La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BOUGOIN Pierre Jean

Pierre Jean BOURGOIN, né le 21 avril 1912 à Fontainebleau (Seine-et-Marne), mort le 23 juin 1966 à Courbevoie (Hauts-de-Seine), Français, commissaire de police, officier de réserve, combattant des Forces françaises libres et de la 13e demi-brigade de Légion étrangère, Compagnon de la Libération. Son dossier d’homologation FFL est conservé au Service historique de la Défense sous la cote GR 16 P 82494 ; son dossier à l’Ordre de la Libération porte la cote 1 A 134.

État civil — importante correction

Une divergence existe dans la notice actuelle de l’Ordre de la Libération : son bandeau affiche 20 avril 1912, alors que le texte biographique indique 21 avril 1912. Le répertoire officiel du SHD donne également 21 avril 1912, tout comme la référence à l’acte de naissance n° 67 de Fontainebleau. Cette dernière date doit être retenue.

Son identité complète apparaît sous la forme Pierre Jean BOURGOIN dans le répertoire GR 16 P.

Formation

Pierre BOURGOIN est licencié en philosophie.

Il effectue son service militaire au 4e Régiment de zouaves en Tunisie, d’octobre 1933 à avril 1934, puis poursuit sa formation à l’École d’application de l’infanterie et des chars de Saint-Maixent jusqu’en octobre 1934. Il en sort sous-lieutenant de réserve.

Entrée dans la police

En 1938, il entre à la Direction de la police judiciaire de la Préfecture de police de Paris.

Il est successivement secrétaire de police puis commissaire-adjoint et sert au commissariat du quartier d’Auteuil.

Campagne de France

Mobilisé au 154e Régiment d’infanterie de forteresse — 154e RIF, Pierre BOURGOIN prend part à la campagne de 1939-1940 comme chef de corps franc, en Alsace, au nord de Strasbourg.

Il se distingue dès cette période et reçoit la Croix de guerre le 18 mars 1940 pour son comportement au combat.

Lorsque son régiment, replié dans le secteur de Sarrebourg, capitule, BOURGOIN refuse la captivité et gagne la zone non occupée, où il parvient à être démobilisé.

Retour à la Préfecture de police et projet de départ

Après sa démobilisation, il reprend son poste à la Préfecture de police, mais cherche rapidement un moyen de rejoindre la Grande-Bretagne.

En décembre 1940, il prépare sa disparition. Pour retarder les recherches de sa hiérarchie, il fait croire, avec l’aide de son épouse, qu’il a été arrêté par les Allemands et transféré vers l’Allemagne.

Mémoire et Espoirs de la Résistance précise que le dispositif de diversion est soigneusement préparé : une lettre est notamment expédiée de façon à laisser croire qu’elle a été jetée d’un train conduisant BOURGOIN vers l’Allemagne.

Tentatives pour quitter la France

Pierre BOURGOIN gagne la zone Sud, passe par Marseille puis Perpignan et cherche à rejoindre l’Afrique du Nord ou l’étranger.

Pour vivre et financer son attente, il organise des franchissements de la ligne de démarcation.

Le 12 mars 1941, au cours de l’un de ces passages et alors qu’il utilise une fausse identité, il est arrêté par les Allemands.

Il est emprisonné à Bourges pendant environ six semaines, puis libéré.

Passage en Espagne

Après sa libération, il gagne Narbonne puis franchit la frontière espagnole au début de mai 1941.

Il est arrêté près de Figueras et emprisonné, puis interné au camp de Miranda de Ebro.

Il demeure en Espagne pendant environ neuf mois et n’est libéré qu’en janvier 1942.

Il rejoint alors Gibraltar, puis la Grande-Bretagne.

Engagement dans les Forces françaises libres

Pierre BOURGOIN signe son engagement dans les Forces françaises libres le 29 janvier 1942.

Administrativement, son engagement prend effet au 3 mai 1941, date de son entrée en Espagne. Une copie de l’acte d’engagement du 29 janvier 1942 est conservée dans son dossier de l’Ordre de la Libération.

Il est ensuite envoyé au Moyen-Orient.

13e demi-brigade de Légion étrangère

Le 1er mai 1942, Pierre BOURGOIN rejoint la 13e demi-brigade de Légion étrangère — 13e DBLE.

Il est affecté au 2e Bataillon de Légion étrangère — 2e BLE et prend le commandement de la section de pionniers de la compagnie lourde.

Il participe dès lors aux grandes campagnes de la 1re Brigade française libre du général Pierre KŒNIG.

Bir Hakeim

À Bir Hakeim, au printemps 1942, Pierre BOURGOIN combat avec la compagnie lourde du 2e BLE.

Lors de la sortie de vive force de la position dans la nuit du 10 au 11 juin 1942, il se distingue en faisant personnellement trois prisonniers ennemis.

Cette action lui vaut une citation.

El Himeimat — El Alamein

En octobre 1942, il participe aux combats de l’Himeimat, dans le cadre de la bataille d’El Alamein.

Sa conduite lui vaut une nouvelle citation.

Campagne de Tunisie

Après la Libye et El Alamein, Pierre BOURGOIN poursuit le combat avec la 13e DBLE pendant la campagne de Tunisie.

La Médaille coloniale qui lui sera attribuée porte notamment les agrafes « Libye », « Bir-Hakeim » et « Tunisie », ce qui confirme institutionnellement cette succession de campagnes.

Campagne d’Italie

En 1944, Pierre BOURGOIN participe avec la 13e DBLE à la campagne d’Italie.

Le 21 mai 1944, pendant les combats de la cote 170, il ramène sous le feu un de ses sous-officiers grièvement blessé.

Cette action lui vaut une nouvelle citation.

Promotion au grade de capitaine

En juin 1944, Pierre BOURGOIN est promu capitaine.

Il prend alors le commandement de la compagnie lourde du 2e BLE.

Campagne de France — Vosges

Après le débarquement de Provence et la remontée vers le nord, Pierre BOURGOIN combat avec la 13e DBLE dans l’est de la France.

Le 19 septembre 1944, à Courchaton, il est blessé par l’éclat d’une mine alors qu’il dirige une opération de déminage.

Deux jours plus tard, le 21 septembre, à Onans, il est de nouveau blessé, cette fois par balle, alors qu’il tente de détruire un char ennemi.

Il doit être évacué.

Retour au combat en Alsace

Pierre BOURGOIN reprend le commandement de sa compagnie en janvier 1945.

Le 24 janvier, il traverse une rivière à la nage sous le feu ennemi afin de récupérer le corps d’un officier mortellement blessé.

Il participe ensuite aux combats d’Elsenheim.

Derniers combats dans les Alpes

Le 13 avril 1945, sur les pentes de La Gonella, lors de l’attaque des casemates et du fort de la Dea, Pierre BOURGOIN est de nouveau blessé par balle.

Il refuse d’être immédiatement évacué et demeure sur place jusqu’à ce qu’il ait rendu compte de la situation à son chef de bataillon et préparé l’attaque suivante.

Il s’agit de sa troisième blessure importante de la campagne 1944-1945.

Bilan militaire

Pierre BOURGOIN termine la guerre avec une Croix de guerre 1939-1945 comportant six citations, selon la liste officielle de l’Ordre de la Libération.

Il est également titulaire de la Silver Star américaine. Le Musée de la Résistance en ligne l’identifie explicitement comme l’un des officiers français décorés de cette distinction pour la Seconde Guerre mondiale.

Retour à la Préfecture de police

En 1945, Pierre BOURGOIN réintègre la Préfecture de police.

En raison de ses services de guerre, il est promu commissaire divisionnaire.

Il poursuit simultanément une importante formation juridique et militaire.

Doctorat en droit

En 1946, il obtient le doctorat en droit avec une thèse intitulée :

De la fabrication, de la détention, du port et de l’usage des armes.

L’ouvrage est publié à Paris aux Presses continentales.

Arrêt Dides et carrière policière

À la suite de l’arrêt Dides du Conseil d’État, Pierre BOURGOIN est rétrogradé au grade de commissaire principal, comme plusieurs dizaines de commissaires dont les promotions avaient été prononcées au titre de la Résistance.

Il est de nouveau promu commissaire divisionnaire en 1954.

Il dirige ensuite l’École des gardiens de la paix de la Préfecture de police.

Parallèlement, il suit l’enseignement de l’École de guerre de 1950 à 1952, puis devient auditeur de l’Institut des hautes études de défense nationale en 1955-1956.

Il atteint également le grade de lieutenant-colonel de réserve.

Commissariat du 10e arrondissement

À partir de 1956, Pierre BOURGOIN dirige le commissariat du 10e arrondissement de Paris.

Affaire de Charonne — 1962

Lors des événements de Charonne en février 1962, l’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne indiquent que Pierre BOURGOIN adopte une attitude de retenue dans l’emploi de ses effectifs ; ces sources rattachent sa mutation ultérieure à cette attitude.

Mémoire et Espoirs de la Résistance donne une version plus détaillée, selon laquelle BOURGOIN aurait cherché physiquement à s’interposer entre manifestants et policiers et aurait refusé certaines instructions. Ce récit est plus circonstancié mais repose sur une source mémorielle ; il doit donc être présenté comme tel plutôt que comme un fait définitivement établi dans tous ses détails.

Il est ensuite affecté au commissariat du quartier Saint-Gervais, puis à celui de la Plaine-Monceau.

Publications

Sous le pseudonyme de Saint-Roc, Pierre BOURGOIN publie en 1948 :

Sacrée drôle de guerre — Éditions SNP, Paris.

Son dossier de l’Ordre conserve également des témoignages et une conférence consacrée aux combats des Forces françaises libres en Afrique entre 1940 et 1943.

Décès

Pierre BOURGOIN meurt le 23 juin 1966 à Courbevoie.

Il est inhumé à Fontainebleau, sa ville natale.

La cause précise du décès n’est pas indiquée par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération. Une source mémorielle affirme qu’il aurait mis fin à ses jours ; en l’absence, dans les sources institutionnelles consultées, d’un document d’état civil ou médical établissant cette circonstance, elle n’est pas retenue comme fait certain dans le corps de la notice.

Camarades et chefs directement liés

Pierre KŒNIG — commandant de la 1re Brigade française libre durant Bir Hakeim ; une lettre du général KŒNIG au préfet de police concernant BOURGOIN, datée du 15 novembre 1944, est conservée dans son dossier.

Jean SIMON — officier de la 13e DBLE et chef du 2e BLE ; Pierre BOURGOIN commande ensuite la compagnie lourde de cette unité.

Les camarades de la 13e DBLE constituent le principal groupe auquel son parcours combattant doit être rattaché. Il ne faut pas le confondre avec Pierre-Louis BOURGOIN, chef des parachutistes SAS en Bretagne, qui fera l’objet de la notice suivante.

Décorations

Commandeur de la Légion d’honneur — grade confirmé par l’Ordre de la Libération. L’inventaire de son dossier conserve notamment des extraits du Journal officiel des 26 août 1945 et 21 octobre 1959, mais le détail complet de sa progression dans l’ordre nécessiterait la consultation du dossier Léonore ou des décrets originaux.

Compagnon de la Libération — Croix de la Libération — décret du 20 novembre 1944 ; ampliation datée du 21 novembre 1944 conservée dans le dossier 1 A 134.

Croix de guerre 1939-1945 — six citations — nombre retenu par l’Ordre de la Libération. Certaines sources mémorielles parlent de sept citations ; en l’absence de vérification des textes individuels, six est retenu conformément à la source institutionnelle.

Médaille coloniale avec agrafes « Libye », « Bir-Hakeim », « Tunisie » — confirmée par l’Ordre de la Libération.

Chevalier des Palmes académiques — confirmé par l’Ordre de la Libération.

Officier de l’Ordre du Mérite civil — confirmé par l’Ordre de la Libération.

Chevalier de l’Ordre du Mérite social — confirmé par l’Ordre de la Libération.

Silver Star — États-Unis — attribution confirmée par l’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne.

Aucune Médaille de la Résistance française n’a été identifiée pour Pierre Jean BOURGOIN dans les sources institutionnelles consultées. Elle ne doit donc pas lui être attribuée par confusion avec son homonyme Pierre-Louis BOURGOIN, qui en est bien titulaire.

Lieux de mémoire

Pierre BOURGOIN est inhumé au cimetière de Fontainebleau.

Sa carrière policière a également fait l’objet d’un hommage institutionnel : une promotion de l’École nationale supérieure de la Police, 2009-2011, a porté son nom.

Son dossier de l’Ordre conserve également des documents relatifs à l’émission en 1973 d’un timbre du premier jour à son nom, ainsi qu’une photographie de sa tombe.

Références bibliographiques

De la fabrication, de la détention, du port et de l’usage des armes — Pierre BOURGOIN — Paris, Les Presses continentales, 1946. Thèse de doctorat en droit consacrée au régime juridique des armes.

Sacrée drôle de guerre — Saint-Roc, pseudonyme de Pierre BOURGOIN — Paris, Éditions SNP, 1948. Témoignage publié après la guerre.

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération — Jean-Christophe NOTIN — Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence pour replacer Pierre BOURGOIN parmi les combattants de la France libre.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération — Vladimir TROUPLIN — Paris, Elytis, 2010 ; nouvelle édition augmentée, 2023. Référence biographique pour l’état civil, les campagnes, les unités et les décorations.

Pierre Bourgoin, commissaire divisionnaire, Compagnon de la Libération — étude biographique conservée dans le dossier 1 A 134 de l’Ordre de la Libération.

Références internet

Ordre de la Libération — Pierre BOURGOIN. Source institutionnelle principale pour la formation, le parcours dans la police, la campagne de France, le passage en Espagne, l’engagement FFL, la 13e DBLE, les campagnes, les blessures, la carrière d’après-guerre et les décorations.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/pierre-bourgoin

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B. Confirme le dossier 1 A 134, le décret du 20 novembre 1944 et le contenu archivistique.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettres BL à BZ. Confirme Pierre Jean BOURGOIN, né le 21 avril 1912 à Fontainebleau, homologué FFL, cote GR 16 P 82494.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BL-BZ.pdf

Mémoire et Espoirs de la Résistance — Pierre BOURGOIN. Notice particulièrement utile pour son départ clandestin de la Préfecture de police, les passages de la ligne de démarcation, l’Espagne et son retour dans la police.
https://www.memoresist.org/resistant/pierre-bourgoin/

Musée de la Résistance en ligne — Pierre BOURGOIN. Reprise biographique institutionnelle, notamment pour sa carrière policière après 1945.
https://museedelaresistanceenligne.org/media8802-Pierre-Bourgoin

Musée de la Résistance en ligne — Silver Star. Confirme Pierre BOURGOIN parmi les officiers français décorés de la Silver Star américaine.
https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=8608&sens=verso

Archives départementales de Seine-et-Marne — La Libération de la Seine-et-Marne. Mentionne Pierre BOURGOIN parmi les sept Compagnons de la Libération nés dans le département.
https://archives.seine-et-marne.fr/sites/archives.seine-et-marne.fr/files/media/downloads/maquette_brochure1944.pdf

Wikipédia — Pierre Bourgoin, résistant. Notice secondaire utile principalement pour le renvoi à l’acte de naissance n° 67 de Fontainebleau ; les données principales ont été contrôlées par les sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bourgoin_%28r%C3%A9sistant%29

Dossier d’homologation consulté

SHD GR 16 P 82494 — BOURGOIN Pierre Jean, né le 21 avril 1912 à Fontainebleau, homologué FFL. La cote est formellement établie par le répertoire officiel GR 16 P et permet surtout de distinguer Pierre Jean BOURGOIN de plusieurs homonymes présents dans les cotes immédiatement voisines.

Le même répertoire contient notamment :

GR 16 P 82489 — Pierre BOURGOIN, né en 1900 ;

GR 16 P 82490 — Pierre Jean BOURGOIN, né en 1904 ;

GR 16 P 82491 — Pierre Louis BOURGOIN, né en 1907 à Cherchell ;

GR 16 P 82492 — Pierre BOURGOIN, né en 1909 ;

GR 16 P 82493 — Pierre Gabriel BOURGOIN, né en 1910 ;

GR 16 P 82494 — Pierre Jean BOURGOIN, né en 1912 à Fontainebleau, objet de la présente notice.

Ordre de la Libération — dossier 1 A 134. Le dossier contient le mémoire de proposition de 1944 et l’ampliation du décret du 21 novembre 1944, pour le décret du 20 novembre. Il conserve également la copie de l’acte d’engagement FFL du 29 janvier 1942, un diplôme de Légionnaire de 1re classe, une lettre du général KŒNIG au préfet de police, plusieurs états de services, les textes des citations, des photographies et des pièces relatives à sa sépulture et aux hommages postérieurs.

Observations

La première correction impérative concerne la date de naissance. Le bandeau de l’Ordre affiche actuellement 20 avril 1912, mais le corps de la même notice, le dossier GR 16 P 82494 et la référence à l’acte de naissance de Fontainebleau donnent 21 avril 1912. C’est donc le 21 avril 1912 qu’il convient de retenir.

La deuxième précaution essentielle est l’homonymie avec Pierre-Louis BOURGOIN. Pierre Jean BOURGOIN est le commissaire de police et officier de la 13e DBLE né en 1912 à Fontainebleau. Pierre-Louis BOURGOIN, dit « le Manchot », est le chef parachutiste SAS né en 1907 à Cherchell. Les deux sont Compagnons de la Libération, mais leurs parcours et leurs décorations sont distincts.

Enfin, l’Ordre retient six citations pour la Croix de guerre de Pierre Jean BOURGOIN. Une source mémorielle en donne sept. Tant que l’ensemble des textes de citations conservés dans le dossier 1 A 134 n’a pas été confronté aux décisions officielles, le nombre six doit être conservé.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité Pierre Jean BOURGOIN, la naissance le 21 avril 1912, le dossier GR 16 P 82494, le service au 154e RIF, la fuite vers la zone Sud, l’arrestation de mars 1941, l’internement en Espagne, l’engagement FFL, l’affectation à la 13e DBLE, Bir Hakeim, El Himeimat, la Tunisie, l’Italie, les campagnes de France et d’Alsace, les blessures de septembre 1944 et d’avril 1945, le décret de la Croix de la Libération, le dossier 1 A 134, la carrière policière et les principales décorations sont établis par plusieurs sources institutionnelles et archivistiques concordantes. Les principales réserves portent sur quelques détails de sa carrière policière en 1962 et sur les circonstances exactes de son décès.

Chronologie

DateÉvénement
21 avril 1912Naissance à Fontainebleau.
1933-1934Service militaire au 4e Zouaves en Tunisie.
1934Formation à Saint-Maixent ; sous-lieutenant de réserve.
1938Entre à la Direction de la police judiciaire de la Préfecture de police.
1939Mobilisé au 154e RIF.
18 mars 1940Première Croix de guerre pour son comportement au combat.
Juin 1940Refuse la captivité lors de la capitulation de son régiment et gagne la zone Sud.
1940Reprend temporairement son poste à la Préfecture de police.
Décembre 1940-janvier 1941Prépare clandestinement son départ de Paris.
12 mars 1941Arrêté sous fausse identité ; emprisonné à Bourges.
Printemps 1941Libéré ; gagne Narbonne puis l’Espagne.
Début mai 1941Arrêté près de Figueras.
1941-janvier 1942Interné en Espagne, notamment à Miranda de Ebro.
Janvier 1942Gagne Gibraltar puis la Grande-Bretagne.
29 janvier 1942Engagement officiel dans les FFL, avec effet au 3 mai 1941.
1er mai 1942Affecté à la 13e DBLE.
10-11 juin 1942Sortie de Bir Hakeim ; fait personnellement trois prisonniers.
Octobre 1942Combats de l’Himeimat-El Alamein.
1943Campagne de Tunisie.
21 mai 1944Combat de la cote 170 en Italie ; ramène un sous-officier blessé sous le feu.
Juin 1944Promu capitaine ; commande la compagnie lourde du 2e BLE.
19 septembre 1944Blessé par mine à Courchaton.
21 septembre 1944Blessé par balle à Onans en tentant de détruire un char.
20 novembre 1944Décret d’attribution de la Croix de la Libération.
Janvier 1945Reprend le commandement de sa compagnie en Alsace.
24 janvier 1945Traverse une rivière à la nage sous le feu pour récupérer un officier mortellement blessé.
Hiver 1945Combats d’Elsenheim.
13 avril 1945Blessé à La Gonella pendant l’attaque du fort de la Dea.
1945Réintègre la Préfecture de police ; commissaire divisionnaire au titre de ses services de guerre.
1946Doctorat en droit.
1948Publication de Sacrée drôle de guerre sous le pseudonyme Saint-Roc.
1950-1952École de guerre.
1954De nouveau commissaire divisionnaire.
1955-1956Auditeur de l’IHEDN.
À partir de 1956Commissaire du 10e arrondissement de Paris.
1962Mutation après les événements de Charonne, selon l’Ordre de la Libération et le Musée de la Résistance en ligne.
23 juin 1966Décès à Courbevoie.
Après le décèsInhumation au cimetière de Fontainebleau.

Tableau des divergences entre sources

Point concernéVersions rencontréesÉlément retenu
Date de naissanceBandeau ODL : 20 avril 1912 ; texte ODL, SHD GR 16 P et acte civil : 21 avril 1912.21 avril 1912.
HomonymiePierre BOURGOIN parfois confondu avec Pierre-Louis BOURGOIN.Pierre Jean BOURGOIN, Fontainebleau 1912, GR 16 P 82494 ; distinct de Pierre-Louis BOURGOIN, Cherchell 1907, GR 16 P 82491.
Croix de guerreOrdre : 6 citations ; Mémoire et Espoirs : 7.6 citations, chiffre de l’Ordre de la Libération.
CharonneOrdre et Musée : attitude de retenue suivie d’une mutation ; source mémorielle : refus explicite d’ordres et interposition physique.Retenir prudemment : attitude de retenue puis mutation, les détails supplémentaires étant attribués à la source mémorielle.
Circconstances du décèsOrdre : décès à Courbevoie, sans cause ; source mémorielle : suicide.Décès à Courbevoie le 23 juin 1966 ; cause non retenue sans corroboration institutionnelle.
Médaille de la RésistanceAbsente pour Pierre Jean BOURGOIN ; présente chez Pierre-Louis BOURGOIN.Ne pas attribuer la Médaille de la Résistance à Pierre Jean BOURGOIN sans décret nominatif.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Pierre BOURGOIN.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/pierre-bourgoin

Ordre de la Libération — Inventaire des dossiers des Compagnons, lettre B.
https://www.ordredelaliberation.fr/sites/default/files/media/fichers/IR_CL_lettre_B_20250923.pdf

Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense — Répertoire GR 16 P, lettres BL à BZ.
https://www.museedelaresistanceenligne.org/musee/doc/pdf/ressource_source/SHDGR_16P_BL-BZ.pdf

Mémoire et Espoirs de la Résistance — Pierre BOURGOIN.
https://www.memoresist.org/resistant/pierre-bourgoin/

Musée de la Résistance en ligne — Pierre BOURGOIN.
https://museedelaresistanceenligne.org/media8802-Pierre-Bourgoin

Musée de la Résistance en ligne — Silver Star.
https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=8608&sens=verso

Archives départementales de Seine-et-Marne — La Libération de la Seine-et-Marne.
https://archives.seine-et-marne.fr/sites/archives.seine-et-marne.fr/files/media/downloads/maquette_brochure1944.pdf

Wikipédia — Pierre Bourgoin, résistant.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Bourgoin_%28r%C3%A9sistant%29

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