Pierre François GARBAY, né le 4 octobre 1903 à Gray, Haute-Saône, France, mort le 17 juillet 1980 à Montluçon, Allier, France, Français.
Pierre Garbay naît le 4 octobre 1903 à Gray, Haute-Saône, France. D’origine modeste, il étudie à Gray puis au lycée de Besançon. Il est admis en 1922 à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion « Metz et Strasbourg », et en sort sous-lieutenant en 1924.
Il choisit l’infanterie coloniale. Sa carrière le conduit d’abord au Maroc, où il participe aux combats du Rif, puis en Chine. Après un retour en métropole et un stage à Versailles, il repart servir à l’état-major du détachement français de Shanghai. En 1938, il est affecté en Afrique équatoriale française au Régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad.
Engagement dans la Résistance
Pierre Garbay refuse l’armistice de 1940 et joue un rôle actif dans le ralliement du Tchad à la France libre en août 1940. Il rejoint ainsi les Forces françaises libres et est nommé chef de bataillon en septembre 1940.
À la tête du Bataillon de marche n° 3 de l’Afrique équatoriale française, il participe à la campagne d’Érythrée. Les 21 et 22 février 1941, son bataillon enlève la position de Kub-Kub et fait plusieurs centaines de prisonniers. Il participe ensuite à la prise de Keren.
Le général de Gaulle lui remet la Croix de la Libération le 26 mai 1941 en Palestine.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Pierre Garbay est membre des Forces françaises libres, puis sert dans les formations de la France libre qui constituent la 1re Division française libre.
L’Ordre de la Libération documente son appartenance au Bataillon de marche n° 3 et à la 2e Brigade. À partir de 1944, son parcours est étroitement lié à la 1re DFL, devenue administrativement 1re Division de marche d’infanterie.
Missions et actions
Après les campagnes d’Afrique orientale et de Syrie, Pierre Garbay exerce des commandements au sein des brigades françaises libres. Il combat en Cyrénaïque, en Tunisie puis en Italie. Le 26 avril 1944, il débarque en Italie avec la 1re DFL et participe aux opérations de la 2e Brigade.
Promu colonel en juin 1944, il débarque en Provence le 17 août 1944 et commande par intérim l’infanterie divisionnaire de la 1re DFL pendant les combats de Hyères, Toulon et de la vallée du Rhône.
Après la mort accidentelle du général Diego Brosset le 20 novembre 1944, Pierre Garbay prend le commandement de la 1re DFL. Sous ses ordres, la division combat dans les Vosges et en Alsace. Rappelée en Alsace au début de janvier 1945, elle mène du 7 au 11 janvier une difficile bataille défensive sur l’Ill. Du 23 janvier au 1er février 1945, elle participe de manière décisive à la réduction de la poche de Colmar.
En avril 1945, Garbay conduit encore la division dans la bataille de l’Authion, dans les Alpes-Maritimes, avant le franchissement des Alpes vers l’Italie à la veille de la capitulation allemande.
Arrestation / évasion / déportation
Pierre Garbay n’est ni arrêté ni déporté pendant son engagement. Son parcours est celui d’un officier combattant de la France libre engagé sur plusieurs théâtres d’opérations.
Camarades de combat
Parmi ses principaux compagnons d’armes figurent le général Diego Brosset, auquel il succède à la tête de la 1re DFL, ainsi que les cadres et combattants des brigades françaises libres qu’il commande successivement. Son parcours le place également dans la chaîne de commandement du général de Gaulle et, en 1944-1945, dans celle de la 1re Armée française du général Jean de Lattre de Tassigny.
Pendant la poche de Colmar, la 1re DFL combat dans le même ensemble opérationnel que les divisions marocaines, coloniales et blindées engagées par la 1re Armée.
Retour à la vie civile
Après la guerre, Pierre Garbay conserve de hautes responsabilités militaires. Il commande les troupes de Madagascar à partir de 1947, puis exerce des fonctions dans l’océan Indien, en Indochine et en Tunisie. Il commande ensuite la zone de défense AOF-Togo et exerce plusieurs fonctions interarmées.
Promu général d’armée en 1958, il devient gouverneur militaire de Paris en 1959. Le 1er avril 1961, il est placé en deuxième section sur sa demande. Il meurt le 17 juillet 1980 à Montluçon, Allier, France, et est inhumé à Velesmes-Échevanne, Haute-Saône, France.
Décorations
- Grand-croix de la Légion d’honneur — Source : Ordre de la Libération.
- Compagnon de la Libération — décret du 25 juin 1941 — Source : Ordre de la Libération.
- Croix de guerre 1939-1945 avec sept citations — Source : Ordre de la Libération.
- Croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieurs avec deux citations — Source : Ordre de la Libération.
- Croix du combattant — Source : Ordre de la Libération.
- Croix du combattant volontaire 1939-1945 — Source : Ordre de la Libération.
- Médaille de la Résistance française avec rosette — Source : Ordre de la Libération.
- Médaille coloniale avec agrafes « Maroc 1925 », « AFL », « Érythrée », « Libye », « Tunisie » — Source : Ordre de la Libération.
- Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre — Source : Ordre de la Libération.
- Distinguished Service Cross, États-Unis — Source : Ordre de la Libération.
- Distinguished Service Order, Royaume-Uni — Source : Ordre de la Libération.
- Commander of the Order of the British Empire, Royaume-Uni — Source : Ordre de la Libération.
- Mention in Despatches, Royaume-Uni — Source : Ordre de la Libération.
Lieux de mémoire
Pierre Garbay est inhumé à Velesmes-Échevanne, Haute-Saône, France. L’Ordre de la Libération conserve son dossier de Compagnon, des correspondances, des documents relatifs à ses décorations et des pièces concernant sa sépulture et les hommages qui lui ont été rendus.
Sa mémoire est également inséparable de celle de la 1re DFL, unité Compagnon de la Libération, et des lieux de combat de la France libre en Afrique, en Italie, en Provence, dans les Vosges, en Alsace et dans les Alpes-Maritimes.
Références bibliographiques
Histoire de la Première Division française libre, ouvrages et historiques consacrés à la 1re DFL, utiles pour replacer le commandement de Pierre Garbay dans les opérations de 1944-1945.
Histoire de la Première Armée française, Jean de Lattre de Tassigny, Plon, Paris, 1949. Ouvrage majeur pour les opérations d’Alsace et la poche de Colmar.
Les Français libres, travaux historiques consacrés aux Forces françaises libres et à leurs cadres, utiles pour le parcours de Garbay avant 1944.
Références internet
Ordre de la Libération — Notice officielle de Pierre Garbay, détaillant sa naissance, son ralliement à la France libre, ses campagnes, son commandement de la 1re DFL, la poche de Colmar, sa carrière après-guerre et ses décorations. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/pierre-garbay
Ordre de la Libération — Instrument de recherche des archives des Compagnons, dossier Pierre Garbay 1 A 381, comprenant pièces relatives à la Croix de la Libération, correspondances, citations et décorations.
Service historique de la Défense — Notice du 2e corps d’armée mentionnant la 1re Division de marche d’infanterie sous les ordres du général Garbay. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/ark/1468837
Wikipédia — Notice développée consultée comme source secondaire d’orientation et recoupée avec l’Ordre de la Libération. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Garbay
Dossier d’homologation consulté
Le dossier de Compagnon de la Libération de Pierre Garbay est identifié sous la cote 1 A 381 dans les archives de l’Ordre de la Libération. Il comprend notamment des pièces sur l’attribution de la Croix de la Libération, des états de services, des correspondances, des documents relatifs aux décorations et aux citations collectives de la 1re DMI.
Aucun dossier d’homologation FFC ou FFI n’est nécessaire pour établir son engagement, celui-ci étant directement documenté par son appartenance aux Forces françaises libres et les archives institutionnelles de l’Ordre de la Libération.
Observations
L’identité de Pierre GARBAY figurant dans l’objet initial était correcte. L’appellation de l’unité varie selon les sources : « 1re Division française libre » est l’appellation historique usuelle ; « 1re Division de marche d’infanterie » est l’appellation administrative rencontrée dans les archives militaires.
La notice de l’Ordre de la Libération constitue ici la source institutionnelle de référence et permet une notice de niveau A particulièrement développée.
Indice de fiabilité de la notice
Niveau A — Notice fondée principalement sur une biographie officielle de l’Ordre de la Libération, complétée par les instruments d’archives de l’Ordre et du SHD. L’identité, l’engagement dans la France libre, les missions, le commandement de la 1re DFL pendant la poche de Colmar, la carrière d’après-guerre et les décorations sont établis de manière très solide.
Chronologie
4 octobre 1903 : naissance à Gray, Haute-Saône, France.
1922 : admission à Saint-Cyr.
Août 1940 : participation au ralliement du Tchad à la France libre.
Septembre 1940 : chef de bataillon, commandant du BM 3.
21-22 février 1941 : combats de Kub-Kub en Érythrée.
26 mai 1941 : remise de la Croix de la Libération par le général de Gaulle.
1942-1944 : responsabilités de commandement dans les brigades françaises libres ; campagnes de Cyrénaïque, Tunisie et Italie.
17 août 1944 : débarquement en Provence.
20 novembre 1944 : mort du général Brosset ; Garbay lui succède à la tête de la 1re DFL.
23 janvier-1er février 1945 : réduction de la poche de Colmar.
10-12 avril 1945 : bataille de l’Authion.
1958 : promotion au rang de général d’armée.
1959 : gouverneur militaire de Paris.
1er avril 1961 : placement en deuxième section.
17 juillet 1980 : décès à Montluçon, Allier, France.
Tableau des divergences entre sources
Décret de la Croix de la Libération : l’Ordre de la Libération indique sur sa notice en ligne le décret du 25 juin 1941, tandis qu’un instrument d’archives mentionne également une ampliation de décret datée du 17 avril 1944 dans le dossier. La date de 25 juin 1941 est retenue comme date officielle d’attribution publiée sur la notice institutionnelle.
Appellation de la division : « 1re DFL » dans l’usage historique et mémoriel ; « 1re Division de marche d’infanterie » dans plusieurs fonds administratifs. Les deux désignent la même grande unité dans le contexte traité.
Sources consultées
Maitron Résistance — Recherche nominative. https://maitron.fr
Fondation de la Résistance — Recherche nominative et contextuelle. https://www.fondationresistance.org
Musée de la Résistance en ligne — Recherche sur Pierre Garbay et la 1re DFL. https://www.museedelaresistanceenligne.org
Mémoire des Hommes — Recherche nominative et documentaire. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Musée de la Résistance nationale — Recherche nominative. https://musee-resistance.com
Ordre de la Libération — Notice officielle et instrument de recherche du dossier Pierre Garbay consultés. https://www.ordredelaliberation.fr
Base Léonore — Recherche complémentaire sur la Légion d’honneur. https://www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr
Gallica — Recherche nominative et bibliographique. https://gallica.bnf.fr
Service historique de la Défense — Notice du 2e corps d’armée consultée. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
Wikipédia — Notice développée consultée et recoupée avec la source institutionnelle. https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Garbay