L’appellation archivistique à retenir est « Groupement de Saint-Amour : Maquis de Loisia ». Elle est explicitement enregistrée dans la sous-série GR 19 P du Service historique de la Défense, sous la cote GR 19 P 39-13. Le groupe appartient aux FFI du Jura.
L’expression « groupe de Saint-Amour » peut donc être utilisée comme forme abrégée, mais la formulation archivistique complète évite toute ambiguïté.
Création
La Résistance s’organise précocement dans le secteur de Saint-Amour, Jura, France. Henri CLERC entre dans la Résistance en 1941 selon la documentation mémorielle locale, d’abord au mouvement Combat puis dans une organisation liée au Special Operations Executive britannique. Il devient l’un des principaux responsables locaux et organise le maquis de Loisia.
Les sources de l’ANACR du Jura indiquent que des responsables de secteurs de Combat, dont Henri CLERC à Saint-Amour, entretiennent des relations avec les secteurs voisins. Une partie d’entre eux rejoint ensuite le réseau britannique César-Buckmaster du SOE.
Organisation interne
L’inventaire du SHD place le Groupement de Saint-Amour parmi les groupements FFI départementaux du Jura et l’associe directement au maquis de Loisia. Cette classification constitue la référence institutionnelle la plus solide pour déterminer sa nature administrative.
Henri CLERC apparaît comme chef local. Les groupes du secteur assurent des missions de renseignement, parachutage, hébergement, liaison, sabotage et action armée. Le maquis de Loisia constitue l’une des bases rurales du groupement.
Actions menées pendant la Résistance
Le secteur participe à la réception de parachutages et à la distribution des armes. Henri CLERC et son épouse Yvonne hébergent ou assistent des agents et résistants, tandis que des liaisons sont maintenues avec les réseaux SOE.
Les groupes du secteur assurent à plusieurs reprises la protection des équipes de sabotage opérant sur la voie ferrée Bourg-en-Bresse–Lons-le-Saunier dans la région de Saint-Amour. La ligne électrique alimentant les usines de Blanzy et du Creusot est également sabotée dans le cadre des opérations des groupes résistants jurassiens.
Après le débarquement du 6 juin 1944 et la mise en œuvre du plan Vert, les sabotages ferroviaires et les accrochages se multiplient. Une source mémorielle évoque notamment des opérations régulières consistant à dévisser les rails ou à poser des explosifs sur la ligne Bourg–Lons, ainsi que des accrochages avec un train blindé.
Le 8 juillet 1944, une opération à la gare de Saint-Amour visant à récupérer des marchandises sur un train préalablement déraillé entraîne la mort accidentelle d’un résistant, Fernand BAILLY.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Le secteur est d’abord lié à Combat. Certains responsables passent ensuite au réseau britannique César-Buckmaster du SOE. Il est finalement intégré au dispositif FFI du Jura.
Cette succession de rattachements explique que les mêmes résistants puissent apparaître dans les sources sous des qualifications différentes selon la période considérée.
Henri CLERC, né le 1er janvier 1915 à Saint-Amour, Jura, France, est la principale figure identifiée. Ancien sous-officier d’artillerie, il entre dans la Résistance, travaille avec Combat puis le SOE et organise le maquis de Loisia. Il participe aux parachutages, aux liaisons et aux sabotages. La commune de Saint-Amour entretient aujourd’hui sa mémoire par une rue portant son nom.
Yvonne CLERC, née Perrin, institutrice et épouse d’Henri CLERC, entre avec lui dans la Résistance. À partir de novembre 1943, elle se consacre entièrement à l’activité clandestine. Elle héberge un poste radio et des maquisards blessés, diffuse tracts et faux papiers et participe aux liaisons entre réseaux.
Paul KRATTINGER, fromager à Loisia, est en contact avec Henri CLERC et le maquis de Saint-Amour. Arrêté lors de la rafle du 11 juillet 1944, il est déporté mais survit.
Victimes et morts
Fernand BAILLY meurt accidentellement le 8 juillet 1944 au cours d’une opération à la gare de Saint-Amour menée après le déraillement d’un train.
La répression du 11 juillet 1944 frappe durement les villages d’Augisey, Cressia, Pimorin et Loisia. Soixante-six hommes sont arrêtés et dix-huit sont déportés ; seuls deux des dix-huit déportés reviennent. Cette rafle intervient dans le cadre de l’offensive allemande contre les maquis du Jura et de l’Ain. Il convient cependant de distinguer ces victimes civiles et résistantes du seul effectif militaire du groupement de Saint-Amour.
Survivants identifiés
Paul KRATTINGER survit à la déportation et fait partie des deux rescapés des dix-huit déportés des quatre villages concernés par la rafle du 11 juillet 1944.
Henri CLERC survit à la guerre et demeure une figure mémorielle locale ; la commune de Saint-Amour a donné son nom à une rue.
Yvonne CLERC survit également à la guerre selon les sources mémorielles consultées.
Fin du réseau
Le groupement cesse d’exister comme structure clandestine après la Libération du Jura. Ses hommes sont intégrés dans les FFI puis, pour certains, dans les forces militaires régulières engagées dans la poursuite de la guerre.
Conséquences et mémoire
Le groupement joue un rôle dans la désorganisation des communications ferroviaires allemandes, la réception d’armes et la préparation de la Libération du sud du Jura. La violence de la répression du 11 juillet 1944 montre également l’importance stratégique que les autorités allemandes accordent aux maquis de cette région.
À Saint-Amour, une rue du Capitaine-Henri-Clerc rappelle aujourd’hui le rôle du responsable résistant. À Loisia et dans les villages voisins, les commémorations de la rafle du 11 juillet entretiennent la mémoire des déportés.
Références bibliographiques
La Résistance dans le Jura, travaux historiques départementaux et publications de l’ANACR du Jura. Ces travaux retracent les mouvements, réseaux SOE, groupes FFI et maquis jurassiens et permettent de replacer le secteur de Saint-Amour dans l’organisation départementale.
Les réseaux de Résistance de la France combattante, études historiques consacrées aux réseaux action et aux structures du SOE en France. Elles permettent de contextualiser les relations entre Combat, les responsables locaux jurassiens et les organisations britanniques.
Références internet
Service historique de la Défense / inventaire GR 19 P constitue la preuve archivistique essentielle de l’existence administrative du « Groupement de Saint-Amour : Maquis de Loisia », sous la cote GR 19 P 39-13. Inventaire GR 19 P – SHD
ANACR du Jura publie une histoire détaillée de la Résistance jurassienne, avec des informations sur Henri CLERC, les réseaux SOE, les sabotages ferroviaires, les parachutages et les opérations de juillet 1944. ANACR Jura – Histoires de Résistance
Commune de Saint-Amour conserve la mémoire du capitaine Henri CLERC à travers une rue qui porte son nom. Commune de Saint-Amour
Fiabilité
Fiabilité A. L’existence du groupement, son appellation archivistique, son lien avec le maquis de Loisia et plusieurs de ses responsables et opérations sont établis par des sources archivistiques, mémorielles et locales concordantes.
Sources consultées —
Maitron Résistance : recherches « Saint-Amour », « Loisia » et responsables locaux effectuées ; aucune notice collective directement équivalente identifiée. Maitron
Fondation de la Résistance : recherches sur les maquis jurassiens et les réseaux action. Fondation de la Résistance
Musée de la Résistance en ligne : consultation de l’inventaire numérisé de la sous-série GR 19 P. Inventaire GR 19 P
Mémoire des hommes : recherche effectuée sur les combattants et résistants. Mémoire des hommes
Ordre de la Libération : recherche effectuée sur les responsables cités. Ordre de la Libération
Gallica, Bibliothèque nationale de France : recherche bibliographique sur Saint-Amour, Loisia et la Résistance jurassienne. Gallica
Service historique de la Défense : inventaire GR 19 P, cote GR 19 P 39-13 « Groupement de Saint-Amour : Maquis de Loisia ». Service historique de la Défense
ANACR du Jura : documentation locale et mémorielle sur les responsables et opérations du secteur. ANACR du Jura
Commune de Saint-Amour : documentation mémorielle sur Henri CLERC. Saint-Amour, Jura