Robert Joseph Alexandre SENOUILLET, alias « Mistral », né le 23 avril 1907 à Marseille (Bouches-du-Rhône), mort le 11 septembre 1999 à Boutigny-sur-Essonne (Essonne), français. Son identification comme chef du réseau de renseignement Cotre est confirmée à la fois par les archives du Service historique de la Défense et par les Archives départementales des Bouches-du-Rhône.
Robert Senouillet naît à Marseille le 23 avril 1907. Son dossier administratif de résistant donne ses prénoms complets, Robert Joseph Alexandre, ainsi que son lieu de naissance. Les recherches ouvertes n’ont pas permis de reconstituer de façon suffisamment sûre sa formation scolaire, universitaire ou professionnelle avant la guerre.
Il survit à la Seconde Guerre mondiale et meurt le 11 septembre 1999 à Boutigny-sur-Essonne, à l’âge de 92 ans. Les Archives départementales des Bouches-du-Rhône donnent également les bornes biographiques 1907-1999 pour le producteur du fonds 112 J.
Sous le pseudonyme de « Mistral », Robert Senouillet prend une place centrale dans le renseignement clandestin de la France combattante. Le réseau Cotre appartient au dispositif de Phratrie, réseau dépendant du Bureau central de renseignements et d’action, le BCRA. Les travaux de Jean-Marie Guillon situent les débuts de l’organisation de Cotre dans le Sud-Est à l’automne 1942 et indiquent que Senouillet commence notamment à recruter à Fréjus.
Le Service historique de la Défense confirme son appartenance aux Forces françaises combattantes : le dossier GR 16 P 295696 porte la mention d’une homologation FFC ainsi que d’une homologation au titre des Français libres.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Robert Senouillet est le chef documenté du réseau Cotre, réseau de renseignement rattaché à Phratrie et, par cette organisation, au BCRA. Les instruments de recherche du SHD consacrent au réseau Cotre les cotes GR 28 P 4 55 à 56 ; le dossier individuel de Robert Senouillet apparaît sous GR 28 P 4 55/7, avec renvoi au dossier administratif GR 16 P 295696.
Les sources décrivant l’organisation de Phratrie présentent Cotre comme un réseau implanté initialement dans la région marseillaise, avec une extension vers le littoral et le Languedoc. Les travaux historiques consacrés au Var situent Senouillet parmi les responsables de Phratrie qui mettent en place leurs réseaux dans le Sud-Est à partir de l’automne 1942.
Cotre est avant tout un réseau de renseignement. Sa mission consiste à recruter des agents, établir des liaisons clandestines, recueillir des renseignements utiles aux services alliés et les faire remonter vers Phratrie et le BCRA.
La documentation conservée au SHD montre que Cotre constitue une véritable organisation structurée disposant de dossiers d’agents et d’une administration propre. Robert Senouillet apparaît dans cet ensemble non comme un simple membre, mais comme l’un des responsables principaux du réseau.
Les Archives départementales des Bouches-du-Rhône qualifient explicitement Senouillet de « chef du réseau Cotre » dans la présentation de son fonds privé 112 J 1-2. Ce fonds contient des documents relatifs à la Résistance ainsi qu’à l’amicale du réseau Cotre, couvrant la période 1938-1983. Cette conservation archivistique constitue une confirmation institutionnelle particulièrement solide de son rôle de commandement.
Une notice MVR consacrée à Germaine Aubergy rapporte qu’en 1943 celle-ci fut présentée au « lieutenant-colonel Robert Senouillet dit Mistral », qui commandait Cotre. Cette indication concorde avec les sources archivistiques établissant sa direction du réseau.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, détention ou déportation de Robert Senouillet n’a été établie dans les sources ouvertes consultées.
Il survit à la clandestinité et à la guerre. Son dossier individuel Cotre couvre administrativement la période 1944-1959, et ses archives personnelles comprennent également les activités postérieures de l’amicale du réseau.
Le réseau Cotre comprend de nombreux agents et relais. Les dossiers conservés au SHD mentionnent notamment Pierre Marteil, Fernand Suzanne, Paulette Moulines épouse Mizzi, Pierre Mizzi, Lucien Grange et Pauline Raffalle épouse Mire parmi les dossiers individuels du réseau.
Dans le Gard, Jacques Taulelle est attesté comme responsable sous l’autorité duquel Jean Rouveyrol entre à Cotre en mai 1943. Jean Rouveyrol, gardien de la paix à Alès, y devient agent de renseignement.
La documentation MVR consacrée à Germaine Aubergy atteste également les liens directs de Senouillet avec certains agents permanents de Cotre à Marseille.
Robert Senouillet survit à la guerre et contribue ensuite à la conservation de la mémoire du réseau Cotre.
Les Archives départementales des Bouches-du-Rhône conservent sous la cote 112 J 1-2 ses archives personnelles concernant à la fois la Résistance et l’amicale du réseau Cotre. La période couverte, 1938-1983, indique une activité mémorielle et associative prolongée bien après la Libération.
Il meurt le 11 septembre 1999 à Boutigny-sur-Essonne.
Médaille de la Résistance Française par décret du 15 octobre 1945 JO 20 octobre 1945 Source Ordre de la Libération Côte du dossier : 1O57778
Aucune autre décoration n’a pu être vérifiée avec certitude dans les sources institutionnelles consultées.
Le principal lieu de conservation de sa mémoire documentaire est constitué par les Archives départementales des Bouches-du-Rhône, qui conservent le fonds 112 J 1-2, archives de Robert Senouillet (1907-1999), chef du réseau Cotre.
Le Service historique de la Défense conserve parallèlement son dossier individuel GR 16 P 295696 et les archives du réseau Cotre sous GR 28 P 4 55 à 56.
La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, Jean-Marie Guillon, thèse, Ces recherches permettent de replacer Robert Senouillet et Cotre dans la mise en place des réseaux du BCRA et de Phratrie sur le littoral méditerranéen.
Les services secrets du général de Gaulle : le BCRA, 1940-1944, Sébastien Albertelli, Perrin, 2009. Cet ouvrage fournit le cadre général permettant de comprendre le fonctionnement du BCRA et des réseaux de renseignement qui lui sont liés.
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot (dir.), Robert Laffont, 2006. Ouvrage de référence sur les organisations, réseaux, missions et structures de la Résistance intérieure.
Archives départementales des Bouches-du-Rhône. La présentation des fonds privés identifie explicitement le fonds 112 J 1-2 comme les « archives de Robert Senouillet (1907-1999), chef du réseau Cotre » et précise qu’il contient des documents sur la Résistance et l’amicale du réseau. https://www.archives13.fr/ark:/40700/2739982
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense. L’index de la sous-série GR 16 P donne Robert Joseph Alexandre Senouillet, né le 23 avril 1907 à Marseille, cote GR 16 P 295696, homologué au titre des FFC.
Service historique de la Défense. L’inventaire GR 28 P 4 identifie les archives du réseau Cotre, cotes GR 28 P 4 55 à 56, et le dossier individuel de Robert Senouillet sous GR 28 P 4 55/7, avec renvoi au GR 16 P 295696.
Var 39-45 — travaux de Jean-Marie Guillon. Le chapitre sur la structuration de la Résistance non communiste indique que Cotre dépend de Phratrie et que Senouillet commence à recruter à Fréjus lors de l’implantation des réseaux du BCRA dans la région.
Mémoire Vive de la Résistance. La notice consacrée à Germaine Aubergy mentionne Robert Senouillet, dit « Mistral », comme commandant du réseau Cotre en 1943. https://mvr.asso.fr/aubergy-nee-gabay/
Dossier d’homologation consulté
Le dossier administratif est identifié avec précision : SHD GR 16 P 295696 — SENOUILLET, Robert Joseph Alexandre, né le 23 avril 1907 à Marseille. L’index indique une homologation au titre des FFC ainsi qu’une homologation dans la colonne FFL.
Le fonds collectif GR 28 P 4 55 à 56 — Réseau Cotre contient en outre un dossier individuel Robert Senouillet, GR 28 P 4 55/7, couvrant 1944-1959.
Les dossiers originaux n’ont pas été dépouillés pièce par pièce dans le cadre de la consultation en ligne.
La graphie rencontrée est principalement Senouillet ; certaines sources secondaires emploient Sénouillet. La forme sans accent correspond au dossier SHD.
Le pseudonyme « Mistral » est solidement attesté.
Aucune photographie certaine de Robert Senouillet n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, la date et le lieu de naissance, l’appartenance aux FFC, la cote SHD et surtout la fonction de chef du réseau Cotre sont établies par plusieurs sources institutionnelles concordantes, notamment le SHD et les Archives départementales des Bouches-du-Rhône.
| Date | Événement |
| 23 avril 1907 | Naissance à Marseille |
| automne 1942 | Mise en place de Cotre dans le Sud-Est ; recrutement notamment dans la région de Fréjus |
| 1943-1944 | Direction du réseau Cotre sous le pseudonyme « Mistral » |
| 1944-1959 | Période couverte par son dossier individuel dans les archives collectives Cotre |
| après 1945 | Participation à la mémoire et à l’amicale du réseau Cotre |
| 11 septembre 1999 | Mort à Boutigny-sur-Essonne |
Sources consultées
Archives départementales des Bouches-du-Rhône, présentation des fonds privés, mention du fonds 112 J 1-2, archives de Robert Senouillet (1907-1999), chef du réseau Cotre, contenant des documents sur la Résistance et l’amicale du réseau. https://www.archives13.fr/ark:/40700/2739982
Musée de la Résistance en ligne / Service historique de la Défense, index de la sous-série GR 16 P, lettre S. Cette source a fourni les prénoms complets, la date et le lieu de naissance, la cote GR 16 P 295696 et les homologations.
Service historique de la Défense, inventaire de la sous-série GR 28 P 4. Cette source a permis d’identifier les archives du réseau Cotre sous GR 28 P 4 55 à 56 et le dossier individuel Robert Senouillet sous GR 28 P 4 55/7.
Var 39-45, travaux de Jean-Marie Guillon, chapitre sur la Résistance non communiste. La source situe Cotre parmi les réseaux de Phratrie dépendant du BCRA et mentionne l’activité de recrutement de Senouillet à Fréjus.
Mémoire Vive de la Résistance, notice Germaine Aubergy. Cette source atteste que Robert Senouillet, dit « Mistral », commandait Cotre en 1943. https://mvr.asso.fr/aubergy-nee-gabay/