L’appellation « maquis de l’Asse » ne correspond pas, dans les sources vérifiées, à un maquis unique possédant une création, un chef et une structure propres. Les documents parlent de la Résistance ou de l’Armée secrète de la vallée de l’Asse et identifient plusieurs formations successivement présentes dans cette vallée, notamment le maquis Fort-de-France et des compagnies FTP.
La forme principale retenue est donc « maquis de la vallée de l’Asse ». Les désignations attestées à l’intérieur de cet ensemble comprennent « Armée secrète de la vallée de l’Asse », « maquis Fort-de-France » et « 13e compagnie FTP », cette dernière étant installée dans la haute vallée sous le commandement de Pierre RIVAULT à partir du 20 juin 1944.
Création des maquis
Il n’existe pas de date unique de fondation. La vallée devient progressivement un espace d’implantation et de repli de groupes résistants au cours de 1943 et surtout de 1944. Barrême constitue un point important de l’organisation clandestine ; l’ancien Hôtel Pascal sert notamment de relais pour les informations et le ravitaillement du maquis Fort-de-France.
À partir de juin 1944, la présence maquisarde dans la vallée devient particulièrement importante. Après les combats du col des Robines, Gérard PIERRE-ROSE replie le maquis Fort-de-France en direction de l’Asse. Le 20 juin, Pierre RIVAULT reçoit le commandement de la nouvelle 13e compagnie FTP installée dans la haute vallée.
Organisation interne
La vallée de l’Asse réunit des formations appartenant à plusieurs composantes de la Résistance. Le maquis Fort-de-France évolue dans l’environnement de l’Armée secrète et de l’ORA. Les FTP disposent de compagnies numérotées et de leur propre hiérarchie. L’unification sous l’autorité des FFI facilite leur coopération pendant l’été 1944.
La 13e compagnie FTP commandée par Pierre RIVAULT est explicitement établie dans la haute vallée de l’Asse à partir du 20 juin 1944. Les sources du Maitron lui attribuent plusieurs embuscades contre les forces allemandes.
Au moment de la libération de Digne, l’Armée secrète de la vallée de l’Asse combat aux côtés des 3e, 14e et 18e compagnies FTP. Plus de soixante-dix maquisards appartenant à ces formations sont signalés dans les combats de Châteauredon le 19 août 1944.
Actions menées pendant la Résistance
Après l’offensive allemande du 11 juin 1944 au col des Robines, le maquis Fort-de-France se replie dans la vallée de l’Asse. Le 15 juin, un groupe se positionne sur les pentes de Creisset afin d’attaquer un convoi venant de Nice.
Le 18 juin 1944, une embuscade est organisée dans les Clues de Chabrières. Les sources MVR attribuent cette action au maquis Fort-de-France et indiquent qu’elle provoque d’importantes pertes parmi les forces allemandes.
À partir du 20 juin, la 13e compagnie FTP de Pierre RIVAULT mène plusieurs embuscades depuis la haute vallée. Son implantation montre que l’Asse est devenue à la fois une zone de refuge et une base d’opérations contre les convois allemands.
À la mi-juillet 1944, une vaste opération allemande vise simultanément les vallées du Verdon, de l’Asse et de la Bléone. Les maquis se replient devant les colonnes ennemies puis reviennent sur le terrain, suivant la tactique de guérilla adoptée dans la région R2.
Le 19 août 1944, les forces résistantes de l’Asse participent à la libération de Digne. Plus de soixante-dix maquisards des 3e, 14e et 18e compagnies FTP et de l’Armée secrète de la vallée de l’Asse prennent part aux combats de Châteauredon aux côtés de la Task Force Butler américaine.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les formations de l’Asse relèvent principalement de l’Armée secrète, de l’ORA et des FTP avant leur regroupement dans les FFI. Les événements de juin et août 1944 montrent des coopérations opérationnelles entre ces structures.
La vallée assure également une liaison entre Digne, Barrême, Saint-André-les-Alpes et le Verdon. Le col des Robines marque précisément le passage entre les bassins de l’Asse et du Verdon et constitue l’un des principaux points de combat de juin 1944.
Gérard PIERRE-ROSE, alias « Prince » puis « Manfred », commande le maquis Fort-de-France. Après le repli de juin dans la vallée de l’Asse, il continue la lutte jusqu’à son arrestation. Il est fusillé le 18 juillet 1944 avec Victor ARNOUX.
Pierre RIVAULT, alias « Bibbia », « Bibi » ou « Jammes », reçoit le 20 juin 1944 le commandement de la 13e compagnie FTP établie dans la haute vallée de l’Asse. Il dirige plusieurs embuscades.
Victor ARNOUX est associé au commandement et à l’histoire du maquis Fort-de-France. Il est fusillé avec Gérard PIERRE-ROSE le 18 juillet 1944.
Victimes et morts
Gérard PIERRE-ROSE et Victor ARNOUX sont exécutés le 18 juillet 1944. Leur mémoire est étroitement associée aux combats de la vallée de l’Asse.
D’autres résistants sont tués au cours des embuscades et opérations de répression menées dans le secteur, mais aucune liste exhaustive et fiable correspondant exactement aux « maquis de l’Asse » n’a pu être établie. Les pertes des différentes compagnies doivent être étudiées séparément afin d’éviter les doubles comptes.
Survivants identifiés
Les archives orales des Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence conservent notamment un entretien avec Charles PELLEGRINO consacré au secteur de la vallée de l’Asse, preuve de la conservation de témoignages de résistants survivants après-guerre.
Aucune liste exhaustive des survivants appartenant aux différentes formations de la vallée n’a été retrouvée dans les ressources ouvertes.
Fin des Maquis
Les groupes de l’Asse cessent progressivement d’être des maquis clandestins avec la libération du département en août 1944. Leur participation aux combats de Châteauredon et de Digne le 19 août illustre le passage de la guérilla clandestine à une coopération directe avec les forces alliées.
Les combattants sont ensuite intégrés aux FFI ou à des unités militaires régulières. Il n’existe pas de date unique de dissolution d’un « maquis de l’Asse », puisque cette appellation recouvre plusieurs formations.
Conséquences et mémoire
Les groupes installés dans l’Asse contribuent à contrôler et harceler l’axe entre Digne et Saint-André-les-Alpes et à perturber les mouvements allemands sur la Route Napoléon. Leur présence facilite également l’action alliée lors de la libération de Digne.
La mémoire de Gérard PIERRE-ROSE et des résistants de la vallée demeure entretenue par des cérémonies commémoratives, notamment dans les communes de Barrême et de la vallée de l’Asse. Une importante commémoration des combats de 1944 y a notamment été organisée pour leur soixante-dixième anniversaire.
Divergences et précautions
L’expression « maquis de l’Asse » ne doit pas être transformée en nom officiel d’une seule organisation. La documentation établit au contraire la coexistence ou la succession de plusieurs formations, notamment Fort-de-France, la 13e compagnie FTP et l’Armée secrète de la vallée de l’Asse.
Fiabilité A pour les unités et opérations nominativement identifiées ; Fiabilité B pour la désignation collective « maquis de l’Asse ».
Références bibliographiques
De l’Armistice à la Libération dans les Alpes de Haute-Provence, 17 juin 1940-20 août 1944, Jean Garcin, Digne-les-Bains, 1983, réédition 1990. Ouvrage de référence pour les organisations résistantes du département et les combats de l’Asse.
Fort-de-France, maquis des Basses-Alpes, Amicale du maquis Fort-de-France, Barrême, 1984. Étude mémorielle directement consacrée au maquis qui combat au col des Robines puis se replie vers l’Asse.
Mémoires d’un maquis, Fort-de-France, Basses-Alpes, Michel Truffet et Bernard Valentini dir., Le Manuscrit, 2009. L’ouvrage rassemble témoignages et documentation sur les opérations du maquis Fort-de-France.
Méfiez-vous du Toréador, Jacques Lécuyer et collaborateurs, Toulon, AGPM, 1987. Cette source replace la vallée de l’Asse dans le dispositif général de l’ORA en région R2.
Mémorial de la Résistance et des combats de la Seconde Guerre mondiale dans les Basses-Alpes, Comité départemental d’histoire de la Seconde Guerre mondiale des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 1992. Référence départementale pour les unités, victimes et lieux de combat.
Références internet
Maitron – Pierre Rivault documente le commandement de la 13e compagnie FTP dans la haute vallée de l’Asse à partir du 20 juin 1944. https://maitron.fr/rivault-pierre-achille-julien-pseudonymes-dans-la-resistance-bibbia-bibi-jammes/
Mémoire Vive de la Résistance – Maquis Fort-de-France retrace le repli du maquis vers l’Asse et l’embuscade des Clues de Chabrières. https://mvr.asso.fr/maquis-fort-de-france/
Musée de la Résistance en ligne – Libération de Digne documente la participation des compagnies FTP et de l’Armée secrète de la vallée de l’Asse aux combats de Châteauredon. https://museedelaresistanceenligne.org/media7701-Accueil-des-chars-amricains-par-la-population-Digne
Mémoire Vive de la Résistance – L’ORA dans les Basses-Alpes fournit le cadre militaire des combats de juin et juillet 1944. https://mvr.asso.fr/lora-dans-les-basses-alpes-par-boris-de-gueyer/
Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence conservent notamment les archives orales de résistants du secteur de l’Asse. https://www.archives04.fr/
Sources consultées —
Mémoire Vive de la Résistance : résultats positifs par notices thématiques. https://mvr.asso.fr/
Maitron Résistance : résultat positif notamment pour Pierre RIVAULT. https://maitron.fr/
Fondation de la Résistance : ressources régionales consultées. https://www.fondationresistance.org/
Musée de la Résistance en ligne : résultat positif concernant la libération de Digne et l’Armée secrète de l’Asse. https://www.museedelaresistanceenligne.org/
Mémoire des Hommes : recherche effectuée ; aucune notice autonome « maquis de l’Asse » retrouvée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/
Ordre de la Libération : recherche effectuée ; aucune notice autonome sous cette appellation. https://www.ordredelaliberation.fr/
Gallica – Bibliothèque nationale de France : recherche effectuée ; aucune source établissant une organisation unique appelée « maquis de l’Asse » identifiée. https://gallica.bnf.fr/
Service historique de la Défense : instruments relatifs aux FFI et FTP consultés ; aucune structure autonome unique sous ce nom identifiée en ligne. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence : fonds de l’Association pour la mémoire de la Résistance et archives orales du secteur de l’Asse identifiés. https://www.archives04.fr/
Verdon-Info : documentation mémorielle locale consultée. https://www.verdon-info.net/
Wikipédia : consultation géographique complémentaire uniquement ; aucune information historique non recoupée retenue.