La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

BERNARD Claude Jean

Claude Jean BERNARD, né le 14 mai 1900 à Charolles (Saône-et-Loire), mort le 11 novembre 1973 dans la même commune, Français, officier de l’infanterie coloniale, acteur du ralliement du Tchad à la France libre, chef d’état-major du général de Larminat puis de la 2e Division blindée du général Leclerc, colonel à la fin de la guerre, général de brigade après-guerre et Compagnon de la Libération par décret du 22 janvier 1946. L’état civil nominatif disponible donne les prénoms Claude Jean, tandis que l’Ordre de la Libération utilise la forme usuelle Claude Bernard.

Jeunesse et formation

Fils d’un pharmacien, Claude Bernard naît à Charolles le 14 mai 1900. Il choisit la carrière militaire et entre en 1920 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, au sein de la promotion dite « de la Devise du Drapeau ».

À sa sortie, il sert dans l’infanterie coloniale. Son parcours le conduit pendant quatre années au Soudan puis quatre autres années au Maroc. À partir de 1934, il est affecté en Afrique équatoriale française. Cette longue expérience africaine explique sa présence au Tchad lors de la crise décisive de l’été 1940.

Engagement dans la Résistance

En 1940, Claude Bernard est chef de bataillon et officier d’état-major auprès du colonel Marchand, commandant militaire du Tchad. Après avoir entendu l’appel du général de Gaulle, il s’engage activement dans le processus qui aboutit au ralliement du Tchad à la France libre le 26 août 1940. L’Ordre de la Libération le qualifie de « cheville ouvrière » de ce ralliement.

Son engagement relève donc essentiellement de la Résistance extérieure et de la France libre. Il n’appartient pas à un réseau clandestin métropolitain : son action est d’abord politico-militaire en Afrique française, puis opérationnelle au sein des forces de Leclerc.

À la fin de 1940, il est muté à Brazzaville comme chef d’état-major du général Edgard de Larminat, commandant les troupes de l’Afrique équatoriale française ralliée.

Appartenance à un réseau ou mouvement

L’Ordre de la Libération classe son appartenance sous la rubrique EM, c’est-à-dire état-major. Cette désignation reflète bien la nature de son rôle : Claude Bernard est avant tout un officier d’organisation, de planification et de coordination au sein des forces de la France libre.

À Brazzaville, il sert auprès de Larminat. Il travaille ensuite à fournir à la colonne de Leclerc les moyens humains et matériels nécessaires aux opérations sahariennes. Il rejoint finalement la Force L pendant la campagne de Tunisie, puis joue un rôle majeur dans la constitution de la 2e Division blindée, dont il devient chef d’état-major.

Missions et actions

À Brazzaville, Claude Bernard participe à l’organisation militaire de l’AEF française libre. Promu lieutenant-colonel en septembre 1942, il contribue à réunir et acheminer, malgré de grandes difficultés logistiques, les moyens destinés aux forces du général Leclerc. Ce travail soutient directement les campagnes du Fezzan et de Tripolitaine de 1942-1943.

Pendant cette période, le régime de Vichy le condamne à mort. Cette condamnation confirme la rupture complète de l’officier avec les autorités de Vichy et son engagement dans le camp de la France libre.

Bernard rejoint ensuite Leclerc et la Force L pendant la campagne de Tunisie. Bien que ses fonctions soient celles d’un officier d’état-major, il se trouve directement engagé et se distingue en première ligne lors des combats du Djebel Garci.

Lorsque la 2e Division blindée est mise sur pied, Claude Bernard en devient le chef d’état-major. Il exerce dès lors une fonction centrale auprès de Leclerc : préparation des opérations, coordination des unités et liaisons nécessaires au fonctionnement de la division.

Transféré avec la division en Grande-Bretagne puis débarqué en Normandie en 1944, il participe à la campagne de France. Une photographie conservée par le Musée de la Libération de Paris le montre aux côtés de Leclerc et de Jacques de Guillebon lors d’une halte entre Vesly et Le Mans en août 1944 ; l’institution l’identifie explicitement comme chef d’état-major de la 2e DB.

Il participe avec la division à la Libération de Paris le 25 août 1944. La documentation commémorative du département de Saône-et-Loire rappelle expressément cette participation.

Pendant la poursuite des opérations, Bernard accomplit plusieurs missions de liaison dans des secteurs dangereux, notamment en Lorraine, puis dans la plaine allemande. Il accompagne ainsi la 2e DB pendant les campagnes de France et d’Allemagne et termine la guerre avec le grade de colonel.

Arrestation / évasion / déportation

Claude Bernard n’a été ni arrêté ni déporté dans les sources consultées.

Il est en revanche condamné à mort par le régime de Vichy alors qu’il sert la France libre en Afrique. La notice de l’Ordre de la Libération mentionne explicitement cette condamnation dans le contexte de sa promotion au grade de lieutenant-colonel en septembre 1942.

Son parcours ne comporte donc pas d’évasion ou de déportation : après le ralliement du Tchad, son activité demeure militaire, en Afrique puis en Europe.

Camarades de combat

Le général Edgard de Larminat est l’un de ses principaux supérieurs au début de son parcours dans la France libre : Bernard devient son chef d’état-major à Brazzaville à la fin de 1940.

Le général Philippe Leclerc de Hauteclocque constitue ensuite la figure centrale de son parcours. Bernard contribue depuis l’AEF à fournir les moyens nécessaires aux campagnes de Leclerc, rejoint sa Force L en Tunisie, puis devient chef d’état-major de la 2e DB.

Le lieutenant-colonel Jacques de Guillebon est également directement documenté à ses côtés. Une photographie officielle prise pendant la progression de la 2e DB entre Vesly et Le Mans montre Bernard avec Leclerc et Guillebon. Une autre photographie du même secteur réunit notamment Bernard, Guillebon, Jean Crépin, André Gravier, Paul Repiton-Préneuf et Pierre Gotscho autour de Leclerc.

Retour à la vie civile

Claude Bernard poursuit sa carrière militaire après 1945. Il est promu général de brigade en août 1955. En 1956, à sa demande, il est placé par anticipation dans le cadre de réserve.

Il revient alors dans sa ville natale et participe à la gestion de la municipalité de Charolles. Les sources consultées permettent d’établir cette participation municipale, mais ne justifient pas de lui attribuer sans preuve une fonction élective précise.

Claude Bernard meurt à Charolles le 11 novembre 1973. Il est inhumé à Montceaux-l’Étoile, en Saône-et-Loire.

Décorations

Commandeur de la Légion d’honneur. Source : Ordre de la Libération. Le grade de commandeur est expressément attesté. La date du décret n’a pas été établie avec suffisamment de certitude dans les sources numériques consultées.

Compagnon de la Libération. Source : Ordre de la Libération. Attribution par décret du 22 janvier 1946.

Croix de guerre 1939-1945 avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de deux citations sont expressément attestés.

Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec deux citations. Source : Ordre de la Libération. La décoration et le nombre de deux citations sont expressément attestés.

Médaille de la Résistance française avec rosette. Source : Ordre de la Libération. La médaille et la rosette sont expressément attestées par la notice institutionnelle.

Médaille coloniale avec agrafes « Maroc », « AEF », « Fezzan-Tripolitaine » et « Tunisie ». Source : Ordre de la Libération. La décoration ainsi que les quatre agrafes sont explicitement indiquées par la notice institutionnelle.

Officer of the Legion of Merit (États-Unis). Source : Ordre de la Libération. Le grade d’Officer de cette décoration américaine est expressément attesté.

Lieux de mémoire

Charolles, en Saône-et-Loire, est à la fois sa ville natale et son lieu de décès. La commune a décidé en 2019 de donner le nom de passage Claude-Bernard à l’escalier reliant la rue du Château à l’avenue Maréchal-Leclerc, afin d’honorer le Compagnon de la Libération.

Le Tchad occupe une place centrale dans son parcours : c’est là qu’il participe activement au ralliement du territoire à la France libre le 26 août 1940. Brazzaville devient ensuite le centre de son travail d’état-major auprès du général de Larminat.

Le Fezzan, la Tripolitaine et la Tunisie, notamment le Djebel Garci, correspondent à la phase africaine de son action. La Normandie, Paris, la Lorraine puis l’Allemagne jalonnent ensuite son parcours comme chef d’état-major de la 2e DB.

Le Musée de la Libération de Paris conserve plusieurs photographies où Claude Bernard est formellement identifié aux côtés de Leclerc et d’autres officiers de la 2e DB pendant la campagne de Normandie.

Enfin, sa sépulture se trouve à Montceaux-l’Étoile, en Saône-et-Loire.

Références bibliographiques

1061 Compagnons : histoire des Compagnons de la Libération, Jean-Christophe Notin, Paris, Perrin, 2000, 822 p. Ouvrage général de référence permettant de replacer Claude Bernard parmi les officiers de la France libre devenus Compagnons de la Libération.

Les Compagnons de l’Aube, Guillaume Piketty, Paris, Textuel, 2014, 442 p. Étude utile pour replacer son choix de 1940 dans l’histoire collective des premiers engagements gaullistes.

Dictionnaire des Compagnons de la Libération, Vladimir Trouplin, Paris, Éditions Elytis, 2023. Référence biographique récente permettant de confronter son parcours individuel à l’histoire générale des Compagnons.

Références internet

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Claude Bernard, source principale pour son état civil, sa carrière coloniale, le ralliement du Tchad, son activité auprès de Larminat et Leclerc, la 2e DB, sa carrière après-guerre et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/claude-bernard

Paris Musées — Musée de la Libération de Paris, musée du général Leclerc, musée Jean Moulin — Photographie institutionnelle identifiant Claude Bernard aux côtés de Leclerc et de Jacques de Guillebon pendant la progression de la 2e DB en Normandie. https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-jean-moulin/oeuvres/le-general-de-division-philippe-leclerc-etendu-dans-l-herbe-a-cote-de-sa

Paris Musées — Musée de la Libération de Paris, musée du général Leclerc, musée Jean Moulin — Photographie de groupe réunissant Claude Bernard et plusieurs officiers de l’état-major de la 2e DB autour de Leclerc. https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-jean-moulin/oeuvres/le-general-leclerc-assis-dans-l-herbe-a-cote-de-sa-jeep-avec-six-officiers

Ville de Charolles — Procès-verbal du conseil municipal documentant la décision de dénommer un passage Claude-Bernard en hommage au Compagnon de la Libération. https://www.ville-charolles.fr/static/32719c421dd2ce7b8211ade86e616b85/-190927-0840-conseil-municipal-pv-du-18-juin–19.pdf

Wikipédia — Article développé consacré à Claude Bernard, consulté conformément au protocole et confronté aux sources institutionnelles. https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Bernard_(militaire)

Dossier d’homologation consulté

La recherche numérique menée pour cette notice n’a pas permis d’établir avec une certitude suffisante la cote GR 16 P correspondant à Claude Bernard. L’homonymie particulièrement forte du nom « Claude Bernard » rendrait imprudent d’attribuer une cote trouvée isolément sans contrôle nominatif complémentaire.

Le dossier original d’homologation du Service historique de la Défense n’a donc pas été matériellement consulté pour la présente notice. Aucune cote n’est proposée par déduction.

Cette lacune archivistique est compensée pour les éléments fondamentaux du parcours par la notice institutionnelle de l’Ordre de la Libération et par les collections photographiques identifiées du Musée de la Libération de Paris.

Observations

L’homonymie constitue le principal point de vigilance. Le Claude Bernard étudié ici est Claude Jean Bernard, né le 14 mai 1900 à Charolles. Une source nominative d’état civil indexée confirme cette forme complète.

L’orthographe du lieu d’inhumation varie dans les sources secondaires : on rencontre « Montceau l’Étoile » et « Montceaux-l’Étoile ». La commune actuelle porte officiellement la forme Montceaux-l’Étoile ; cette graphie est retenue ici.

Aucune contradiction substantielle n’a été relevée entre la notice de l’Ordre de la Libération, les collections du Musée de la Libération de Paris et les documents commémoratifs locaux sur les grandes étapes de son parcours.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A : La notice repose principalement sur la source institutionnelle de l’Ordre de la Libération, complétée par des documents iconographiques précisément identifiés du Musée de la Libération de Paris et par des sources publiques locales pour la mémoire de Claude Bernard à Charolles. Le ralliement du Tchad, les fonctions auprès de Larminat, l’appui aux campagnes du Fezzan et de Tripolitaine, la campagne de Tunisie, la fonction de chef d’état-major de la 2e DB et les campagnes de France et d’Allemagne sont solidement établis. L’absence de cote GR 16 P vérifiée constitue une limite archivistique, explicitement signalée, mais n’affecte pas l’identification ni les principales étapes du parcours.

Chronologie

DateÉvénement
14 mai 1900Naissance à Charolles (Saône-et-Loire).
1920Entre à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion de la Devise du Drapeau.
Années 1920-1930Sert quatre ans au Soudan puis quatre ans au Maroc dans l’infanterie coloniale.
1934Affectation en Afrique équatoriale française.
1940Chef de bataillon auprès du commandant militaire du Tchad, le colonel Marchand.
26 août 1940Participe activement au ralliement du Tchad à la France libre.
Fin 1940Devient à Brazzaville chef d’état-major du général de Larminat.
Septembre 1942Promu lieutenant-colonel ; condamné à mort par Vichy.
1942-1943Participe à l’organisation des moyens destinés aux campagnes du Fezzan et de Tripolitaine.
1943Rejoint Leclerc et la Force L en Tunisie ; combats du Djebel Garci.
1943Participe à la mise sur pied de la 2e DB et en devient chef d’état-major.
1944Transfert en Grande-Bretagne puis débarquement en Normandie avec la 2e DB.
25 août 1944Participe avec la 2e DB à la Libération de Paris.
1944-1945Campagnes de Lorraine puis d’Allemagne ; missions de liaison en zones dangereuses.
1945Termine la guerre avec le grade de colonel.
22 janvier 1946Nommé Compagnon de la Libération.
Août 1955Promu général de brigade.
1956Placé à sa demande dans le cadre de réserve.
Après 1956Participe à la gestion municipale de Charolles.
11 novembre 1973Décès à Charolles.
2019Charolles décide de donner son nom à un passage de la commune.

Sources consultées

Ordre de la Libération — Notice institutionnelle de Claude Bernard, source principale pour l’ensemble de son parcours militaire et ses distinctions.
https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/claude-bernard

Paris Musées — Musée de la Libération de Paris, musée du général Leclerc, musée Jean Moulin — Collection photographique documentant Claude Bernard dans l’état-major de la 2e DB pendant la campagne de Normandie.
https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-jean-moulin/oeuvres/le-general-de-division-philippe-leclerc-etendu-dans-l-herbe-a-cote-de-sa

Paris Musées — Musée de la Libération de Paris, musée du général Leclerc, musée Jean Moulin — Photographie collective de l’état-major de la 2e DB autour de Leclerc.
https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/musee-jean-moulin/oeuvres/le-general-leclerc-assis-dans-l-herbe-a-cote-de-sa-jeep-avec-six-officiers

Ville de Charolles — Procès-verbal du conseil municipal documentant l’hommage rendu à Claude Bernard par la dénomination d’un passage.
https://www.ville-charolles.fr/static/32719c421dd2ce7b8211ade86e616b85/-190927-0840-conseil-municipal-pv-du-18-juin–19.pdf

Département de Saône-et-Loire — Documentation du 80e anniversaire de la Libération rappelant le rôle de Claude Bernard comme chef d’état-major de la 2e DB et sa participation à la Libération de Paris.

Wikipédia — Article consacré à Claude Bernard, consulté conformément au protocole et confronté aux sources institutionnelles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Bernard_(militaire)

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