La forme principale retenue est « maquis de Combe-Brézès ». La variante « Combe-Brézet » est également employée dans la documentation locale. À l’origine, il ne s’agit pas d’un maquis combattant au sens militaire mais d’un groupe de jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire réfugiés dans une ferme de Combe-Brézès, à Saint-Sauveur, Hautes-Alpes, France. Ce groupe devient en 1944 le maquis des Orres.
Création du groupe
L’origine du groupe est directement liée au STO. Le 12 mars 1943, René PHILIP, Roger GUION et Abel FOURET quittent Embrun alors qu’ils doivent rejoindre l’Allemagne dans le cadre du travail obligatoire. Arrivés à Gap, ils renoncent à poursuivre leur voyage vers Marseille et décident de revenir clandestinement dans l’Embrunais.
René PHILIP travaille aux Ponts-et-Chaussées et bénéficie de contacts dans cette administration ainsi que de soutiens liés aux milieux socialistes résistants. Le secrétaire de mairie de Saint-Sauveur et agriculteur Albin JOUBERT met à la disposition des réfractaires des bâtiments de sa ferme de Combe-Brézès. Ceux-ci deviennent leur camp de base.
Le groupe augmente rapidement. D’autres réfractaires le rejoignent, dont Louis BLANC, dit Marius. À la fin du mois de mai 1943, une dizaine d’hommes environ se trouvent dans le groupe.
Organisation interne
Dans sa première phase, Combe-Brézès est essentiellement un camp-refuge. Les jeunes hommes vivent clandestinement tout en maintenant des contacts avec la population et en effectuant des travaux dans les fermes voisines. René PHILIP réalise notamment des travaux d’électricité tandis que Roger GUION utilise le four communal pour fabriquer du pain.
Le groupe relève progressivement des Mouvements unis de la Résistance. Marcel CHEVALIER est identifié comme son responsable dans ce cadre, tandis que Marcel ANDRÉ exerce des responsabilités sur les maquis du secteur.
L’hiver conduit à une dispersion temporaire d’une partie des réfractaires. Le groupe n’est donc pas une unité militaire fixe dès 1943. Cette évolution est caractéristique des premiers camps de réfractaires, constitués prioritairement pour échapper au STO avant leur militarisation progressive.
Actions menées pendant la Résistance
Pendant l’année 1943, la fonction essentielle du groupe est la protection des réfractaires. Les hommes bénéficient du soutien d’une partie importante de la population de Saint-Sauveur et de l’Embrunais. Les sources ne permettent pas d’attribuer au groupe de Combe-Brézès de 1943 des opérations armées autonomes suffisamment documentées.
La transformation intervient au printemps 1944. En mai 1944, des résistants désireux de combattre rejoignent les réfractaires. Le lieutenant René EYMIN, provenant de l’Organisation de résistance de l’armée, reçoit la mission de les encadrer militairement. Le groupe devient alors le maquis des Orres.
Après le débarquement du 6 juin 1944 et la mise en œuvre du plan Vert, le maquis des Orres participe à des sabotages et embuscades. Il se déplace fréquemment entre plusieurs positions de montagne pour éviter les opérations allemandes. En août 1944, la source mémorielle locale estime son effectif à environ 150 hommes.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Combe-Brézès est d’abord lié aux MUR et aux structures résistantes de l’Embrunais. Il entretient des relations avec le maquis de Boscodon, les deux groupes utilisant ponctuellement des lieux de repli lorsque les risques de découverte deviennent trop importants.
La transformation en maquis combattant est réalisée sous l’encadrement du lieutenant René EYMIN, issu de l’ORA. Le groupe s’insère alors dans le dispositif militaire de la Résistance des Hautes-Alpes.
Albin JOUBERT joue un rôle essentiel dans la naissance du groupe en mettant ses bâtiments agricoles de Combe-Brézès à la disposition des réfractaires. Sa fonction de secrétaire de mairie facilite également les contacts locaux nécessaires à la clandestinité.
René PHILIP, Roger GUION et Abel FOURET constituent le noyau initial attesté du groupe après leur refus de rejoindre l’Allemagne le 12 mars 1943. Roger GUION et René PHILIP tiennent par la suite un journal de bord couvrant la période de mai 1943 à juillet 1944, utilisé dans les travaux historiques consacrés au maquis.
Marcel CHEVALIER est identifié comme responsable du groupe dans l’organisation MUR.
Marcel ANDRÉ est responsable des maquis du secteur.
René EYMIN devient le chef militaire du groupe lorsqu’il se transforme en maquis des Orres en mai 1944.
Victimes et morts
Les sources consultées ne permettent pas d’établir une liste de victimes spécifiquement rattachées à la phase « Combe-Brézès » de 1943. Les pertes ultérieures doivent être étudiées dans le cadre du maquis des Orres et non automatiquement attribuées au premier groupe de réfractaires.
Survivants identifiés
René PHILIP et Roger GUION sont identifiés comme auteurs du journal de bord qui a permis la conservation de l’histoire du groupe. Les sources consultées dans le cadre de cette recherche ne permettent toutefois pas d’établir une liste exhaustive des survivants.
Fin du maquis
Combe-Brézès ne disparaît pas à la suite d’un démantèlement. En mai 1944, le groupe change de nature et devient le maquis des Orres sous l’autorité militaire de René EYMIN. La continuité entre les deux appellations est explicitement attestée par les sources locales.
Conséquences et mémoire
Combe-Brézès constitue un exemple particulièrement documenté de la transformation d’un groupe de réfractaires au STO en maquis combattant. Une plaque commémorative a été apposée sur l’un des bâtiments ayant abrité les réfractaires. Le souvenir du site est aujourd’hui intégré à la mémoire de la Résistance de l’Embrunais et du maquis des Orres.
Références bibliographiques
« Journal de bord de trois jeunes réfractaires au STO de l’Embrunais », René Philip et Roger Guion, publié dans Provence historique, n° 148. Cette source issue de protagonistes permet de suivre la vie du groupe de Combe-Brézès de 1943 à 1944, son implantation, ses difficultés quotidiennes et sa transformation progressive.
Le maquis de l’Embrunais, secteur G de la Résistance des Hautes-Alpes, Sylvain Reynaud. Cette étude locale permet de replacer Combe-Brézès et le futur maquis des Orres dans l’organisation générale de la Résistance de l’Embrunais et dans les opérations de la Libération.
Ils ont pris le maquis, Fabrice Grenard, Tallandier et ministère des Armées, 2022. Cet ouvrage permet de replacer l’expérience de Combe-Brézès dans le phénomène national des premiers maquis de réfractaires au STO formés à partir du printemps 1943.
Références internet
Embrun en 1939-1945 présente une étude détaillée du maquis de Combe-Brézès fondée notamment sur le journal de René PHILIP et Roger GUION ainsi que sur les travaux de Sylvain Reynaud. Elle documente précisément les origines du groupe, ses premiers membres, Albin JOUBERT et son passage aux MUR. https://embrun3945.wordpress.com/2020/05/02/le-maquis-de-combe-brezes/
Embrun en 1939-1945 propose une seconde notice consacrée au maquis des Orres, permettant de suivre la transformation du groupe initial en formation combattante au printemps 1944 sous l’autorité de René EYMIN. https://embrun3945.wordpress.com/2020/05/02/le-maquis-des-orres/
Fondation de la Résistance présente l’ouvrage de Fabrice Grenard consacré aux jeunes qui choisissent le maquis plutôt que le STO et fournit le contexte national indispensable à l’interprétation historique du groupe. https://www.fondationresistance.org/la-fondation/nos-activites/actualites/ouvrage-ils-ont-pris-maquis/
Fiabilité
Fiabilité A pour l’existence du groupe, son origine liée au STO, ses premiers membres, son implantation chez Albin JOUBERT et sa transformation en maquis des Orres. Les effectifs et parcours individuels complets demeurent moins documentés.
Sources consultées —
Maitron Résistance : recherche effectuée ; aucune notice collective spécifique retrouvée. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance : documentation générale sur les maquis de réfractaires au STO. https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne : recherche effectuée dans les collections relatives aux maquis et aux Hautes-Alpes. https://museedelaresistanceenligne.org/
Mémoire des hommes : recherche effectuée sur les personnes et formations de la Résistance. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : recherche effectuée ; aucune notice collective spécifique retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica, Bibliothèque nationale de France : recherche bibliographique effectuée. https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense : recherche contextuelle dans les fonds relatifs aux FFI et aux maquis. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Embrun en 1939-1945 : résultat positif détaillé. https://embrun3945.wordpress.com/2020/05/02/le-maquis-de-combe-brezes/