La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La « Battaglia delle Ceneri », également appelée « battaglia dell’Ortaiolo », est un affrontement de la Résistance italienne survenu le 14 février 1945 dans la haute Val Versa, entre les actuelles provinces de Pavie et de Plaisance, Italie.

Son appellation dérive du fait que le combat se déroule le mercredi des Cendres, premier jour du Carême.

Le principal lieu de l’affrontement est situé autour des secteurs de Bacà, Costa Piaggi, Mollio et Ortaiolo. La réalité, la date et la localisation de la bataille sont confirmées par l’ANPI et par une étude de Carlo Alfredo Clerici et Enrico E. Clerici publiée dans le Bollettino della Società Pavese di Storia Patria.

La bataille intervient après le grand ratissage de novembre-décembre 1944 qui avait fortement désorganisé les formations partisanes de l’Oltrepò Pavese. À partir de janvier 1945, plusieurs brigades reprennent progressivement leurs positions en haute Val Versa : la brigade Matteotti commandée par Cesare POZZI, alias « Fusco », la brigade Giustizia e Libertà « Milazzo-De Niri » et la brigade garibaldienne « Ezio Togni ». La Matteotti compte environ quarante hommes le 14 février.

Dans les premiers jours de février, les forces de la République sociale italienne et des éléments allemands organisent deux points d’appui, l’un à Nibbiano et l’autre à Santa Maria della Versa. Le dispositif de Santa Maria della Versa est renforcé par des hommes de la Brigata Nera de Pavie, de la Sicherheits et par des militaires allemands. Le commandement opérationnel du détachement qui intervient le 14 février est attribué au capitaine connu sous le nom de « Hoffmann », identifié dans l’étude de Clerici comme Luis Ferdinand Bisping.

Déroulement de l’opération

Le 14 février 1945, une colonne d’environ soixante hommes quitte Santa Maria della Versa avec pour objectif de mener un ratissage dans les villages et hameaux situés sur l’axe conduisant vers la Val Tidone et Nibbiano. Elle comprend des hommes de la Brigata Nera de Pavie, de la Guardia Nazionale Repubblicana, de la Sicherheits et de l’armée allemande. Le plan prévoit également la destruction de refuges partisans et des réquisitions dans les localités suspectées d’aider la Résistance.

Les hommes de Cesare POZZI prennent position sur les hauteurs de Costa Piaggi et du Mollio. Des éléments de la brigade GL « Milazzo-De Niri » se disposent autour du Mollio et de l’Ortaiolo, tandis que d’autres formations interviennent progressivement en renfort. La colonne adverse s’approche de Bacà et d’une intersection située à quelques centaines de mètres des positions partisanes. Cesare Pozzi donne alors l’ordre d’ouvrir le feu.

L’affrontement est intense. Le capitaine Hoffmann est blessé puis tué. Plusieurs hommes de la colonne sont également atteints. Les forces nazifascistes se replient vers Colombarone di Volpara et tentent de se réorganiser. Des combattants de la brigade garibaldienne « Ezio Togni » prennent position sur la rive gauche de la Versa, tandis qu’une vingtaine d’hommes de la 10e brigade GL « Ferdinando Casazza » arrivent du secteur de Castellina di Tassara. Des habitants des localités voisines rejoignent également les partisans armés.

Les sources mémorielles italiennes présentent l’engagement comme une victoire partisane et comme le premier succès militaire important après le difficile hiver de 1944-1945. L’ANPI le décrit comme un moment de reprise de l’initiative dans l’Oltrepò Pavese après les conséquences du grand ratissage.

Figures marquantes

Cesare POZZI, alias « Fusco », commande la formation Matteotti engagée au centre du combat. Il avait contribué à reconstruire sa brigade après le grand ratissage de novembre 1944 et devient ensuite l’un des principaux responsables de la Divisione Matteotti Valle Versa « Dario Barni ». Il survit à la guerre et demeure après 1945 une figure importante de la mémoire résistante locale.

Le lieutenant « Guido », commandant de la brigade GL « Milazzo-De Niri », dirige les hommes placés au Mollio et à l’Ortaiolo. Les sources utilisées pour cette fiche ne permettent pas d’établir son identité civile complète avec une certitude suffisante ; aucun développement biographique n’est donc ajouté.

Le combattant désigné sous le pseudonyme « Barbarossa » exerce les fonctions de commandant adjoint dans la même formation et est déployé du côté de Campasso. Son identité civile n’est pas établie avec suffisamment de certitude dans les sources directement exploitées.

Luis Ferdinand BISPING, dit « capitaine Hoffmann », commande le détachement ennemi engagé depuis Santa Maria della Versa. Il est mortellement atteint pendant le combat. Son identité et certaines circonstances exactes de son parcours reposent essentiellement sur l’étude de Clerici ; elles devront être confrontées aux archives militaires allemandes pour une biographie complète.

Victimes

Le bilan humain exact varie selon les témoignages et n’est pas suffisamment homogène pour établir ici un décompte définitif. L’étude de Clerici atteste la mort du capitaine Hoffmann et mentionne plusieurs combattants de la République sociale italienne atteints lors de la première phase du combat, certains n’étant en réalité que blessés. Aucun chiffre global des morts et blessés n’est donc retenu comme bilan définitif.

Survivants

Cesare POZZI survit au combat et à la guerre. Les formations partisanes présentes poursuivent leur activité au cours des semaines suivantes jusqu’à l’insurrection et à la Libération d’avril 1945.

Conséquences

La portée de la bataille est avant tout militaire et morale. Elle montre que les formations partisanes de l’Oltrepò, fortement éprouvées par le ratissage de novembre-décembre 1944, ont retrouvé la capacité de tenir des positions, de coordonner plusieurs brigades et de repousser une opération de ratissage organisée. L’ANPI qualifie l’affrontement de premier engagement armé réellement important remporté après le grand ratissage hivernal.

La documentation historique de l’Émilie-Romagne confirme également la participation d’environ vingt hommes d’une formation Giustizia e Libertà venue du secteur de la Val Tidone pour soutenir les partisans de la brigade pavese Matteotti. Cette donnée confirme le caractère interprovincial du dispositif résistant engagé le 14 février.

Mémoire et lieux commémoratifs

Un cippo commémoratif consacré à la Battaglia delle Ceneri se trouve dans la localité de Mollio, commune de Colli Verdi, province de Pavie, Italie. L’inscription rappelle l’arrêt de la progression nazifasciste le 14 février 1945 après plusieurs heures de combat. Le monument figure aujourd’hui dans le programme MEMO de l’ANPI consacré aux lieux de mémoire de la Résistance.

La bataille fait également l’objet de cérémonies régulières à Santa Maria della Versa et dans les communes environnantes. L’ANPI régionale et provinciale conserve une documentation spécifique sur ces commémorations et sur Cesare Pozzi.

Références bibliographiques

La battaglia delle Ceneri (14 febbraio 1945) Carlo Alfredo Clerici et Enrico E. Clerici, Bollettino della Società Pavese di Storia Patria, 1998, année XCVIII, p. 391-398. Étude directement consacrée à l’événement, fondée sur des témoignages, des documents locaux et la reconstitution topographique de l’affrontement. Elle constitue la référence la plus précise actuellement identifiée pour le déroulement tactique de la bataille.

Diario storico del Comando Divisione CVL Valle Versa “Dario Barni”, sous la direction de Giulio Guderzo, Milan, 1960. Publication des documents de commandement de la formation partisane active dans la Val Versa. Elle permet d’inscrire le combat du 14 février dans la réorganisation militaire des formations Matteotti après l’hiver 1944-1945.

Oltrepò Partigiano, Clemente Ferrario et Fulco Lanchester dir., Administration provinciale de Pavie, Pavie, 1973. Étude consacrée aux formations résistantes de l’Oltrepò Pavese, à leurs opérations et à leurs responsables.

La Prima Brigata Matteotti nell’Oltrepò Pavese, luglio-novembre 1944, Bruno Meriggi, Associazione Partigiani Matteotti Oltrepò Pavese, 1996. L’ouvrage restitue l’origine et le développement de la formation qui, reconstituée après le grand ratissage, participe directement à la bataille des Cendres.

L’altra guerra. Neofascisti, tedeschi, partigiani, popolo in una provincia padana. Pavia 1943-1945, Giulio Guderzo, Il Mulino, Bologne, 2002. Synthèse historique majeure sur la guerre civile, l’occupation allemande et la Résistance dans la province de Pavie.

Références internet

ANPI Lombardia reproduit l’étude de Carlo Alfredo Clerici et Enrico E. Clerici consacrée à la bataille et en documente le contexte, les forces engagées et les principales phases. Adresse : https://lombardia.anpi.it/media/blogs/lombardia/2012-02/LA-BATTAGLIA-DELLE-CENERIsanta_maria_della_versa-PV.pdf

ANPI Voghera présente la bataille de l’Ortaiolo ou « delle Ceneri » comme le premier affrontement important remporté par les formations partisanes locales après le grand ratissage de l’hiver. Adresse : https://lombardia.anpi.it/voghera/ceneri.htm

ANPI – Cesare Pozzi présente le parcours de « Fusco », commandant de la Matteotti, et rattache explicitement la bataille du 14 février 1945 à la reprise offensive partisane. Adresse : https://www.anpi.it/biografia/cesare-pozzi

900 – Emilia-Romagna documente la participation d’une formation Giustizia e Libertà de la région de Plaisance à la bataille, permettant de compléter les sources de l’Oltrepò par la documentation du versant émilien. Adresse : https://900-er.it/sites/default/images/articles/media/21/Dizionario-CNE.pdf

ANPI MEMO recense le cippo commémoratif de la bataille à Mollio, Colli Verdi, et reproduit son inscription. Adresse : https://memo.anpi.it/monumenti/2123/cippo-alla-battaglia-delle-ceneri/

Fiabilité A. La réalité de l’événement, sa date, son lieu, les principales formations partisanes engagées, le commandement de Cesare Pozzi et l’échec du ratissage sont établis par plusieurs sources historiques et mémorielles concordantes. Le bilan humain exact et certaines identités civiles derrière les pseudonymes restent insuffisamment établis et ne sont donc pas extrapolés.

Sources consultées –

Mémoire Vive de la Résistance : recherche effectuée ; aucune notice individuelle Cesare POZZI retrouvée, mais mentions thématiques positives sur les formations de l’Oltrepò Pavese. https://mvr.asso.fr/

Maitron Résistance : recherche effectuée ; aucune notice événementielle française autonome consacrée à la bataille identifiée. https://maitron.fr/

Fondation de la Résistance : recherche effectuée ; aucune fiche spécifique supérieure aux sources italiennes identifiée. https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne : recherche effectuée ; aucune notice événementielle autonome consacrée à cette bataille italienne identifiée. https://museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche effectuée ; aucune fiche événementielle concernant cette bataille italienne identifiée. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche effectuée ; aucune notice consacrée à l’événement identifiée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica-BnF : recherche effectuée ; aucune source directement consacrée à l’événement retenue. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : recherche effectuée ; aucune documentation numérisée directement consacrée à l’événement identifiée. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

ANPI Lombardia et ANPI Pavia : résultats positifs et détaillés. https://lombardia.anpi.it/ ; https://pavia.anpi.it/

900 – Emilia-Romagna : résultat positif pour les formations partisanes du versant de Plaisance. https://900-er.it/

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