Pierre Armand ENGELS, né le 24 mai 1921 à Luxembourg (Grand-Duché de Luxembourg), fusillé après condamnation le 22 juin 1944 à la citadelle de Besançon (Doubs), français.
Ces éléments d’état civil et la nature de sa mort sont établis par la notice nominative du Maitron.
Les sources accessibles donnent peu de renseignements sur l’enfance et la formation de Pierre Engels. Né au Luxembourg le 24 mai 1921, il réside ensuite dans la région de Belfort et s’insère très jeune dans les milieux qui organisent la Résistance locale.
Les recherches présentes n’ont pas permis d’établir avec une sécurité suffisante ses études, sa profession avant-guerre ou sa situation familiale. Ces éléments ne sont donc pas complétés par déduction.
Engagement dans la Résistance
Pierre Engels s’engage très rapidement dans la Résistance à Belfort. Le Maitron indique explicitement qu’il entre dans le groupe Ferrand, organisé autour du capitaine Maurice Ferrand, et qu’il en devient rapidement un membre très actif.
Le groupe Ferrand appartient aux premières structures clandestines actives dans le Territoire de Belfort. Son activité se développe dans une région particulièrement stratégique, voisine de l’Alsace annexée, où circulent d’importantes forces allemandes et où les possibilités de récupération d’armes, de renseignements et de passages clandestins revêtent une importance particulière.
Appartenance à un réseau ou mouvement
L’appartenance la mieux établie de Pierre Engels est le groupe Ferrand de Belfort. Le Maitron rattache sans ambiguïté son engagement à cette organisation clandestine.
Les sources mémorielles le présentent également comme résistant des Forces françaises combattantes (FFC). Cette qualification apparaît notamment dans les relevés mémoriels consacrés à son parcours.
En l’absence d’un dossier d’homologation directement consulté permettant d’en préciser le statut administratif, il convient de ne pas lui attribuer davantage de rattachements organisationnels que ceux effectivement documentés.
Missions et actions
Pierre Engels joue un rôle important dans la récupération, le transport et la dissimulation d’armes destinées à la Résistance belfortaine. La notice de Charles Masson au Maitron précise que Masson et Engels se chargent ensemble du transport et de la mise en cache d’armes dans différents lieux.
Cette activité est particulièrement sensible : disposer d’armes ne suffit pas, encore faut-il pouvoir les déplacer discrètement, les répartir dans plusieurs caches et éviter qu’une découverte unique ne provoque la destruction de l’ensemble du stock clandestin. Engels appartient donc au dispositif matériel et logistique indispensable à la préparation de l’action armée.
Les sources indiquent également qu’il participe à des opérations concrètes de récupération d’armes, avec Charles Masson. C’est précisément au cours de l’une de ces opérations que le groupe attire finalement l’attention de la police allemande.
Arrestation / évasion / déportation
La répression qui conduit à la perte de Pierre Engels est liée à une opération de récupération d’armes. Les sources du Maitron relatives à Charles Masson établissent que les deux résistants sont étroitement associés dans cette activité.
Pierre Engels se réfugie par la suite avec un autre résistant, mais les deux hommes sont filés par la police allemande. La documentation mémorielle retrouvée situe l’arrestation à Diarville (Meurthe-et-Moselle) le 11 mars 1944, effectuée par la Sipo-SD, pour activité qualifiée par les autorités allemandes de « franc-tireur ».
Après son arrestation, Engels est emprisonné puis traduit devant la justice militaire allemande. Il est condamné à mort et exécuté à la citadelle de Besançon. Le Maitron donne la date du 22 juin 1944.
Une source mémorielle secondaire donne cependant le 23 juin 1944. Cette divergence d’un jour est conservée dans le tableau des divergences ; la date du Maitron est retenue dans la première ligne en raison du caractère nominatif et prosopographique de cette source.
Camarades de combat
Maurice Ferrand est le responsable du groupe auquel Pierre Engels appartient. Le lien organisationnel entre les deux hommes est explicitement établi par le Maitron.
Charles Masson apparaît comme son compagnon opérationnel le plus directement documenté. Les deux hommes transportent et dissimulent ensemble des armes destinées à la Résistance.
Les sources locales et mémorielles replacent également Engels dans l’environnement plus large de la Résistance belfortaine, mais seuls les compagnons dont la relation personnelle est clairement attestée sont retenus ici afin d’éviter de reconstruire artificiellement son réseau de relations.
Retour à la vie civile
Pierre Engels est fusillé en juin 1944, avant la Libération.
Décorations
Médaille de la Résistance Française par décret du 03 Janvier 1946 JO 13 Janvier 1946 Source Ordre de la libération Côte du dossier : 1O21828
Aucune autre décoration n’a été retrouvée. Cette absence ne signifie pas que Pierre Engels n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune liste nominative suffisamment sûre n’a pu être reconstituée à partir des résultats actuellement accessibles.
Lieux de mémoire
La citadelle de Besançon constitue le principal lieu de mémoire directement associé à Pierre Engels. Entre 1941 et 1944, une centaine de résistants et patriotes y sont exécutés après condamnation par le tribunal militaire allemand ; Engels appartient à ces fusillés.
Son nom figure également dans la mémoire locale de Lachapelle-sous-Rougemont, où les relevés des morts de guerre recensent Pierre Armand Engels comme résistant FFC fusillé à Besançon.
Références bibliographiques
Christophe Grudler, Le Fusillé souriant. Histoire d’une photographie. Bien que consacré principalement à Georges Blind, cet ouvrage restitue la Résistance belfortaine, le groupe Ferrand et l’environnement clandestin dans lequel agit Pierre Engels.
Jean-Marie Thiébaud, travaux consacrés aux fusillés de la citadelle de Besançon et à la Résistance franc-comtoise. Ces recherches constituent un cadre utile pour replacer Pierre Engels parmi les condamnés à mort exécutés par les autorités allemandes dans la citadelle.
Références internet
Le Maitron — « Engels Pierre, Armand ». Cette notice nominative constitue la source principale pour son état civil, son engagement précoce dans le groupe Ferrand, son rôle actif dans la Résistance et son exécution après condamnation à la citadelle de Besançon le 22 juin 1944.
https://maitron.fr/engels-pierre-armand/
Le Maitron — « Masson Charles ». Cette notice apporte un élément essentiel pour reconstituer les missions de Pierre Engels : elle indique que Charles Masson et lui assurent ensemble le transport et la mise en cache d’armes dans plusieurs lieux.
https://maitron.fr/masson-charles/
MémorialGenWeb. La documentation nominative retrouvée apporte des renseignements complémentaires sur la répression allemande et situe son arrestation à Diarville le 11 mars 1944 par la Sipo-SD. La fiche de Louis Alphonse Toussaint mentionne explicitement Pierre Engels et leur arrestation à Diarville.
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/sep/fr/fiche_texte.php?id=11009553
Musée de la Résistance en ligne. Les ressources consacrées à la citadelle de Besançon permettent de replacer son exécution dans l’histoire générale de la répression allemande et des fusillades qui s’y déroulent entre 1941 et 1944. Le Musée indique qu’une centaine d’hommes, principalement des résistants, y furent fusillés après condamnation à mort par le tribunal militaire allemand.
https://museedelaresistanceenligne.org/media.php?expo=&media=11775&sens=verso
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote individuelle SHD GR 16 P, aucun dossier FFC, FFI, RIF, DIR ou CVR attribuable avec certitude à Pierre Armand Engels n’a pu être identifié dans les résultats accessibles lors des présentes recherches.
La qualification de résistant FFC apparaît dans la documentation mémorielle, mais elle n’est pas ici transformée en référence d’homologation faute de cote individuelle directement vérifiée.
Observations
Une divergence existe concernant la date de l’exécution. Le Maitron donne le 22 juin 1944, tandis qu’un relevé mémoriel de Lachapelle-sous-Rougemont donne le 23 juin 1944.
La date du 22 juin 1944 est retenue dans la présente notice, sous réserve d’une vérification ultérieure dans l’acte de décès ou les registres de la citadelle de Besançon.
Une vigilance particulière est également nécessaire en raison du patronyme Engels, susceptible de produire de nombreux homonymes dans les recherches générales. Seules les informations explicitement rattachées à Pierre Armand Engels, né le 24 mai 1921 à Luxembourg et résistant du groupe Ferrand, ont été intégrées.
Enfin la médaille de la résistance , Médaille de la Résistance Française par décret du 03 Janvier 1946 JO 13 Janvier 1946 Source Ordre de la libération Côte du dossier : 1O21828
ne figure pas comme ayant été attribuée à titre posthume sur le site de ‘Ordre de la libération alors que le décès est le 22 juin 1944.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A L’identité, la naissance, l’engagement dans le groupe Ferrand et l’exécution après condamnation sont attestés par une notice nominative du Maitron, complétée par plusieurs sources concordantes. L’activité de transport et de dissimulation d’armes est en outre confirmée indirectement par la notice Maitron de son compagnon Charles Masson.
Chronologie
| Date | Événement |
| 24 mai 1921 | Naissance à Luxembourg (Grand-Duché de Luxembourg). |
| Occupation | Engagement précoce dans la Résistance à Belfort. |
| 1941-1944 | Membre actif du groupe Ferrand. |
| Occupation | Transporte et cache des armes avec Charles Masson. |
| 11 mars 1944 | Arrestation à Diarville par la Sipo-SD. |
| 22 juin 1944 | Fusillé après condamnation à la citadelle de Besançon selon le Maitron. |
Tableau des divergences entre sources
| Élément biographique | Source 1 | Source 2 | Décision retenue |
| Date d’exécution | Maitron : 22 juin 1944 | Relevé mémoriel de Lachapelle-sous-Rougemont : 23 juin 1944 | 22 juin 1944 retenu, source nominative Maitron ; divergence signalée. |
Sources consultées
Le Maitron. La notice « Engels Pierre, Armand » a fourni son identité, sa naissance le 24 mai 1921 à Luxembourg, son engagement rapide dans la Résistance belfortaine, son appartenance au groupe Ferrand et son exécution après condamnation à la citadelle de Besançon le 22 juin 1944.
https://maitron.fr/engels-pierre-armand/
Le Maitron. La notice « Masson Charles » a permis d’établir le rôle conjoint de Charles Masson et Pierre Engels dans le transport et la dissimulation clandestine des armes.
https://maitron.fr/masson-charles/
MémorialGenWeb. La fiche retrouvée a apporté des éléments complémentaires concernant l’arrestation à Diarville le 11 mars 1944 par la Sipo-SD et la répression du groupe.
https://www.memorialgenweb.org/memorial3/sep/fr/fiche_texte.php?id=11009553
Musée de la Résistance en ligne. La ressource consacrée aux poteaux des fusillés de la citadelle de Besançon a permis de replacer l’exécution de Pierre Engels dans l’histoire de la répression allemande dans ce lieu.
https://museedelaresistanceenligne.org/media11775-Citadelle-de-Besanon-le-monument-des-poteaux-des-fusills-rhabilit