La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BERNARDINO Philippe alias Firipi,

Philippe BERNARDINO, alias Firipi, né le 23 septembre 1915 à Mataiea, Tahiti (Établissements français de l’Océanie, aujourd’hui Polynésie française), mort le 4 janvier 1963 à Papeete, Français, militaire des troupes coloniales, volontaire des Forces françaises libres, combattant du Bataillon du Pacifique puis du Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (BIMP), adjudant-chef, Compagnon de la Libération par décret du 16 octobre 1945.

Jeunesse et formation

Les sources institutionnelles disponibles sont peu détaillées sur son enfance, sa famille et sa scolarité. Elles établissent en revanche qu’il est né à Mataiea, sur l’île de Tahiti, le 23 septembre 1915. Mémoire des hommes précise qu’à l’issue de son service militaire il choisit la carrière militaire ; cette source date cette option du 15 août 1938, alors que la notice de l’Ordre de la Libération la situe plus généralement en 1936. Cette divergence chronologique est conservée et signalée ci-dessous.

Mémoire des hommes permet de préciser ses premiers grades : caporal le 1er juillet 1939, caporal-chef le 16 juillet 1940, puis sergent le 3 janvier 1941.

Engagement dans la Résistance

Après le ralliement de l’Océanie à la France libre en septembre 1940, Bernardino choisit de poursuivre le combat. Il se porte volontaire pour le corps expéditionnaire du Pacifique constitué sous l’autorité du commandant Félix Broche. Mémoire des hommes donne une date précise d’engagement dans les Forces françaises libres : 2 janvier 1941.

Il appartient ainsi à la Résistance extérieure, au sein de la France libre. Son parcours ne relève pas d’un réseau clandestin métropolitain mais de l’engagement militaire des volontaires polynésiens qui quittent le Pacifique pour combattre les forces de l’Axe.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Philippe Bernardino appartient d’abord au Bataillon du Pacifique (BP 1). Mémoire des hommes précise qu’il se porte initialement volontaire pour la Compagnie mixte d’infanterie coloniale, future composante du Bataillon du Pacifique au sein du Corps expéditionnaire français du Pacifique. Le détachement quitte Tahiti en 1941 et poursuit son entraînement avant d’être engagé au Moyen-Orient.

Après Bir Hakeim, les éléments encore opérationnels du Bataillon du Pacifique sont réunis à ceux du 1er Bataillon d’infanterie de marine. Cette fusion donne naissance au Bataillon d’infanterie de marine et du Pacifique (BIMP). Bernardino, alors sergent-chef, y poursuit la guerre. L’Ordre de la Libération retient explicitement ses deux unités d’appartenance : BP et BIMP.

Missions et actions

Avec le Bataillon du Pacifique, Bernardino participe à la campagne de Libye de 1942 et notamment à la bataille de Bir Hakeim. Il fait ainsi partie des volontaires polynésiens engagés dans cette bataille majeure de la 1re Brigade française libre.

Après la réorganisation consécutive à Bir Hakeim et son intégration au BIMP, il participe successivement aux opérations d’El Alamein, de Tripolitaine et de Tunisie. Son parcours se poursuit ensuite en Europe : campagne d’Italie, débarquement de Provence et campagne de France.

La campagne d’Italie conduit le BIMP dans les combats de mai 1944. Après le débarquement de Provence du 15 août 1944, l’unité participe notamment aux opérations de libération du sud de la France avant de remonter vers les Vosges. Une publication de l’Ordre de la Libération rappelle que les volontaires polynésiens du Bataillon du Pacifique et du BIMP combattent de Bir Hakeim à Monte Cassino, Toulon, Belfort et l’Alsace.

Philippe Bernardino poursuit la campagne de France jusqu’à la relève des Tahitiens en novembre 1944 dans les Vosges. L’Ordre de la Libération souligne la valeur militaire reconnue à Bernardino pendant ces opérations : il est promu adjudant et obtient sa deuxième citation au titre de la guerre 1939-1945.

Son parcours de guerre est ainsi exceptionnellement continu : parti du Pacifique, il combat en Afrique du Nord, au Moyen-Orient méditerranéen, en Italie puis en France.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation, détention, évasion ou déportation n’est documentée dans les sources consultées.

Philippe Bernardino est un combattant de la France libre engagé dans des unités régulières. Son parcours résistant est donc celui d’un volontaire des FFL ayant participé aux campagnes extérieures puis à la Libération du territoire métropolitain.

Camarades de combat

Le personnage central de son engagement initial est le commandant, puis lieutenant-colonel, Félix Broche, organisateur et chef du Bataillon du Pacifique. L’Ordre de la Libération confirme que Bernardino s’engage dans le corps expéditionnaire du Pacifique placé sous sa responsabilité. En octobre 2025, l’équipage du futur patrouilleur Philippe Bernardino a d’ailleurs rencontré François Broche, fils de Félix Broche, au musée de l’Ordre de la Libération, soulignant la persistance de cette mémoire commune.

Parmi les autres Compagnons polynésiens ayant combattu dans cet environnement figurent notamment Robert Hervé et Félix Broche. Une publication de l’Association des familles de Compagnon de la Libération les cite explicitement avec Bernardino parmi les Polynésiens ayant combattu à Bir Hakeim.

Cette appartenance commune au Bataillon du Pacifique est certaine ; en revanche, les sources consultées ne permettent pas de reconstituer précisément les relations personnelles de Bernardino avec chacun de ses camarades.

Retour à la vie civile

Philippe Bernardino demeure militaire après 1945. Il effectue d’abord un séjour de trois ans à Tahiti, puis sert de 1949 à 1951 au 3e Régiment d’infanterie coloniale à Versailles.

De 1952 à 1954, il sert en Indochine. Cette nouvelle campagne lui vaut plusieurs citations au titre des théâtres d’opérations extérieurs. Promu adjudant-chef, il est ensuite affecté à Papeete.

Il quitte finalement le service actif en septembre 1958. Il meurt à Papeete le 4 janvier 1963, à quarante-sept ans, et est inhumé au cimetière de l’Uranie à Papeete.

Décorations

Officier de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade d’officier est expressément attesté par la notice institutionnelle. La date précise de promotion n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Nomination par décret du 16 octobre 1945.

Médaille militaire. Source : Ordre de la Libération. La décoration est expressément attestée. La date d’attribution n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.

Croix de guerre 1939-1945 avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de deux citations sont explicitement attestés.

Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec quatre citations. Source : Ordre de la Libération. Les quatre citations correspondent à son parcours militaire postérieur à 1945, notamment en Indochine.

Médaille de la Résistance française. Source : Ordre de la Libération. La décoration est explicitement mentionnée dans la notice institutionnelle. La date et le décret d’attribution n’ont pas été établis avec suffisamment de certitude dans les sources numériques directement vérifiées.

Médaille coloniale avec agrafes « Libye 42 », « Bir-Hakeim », « Tripolitaine » et « Tunisie ». Source : Ordre de la Libération. La médaille et les quatre agrafes sont expressément attestées.

Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre. Source : Ordre de la Libération. La décoration est explicitement attestée par la notice institutionnelle.

Lieux de mémoire

Mataiea, à Tahiti, est le lieu de naissance de Philippe Bernardino le 23 septembre 1915. Son parcours demeure profondément associé à la mémoire des Tamari’i volontaires, les Polynésiens partis combattre avec la France libre. En 2026, le ministère des Armées le présente encore explicitement comme l’un de ces volontaires du Bataillon du Pacifique.

Papeete est son lieu de décès et de sépulture : Bernardino repose au cimetière de l’Uranie. Une rue de Papeete porte également son nom.

Sa mémoire connaît aujourd’hui un prolongement national particulièrement important. La Marine nationale a attribué son nom au cinquième des six nouveaux patrouilleurs d’outre-mer : le Philippe Bernardino. Destiné à la Polynésie française, ce bâtiment a connu sa prise d’armement pour essais le 27 mars 2026. Le ministère des Armées indique en septembre 2026 qu’il doit rejoindre Papeete en 2027 ; sa devise, « Dévoué, courageux, sûr », reprend directement les qualités associées au Compagnon.

Le musée de l’Ordre de la Libération conserve par ailleurs une photographie de Philippe Bernardino sous la référence 000659, associée à Bernardino et au BIMP.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Philippe Bernardino parmi les Compagnons issus de la France libre et, plus particulièrement, parmi les combattants ultramarins.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude utile pour replacer le ralliement des volontaires de 1940-1941 dans l’histoire collective des premiers Français libres.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Référence biographique récente permettant de confronter le parcours de Bernardino à celui des autres Compagnons.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Philippe Bernardino, source principale pour son état civil, son alias Firipi, ses unités, ses campagnes, ses promotions, l’Indochine, sa retraite et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/philippe-bernardino

Mémoire des hommes — ministère des Armées — Notice nominative permettant de préciser la date de naissance, l’engagement dans les FFL, la Compagnie mixte d’infanterie coloniale et les premiers grades de Bernardino. https://www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr/fichier/1159/13826734

Ordre de la Libération — Collections du musée — Fiche de collection de la photographie de Philippe Bernardino, référence 000659. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/630f0f7818d4961067e3ad51

Ministère des Armées et des Anciens combattants — Présentation officielle du patrouilleur outre-mer Philippe Bernardino, de sa devise et de l’hommage rendu au volontaire tahitien du Bataillon du Pacifique. https://www.defense.gouv.fr/en/node/24303

Ordre de la Libération — Lettre d’information d’octobre 2025 — Documentation relative à la visite au musée de l’équipage du patrouilleur Philippe Bernardino et à la transmission de sa mémoire. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-octobre-2025

Wikipédia — Article développé consacré à Philippe Bernardino, consulté conformément au protocole et confronté aux sources institutionnelles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Bernardino

Dossier d’homologation consulté

La recherche numérique menée pour la présente notice n’a pas permis d’identifier avec une certitude suffisante une cote GR 16 P correspondant à Philippe Bernardino dans les instruments accessibles en ligne. Aucune cote n’est donc proposée par extrapolation ou par simple rapprochement patronymique.

Le dossier physique original du Service historique de la Défense n’a pas été matériellement consulté pour cette notice.

L’identification de Bernardino et son appartenance aux Forces françaises libres sont néanmoins établies de manière institutionnelle par la notice de l’Ordre de la Libération et, indépendamment, par la fiche nominative de Mémoire des hommes, qui précise notamment son engagement dans les FFL le 2 janvier 1941.

Observations

Une divergence chronologique existe sur le début de sa carrière militaire. La notice de l’Ordre de la Libération indique que Bernardino « opte pour la carrière militaire en 1936 », tandis que Mémoire des hommes précise qu’à l’issue de son service militaire il choisit la carrière militaire le 15 août 1938. En l’absence de consultation de son dossier militaire individuel original, les deux données sont conservées sans tentative de conciliation artificielle.

Une seconde nuance concerne sa promotion au grade de sergent. L’Ordre de la Libération la situe dans le contexte du départ du Bataillon du Pacifique en mai 1941, tandis que Mémoire des hommes donne précisément le 3 janvier 1941. Cette dernière date, plus précise, est retenue dans la chronologie tout en signalant la différence de formulation.

L’alias Firipi est explicitement attesté par l’Ordre de la Libération. L’identité, la naissance à Mataiea, l’appartenance au Bataillon du Pacifique et au BIMP ainsi que le décès à Papeete rendent l’identification sans ambiguïté.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose sur plusieurs sources institutionnelles concordantes, principalement l’Ordre de la Libération et Mémoire des hommes, auxquelles s’ajoutent les collections du musée de l’Ordre de la Libération et des publications récentes du ministère des Armées. L’état civil, le ralliement, l’appartenance au Bataillon du Pacifique puis au BIMP, les grandes campagnes de 1942-1944, la carrière après-guerre et les principales décorations sont solidement établis. Deux différences chronologiques mineures concernant le début de carrière et la promotion au grade de sergent sont explicitement conservées. L’absence d’identification certaine d’une cote GR 16 P et de consultation matérielle du dossier militaire original constitue la principale limite archivistique.

Chronologie

DateÉvénement
23 septembre 1915Naissance à Mataiea, Tahiti.
1936 / 15 août 1938Début de carrière militaire selon l’Ordre de la Libération / Mémoire des hommes.
1er juillet 1939Nommé caporal selon Mémoire des hommes.
16 juillet 1940Nommé caporal-chef.
Septembre 1940Ralliement de l’Océanie à la France libre ; Bernardino se porte volontaire.
2 janvier 1941Engagement dans les Forces françaises libres selon Mémoire des hommes.
3 janvier 1941Nommé sergent selon Mémoire des hommes.
Mai 1941Départ des volontaires du Bataillon du Pacifique.
1942Campagne de Libye ; combat à Bir Hakeim.
1942Promu sergent-chef ; rejoint ensuite le BIMP.
1942Participe à la bataille d’El Alamein.
1942-1943Campagnes de Tripolitaine et de Tunisie.
1944Campagne d’Italie.
15 août 1944Débarquement de Provence avec les forces auxquelles appartient le BIMP.
Août-novembre 1944Campagne de France ; progression jusqu’aux Vosges.
Novembre 1944Relève des Tahitiens ; Bernardino est promu adjudant.
16 octobre 1945Nommé Compagnon de la Libération.
1949-1951Sert au 3e RIC à Versailles.
1952-1954Campagne d’Indochine.
Après 1954Promu adjudant-chef et affecté à Papeete.
Septembre 1958Prend sa retraite militaire.
4 janvier 1963Décès à Papeete ; inhumation au cimetière de l’Uranie.
2021La Marine nationale annonce qu’un patrouilleur outre-mer portera son nom.
27 mars 2026Prise d’armement pour essais du patrouilleur Philippe Bernardino.
2027Ralliement prévu du bâtiment à son port-base de Papeete.

Tableau des divergences entre sources

ÉlémentSourceDonnéeAppréciation
Début de carrière militaireOrdre de la Libération1936Formulation institutionnelle générale.
Début de carrière militaireMémoire des hommes15 août 1938Date précise donnée après le service militaire ; divergence non tranchée sans dossier individuel.
Grade de sergentOrdre de la LibérationSergent au moment du départ du BP en mai 1941Situe le grade dans le contexte du départ.
Grade de sergentMémoire des hommes3 janvier 1941Date précise retenue sous réserve de consultation du dossier original.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Philippe Bernardino, source principale pour l’identité, le parcours dans la France libre, les campagnes du BP et du BIMP, l’après-guerre et les décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/philippe-bernardino

Mémoire des hommes — ministère des Armées — Notice nominative utilisée pour préciser les premiers grades, la date d’engagement dans les FFL et le volontariat pour la Compagnie mixte d’infanterie coloniale. https://www.memoiredeshommes.defense.gouv.fr/fichier/1159/13826734

Ordre de la Libération — Collections du musée — Fiche de collection de la photographie de Philippe Bernardino, référence 000659. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/collection/630f0f7818d4961067e3ad51

Ordre de la Libération — Lettre d’information d’octobre 2025 — Source relative à la visite de l’équipage du patrouilleur Philippe Bernardino au musée et à la mémoire contemporaine du Compagnon. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/lettre-dinformation-octobre-2025

Ministère des Armées et des Anciens combattants — Présentation officielle 2026 du patrouilleur outre-mer Philippe Bernardino, de son implantation prévue à Papeete et de l’hommage rendu au volontaire tahitien. https://www.defense.gouv.fr/en/node/24303

Wikipédia — Article développé consacré à Philippe Bernardino, consulté conformément au protocole et confronté aux sources institutionnelles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Bernardino

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