(Sous-Région D2, dite SRD2)
L’existence effective d’un groupement FFI désigné comme « Frontière », rattaché à la Sous-Région D2 (SRD2), est attestée de façon concordante par de nombreuses notices nominatives du Musée de la Résistance en ligne (plateforme AERI – Fondation de la Résistance), qui mentionnent explicitement l’appartenance de résistants à ce « groupement FFI “Frontière” de la SRD2 » et décrivent ses secteurs, groupes et actions.
La terminologie « groupement FFI “Frontière” » apparaît également dans des notices du Maitron (notamment la base Fusillés 40-44) à propos de résistants ayant « entra[é] dans la Résistance au Groupement frontière » (formulation variable selon les notices), ce qui confirme l’usage du nom et son ancrage mémoriel/archivistique.
Création du réseau
Les sources consultées ne donnent pas, dans les extraits accessibles ici, un acte de création unique avec une date fondatrice formelle ; en revanche, elles permettent d’établir un fait vérifié de structuration et de commandement : « dans l’été 1944 », Robert SOULAGE est « nommé à la tête du groupement FFI “Frontière” de la Sous-Région D2 (SRD2) », la SRD2 étant présentée comme correspondant à la « zone interdite de la Franche-Comté », avec pour mission « de s’opposer au passage des troupes allemandes qui se replient en passant par l’est de la région » et de « mettre sous son autorité tous ses maquis ».
En l’état des sources ouvertes pour cette fiche, il n’est pas possible d’indiquer, sans spéculation, une date antérieure de création du groupement « Frontière » ni d’identifier un « fondateur » unique au sens strict ; seule la nomination de Robert SOULAGE à sa tête à l’été 1944 est explicitement formulée.
Organisation interne
L’organisation apparaît sous forme de secteurs et de groupes rattachés, identifiés dans les notices individuelles : un secteur « Mont Poupet » est explicitement cité comme relevant du groupement FFI « Frontière » de la SRD2, avec des périodes d’appartenance nominatives (par exemple de janvier 1944 à la Libération pour Roger MERLET, ou de février à septembre 1944 pour Robert COUPAT). Des sous-ensembles territoriaux sont documentés, comme le « Groupe Val d’Amour » (exemple : Jean BAUDIN, membre du groupement Frontière – SRD2, Groupe Val d’Amour, du 1er novembre 1943 à la Libération) et des rattachements de compagnies/maquis (par exemple une compagnie FTP de la région de Mouchard rattachée au groupement « Frontière » – SRD2).
Les notices montrent aussi des rattachements de groupes locaux (par exemple un groupe « Ain-Seyne » rattaché au groupement « Frontière » – SRD2 et engagé dans des combats de Mouthe et Pontarlier) et l’existence de sous-secteurs, tel un sous-secteur « Lac » dont le commandement adjoint est mentionné dans le cadre du groupement « Frontière ».
Actions menées pendant la Résistance Les actions vérifiées et explicitement attribuées, par les notices consultées, au groupement « Frontière » – SRD2 (ou à des groupes qui y sont rattachés) relèvent d’un spectre typique FFI : sabotages et actions clandestines (diffusion de presse/tracts, ravitaillement, sabotage d’installations ferroviaires), réceptions de parachutages et liaisons, ainsi que participation à des combats et à des phases de libération locale. Des opérations et lieux précis sont cités : participation à des opérations à Foncine et à la libération de Mouthe et Pontarlier pour des groupes fédérés au sein du groupement « Frontière » – SRD2 sous commandement mentionné, et participation à la libération de Salins-les-Bains pour des membres du secteur « Mont Poupet ».
Des notices signalent également des engagements dans des combats identifiés par toponymes (par exemple Montbarrey, Chamblay, etc.) pour des résistants appartenant à des unités rattachées au groupement « Frontière » – SRD2, sans que l’ensemble de ces actions puisse être résumé comme un « palmarès officiel » du groupement en l’absence, dans les sources ouvertes ici, d’un historique de synthèse ou d’un rapport opérationnel centralisé.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les sources consultées établissent des liens de rattachement et de coordination au sein de la Résistance organisée : plusieurs notices décrivent des unités FTP (ou groupes FTP/FTPF) rattachées ensuite au groupement FFI « Frontière » – SRD2, ce qui atteste une intégration opérationnelle de formations issues de cultures résistantes différentes au sein du cadre FFI. Certaines notices mentionnent, au niveau individuel, des liens avec des réseaux de renseignement alliés (exemple : un résistant du groupement « Frontière » – SRD2 cité comme agent P1 d’un réseau Buckmaster, et un autre présenté comme agent P2 d’un réseau de renseignement avant son parcours FFI), mais ces éléments décrivent des trajectoires personnelles et ne suffisent pas, en l’état, à caractériser le groupement « Frontière » comme un « réseau de renseignement » en tant que tel.
Chefs et figures marquantes
Robert SOULAGE est explicitement présenté comme nommé « dans l’été 1944 » à la tête du groupement FFI « Frontière » – SRD2, avec une mission stratégique définie (contrer le repli allemand par l’est et mettre les maquis sous son autorité).
À l’échelle sectorielle, André BILLET est cité comme « commandant du secteur “Mont Poupet” » en juin 1944 au sein d’un groupement Nord-Jura intégrant alors le groupement « Frontière » – SRD2, ce qui en fait une figure de commandement local rattachée au cadre « Frontière ».
D’autres cadres sont cités comme responsables de groupes/sous-secteurs au sein du groupement « Frontière » – SRD2, mais une liste exhaustive des chefs, par secteurs, ne peut pas être produite ici sans recourir à des documents de synthèse (organigrammes, dossiers d’homologation, historiques d’unités) non accessibles dans les sources effectivement ouvertes pour cette fiche.
Victimes / morts
Les sources du Maitron (Fusillés 40-44) attestent des résistants rattachés au « groupement Frontière » (formulation variable selon notices) morts au combat ou tués, notamment Gilbert CUINET, décrit comme sergent-chef au maquis FTP de La Chapelle sur Furieuse, maquis intégré au secteur Val d’Amour du groupement FFI « Frontière » – SRD2, et Louis BEZ, dont la notice mentionne explicitement une entrée dans la Résistance au « Groupement frontière ».
Les sources ouvertes ici ne permettent pas d’établir une liste complète et certifiée des morts imputables au seul groupement « Frontière » – SRD2 (tous secteurs confondus), ni de distinguer systématiquement morts en action, exécutés et déportés décédés, sans une exploration exhaustive des notices et, idéalement, des dossiers d’homologation et états signalétiques conservés en archives.
Survivants identifiés Les notices consultées permettent d’identifier des survivants du groupement « Frontière » – SRD2, notamment Robert COUPAT, explicitement membre du secteur « Mont Poupet » (février à septembre 1944) et crédité d’actions de tracts, ravitaillement, sabotages ferroviaires et participation à la libération de Salins-les-Bains, ou Jean BAUDIN, membre du groupe Val d’Amour jusqu’à la Libération et impliqué dans des activités de liaisons et de renseignement. L’identification de survivants est donc possible au cas par cas, à partir des notices nominatives, mais sans prétendre à l’exhaustivité à l’échelle du groupement.
Fin du réseau Les sources consultées décrivent un passage de la clandestinité à l’intégration dans des formations militaires régulières ou semi-régulières après la libération locale : des notices mentionnent des engagements ultérieurs « pour la durée de la guerre » ou l’intégration de groupes dans des bataillons FFI départementaux, indiquant une transformation progressive des unités et leur réemploi dans des cadres structurés de la fin de guerre.
En revanche, elles ne fournissent pas, dans les éléments ouverts ici, une date unique de dissolution administrative du groupement « Frontière » – SRD2 ni une décision formelle de démantèlement ; la « fin » apparaît plutôt comme une transition vers d’autres structures (FFI départementales, régiments constitués après la Libération), transition qui demanderait des sources d’archives ou une monographie dédiée pour être datée et décrite précisément.
Conséquences et mémoire
Les conséquences militaires et mémorielles se lisent d’abord à travers la mission donnée au groupement à l’été 1944 (freiner/contrer le repli allemand par l’est) et la participation attestée de groupes rattachés aux combats et libérations locales (Mouthe, Pontarlier, Salins-les-Bains, opérations à Foncine). La mémoire du groupement « Frontière » – SRD2 est portée, dans les sources consultées, par des dispositifs mémoriels structurants (notices biographiques documentées, bases nominatives) plutôt que par une liste consolidée de monuments propres au seul intitulé « Frontière » ; l’identification de stèles/plaques rattachées explicitement au groupement nécessiterait une enquête complémentaire commune par commune et la consultation d’inventaires patrimoniaux ou associatifs locaux.
Références bibliographiques
La Franche-Comté sous l’Occupation allemande et sa libération, François Marcot (direction), Presses universitaires de Franche-Comté, 2016 (édition couramment citée ; l’extrait consulté provient d’une prévisualisation). L’extrait accessible situe l’organisation FFI et le contexte de la « zone interdite » en Franche-Comté, et évoque la logique d’homologation des unités combattantes de la Résistance après-guerre ; ce cadre est pertinent pour comprendre l’environnement administratif et militaire dans lequel s’inscrit un groupement FFI tel que « Frontière », même si l’extrait consulté ne constitue pas, à lui seul, une monographie du groupement.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne (AERI – Fondation de la Résistance), notices biographiques documentant explicitement le « groupement FFI “Frontière” de la SRD2 » et ses secteurs/groupes, ainsi que le commandement de Robert SOULAGE à l’été 1944 ; ces notices apportent des faits nominaux vérifiables (dates d’appartenance, secteurs, actions mentionnées, rattachements). Lien : https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=42047
Maitron, base Fusillés 40-44, notices mentionnant l’appartenance au « groupement Frontière » ou l’intégration de maquis/secteurs au groupement FFI « Frontière » – SRD2 ; utile pour attester des parcours, morts en action ou tués, et pour croiser les informations nominatives avec d’autres bases. https://fusilles-40-44.maitron.fr/cuinet-gilbert-paul-edouard/
ANACR Jura, page d’histoires locales de Résistance ; ressource associative utile pour le contexte jurassien et la géographie de la clandestinité, à croiser systématiquement avec les bases nationales et les archives. https://www.anacr-jura.fr/pages/histoires-de-resistance/histoires-de-guerre-jurassienne.html
Wikipédia (complément uniquement, recoupé), non retenu comme source principale dans cette fiche. https://fr.wikipedia.org/
Sources consultées : Date de vérification : 21 janvier 2026 Maitron Résistance (via Fusillés 40-44 et recherches par mot-clé « groupement Frontière » ; résultats pertinents trouvés pour des notices nominatives, mais pas de page de synthèse unique sur le groupement). Fondation de la Résistance (consultée indirectement via l’écosystème AERI du Musée de la Résistance en ligne, qui porte les mentions de copyright et d’appartenance ; aucune page de synthèse spécifique « groupement Frontière » n’a été identifiée dans les recherches effectuées). Musée de la Résistance en ligne (consultation extensive de notices nominatives établissant l’existence, la terminologie, le commandement et des exemples d’actions/secteurs). Mémoire des Hommes (recherches par mots-clés et tentatives de requêtes ciblées sur « groupement Frontière » ; aucun résultat directement exploitable, dans les sources ouvertes ici, permettant de documenter spécifiquement le groupement comme entité). Ordre de la Libération (recherches ciblées sur « Frontière » et « SRD2 » ; non contributif pour l’entité « groupement FFI Frontière » dans les recherches effectuées). Gallica (BnF) (recherches par mots-clés « groupement Frontière », « SRD2 », « Sous-Région D2 » ; non contributif dans les résultats immédiatement exploitables). SHD (Service historique de la Défense) (recherches ciblées sur « Sous-Région D2 » et sur l’idée de dossiers d’homologation/unité ; aucune cote ou inventaire directement exploitable n’a pu être obtenu ici, la fiche ne s’appuie donc pas sur un document SHD ouvert). Sites d’associations mémorielles locales (ANACR Jura consulté pour contexte ; pas utilisé pour affirmer des éléments de structure non présents dans les bases nationales). Wikipédia (consultée uniquement comme piste de recoupement ; non utilisée comme source principale de faits dans cette fiche).