La forme principale retenue est « groupe de Sièges ». Les sources consacrées aux maquis de l’Ain parlent d’un groupement de réfractaires établi à Sièges, Jura, France. Il ne doit pas être présenté comme un camp durable comparable aux camps de Cize ou de Granges, puisqu’il constitue une étape dans la formation de ce dernier.
Création
André JOYARD, ouvrier originaire d’Oyonnax, Ain, France, refuse la logique du STO et connaît d’abord la ferme de Revers. Il quitte rapidement cette première implantation et retourne se cacher près d’Oyonnax. André VAREYON, dit Det, le met ensuite en relation avec le maire de Sièges, M. Juillard.
JOYARD rencontre à Sièges un autre Oyonnaxien, PELLETIER, présenté comme caporal d’active. Après quelques jours d’hébergement chez le maire, les deux hommes construisent une cabane avec des planches fournies par un scieur de Viry.
Ils sont rejoints par BÉSILLON, Paul VEYLON, Élie MARCOUX, Arbaretaz et plusieurs autres réfractaires. Une filière organisée depuis Oyonnax contrôle les arrivées.
Organisation interne
Le groupe reste rudimentaire. Ses membres attendent un encadrement militaire ou la possibilité de rejoindre une formation mieux organisée. Leur ravitaillement dépend des exploitations agricoles environnantes et de soutiens locaux.
André JOYARD et André VAREYON-DET apparaissent comme les principaux animateurs dans les sources consultées.
Actions menées pendant la Résistance
La fonction du groupe est initialement celle d’un refuge pour réfractaires. Les sources n’attestent pas d’opération militaire autonome importante conduite sous l’appellation « Sièges ».
Au cours de l’été 1943, les hommes rejoignent le camp de Chougeat. Une partie du groupement participe ensuite à la formation du camp de Granges. Le 19 septembre 1943, la fusion du groupe de Sièges associé à JOYARD et VAREYON-DET avec le groupe Catane de Prosper MIGNOT donne naissance au camp de Granges.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le groupe est directement lié aux premiers dispositifs de réfractaires du Haut-Bugey et du sud du Jura. Il entretient des contacts avec les résistants d’Oyonnax et rejoint successivement Chougeat puis Granges.
Chefs et figures marquantes
André JOYARD est l’une des principales figures du groupe. Ouvrier d’Oyonnax, il participe en mars 1943 à une manifestation de solidarité avec les jeunes requis et entre progressivement dans la clandestinité.
André VAREYON, alias Det, participe à l’organisation du groupe et aux liaisons avec les résistants locaux.
PELLETIER, caporal d’active, est l’un des premiers réfractaires accueillis avec JOYARD à Sièges. Son identité complète n’a pas été déterminée avec suffisamment de certitude dans les sources consultées.
Victimes et morts
Aucune victime ne peut être attribuée avec certitude au groupe de Sièges dans sa courte phase d’existence. Les événements répressifs d’avril 1944 survenus à Sièges concernent une phase ultérieure de la Résistance locale et ne doivent pas être confondus avec le premier camp de réfractaires de 1943.
Survivants identifiés
Les sources disponibles ne permettent pas d’établir une liste complète des survivants du groupe initial.
Fin du réseau
Le groupe cesse d’exister comme unité autonome au cours de l’année 1943. Ses membres rejoignent Chougeat et participent pour certains à la constitution de Granges le 19 septembre 1943.
Conséquences et mémoire
Sièges représente l’une des étapes de la transformation de groupes informels de réfractaires en unités de maquis organisées sous l’autorité d’Henri ROMANS-PETIT. La commune conserve également une mémoire importante de la répression allemande du printemps 1944 et des résistants arrêtés dans le secteur.
Références bibliographiques
La Formation des maquis de l’Ain, décembre 1942-février 1944, Yves Martin, Association des Anciens des Maquis de l’Ain et du Haut-Jura, Bourg-en-Bresse, 1987. Cette étude constitue une référence fondamentale sur la formation des premiers groupes de réfractaires et leur transformation en camps structurés.
Ils ont pris le maquis, Fabrice Grenard, Tallandier et ministère des Armées, 2022. L’ouvrage replace les groupes de Sièges, Revers et autres refuges de l’Ain dans le phénomène national des jeunes réfractaires devenus maquisards.
Références internet
Résistance Ain-Jura retrace le passage d’André JOYARD de Revers à Sièges et décrit la constitution de la petite cabane, les premiers membres et la filière de ravitaillement. https://www.resistance-ain-jura.com/de-refractaire-a-maquisard.html
Mémoire de la Résistance et des Maquis de l’Ain et du Haut-Jura confirme que le groupe de Sièges, avec JOYARD et VAREYON-DET, fusionne avec le groupe Catane pour constituer Granges le 19 septembre 1943. https://www.maquisdelain.org/article-le-profil-des-camps-fin-1943-25.html
Fiabilité
Fiabilité A pour l’existence du groupe, ses animateurs et son intégration ultérieure à Granges. Fiabilité B pour la composition nominative complète et la chronologie quotidienne.
Sources consultées
Maitron Résistance : recherche effectuée. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance : recherche sur les premiers maquis de l’Ain. https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne : recherche effectuée dans les collections consacrées aux maquis de l’Ain. https://museedelaresistanceenligne.org/
Mémoire des hommes : recherche effectuée sur les personnes citées. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : recherche effectuée. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica : recherche bibliographique effectuée. https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense : consultation du contexte des formations FFI de l’Ain. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Mémoire de la Résistance et des Maquis de l’Ain et du Haut-Jura : résultat positif. https://www.maquisdelain.org/article-le-profil-des-camps-fin-1943-25.html
Résistance Ain-Jura : résultat positif sur le groupe de Sièges. https://www.resistance-ain-jura.com/de-refractaire-a-maquisard.html