois difficiles.
Roger Ceccaldi retrouve ainsi des conditions qui rappellent, sous certains aspects, son expérience du canon de montagne à Koufra.
8 mai 1945 — Fin de la guerre
Roger Ceccaldi termine la Seconde Guerre mondiale sur le front des Alpes.
Le 8 mai 1945, il se trouve au repos à Cannes avec son unité.
Selon la notice de l’Ordre de la Libération, ses canons annoncent la fin des combats.
Cette circonstance donne une dimension symbolique à la fin de son parcours de guerre.
Quatre ans auparavant, il avait participé à la prise de Koufra avec un unique canon de 75 mm.
En mai 1945, il commande une compagnie d’artillerie ayant participé aux campagnes d’Italie et de France.
18 juin 1945 — Remise de la croix de la Libération
Le 18 juin 1945, sa compagnie participe au défilé organisé sur les Champs-Élysées, à Paris.
Le général de Gaulle remet personnellement à Roger Ceccaldi la croix de la Libération.
Le décret d’attribution est daté du 24 mars 1945.
L’inventaire de son dossier individuel conserve une ampliation du décret du 25 mars 1945.
La distinction reconnaît l’ensemble de son engagement depuis le ralliement du Tchad.
Elle récompense notamment ses services à Koufra, à Bir Hakeim et pendant la campagne d’Italie.
Roger Ceccaldi appartient aux Compagnons de la Libération ayant participé à plusieurs des campagnes les plus emblématiques de la France libre.
Arrestation, évasion et déportation
Roger Ceccaldi connaît une période de captivité relativement longue.
11 juin 1942 — Capture à Bir Hakeim. Blessé depuis le 6 juin, il ne participe pas à la sortie organisée par les défenseurs de la position et tombe aux mains des forces allemandes.
1942 — Reconnaissance comme prisonnier de guerre. Après les interventions des autorités alliées, il bénéficie du statut de prisonnier de guerre.
1942-1943 — Internement à Sulmona. Il est transféré en Italie et détenu dans un camp des Abruzzes.
12 septembre 1943 — Évasion. Il quitte le camp avec Robert Saunal et William Tardrew.
Septembre-décembre 1943 — Fuite en Italie. Les trois hommes traversent une partie de l’Italie en évitant les forces allemandes et en bénéficiant de l’aide de civils italiens.
4 décembre 1943 — Retour aux lignes alliées. Ils rejoignent les forces néo-zélandaises sur le Sangro, dans le secteur d’Archi.
Décembre 1943 — Retour au combat. Après un passage par Naples et Bizerte, Roger Ceccaldi retrouve la 1re Division française libre en Tunisie.
Il n’a pas été déporté dans un camp de concentration allemand.
Sa captivité relève du statut de prisonnier de guerre, même si les circonstances de sa capture ont initialement soulevé des difficultés concernant la reconnaissance de ce statut.
Son évasion représente un fait important de sa carrière militaire et justifie notamment l’attribution de la Médaille des évadés.
Camarades de combat
Philippe LECLERC de HAUTECLOCQUE — Chef des forces françaises libres du Tchad, il commande l’expédition de Koufra en 1941. Roger Ceccaldi sert sous ses ordres et dirige la pièce d’artillerie de la colonne.
Félix ÉBOUÉ — Gouverneur du Tchad, il joue un rôle déterminant dans le ralliement du territoire à la France libre le 26 août 1940. Roger Ceccaldi signe son engagement le même jour.
Albert GRAND — Sous-officier du RTST et Compagnon de la Libération. Il commande matériellement la seule pièce d’artillerie de la colonne Leclerc pendant la campagne de Koufra, sous les ordres du lieutenant Ceccaldi. Leur collaboration est expressément confirmée par l’Ordre de la Libération.
Pierre KOENIG — Général commandant la 1re Brigade française libre à Bir Hakeim. Roger Ceccaldi participe à la défense de la position sous son commandement général.
Jean GARBAY — Officier supérieur de la France libre et commandant de la 2e Brigade. Après son évasion, il propose à Roger Ceccaldi le commandement de la compagnie de canons de sa brigade.
Robert SAUNAL — Compagnon de captivité de Roger Ceccaldi. Il participe avec lui à l’évasion du 12 septembre 1943 et à la traversée de l’Italie jusqu’aux lignes alliées.
William TARDREW — Compagnon d’évasion de Roger Ceccaldi et Robert Saunal. Les trois hommes rejoignent ensemble les forces néo-zélandaises le 4 décembre 1943.
Alphonse JUIN — Général commandant le Corps expéditionnaire français en Italie. Roger Ceccaldi participe sous son commandement général à la campagne du Garigliano, en mai-juin 1944.
Jean de LATTRE de TASSIGNY — Général commandant l’Armée B, puis la 1re Armée française. Roger Ceccaldi participe avec la 1re DFL au débarquement de Provence et aux opérations de libération du territoire français.
Charles de GAULLE — Chef de la France libre. Roger Ceccaldi reconnaît son autorité dès le 26 août 1940 et reçoit personnellement de ses mains la croix de la Libération le 18 juin 1945.
Ces relations correspondent à des fonctions distinctes : camarades directs de combat, compagnons d’évasion et chefs militaires successifs.
Retour à la vie civile et carrière d’après-guerre
1946 — Chef d’escadron
Après la victoire de 1945, Roger Ceccaldi poursuit sa carrière militaire.
En 1946, il possède le grade de chef d’escadron.
Il sert à l’état-major de Toulouse, au Groupement d’infanterie n° 6.
Cette affectation lui permet de retrouver des fonctions d’organisation et de commandement dans l’armée française réorganisée après la guerre.
Affectations outre-mer
Roger Ceccaldi reçoit ensuite plusieurs affectations dans les territoires français d’outre-mer.
Il sert notamment en Côte-d’Ivoire.
Il participe ensuite aux opérations d’Indochine.
Il commande un groupe d’artillerie au sein du Groupement d’artillerie coloniale d’Afrique occidentale française, désigné GACAOF dans la notice institutionnelle.
Pendant son service en Indochine, il reçoit trois citations militaires.
Ces distinctions confirment sa participation aux opérations.
Les dates exactes de ses affectations et les textes des citations devraient être vérifiés dans son état des services.
Il exerce ensuite un commandement en Allemagne, au 8e régiment d’artillerie coloniale.
Il est également affecté à l’état-major de la subdivision de Tananarive, à Madagascar.
Ces affectations témoignent d’une carrière particulièrement mobile.
Elles s’inscrivent dans les engagements militaires français de l’après-guerre, notamment dans les territoires coloniaux.
Guerre d’Algérie
Pendant la guerre d’Algérie, Roger Ceccaldi est affecté à la 10e Division parachutiste.
Il possède le grade de colonel.
Il exerce des responsabilités d’adjoint au commandement et participe à la direction de l’artillerie divisionnaire.
Ces fonctions le placent dans l’environnement immédiat des responsables militaires engagés dans les opérations d’Algérie.
Cette dernière période de sa carrière aboutira à une rupture particulièrement importante en 1961.
Avril 1961 — Participation au putsch des généraux
Le 21 avril 1961, plusieurs généraux déclenchent à Alger une tentative de coup de force contre les autorités de la République française.
Cette action vise notamment à empêcher la politique du général de Gaulle concernant l’avenir de l’Algérie.
Le putsch échoue.
Roger Ceccaldi se trouve alors dans la région de Djidjelli, aujourd’hui Jijel.
Selon le compte rendu judiciaire publié par Le Monde, il exerce temporairement le commandement de la 10e Division parachutiste en l’absence du général Saint-Hillier.
Il décide de se rallier aux officiers impliqués dans le putsch.
Cette décision constitue une rupture avec la discipline militaire et les autorités légalement constituées.
Elle doit être distinguée de son engagement dans la France libre en 1940 : les deux événements interviennent dans des contextes politiques, juridiques et militaires profondément différents.
5 juillet 1961 — Condamnation
Roger Ceccaldi comparaît devant le Haut Tribunal militaire.
Le tribunal examine sa participation aux événements d’avril 1961.
Il est condamné à cinq ans de prison avec sursis.
Le compte rendu publié par Le Monde le 7 juillet 1961 permet de documenter cette procédure.
Il rapporte notamment les fonctions de Ceccaldi pendant les journées du putsch et les éléments examinés à l’audience.
La condamnation constitue un événement majeur de la dernière période de sa carrière militaire.
Elle ne doit pas être passée sous silence dans une notice biographique complète.
1962 — Radiation des cadres de l’armée
En 1962, Roger Ceccaldi est rayé des cadres de l’armée.
La notice de l’Ordre de la Libération confirme cette date, mais ne développe pas les circonstances judiciaires qui précèdent la radiation.
Le rapprochement avec les archives de presse permet d’établir le contexte de cette décision.
Il convient cependant de distinguer le jugement de juillet 1961 de la décision administrative de radiation de 1962.
Ce sont deux actes différents.
La documentation directement consultée ne permet pas de préciser l’intégralité de la procédure administrative.
Après 1962 — Activités professionnelles civiles
Après son départ de l’armée, Roger Ceccaldi travaille dans le secteur privé.
Les sources institutionnelles ne précisent pas la nature de ses fonctions ni les entreprises qui l’emploient.
Il poursuit sa vie civile pendant plusieurs décennies.
Son parcours militaire demeure associé à la mémoire de Koufra, de Bir Hakeim et de la 1re Division française libre.
Il participe à des activités mémorielles et conserve des liens avec les anciens combattants.
2002 — Grand officier de la Légion d’honneur
Le 28 novembre 2002, Roger Ceccaldi est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.
Le décret est publié au Journal officiel du 30 novembre 2002, numéro 279, texte n° 2.
Le texte officiel précise :
CECCALDI Roger Edmond, né le 14 janvier 1913, colonel des troupes de marine.
Il indique également que l’intéressé avait été nommé commandeur de la Légion d’honneur le 28 avril 1979.
Cette source constitue une confirmation primaire particulièrement importante de son identité complète et de son dernier grade.
Elle permet également de préciser les dates administratives de deux étapes majeures de sa progression dans la Légion d’honneur.
20 juin 2007 — Décès à Toulon
Roger Ceccaldi meurt le 20 juin 2007 à Toulon.
Il est âgé de quatre-vingt-quatorze ans.
Sa disparition est annoncée par l’Ordre de la Libération et plusieurs associations d’anciens militaires.
Le dossier individuel de l’Ordre conserve notamment une fiche de disparition datée du 22 juin 2007, un avis de décès publié dans Le Figaro et plusieurs correspondances.
Des hommages rappellent son rôle pendant les campagnes de Koufra, de Bir Hakeim et de la Libération.
Sa vie témoigne d’une carrière militaire très longue, marquée par des engagements exceptionnels pendant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi par les conflits et les crises politiques de l’après-guerre.
Décorations
Grand officier de la Légion d’honneur — Décret du 28 novembre 2002 — Journal officiel du 30 novembre 2002, n° 279, texte n° 2 — Précédemment commandeur depuis le 28 avril 1979 — Source : Légifrance, texte officiel JORFTEXT000000417054.
Compagnon de la Libération — Décret du 24 mars 1945 — Attribution du vivant de l’intéressé — Ampliation du décret datée du 25 mars 1945 — Dossier individuel 1 A 190 — Source : Ordre de la Libération. La date précise de publication au Journal officiel reste à établir.
Croix de guerre 1939-1945 — Deux citations — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Les textes individuels des citations n’ont pas été directement examinés.
Croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs — Trois citations — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Les citations sont à rapprocher notamment de ses services en Indochine, sans attribution détaillée d’un fait d’armes particulier en l’absence des textes originaux.
Croix de la Valeur militaire — Deux citations — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Dates et textes des citations non directement vérifiés.rés
Médaille de la Résistance française — Décret du 31 mars 1947 — Journal officiel du 29 janvier 1948 — Attribution du vivant de l’intéressé — Dossier individuel 1 O 11787 — Source : Ordre de la Libération, base officielle des médaillés de la Résistance française. Aucune rosette n’est mentionnée sur sa fiche.
Médaille des évadés — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération. Elle est à rapprocher de son évasion du camp de Sulmona, le 12 septembre 1943. Le décret ou la décision individuelle d’attribution n’a pas été directement retrouvé.
Médaille coloniale avec agrafe Koufra — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille coloniale avec agrafe Fezzan — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille coloniale avec agrafe Bir Hakeim — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Médaille coloniale avec agrafe Libye — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération.
Croix du combattant volontaire 1939-1945 — Attribution confirmée par l’Ordre de la Libération.
Chevalier de l’ordre de l’Étoile noire — Bénin — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Une documentation secondaire signale un décret du 2 octobre 1946, non directement contrôlé.
Commandeur de l’ordre de l’Étoile d’Anjouan — Comores — Distinction confirmée par l’Ordre de la Libération. Une documentation secondaire signale un décret du 28 juillet 1958, non directement contrôlé.
Observations relatives aux décorations
Les trois distinctions dont les références administratives sont les plus précisément établies sont la Légion d’honneur, la croix de la Libération et la Médaille de la Résistance française.
Pour la Légion d’honneur, le décret du 28 novembre 2002 a été directement identifié sur Légifrance.
Pour la croix de la Libération, le décret du 24 mars 1945 est confirmé par la notice institutionnelle et par l’inventaire du dossier individuel 1 A 190.
Pour la Médaille de la Résistance française, la fiche nominative officielle permet de confirmer à la fois le décret du 31 mars 1947, le Journal officiel du 29 janvier 1948 et la cote 1 O 11787.
Les autres décorations sont confirmées par l’Ordre de la Libération, mais toutes leurs décisions d’attribution n’ont pas été directement examinées.
La croix de guerre 1939-1945 et la croix de guerre des théâtres d’opérations extérieurs correspondent à des engagements militaires distincts.
Il convient également de ne pas confondre les quatre agrafes de la Médaille coloniale avec quatre décorations indépendantes : elles correspondent à des mentions de campagnes portées sur une même médaille.
Enfin, la décoration de grand officier de la Légion d’honneur, attribuée en 2002, doit être distinguée des distinctions obtenues pendant la Seconde Guerre mondiale.
Lieux de mémoire
Chamberet — Corrèze. Commune natale de Roger Ceccaldi, le 14 janvier 1913.
Saint-Florent — Haute-Corse. Ville de son enfance et de son adolescence.
Billom — Puy-de-Dôme. Lieu de sa formation à l’école militaire préparatoire à partir de 1926.
Damas — Syrie. Ville où il prépare le concours d’entrée à l’École militaire d’artillerie.
Poitiers — Vienne. Ville de l’école militaire d’artillerie dans laquelle il est admis en 1936.
Faya-Largeau — Tchad. Poste militaire où il commande une section d’artillerie à partir de 1938.
Koufra — Libye. Théâtre des combats de février-mars 1941, qui lui valent le surnom d’« Artilleur de Koufra ».
Fezzan — Libye. Région de ses opérations sahariennes avec les forces de Leclerc.
Bir Hakeim — Libye. Lieu de sa participation à la bataille du 27 mai au 11 juin 1942 et de sa blessure du 6 juin.
Sulmona — Abruzzes, Italie. Camp de prisonniers de guerre dont il s’évade le 12 septembre 1943.
Archi — Abruzzes, Italie. Localité située près du Sangro, où il rejoint les forces néo-zélandaises le 4 décembre 1943.
Naples — Italie. Ville où il est évacué après son évasion.
Bizerte — Tunisie. Port par lequel il rejoint l’Afrique du Nord après son retour dans les lignes alliées.
Tunis — Tunisie. Région où il retrouve la 1re DFL à la fin de 1943.
Garigliano — Italie. Théâtre des combats auxquels il participe en mai-juin 1944.
Toulon — Var. Ville associée aux opérations de la Libération auxquelles il participe en 1944, puis lieu de son décès en 2007.
Belfort — Territoire de Belfort. Région de ses combats pendant la campagne de France.
Alsace et vallée de l’Ill. Théâtre des opérations de l’hiver 1944-1945.
Alpes françaises. Théâtre de ses dernières opérations de la Seconde Guerre mondiale.
Cannes — Alpes-Maritimes. Ville où son unité se trouve au moment de l’annonce de la victoire du 8 mai 1945.
Paris — Champs-Élysées. Lieu du défilé du 18 juin 1945 au cours duquel le général de Gaulle lui remet la croix de la Libération.
Toulouse — Haute-Garonne. Ville de son affectation d’état-major après la guerre.
Indochine. Théâtre de ses affectations et opérations militaires d’après-guerre.
Tananarive — Madagascar. Ville de son affectation à l’état-major de la subdivision.
Djidjelli — Algérie. Lieu de ses fonctions de commandement pendant les événements d’avril 1961.
Musée de l’Ordre de la Libération — Paris. Institution conservant son dossier individuel sous la cote 1 A 190.
3e régiment d’artillerie de marine. Selon la notice de l’Ordre de la Libération, son nom figure sur un canon de 155 mm appartenant au régiment. La localisation actuelle de cette pièce devrait être confirmée auprès de l’unité.
Références bibliographiques
Koufra, souvenirs de l’Artilleur, Roger Ceccaldi, Revue des Troupes de Marine, publication du centenaire, pagination non vérifiée. — Témoignage personnel consacré aux opérations de Koufra et au rôle de l’artillerie dans la colonne Leclerc.
Les Hommes de Koufra, étude historique publiée par l’Institut de recherche stratégique de l’École militaire, référence éditoriale et pagination complète à préciser. — Présentation historique du parcours des combattants de Koufra, comprenant une notice consacrée à Roger Ceccaldi.
Revue de la Fondation de la France libre, n° 491, Fondation de la France libre, pagination de l’article à préciser. — Publication contenant des éléments relatifs aux canons de 25 livres récupérés et employés à Bir Hakeim sous le commandement de Roger Ceccaldi.
Le colonel Ceccaldi est condamné à cinq ans de prison avec sursis par le Haut Tribunal militaire, Jean Lachatre, Le Monde, 7 juillet 1961, pagination de l’édition imprimée non vérifiée. — Compte rendu contemporain de l’audience et de la condamnation relative aux événements d’avril 1961.
1061 Compagnons. Histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Perrin, Paris, 2000, 822 p. — Ouvrage général de référence consacré aux parcours des Compagnons de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, 2010, pagination non vérifiée. — Dictionnaire biographique consacré aux titulaires de la croix de la Libération.
Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Elytis, édition actualisée de 2023. — Publication de référence permettant de replacer Roger Ceccaldi dans l’histoire générale de la France libre.
Dossiers des femmes et hommes Compagnon de la Libération, lettre C, Roxane Ritter, Ordre de la Libération, version du 24 septembre 2025, 54 p. — Répertoire archivistique identifiant le dossier individuel 1 A 190 et la cote SHD GR 16 P 114361.
Mémorial des Compagnons de la Libération, ouvrage collectif, 1961, pagination non vérifiée. — Publication mémorielle générale consacrée aux Compagnons de la Libération.
Références internet
Ordre de la Libération — Roger CECCALDI — Notice biographique officielle présentant son engagement au Tchad, les combats de Koufra et de Bir Hakeim, sa captivité, son évasion, les campagnes de la Libération et ses décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/roger-ceccaldi
Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C — Répertoire numérique de Roxane Ritter, version du 24 septembre 2025, identifiant le dossier individuel 1 A 190 et la cote GR 16 P 114361 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf
Ordre de la Libération — Base des médaillés de la Résistance française — Fiche Roger Edmond CECCALDI, décret du 31 mars 1947, Journal officiel du 29 janvier 1948 et dossier 1 O 11787 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies?page=16
Fondation de la France libre — Roger Ceccaldi, 1913-2007 — Notice mémorielle consacrée à l’artilleur de Koufra, à ses combats en Libye et à son retour dans les forces françaises après son évasion — https://francelibre.net/roger-ceccaldi/
Institut de recherche stratégique de l’École militaire — Les Hommes de Koufra — Étude historique présentant notamment la formation militaire de Roger Ceccaldi et son rôle pendant les opérations sahariennes — https://www.irsem.fr/storage/file_manager_files/2025/03/arti16.pdf
Fondation de la France libre — Revue n° 491 — Publication présentant la récupération des canons britanniques de 25 livres employés à Bir Hakeim par les artilleurs placés sous le commandement de Roger Ceccaldi — https://www.france-libre.net/site/wp-content/uploads/2009/02/pdf_revue-n491.pdf
Légifrance — Décret du 28 novembre 2002 portant élévation — Texte officiel nommant Roger Edmond Ceccaldi à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur, publié au Journal officiel du 30 novembre 2002 — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000417054
Le Monde — Le colonel Ceccaldi est condamné à cinq ans de prison avec sursis par le Haut Tribunal militaire — Compte rendu judiciaire de Jean Lachatre, publié le 7 juillet 1961 — https://www.lemonde.fr/archives/article/1961/07/07/le-colonel-ceccaldi-est-condamne-a-cinq-ans-de-prison-avec-sursis-par-le-haut-tribunal-militaire_2266394_1819218.html
Ordre de la Libération — Albert GRAND — Notice biographique du chef de pièce d’artillerie servant sous les ordres de Roger Ceccaldi lors de la conquête de Koufra — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/albert-grand
Theatrum Belli — In memoriam, colonel Roger Ceccaldi — Étude mémorielle publiée le 20 juin 2026, présentant son parcours militaire et mentionnant également sa condamnation après le putsch de 1961 — https://theatrum-belli.com/in-memoriam-colonel-roger-ceccaldi-compagnon-de-la-liberation-decede-le-20-juin-2007/
Wikipédia — Roger Ceccaldi — Notice encyclopédique secondaire utilisée pour comparaison des renseignements biographiques et des distinctions — https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Ceccaldi
Dossier d’homologation consulté
Service historique de la Défense — GR 16 P 114361 — CECCALDI Roger
L’inventaire officiel de l’Ordre de la Libération, lettre C, identifie la cote :
GR 16 P 114361 — CECCALDI Roger.
Cette référence figure dans la liste des dossiers d’homologation des services de la Résistance conservés au Service historique de la Défense.
L’identification est directement confirmée par le répertoire institutionnel.
Il ne s’agit donc pas d’une cote déduite ou approximative.
Elle correspond au Compagnon de la Libération né le 14 janvier 1913 à Chamberet.
Le contenu intégral du dossier GR 16 P 114361 n’a pas été directement examiné.
En conséquence, il n’est pas possible de préciser avec certitude toutes les décisions d’homologation, les dates de services retenues par l’administration ou les pièces individuelles conservées dans ce dossier.
La cote est identifiée ; le dossier lui-même reste à dépouiller.
Ordre de la Libération — Dossier individuel 1 A 190
Le répertoire officiel des archives de l’Ordre de la Libération identifie le dossier personnel de Roger Ceccaldi sous la cote :
1 A 190 — CECCALDI Roger.
Il comprend notamment les documents suivants.
Attribution de la croix de la Libération
Mémoire de proposition établi en 1944.
Ampliation datée du 25 mars 1945 du décret du 24 mars 1945.
Diplôme de la croix de la Libération, sans date indiquée.
Le mémoire de proposition constitue une pièce importante pour reconstituer les faits d’armes qui ont justifié l’attribution de la distinction.
Son contenu détaillé n’a pas été directement dépouillé.
Renseignements administratifs
Bulletin d’adhésion à la Société d’entraide des Compagnons de la Libération du 29 septembre 1949.
Deux fiches de renseignements de la chancellerie de l’Ordre, dont l’une datée de mars 1963.
Questionnaire adressé aux Compagnons de la Libération en novembre 1984.
Fiche annuaire de la chancellerie, sans date.
Correspondances
Onze pièces de correspondance échangées avec l’Ordre de la Libération entre 1950 et 2002.
Leur contenu n’ayant pas été directement examiné, il n’est pas possible d’en préciser les objets individuels.
Pièces d’état civil et d’identité
Copie d’un extrait d’acte de naissance datant de 1913.
Carte nationale d’identité du 26 avril 1988.
Un courrier daté de 1998.
La copie de l’acte de naissance représente une source primaire particulièrement importante pour le contrôle définitif des prénoms complets et de l’état civil.
Grande Chancellerie de la Légion d’honneur
Extrait du Journal officiel du 30 novembre 2002.
Renseignements à l’appui d’une proposition pour l’obtention de la Légion d’honneur, sans date indiquée.
Ces documents complètent les renseignements directement accessibles dans le décret du 28 novembre 2002.
Interviews et témoignages
Retranscription d’un entretien réalisé par Jérôme Camilly le 2 juin 1998.
Cette pièce constitue l’un des documents les plus intéressants du dossier.
Elle peut permettre d’étudier le récit personnel de Roger Ceccaldi sur son engagement dans la France libre, son expérience de Koufra et de Bir Hakeim, ainsi que sa captivité et son évasion.
Son contenu intégral n’a pas été directement consulté.
Notes biographiques
Quatre textes biographiques non datés.
Décès
Fiche de disparition de Compagnon de la Libération du 22 juin 2007.
Avis de décès publié dans le Carnet du jour du journal Le Figaro en 2007.
Quatre courriers datés de 2007.
Presse
Un article publié en 2001.
Une revue publiée en 2006.
Le répertoire présente l’ensemble documentaire comme couvrant la période 1913-2007.
L’existence et la description des pièces sont confirmées par l’inventaire officiel.
Leur contenu intégral n’a cependant pas été matériellement dépouillé.
Ordre de la Libération — Dossier de la Médaille de la Résistance française 1 O 11787
La base officielle des médaillés de la Résistance française identifie une fiche nominative établie au nom de :
Roger Edmond CECCALDI.
Elle indique les renseignements suivants :
Date de naissance : 14 janvier 1913.
Lieu de naissance : Chamberet, Corrèze.
Décoration : Médaille de la Résistance française.
Décret d’attribution : 31 mars 1947.
Publication au Journal officiel : 29 janvier 1948.
Cote du dossier : 1 O 11787.
La fiche ne précise pas de rosette.
L’attribution de la médaille est donc entièrement confirmée par une source institutionnelle.
Le contenu intégral du dossier individuel de médaille n’a cependant pas été directement examiné.
Observations
Roger Ceccaldi appartient à la première génération des militaires qui rejoignent la France libre en Afrique.
Son parcours présente plusieurs caractéristiques particulièrement remarquables.
La première concerne la précocité de son engagement.
Le 26 août 1940, il signe son engagement dans les Forces françaises libres lors du ralliement du Tchad.
Il appartient ainsi aux militaires qui décident de poursuivre la guerre à un moment où l’avenir du mouvement gaulliste demeure très incertain.
La deuxième est son rôle pendant la conquête de Koufra.
À la tête d’une section d’artillerie disposant d’un unique canon de 75 mm, il apporte un appui essentiel à la colonne Leclerc.
Son efficacité lui vaut le surnom d’« Artilleur de Koufra ».
Cette appellation témoigne de la place particulière de l’artillerie dans une opération menée avec des moyens matériels très limités.
La troisième caractéristique concerne sa participation à la bataille de Bir Hakeim.
Présent pendant l’ensemble des combats, il utilise deux canons britanniques de 25 livres récupérés sur le champ de bataille.
Son expérience technique contribue à rendre ces pièces opérationnelles.
Blessé le 6 juin 1942, il demeure dans la position et tombe aux mains des Allemands après l’évacuation des défenseurs.
La quatrième est son évasion d’Italie.
Après plus d’un an de captivité, il s’évade du camp de Sulmona le 12 septembre 1943.
Il rejoint les lignes alliées avec deux compagnons le 4 décembre suivant.
Ces quatre-vingt-trois jours de fuite constituent l’un des épisodes les plus singuliers de sa carrière.
La cinquième est son retour immédiat aux opérations.
Il reprend le combat au sein de la 1re DFL et participe successivement à la campagne d’Italie, au débarquement de Provence et aux opérations menées jusqu’à la fin de la guerre.
Son commandement d’une compagnie de canons d’infanterie montre la continuité de sa spécialisation militaire.
La sixième caractéristique concerne son parcours d’après-guerre.
Il sert en Indochine, en Allemagne, à Madagascar et en Algérie.
Il poursuit sa carrière jusqu’au grade de colonel.
La septième concerne la rupture de 1961.
Sa participation au putsch des généraux en Algérie entraîne une condamnation à cinq ans de prison avec sursis, puis sa radiation des cadres de l’armée en 1962.
Cet événement doit être intégré à la biographie.
Une notice historique ne saurait présenter les seuls épisodes héroïques d’une carrière tout en passant sous silence des événements ultérieurs importants et documentés.
La reconnaissance des services rendus pendant la Seconde Guerre mondiale et l’examen de son comportement en 1961 relèvent de deux moments historiques distincts.
Les présenter ensemble permet de restituer la complexité du parcours individuel.
Enfin, la reconnaissance nationale de Roger Ceccaldi se prolonge bien après la guerre.
En 2002, il est élevé à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur.
Le décret officiel permet de confirmer son identité complète et son dernier grade militaire.
Plusieurs pièces archivistiques mériteraient un examen complémentaire.
La première est le mémoire de proposition pour la croix de la Libération établi en 1944.
La deuxième est la retranscription de son entretien du 2 juin 1998.
La troisième est le dossier individuel d’homologation GR 16 P 114361.
Enfin, le dossier 1 O 11787 permettrait d’étudier les motifs précis de l’attribution de la Médaille de la Résistance française.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité complète, la naissance du 14 janvier 1913 à Chamberet, le décès du 20 juin 2007 à Toulon, l’engagement du 26 août 1940, la participation à la conquête de Koufra, les combats de Bir Hakeim, la blessure du 6 juin 1942, la captivité en Italie, l’évasion du 12 septembre 1943, le retour aux lignes alliées le 4 décembre 1943, les campagnes d’Italie et de France ainsi que les principales affectations d’après-guerre sont établis par la notice de l’Ordre de la Libération et recoupés par la Fondation de la France libre et plusieurs publications historiques. Le décret du 24 mars 1945 et le dossier individuel 1 A 190 sont identifiés par l’inventaire officiel. La Médaille de la Résistance française est documentée par sa fiche nominative avec décret, Journal officiel et cote 1 O 11787. La cote SHD GR 16 P 114361 figure dans l’inventaire institutionnel. La promotion à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur est directement confirmée par le décret du 28 novembre 2002. La participation au putsch de 1961 et la condamnation subséquente sont établies par un compte rendu judiciaire contemporain. Des réserves subsistent sur le détail de certaines missions de guerre, les dates exactes de plusieurs décorations et les éléments figurant dans les dossiers individuels non directement dépouillés.
Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 14 janvier 1913 | Naissance à Chamberet, Corrèze. |
| Années 1910-1920 | Enfance et adolescence en Corse, notamment à Saint-Florent. |
| 1926 | Entrée à l’école militaire préparatoire de Billom. |
| Vers 1931 | Engagement à dix-huit ans dans l’artillerie coloniale. |
| 1936 | Admission à l’École militaire d’artillerie de Poitiers. |
| 1938 | Affectation au RTST, à Faya-Largeau, avec le commandement d’une section d’artillerie. |
| 26 août 1940 | Ralliement du Tchad ; engagement de Roger Ceccaldi dans les Forces françaises libres. |
| Février 1941 | Participation à l’expédition de Koufra sous les ordres de Leclerc. |
| 1er mars 1941 | Prise de Koufra ; surnom d’« Artilleur de Koufra ». |
| 1941-1942 | Participation aux opérations du Fezzan et de Libye. |
| Début 1942 | Formation auprès du 4th Royal Horse Artillery à l’emploi des canons britanniques de 25 livres. |
| 25 mars 1942 | Date d’effet de sa promotion au grade de capitaine, découverte administrativement après son retour de captivité. |
| 27 mai 1942 | Début de la bataille de Bir Hakeim. |
| Mai-juin 1942 | Emploi de deux canons de 25 livres récupérés sur le champ de bataille. |
| 6 juin 1942 | Blessure à la jambe par éclat de bombe. |
| 11 juin 1942 | Capture après l’évacuation de Bir Hakeim. |
| 1942-1943 | Captivité au camp de Sulmona, en Italie. |
| 12 septembre 1943 | Évasion avec Robert Saunal et William Tardrew. |
| 4 décembre 1943 | Retour dans les lignes alliées sur le Sangro, près d’Archi. |
| Décembre 1943 | Retour par Naples, Bizerte et Tunis. |
| Fin 1943 | Prise du commandement de la compagnie de canons de la 2e Brigade française libre. |
| Décembre 1943 | Découvre qu’il a été déclaré mort administrativement en juin 1942. |
| 12 mai – 15 juin 1944 | Participation à la campagne d’Italie et aux combats du Garigliano. |
| Août 1944 | Débarquement de Provence avec la 1re DFL. |
| Août-septembre 1944 | Participation aux opérations de Toulon et à la remontée de la vallée du Rhône. |
| Automne 1944 | Combats dans les secteurs de Belfort et des Vosges. |
| Hiver 1944-1945 | Campagne d’Alsace ; appui d’artillerie contre les contre-attaques allemandes sur l’Ill. |
| 24 mars 1945 | Décret d’attribution de la croix de la Libération. |
| 25 mars 1945 | Ampliation du décret conservée dans le dossier 1 A 190. |
| Printemps 1945 | Dernières opérations sur le front des Alpes. |
| 8 mai 1945 | Fin des combats ; unité au repos à Cannes. |
| 18 juin 1945 | Défilé sur les Champs-Élysées ; remise de la croix de la Libération par le général de Gaulle. |
| 1946 | Chef d’escadron ; affectation à l’état-major de Toulouse. |
| Après 1946 | Affectations en Côte-d’Ivoire, en Indochine, en Allemagne et à Madagascar. |
| 31 mars 1947 | Décret d’attribution de la Médaille de la Résistance française. |
| 29 janvier 1948 | Publication de l’attribution au Journal officiel. |
| Années 1950 | Service en Indochine ; trois citations militaires. |
| Avant 1961 | Affectation à la 10e Division parachutiste en Algérie, au grade de colonel. |
| Avril 1961 | Participation au putsch des généraux en Algérie. |
| 5 juillet 1961 | Condamnation à cinq ans de prison avec sursis par le Haut Tribunal militaire. |
| 1962 | Radiation des cadres de l’armée. |
| Après 1962 | Activités professionnelles dans le secteur privé. |
| 28 avril 1979 | Date de promotion au grade de commandeur de la Légion d’honneur, rappelée par le décret de 2002. |
| 2 juin 1998 | Entretien avec Jérôme Camilly, dont la retranscription est conservée dans le dossier 1 A 190. |
| 28 novembre 2002 | Élévation à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur. |
| 30 novembre 2002 | Publication du décret au Journal officiel. |
| 20 juin 2007 | Décès à Toulon. |
| 22 juin 2007 | Fiche de disparition établie par l’Ordre de la Libération. |
Tableau des divergences entre sources
| Point examiné | Sources | Appréciation |
|---|---|---|
| Identité complète | Ordre de la Libération : Roger CECCALDI. Décret du 28 novembre 2002 : Roger Edmond CECCALDI. | Les deux prénoms sont confirmés par le décret officiel. |
| Date de naissance | Ordre de la Libération, décret de 2002 et base des médaillés : 14 janvier 1913. | Concordance complète. |
| Date du ralliement | Ordre de la Libération : 26 août 1940. Certains récits secondaires évoquent le 18 juin 1940. | Le 26 août est retenu comme date de l’engagement individuel. |
| Rôle à Koufra | Ordre de la Libération : commandement de la seule pièce d’artillerie de 75 mm. Notice d’Albert Grand : ce dernier en est le chef de pièce sous les ordres de Ceccaldi. | Les fonctions sont complémentaires et ne doivent pas être confondues. |
| Canons de Bir Hakeim | Ordre de la Libération et Fondation de la France libre : récupération de canons britanniques de 25 livres, dont deux sont mis en œuvre sous le commandement de Ceccaldi. | Concordance générale. |
| Situation à la sortie de Bir Hakeim | Ordre de la Libération : Ceccaldi blessé n’est pas informé de la sortie ; il est ensuite capturé. | Version retenue avec attribution au témoignage institutionnel. |
| Date de la capture | Ordre de la Libération : après la sortie de Bir Hakeim, dans la nuit du 10 au 11 juin 1942. | Date retenue : 11 juin 1942. |
| Durée de l’évasion | Ordre de la Libération : départ le 12 septembre 1943, retour aux lignes alliées le 4 décembre, soit 83 jours. | Chronologie confirmée. |
| Grade de capitaine | Ordre de la Libération : promotion avec effet au 25 mars 1942, connue de Ceccaldi après son retour de captivité. | La date d’effet et la date de notification doivent être distinguées. |
| Décret de la croix de la Libération | Ordre de la Libération : 24 mars 1945. Inventaire : ampliation du 25 mars. | Deux dates administratives complémentaires. |
| Médaille de la Résistance française | Base officielle : décret du 31 mars 1947, JO du 29 janvier 1948, cote 1 O 11787. | Références intégralement confirmées. |
| Campagne d’Allemagne | Certaines notices secondaires indiquent une participation à la campagne d’Allemagne. Ordre de la Libération : la 1re DFL ne franchit pas le Rhin et termine la guerre dans les Alpes. | Ne pas attribuer à Ceccaldi une participation à une campagne en territoire allemand pendant la Seconde Guerre mondiale sans autre preuve. |
| Fin de carrière militaire | Ordre de la Libération : radiation des cadres en 1962. Le Monde : condamnation judiciaire en juillet 1961. | Les deux faits sont compatibles. La notice doit mentionner les circonstances judiciaires. |
| Légion d’honneur | Ordre de la Libération : grand officier. Légifrance : décret du 28 novembre 2002, JO du 30 novembre 2002, commandeur depuis le 28 avril 1979. | Références officielles complètes. |
| Dossier de Compagnon | Inventaire officiel : 1 A 190. | Cote confirmée. |
| Dossier SHD | Inventaire officiel : GR 16 P 114361. | Cote confirmée ; contenu non dépouillé. |
| Dossier de médaille | Base officielle : 1 O 11787. | Cote confirmée. |
Sources consultées
Ordre de la Libération — Roger CECCALDI — Notice biographique institutionnelle présentant le ralliement du Tchad, les combats de Koufra et de Bir Hakeim, la captivité, l’évasion, les campagnes de la Libération et les décorations — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/roger-ceccaldi ; Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre C, version du 24 septembre 2025, cote 1 A 190 et dossier d’homologation GR 16 P 114361 — https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_C_20250924.pdf ; Ordre de la Libération — Base officielle des médaillés de la Résistance française, Roger Edmond CECCALDI, décret du 31 mars 1947, Journal officiel du 29 janvier 1948 et cote 1 O 11787 — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles-biographies?page=16 ; Fondation de la France libre — Roger Ceccaldi, 1913-2007, notice mémorielle consacrée à son engagement dans les Forces françaises libres — https://francelibre.net/roger-ceccaldi/ ; Institut de recherche stratégique de l’École militaire — Les Hommes de Koufra, étude historique relative aux combattants de l’expédition de 1941 — https://www.irsem.fr/storage/file_manager_files/2025/03/arti16.pdf ; Fondation de la France libre — Revue n° 491, documentation relative à l’emploi des canons de 25 livres pendant la bataille de Bir Hakeim — https://www.france-libre.net/site/wp-content/uploads/2009/02/pdf_revue-n491.pdf ; Ordre de la Libération — Albert GRAND, notice confirmant son rôle de chef de pièce sous les ordres de Roger Ceccaldi à Koufra — https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/albert-grand ; Légifrance — Décret du 28 novembre 2002 portant élévation à la dignité de grand officier de la Légion d’honneur, Journal officiel du 30 novembre 2002, Roger Edmond Ceccaldi — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000417054 ; Le Monde — Le colonel Ceccaldi est condamné à cinq ans de prison avec sursis par le Haut Tribunal militaire, Jean Lachatre, 7 juillet 1961 — https://www.lemonde.fr/archives/article/1961/07/07/le-colonel-ceccaldi-est-condamne-a-cinq-ans-de-prison-avec-sursis-par-le-haut-tribunal-militaire_2266394_1819218.html ; Theatrum Belli — In memoriam, colonel Roger Ceccaldi, publication du 20 juin 2026 consacrée à sa carrière et à sa condamnation après le putsch — https://theatrum-belli.com/in-memoriam-colonel-roger-ceccaldi-compagnon-de-la-liberation-decede-le-20-juin-2007/ ; Wikipédia — Roger Ceccaldi, notice encyclopédique secondaire utilisée pour comparaison des informations biographiques — https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Ceccaldi