Alphonse BOUGARD, né le 15 juillet 1900 à Carnières, Belgique, mort le 20 novembre 1944 à Gross-Rosen, Allemagne.
Alphonse Ferdinand Bougard est issu d’une famille ouvrière. Après des études à Morlanwelz, La Louvière et Rèves, il termine ses humanités à Fribourg puis à La Rochelle, chez les marianistes. Il entre ensuite au Petit séminaire de Bonne-Espérance puis au Grand séminaire de Tournai, et accède à la prêtrise en 1927. Il devient ensuite vicaire, d’abord à Pâturages, puis à l’église Saint-Lambert de Courcelles.
Les sources consultées confirment qu’il entre en Résistance dès le lendemain de la capitulation belge. Il participe à la diffusion de la première équipe courcelloise de La Libre Belgique dite Peter Pan, ainsi qu’à celle du Patriote et de L’Union belge. Son engagement est donc à la fois religieux, civique et clandestin.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Les sources consultées permettent de l’identifier comme membre de la Légion belge, puis du Front de l’Indépendance, ainsi que comme pionnier et chef de brigade du Mouvement national belge de Courcelles. La notice institutionnelle consultée le rattache aussi à l’aide aux illégaux, à la presse clandestine et à des liens avec les Partisans armés. Aucune cote SHD n’a été trouvée dans cette recherche.
Missions et actions
Son activité clandestine est particulièrement diversifiée. Il recrute pour la Résistance, fabrique de faux documents avec l’aide de l’administration communale, fournit de fausses domiciliations, détourne des timbres de ravitaillement et aide ainsi résistants, Juifs et réfractaires au travail obligatoire. Son église sert également de lieu de stockage pour des armes, de la dynamite et des munitions utilisées ensuite par des résistants du Mouvement national belge et par des Partisans armés pour des sabotages.
Arrestation / évasion / déportation
À la suite des arrestations en chaîne provoquées dans la région de Charleroi par la répression allemande de l’hiver 1942-1943, Alphonse Bougard est arrêté le 11 février 1943. Il est emprisonné à Breendonk, puis déporté en Allemagne. Les sources consultées indiquent son passage par Esterwegen puis par Gross-Rosen. Il y meurt le 20 novembre 1944 des suites d’une infection non traitée.
Camarades de combat
Les sources consultées permettent de citer au moins François Druine, résistant courcellois affilié lui aussi au Front de l’Indépendance et au Mouvement national belge, ainsi que les Partisans armés qui utilisaient son église comme lieu de dépôt. Les sources consultées ne permettent pas d’établir une liste complète et sûre de ses camarades de combat.
Retour à la vie civile
Alphonse Bougard ne revient pas à la vie civile, étant mort en déportation à Gross-Rosen le 20 novembre 1944.
Décorations
- Chevalier de l’ordre de Léopold II, décoration mentionnée par la notice institutionnelle Belgium WWII, décret non retrouvé dans cette recherche.
- Croix de Guerre 1940-1945 avec palme, décoration mentionnée par la notice institutionnelle Belgium WWII, décret non retrouvé dans cette recherche.
Lieux de mémoire
Les sources consultées indiquent que la place Ferrer, à Courcelles, devient la place Abbé Bougard après-guerre. Elles signalent aussi un monument à sa mémoire sur la façade droite de l’église Saint-Lambert de Courcelles, Belgique, ainsi qu’une commémoration annuelle de son arrestation dans cette paroisse.
Références bibliographiques
Josse ALZIN, Martyrologe 40-45. Le calvaire et la mort de 80 prêtres belges et luxembourgeois, Arlon, Fasbender, 1946. Cet ouvrage est directement signalé dans la bibliographie de la notice institutionnelle consultée. Il permet de replacer Alphonse Bougard dans l’ensemble plus vaste des prêtres belges morts du fait de la répression nazie et d’éclairer son parcours de prêtre-résistant.
Mark VAN DEN WIJNGAERT, “L’Église et les catholiques sous l’occupation. L’angle belge”, dans Fabrice MAERTEN et al., Entre la peste et le choléra : vie et attitudes des catholiques sous l’occupation, Bruxelles, CEGES, 1999. Cette étude aide à situer le cas d’Alphonse Bougard dans le contexte du catholicisme belge sous l’Occupation. Elle est particulièrement utile pour comprendre le caractère atypique d’une coopération entre un prêtre catholique et les Partisans armés.
Fabrice MAERTEN, Le Mouvement national belge, étude de synthèse signalée par Belgium WWII. Cette référence de contexte éclaire l’organisation à laquelle Bougard est rattaché comme chef de brigade à Courcelles. Elle aide à mieux comprendre la fonction de recruteur, d’aide clandestine et de structuration locale tenue par Bougard.
Fabrice MAERTEN, Les Partisans armés, étude de synthèse signalée par Belgium WWII. Cette référence est utile pour comprendre l’environnement militant et armé dans lequel s’insère Bougard, notamment le stockage d’armes et d’explosifs à Courcelles au profit d’actions de sabotage.
Dossier personnel du Mouvement national belge, dossier n° 4770 : Alphonse Bougard, ancien Centre de documentation historique des Forces armées, Evere. Cette référence archivistique, citée par la notice institutionnelle, constitue la piste la plus directe pour approfondir son parcours de résistant et ses reconnaissances d’après-guerre.
Références internet
Belgium WWII. La notice biographique consacrée à Alphonse Bougard est la source principale de cette fiche. Elle fournit l’état civil, le parcours sacerdotal, les affiliations résistantes, les actions clandestines, l’arrestation, la déportation, les reconnaissances posthumes et les lieux de mémoire. https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnes/bougard-alphonse.html
Mémoire Vive de la Résistance. La page générale sur la Résistance belge ne contient pas de notice individuelle sur lui. https://mvr.asso.fr/la-resistance-belge-face-aux-armees-nazies/
Belgium WWII – Personnes. L’index des personnes du portail permet de confirmer l’existence d’une notice institutionnelle pour Alphonse Bougard et son bornage chronologique général 1900-1944. https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/personnes.html
Dossier d’homologation consulté
Aucun dossier d’homologation directement consultable n’a été retrouvé en ligne dans les bases consultées. La notice Belgium WWII signale toutefois l’existence d’un dossier personnel du Mouvement national belge, dossier n° 4770 : Alphonse Bougard, conservé à Evere.
Observations
Aucune homonymie problématique n’a été relevée dans les résultats consultés. Les décorations sont bien mentionnées par une source institutionnelle, mais les décrets correspondants n’ont pas été retrouvés dans cette recherche. Aucune cote SHD n’a été trouvée.
Sources consultées le 15 mars 2026. Mémoire Vive de la Résistance, page générale sur la Résistance belge, pour la vérification préalable d’absence de notice individuelle. Belgium WWII, notice « Bougard Alphonse », pour l’état civil, les engagements, l’arrestation, la déportation, les décorations et les lieux de mémoire. Belgium WWII, index des personnes, pour la confirmation de la présence de la notice et des dates générales 1900-1944. Les bases françaises demandées, notamment Ordre de la Libération, Base Léonore, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne et SHD, n’ont pas fourni dans cette recherche de notice directement exploitable sur ce résistant belge.
Photo
Une photographie d’Alphonse Bougard en uniforme d’aumônier militaire belge est visible dans la notice institutionnelle consultée sur Belgium WWII.