La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

OBOLENSKI Nicolas Alexandrovitch

Nicolas Alexandrovitch OBOLENSKY, né le 16 janvier 1900 à Saint-Pétersbourg (Empire russe), mort le 5 juillet 1979 à Colombes (Hauts-de-Seine), réfugié russe en France puis figure de l’Église orthodoxe en France.

Issu de la famille princière Obolensky, Nicolas Alexandrovitch Obolensky est le fils d’Alexandre Nicolaïevitch Obolensky et de Salomé Dadiani. Une source mémorielle consacrée au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois indique qu’il fut le filleul de l’impératrice Maria Feodorovna. Il étudie au Corps des Pages en Russie avant de poursuivre sa formation en Europe et d’obtenir un diplôme d’économie de l’université de Genève.

Après la révolution russe, il quitte son pays et finit par s’établir en France. Il épouse en 1937 Véra Makarova, future Véra Obolensky, qui devient l’une des figures importantes de l’OCM.

Engagement dans la Résistance

Nicolas Obolensky s’engage lui aussi contre l’occupation allemande. Les sources le présentent comme agent de renseignement en territoire occupé et officier des Forces françaises de l’intérieur. La notice MVR consacrée à son épouse confirme son engagement résistant, son accession au grade de lieutenant FFI et sa déportation.

Son engagement doit être distingué de celui de Véra Obolensky : la documentation disponible est beaucoup plus abondante pour cette dernière et ne permet pas d’attribuer automatiquement à Nicolas les fonctions qu’elle exerçait au secrétariat central de l’OCM.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Les sources disponibles rattachent Nicolas Obolensky au milieu résistant dans lequel agit son épouse et le qualifient d’agent de renseignement et d’officier des Forces françaises de l’intérieur.

Son rattachement administratif précis à l’OCM ou à une structure homologuée particulière n’a pas pu être établi avec le même degré de précision que pour Véra Obolensky.

Missions et actions

Son activité de renseignement en territoire occupé est attestée par plusieurs sources secondaires concordantes. Les détails opérationnels des missions qui lui furent personnellement confiées n’ont cependant pas été suffisamment documentés pour être décrits sans risque de confusion avec les activités de son épouse.

Arrestation / évasion / déportation

Nicolas Obolensky est arrêté par la Gestapo en 1944, emprisonné puis déporté au camp de concentration de Buchenwald. Il y survit et est libéré par les troupes américaines en avril 1945.

À son retour à Paris, il ignore encore le sort de son épouse. Il apprend après plusieurs semaines que Véra a été exécutée à Berlin le 4 août 1944.

Camarades de combat

Véra Obolensky constitue la personne la plus directement associée à son engagement. Par son intermédiaire, son parcours appartient au milieu de l’OCM animé successivement par Jacques Arthuys et Alfred Touny, mais les sources consultées ne permettent pas de dresser avec sûreté une liste de ses camarades opérationnels personnels.

Retour à la vie civile

La déportation et la mort de son épouse marquent profondément sa vie après 1945. Les sources mémorielles indiquent que son expérience de Buchenwald contribue à une évolution spirituelle qui le conduit progressivement vers le sacerdoce orthodoxe.

Il est ordonné prêtre en mars 1963 à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky de Paris. Devenu le « Père Nicolas », il exerce une activité pastorale importante et participe au rayonnement de l’Église orthodoxe en France ainsi qu’au dialogue œcuménique.

Il meurt le 5 juillet 1979 à Colombes. Ses obsèques à la cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky témoignent de la place qu’il avait acquise dans la communauté orthodoxe de France.

Décorations

Médaille de la Résistance française avec rosette par décret du 03 août 1946 JO 13 octobre 1946 Source Ordre de la Libération. Côte du dossier : 1O47374

Croix de guerre avec palme et citation à l’ordre de l’Armée — mentionnée par plusieurs sources secondaires concordantes ; décret ou citation primaire non retrouvé lors des présentes recherches.

Officier de la Légion d’honneur — mentionné par plusieurs sources secondaires concordantes ; dossier ou décret primaire non retrouvé lors des présentes recherches.

Lieux de mémoire

Nicolas Obolensky repose au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, tombe 5740 selon la base mémorielle du cimetière.

La cathédrale Saint-Alexandre-Nevsky à Paris constitue également un lieu majeur de sa mémoire en raison de son ministère sacerdotal après-guerre. Buchenwald demeure le lieu central associé à son parcours de déporté.

Références bibliographiques

Arthur Calmette, L’OCM. Histoire d’un mouvement de Résistance de 1940 à 1946, Presses universitaires de France, 1961. Ouvrage de référence pour le cadre résistant dans lequel évoluent Véra et Nicolas Obolensky.

Gilles Perrault, Dictionnaire amoureux de la Résistance, Fayard, 2014. L’entrée consacrée à Véra Obolensky permet de replacer le couple dans le milieu de la Résistance russe en France et de l’OCM.

Références internet

Cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois. Notice consacrée au prince Nicolas Alexandrovitch Obolensky : état civil, origine familiale, formation, engagement résistant, déportation à Buchenwald, libération et carrière ecclésiastique. Prince Nicolas Alexandrovitch Obolensky

Mémoire Vive de la Résistance. Notice de Véra Obolensky confirmant que Nicolas Obolensky s’engage dans la Résistance, devient lieutenant FFI et connaît la déportation. Véra Obolensky – MVR

Le Monde. L’article nécrologique « Père Nicolas », publié le 23 juillet 1979, confirme sa libération de Buchenwald en avril 1945, son retour à Paris, la découverte ultérieure du sort de Véra et son engagement religieux après la guerre. Père Nicolas – Le Monde

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote SHD nominative certaine n’a pu être retrouvée et vérifiée directement lors des présentes recherches.

Observations

Les principales difficultés documentaires concernent le détail de l’activité clandestine personnelle de Nicolas Obolensky et ses décorations. Son existence, son engagement résistant, son grade FFI, sa déportation à Buchenwald, sa survie et son ministère orthodoxe après-guerre sont en revanche établis par plusieurs sources concordantes.

Une divergence secondaire existe sur le grade, certaines sources employant « lieutenant » et d’autres « sous-lieutenant ». Faute de dossier d’homologation directement consulté, la notice conserve cette divergence et privilégie la formulation « officier des FFI » lorsqu’une précision de grade n’est pas indispensable.

Indice de fiabilité de la notice

Niveau B — L’identité, l’engagement résistant, la déportation à Buchenwald, la libération et le parcours ecclésiastique après-guerre sont établis par plusieurs sources concordantes. Les détails opérationnels, le grade exact et les textes primaires relatifs aux décorations restent à confirmer.

Chronologie

DateÉvénement
16 janvier 1900Naissance à Saint-Pétersbourg
1918Départ de Russie selon les sources biographiques
1937Mariage avec Véra Makarova
1940-1944Engagement dans la Résistance
1944Arrestation par la Gestapo
1944-1945Déportation à Buchenwald
Avril 1945Libération du camp
Mars 1963Ordination sacerdotale orthodoxe à Paris
5 juillet 1979Mort à Colombes

Sources consultées

Mémoire Vive de la Résistance. Notice « Véra Apollonovna Obolensky » : engagement de Nicolas Obolensky dans la Résistance, grade de lieutenant FFI et déportation. Mémoire Vive de la Résistance

Cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois. Notice « Prince Nicolas Obolensky » : naissance, décès, formation, mariage, engagement résistant, déportation à Buchenwald, libération en 1945 et carrière ecclésiastique. Cimetière russe – Nicolas Obolensky

Le Monde. Gabriel Matzneff, « Père Nicolas », 23 juillet 1979 : libération de Buchenwald, retour à Paris, mort de Véra et vocation religieuse ultérieure. Le Monde – Père Nicolas

Français Libres. Fiche contributive consacrée à Nicolas Obolensky : activité de renseignement, arrestation, déportation, décorations et ordination sacerdotale ; utilisée comme source secondaire et recoupée pour les faits essentiels. Nicolas Obolensky – Français Libres

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