Henri Honoré GIRAUD, né le 18 janvier 1879 à Paris, mort le 11 mars 1949 à Dijon (Côte-d’Or), Français.
Élève de Saint-Cyr à partir de 1898, Giraud mène une longue carrière dans l’infanterie et les troupes d’Afrique. Pendant la Première Guerre mondiale, blessé et capturé en août 1914, il réussit déjà une première évasion. Il sert ensuite au Maroc et joue un rôle important pendant la guerre du Rif.
Commandant de la 9e armée en mai 1940, il est capturé par les Allemands et enfermé à la forteresse de Königstein. Après deux années de préparation, il s’en évade spectaculairement le 17 avril 1942. Son évasion est facilitée par des officiers français, des filières clandestines alsaciennes et des appuis britanniques.
Revenu en France, il adresse à Pétain une lettre indiquant qu’il ne souhaite pas agir contre son gouvernement, puis accepte de traiter directement avec les Américains en vue de l’opération Torch.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Giraud n’appartient pas à un réseau clandestin comparable à Combat, Libération ou Alliance.
Après Torch, il devient commandant en chef civil et militaire en Afrique française, puis coprésident avec de Gaulle du Comité français de Libération nationale créé le 3 juin 1943.
Missions et actions
Il participe à la remise en guerre de l’armée d’Afrique contre l’Axe, à la campagne de Tunisie et au réarmement des unités françaises par les États-Unis. Il soutient également l’opération permettant la libération de la Corse en septembre 1943. Son autorité est progressivement réduite face à de Gaulle, qui prend l’ascendant politique dans le CFLN.
Arrestation / évasion / déportation
Capturé le 19 mai 1940, interné à Königstein, évadé le 17 avril 1942. Il ne connaît pas la déportation concentrationnaire.
Camarades de combat
Ses interlocuteurs et partenaires comprennent notamment les généraux Charles Mast, Dwight D. Eisenhower et Mark Clark. La relation Giraud-de Gaulle, est fortement conflictuelle.
Retour à la vie civile
Écarté du commandement en avril 1944, Giraud survit à un attentat à Mostaganem en août 1944. Il est élu député en 1946 et siège au Conseil supérieur de la guerre. Il meurt en mars 1949 et est inhumé aux Invalides.
Décorations
- Grand-croix de la Légion d’honneur
- Médaille militaire
- Croix de guerre 1914-1918
- Croix de guerre 1939-1945
- Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs
- Médaille des Évadés
- Croix du Combattant
- Médaille coloniale, avec agrafes correspondant à ses campagnes
- Médaille interalliée de la Victoire 1914-1918
- Médaille commémorative de la Grande Guerre
- Grand-croix de l’Ordre de la Couronne de Belgique
- Croix de guerre belge
- Legion of Merit des États-Unis
- Ordre du Ouissam alaouite (Maroc)
- Ordre du Nichan Iftikhar (Tunisie)
Lieux de mémoire
Forteresse de Königstein ; Afrique du Nord ; Corse ; Hôtel national des Invalides.
Références bibliographiques
Mes évasions, Henri Giraud, récit de ses captivités et évasions.
Un seul but : la victoire. Alger 1942-1944, Henri Giraud, témoignage consacré à son action en Afrique du Nord.
Références internet
Mémoire Vive de la Résistance — Henri Honoré Giraud. Notice individuelle et évasion de Königstein. https://mvr.asso.fr/giraud/
Ministère des Armées — Henri Giraud. Biographie institutionnelle détaillée, incluant Torch, le CFLN, la Corse et les rapports avec Vichy. https://www.defense.gouv.fr/chemins-memoire/histoire-memoires/personnalites/personnalites-lettre-e-lettre-m/henri-giraud
Service historique de la Défense — fonds général Henri Giraud. Fonds GR 1 K 653, notamment consacré à ses campagnes marocaines. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1482917
Dossier d’homologation consulté
Aucun dossier individuel d’homologation de résistant n’a été consulté. Le fonds personnel GR 1 K 653 a été identifié au SHD, mais il ne constitue pas un dossier d’homologation de Résistance.
Observations
La qualification de Giraud exige une nuance essentielle : son évasion, sa reprise du combat et son rôle militaire anti-allemand sont incontestables, mais son maintien initial de la législation de Vichy en Afrique du Nord et son opposition au gaullisme interdisent de le présenter simplement comme un résistant gaulliste.
Indice de fiabilité Niveau A — excellent.
L’identité d’Henri Giraud, son état civil, sa carrière militaire, sa captivité en Allemagne, son évasion de la forteresse de Königstein le 17 avril 1942, son rôle dans les événements entourant l’opération Torch, son commandement en Afrique du Nord, sa coprésidence du Comité français de Libération nationale avec Charles de Gaulle et son éviction progressive du commandement sont abondamment documentés par des sources institutionnelles, militaires et archivistiques concordantes. L’existence d’un fonds personnel conservé au Service historique de la Défense renforce la solidité documentaire de la notice.
Réserve : le niveau A concerne la fiabilité des faits biographiques et militaires, et non l’interprétation historiographique de la place de Giraud dans la Résistance. Sa relation avec le régime de Vichy, son positionnement politique en Afrique du Nord après novembre 1942 et son affrontement avec de Gaulle nécessitent une présentation nuancée. Ces questions d’interprétation ne remettent cependant pas en cause l’identification de la personnalité ni les principaux événements de son parcours.
Chronologie
18 janvier 1879 — Naissance à Paris.
19 mai 1940 — Capturé.
17 avril 1942 — Évasion de Königstein.
Novembre 1942 — Opération Torch et arrivée en Afrique du Nord.
3 juin 1943 — Coprésident du CFLN avec de Gaulle.
Septembre 1943 — Libération de la Corse.
Avril 1944 — Écarté du commandement en chef.
11 mars 1949 — Décès à Dijon.
Sources consultées
Mémoire Vive de la Résistance — GIRAUD Henri Honoré. Vérification de la notice individuelle et du récit de l’évasion. https://mvr.asso.fr/giraud/
Ministère des Armées — Henri Giraud. État civil, carrière, captivité, Torch, CFLN, Corse et sortie du commandement. https://www.defense.gouv.fr/chemins-memoire/histoire-memoires/personnalites/personnalites-lettre-e-lettre-m/henri-giraud
Service historique de la Défense — Général Henri Giraud. Identification du fonds GR 1 K 653. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1482917