La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Les sources consultées ne permettent pas d’identifier une organisation autonome officiellement dénommée « maquis de la Bléone ». L’expression désigne les différents groupes résistants établis ou opérant dans la vallée de la Bléone et ses vallées supérieures, particulièrement autour de Digne-les-Bains, Prads-Haute-Bléone et des Eaux-Chaudes.

La forme principale retenue est donc « maquis de la vallée de la Bléone ». Les sources parlent également de « maquis de la haute vallée de la Bléone », de groupes de la région de Digne et du poste de commandement mobile de l’ORA installé dans le secteur des Eaux-Chaudes. Ces expressions ne correspondent pas nécessairement à une même unité permanente.

Création des Maquis

Aucune date unique de création ne peut être retenue. Dès 1943, l’ORA développe dans les Basses-Alpes des implantations de maquis, des liaisons et des caches d’armes sous l’autorité départementale du capitaine CHAUMONT et régionale de Jacques LÉCUYER. Des officiers de liaison sont chargés de la région de Digne et d’y conduire notamment des réfractaires au STO.

La haute vallée de la Bléone prend une importance particulière à l’été 1944. Elle constitue un espace de repli, de circulation et de commandement pour les responsables de la Résistance régionale. Les Eaux-Chaudes, dans la commune de Prads-Haute-Bléone, accueillent notamment une réunion importante des chefs de maquis à la fin de juillet.

Organisation interne

Les formations présentes dans la Bléone appartiennent à l’ensemble FFI des Basses-Alpes, dans lequel coopèrent l’ORA, les MUR, l’Armée secrète et les FTP. L’ORA régionale est dirigée par Jacques LÉCUYER. Dans les Basses-Alpes, le capitaine CHAUMONT exerce le commandement départemental de l’organisation.

L’organisation régionale repose sur des chefs départementaux, des officiers de liaison, des équipes radio et des unités maquisardes mobiles. Cette structure explique que le secteur de la Bléone puisse accueillir des groupes venant de plusieurs régions sans qu’existe nécessairement un « maquis de la Bléone » doté d’une hiérarchie propre.

À la fin de juillet 1944, Jacques LÉCUYER utilise la haute vallée de la Bléone comme secteur de poste de commandement mobile. Il convoque aux Eaux-Chaudes les principaux chefs de maquis de la région R2 afin d’évaluer les conséquences des opérations allemandes de juillet.

Actions menées pendant la Résistance

La vallée de la Bléone constitue d’abord un espace de circulation et d’implantation pour les maquis de la région de Digne. Les résistants y bénéficient du relief montagneux pour établir des refuges et déplacer leurs postes de commandement.

À la mi-juillet 1944, les Allemands déclenchent une opération simultanée contre les vallées du Verdon, de l’Asse et de la Bléone. Les maquis répondent par des actions de guérilla, refusant généralement le combat frontal prolongé et reprenant le terrain après le passage des colonnes ennemies.

Le 28 juillet 1944, Jacques LÉCUYER convoque aux Eaux-Chaudes les principaux chefs des maquis de la région R2 afin de faire le point sur la situation. La réunion intervient après environ dix jours d’opérations allemandes. Les maquis des Basses-Alpes sont alors considérés comme éprouvés mais encore capables de reprendre position dans les vallées.

Dans la nuit du 29 au 30 juillet, les forces allemandes surprennent le rassemblement des Eaux-Chaudes. La plupart des responsables parviennent à se disperser dans l’obscurité, mais Jean LIPPMANN est capturé. Il est exécuté le 30 juillet 1944 à Prads, date confirmée par le Maitron. Deux aviateurs américains sont également capturés.

René RICCI, résistant niçois lié aux formations régionales, est lui aussi exécuté sommairement le 30 juillet 1944 à Prads-Haute-Bléone.

En août 1944, la vallée de la Bléone et Digne deviennent des axes de la libération.

Le 16 août, le pont de la Bléone à Digne est bombardé par l’aviation alliée.

Le 19 août, les résistants établissent des barrages autour de la ville et participent, avec la Task Force Butler, aux combats qui aboutissent à la libération de Digne.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le secteur de la Bléone est directement intégré au dispositif régional de l’ORA et des FFI. Les responsables présents aux Eaux-Chaudes viennent de plusieurs départements de la région R2, ce qui démontre la fonction régionale du site.

Jean LIPPMANN, responsable ORA et figure du maquis Lorrain, rejoint les Eaux-Chaudes depuis le secteur alpin. Son parcours relie ainsi la Résistance de Nice, de l’Ubaye, du Haut-Verdon et de la Bléone.

La Bléone se trouve également reliée opérationnellement à la vallée de l’Asse et à la Route Napoléon, particulièrement lors de la libération de Digne.

Chefs et figures marquantes

Jacques LÉCUYER, alias « Sapin » et « Perpendiculaire », chef régional de l’ORA, installe son poste de commandement mobile dans la haute vallée de la Bléone au cours de l’été 1944. Il convoque les chefs de maquis aux Eaux-Chaudes et échappe à l’attaque allemande de la nuit du 29 au 30 juillet. Il survit à la guerre.

Jean LIPPMANN, alias « Chrono II » et « Lorrain », responsable ORA et ancien chef du maquis du Laverq, participe à la réunion des Eaux-Chaudes. Capturé lors de l’attaque allemande, il est exécuté le 30 juillet 1944 à Prads, Basses-Alpes à l’époque, aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence, France.

René RICCI, alias notamment « Corsi » et « Robert », résistant originaire de Nice, est exécuté sommairement le 30 juillet 1944 à Prads-Haute-Bléone.

Le capitaine CHAUMONT est le chef départemental de l’ORA dans les Basses-Alpes à partir de 1943. Il organise les liaisons, les implantations de maquis et les terrains de parachutage, notamment dans le secteur de Digne.

Victimes et morts

Jean LIPPMANN est exécuté à Prads le 30 juillet 1944 après sa capture aux Eaux-Chaudes.

René RICCI est également exécuté sommairement à Prads-Haute-Bléone le 30 juillet 1944.

Les sources mentionnent d’autres victimes des opérations allemandes dans la vallée et dans le secteur dignois, mais aucune liste exhaustive ne peut être attribuée à une organisation unique appelée « maquis de la Bléone ».

Survivants identifiés

Jacques LÉCUYER échappe à l’attaque des Eaux-Chaudes et poursuit son activité dans la Résistance jusqu’à la Libération. Il survit à la guerre.

Eva LIPPMANN survit également au conflit. Son témoignage rapporte le départ de son père Jean LIPPMANN vers une réunion des chefs de la Résistance dans la haute vallée de la Bléone et constitue une source mémorielle sur les événements de juillet 1944.

Fin des Maquis

Il n’existe pas de dissolution d’un « maquis de la Bléone » en tant qu’organisation unique. Les formations actives dans la vallée passent progressivement de la clandestinité aux combats de Libération après le débarquement de Provence.

Digne est libérée le 19 août 1944 grâce à l’action conjointe des forces américaines et des résistants locaux.

Cette libération transforme profondément la fonction des groupes de la vallée : ils cessent d’être des maquis clandestins et participent aux FFI puis, pour certains, aux unités régulières françaises.

Conséquences et mémoire

La haute vallée de la Bléone joue un rôle important comme espace de refuge et de commandement régional. Les événements des Eaux-Chaudes illustrent cependant la vulnérabilité des rassemblements de cadres résistants face au renseignement allemand.

La mémoire de Jean LIPPMANN et des autres résistants tués à Prads-Haute-Bléone est entretenue par des plaques et commémorations locales. Le secteur des Eaux-Chaudes reste directement associé à l’attaque de la fin du mois de juillet 1944.

À Digne-les-Bains, la mémoire de la Libération du 19 août 1944 rappelle également la coopération entre maquisards et forces américaines dans la vallée de la Bléone.

Divergences et précautions

La principale précaution porte sur l’appellation elle-même. Aucun document consulté ne justifie de réunir toutes les formations présentes dans la vallée sous une organisation autonome appelée officiellement « maquis de la Bléone ». Il convient de parler des « maquis de la vallée de la Bléone » ou des « groupes résistants de la Bléone ».

La date de mort de Jean LIPPMANN est fixée au 30 juillet 1944 par le Maitron. Certaines sources mémorielles ont utilisé le 31 juillet ; la date du 30 juillet est retenue ici en raison de la source prosopographique du Maitron et des données commémoratives concordantes.

Fiabilité A pour les événements des Eaux-Chaudes, les responsabilités de Jacques LÉCUYER et les morts de Jean LIPPMANN et René RICCI ;

Fiabilité B pour l’expression générique « maquis de la Bléone », qui ne correspond pas à une structure autonome démontrée.

Références bibliographiques

De l’Armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence, 17 juin 1940-20 août 1944, Jean Garcin, Digne-les-Bains, 1983, réédition 1990. Ouvrage départemental majeur décrivant l’organisation des maquis, les opérations allemandes et la Libération de Digne.

Méfiez-vous du Toréador, Jacques Lécuyer et collaborateurs, Toulon, AGPM, 1987. Les mémoires du chef régional de l’ORA permettent de replacer la haute vallée de la Bléone et les Eaux-Chaudes dans le dispositif de commandement de la région R2.

Résister. Vie et mort d’un maquis de montagne, Gérard Guerrier, Guérin-Paulsen, 2017. L’ouvrage retrace notamment le parcours de la famille Lippmann depuis Nice et l’Ubaye jusqu’aux événements de la vallée de la Bléone et des Eaux-Chaudes.

Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes, Comité départemental d’histoire de la Seconde Guerre mondiale des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 1992. Cette synthèse départementale fournit le contexte des maquis, des victimes et des combats de l’été 1944.

Les Alliés et la Résistance. Un combat côte à côte pour libérer le Sud-Est de la France, Arthur Layton Funk, Aix-en-Provence, Édisud, 2001. L’ouvrage analyse la coopération entre forces alliées et Résistance lors de la progression de la Task Force Butler et de la libération de Digne.

Références internet

Mémoire Vive de la Résistance – L’ORA dans la région R2 constitue la principale synthèse accessible sur les opérations allemandes dans la Bléone, la réunion des Eaux-Chaudes et l’organisation régionale de l’ORA. https://mvr.asso.fr/lora-dans-la-region-r2-par-boris-de-gueyer/

Maitron – Jean Lippmann fournit une notice biographique détaillée confirmant son rôle dans l’ORA et son exécution à Prads le 30 juillet 1944. https://maitron.fr/lippmann-jean-gustave-raphael-leon-pseudonymes-dans-la-resistance-chrono-ii-lorrain/

Maitron – René Ricci confirme l’exécution sommaire de René RICCI le 30 juillet 1944 à Prads-Haute-Bléone. https://maitron.fr/

Musée de la Résistance en ligne – Libération de Digne décrit les combats du 19 août 1944, la présence des maquisards autour de la ville et leur coopération avec la Task Force Butler. https://www.museedelaresistanceenligne.org/media7701-Accueil-des-chars-amricains-par-la-population-Digne

Association du Laverq conserve le témoignage d’Eva LIPPMANN relatif au départ de son père pour la réunion des chefs de Résistance dans la haute vallée de la Bléone. https://www.laverq.net/actualites/eva-lippmann-une-jeune-fille-au-maquis

Sources consultées —  

Mémoire Vive de la Résistance : résultats positifs dans les notices consacrées à l’ORA et aux responsables régionaux. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance : résultats positifs notamment pour Jean LIPPMANN et René RICCI. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : ressources régionales de la Résistance en Provence consultées. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : résultats positifs pour la Libération de Digne et les opérations régionales. https://www.museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche effectuée ; aucune notice autonome intitulée « maquis de la Bléone » identifiée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche effectuée ; aucune notice autonome sous cette appellation identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica – Bibliothèque nationale de France : recherche effectuée ; aucune source démontrant l’existence d’une organisation unique officiellement intitulée « maquis de la Bléone » identifiée. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : instruments de recherche concernant les FFI et l’ORA consultés ; aucune unité autonome portant ce nom identifiée dans les ressources numériques. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence : ressources relatives à la Résistance départementale consultées. https://www.archives04.fr/

Association du Laverq : témoignages et documentation sur Jean et Eva LIPPMANN et les Eaux-Chaudes consultés. https://www.laverq.net/

Wikipédia : consultation géographique complémentaire uniquement ; aucune information historique non recoupée retenue.

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