La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

La forme principale retenue est « maquis d’Écot ». Les variantes « maquis d’Ecot » sans accent et, selon les lieux successifs de stationnement, des références aux bois d’Écot, de Bourguignon, de Mont-Pourron ou de Lucelans apparaissent dans les sources.

Cette diversité géographique s’explique par les déplacements successifs du camp. Le nom d’Écot demeure néanmoins l’appellation historique principale.

Création du maquis

Le maquis est constitué le 7 juin 1944, au lendemain du débarquement de Normandie, dans le cadre de la mobilisation des groupes FFI du Pays de Montbéliard.

Le commandant Émile Joly, dit « Valentin », en est le chef. Les groupes de résistance du secteur se rassemblent sous son autorité. Le village d’Étouvans joue un rôle important comme point d’appui et environnement humain du maquis.

Le maquis s’inscrit dans le groupement FFI du Pays de Montbéliard. Les groupes d’Étouvans, Bavans, Bart et d’autres localités fournissent des combattants.

Organisation interne

Émile Joly commande le dispositif. Sa notice du Maitron le rattache à la Résistance armée locale et au maquis d’Écot.

Les effectifs évoluent au fil de juin 1944 et des déplacements. Au matin du 8 juillet, environ une centaine d’hommes se trouvent au camp attaqué, chiffre retenu par une étude récente de L’Est Républicain.

Le maquis repose sur des groupes locaux préexistants, ce qui explique une organisation fondée à la fois sur une hiérarchie FFI et sur des noyaux communaux ou de corps francs.

Actions menées pendant la Résistance

La constitution d’Écot intervient dans le cadre du passage à la guérilla consécutif au débarquement. Les groupes du Pays de Montbéliard sabotent les voies de communication et préparent l’affrontement armé.

Le maquis change plusieurs fois d’emplacement afin d’échapper aux recherches allemandes. Dans la nuit du 23 au 24 juin, il se déplace vers la ferme de Mont-Pourron, sur la commune de Bourguignon. Le 28 juin, environ 300 Allemands investissent son ancien camp et arrêtent trois ravitailleurs. Les maquisards se déplacent alors à nouveau vers Lucelans, au lieu-dit La Pelotte, sur la commune de Mathay.

Attaque du 8 juillet 1944

Le 8 juillet 1944, le maquis est encerclé et attaqué par d’importantes forces allemandes. Les estimations d’effectifs ennemis divergent : une synthèse mémorielle évoque environ 300 hommes dans une phase de l’opération, tandis qu’une recherche publiée en 2024 fait état d’au moins 700 soldats allemands engagés dans l’attaque finale.

Le camp compte alors environ cent résistants. Le combat dure moins d’une heure dans sa phase décisive. Les maquisards tentent de rompre l’encerclement en petits groupes.

Le bilan communément retenu est de 16 résistants tués et 18 prisonniers. Une vingtaine d’hommes parvient à s’échapper vers Mathay et plusieurs dizaines vers les Grands Bois.

Émile Joly, grièvement blessé, refuse de tomber vivant aux mains de l’ennemi et se donne la mort.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le maquis relève des FFI du groupement du Pays de Montbéliard. Joly est en relation avec l’OCM et l’environnement des réseaux Buckmaster actifs en Franche-Comté.

Ernest-Frédéric Floege, du réseau Pascal-Sacristan, coopère avec les responsables montbéliardais au printemps et à l’été 1944. Après la destruction d’Écot et la mort de Joly, le colonel Jean Maurin reprend le commandement du groupement de Montbéliard.

Cette continuité est importante : Écot constitue une étape majeure entre les groupes clandestins du Pays de Montbéliard et la concentration beaucoup plus importante du Lomont en août 1944.

Chefs et figures marquantes

Émile JOLY, dit « Valentin », militaire et chef du groupement de Résistance du Pays de Montbéliard, commande le maquis. Grièvement blessé le 8 juillet 1944, il se donne la mort pour ne pas être capturé.

Ernest-Frédéric FLOEGE, dit « Paul », coopère avec la Résistance montbéliardaise dans le cadre du réseau Pascal-Sacristan et participe au dispositif qui se prolongera après Écot.

Jean MAURIN, colonel et chef de la sous-région D2, reprend le commandement des FFI du secteur après la mort de Joly.

Victimes et morts

Le bilan de l’attaque du 8 juillet est de 16 morts et 18 prisonniers parmi les résistants.

Les notices individuelles du Maitron permettent d’identifier plusieurs victimes ou combattants, mais une liste exhaustive dépasserait les données actuellement recoupées dans cette fiche. Bartholomé Alarcon est par exemple attesté comme membre du maquis d’Écot.

Survivants identifiés

Plusieurs dizaines de maquisards réussissent à rompre l’encerclement le 8 juillet. Une vingtaine fuit vers Mathay et environ quarante vers les Grands Bois selon la synthèse historique locale.

Ces survivants sont ensuite susceptibles de rejoindre d’autres groupes FFI ; ils participent à la continuité de la Résistance montbéliardaise jusqu’au Lomont.

Fin du maquis

Le maquis d’Écot cesse d’exister comme formation organisée après l’attaque du 8 juillet 1944. Il s’agit d’un véritable démantèlement militaire : camp investi, pertes importantes, prisonniers capturés et chef tué.

La disparition du maquis ne met cependant pas fin à la Résistance du Pays de Montbéliard. Les survivants et les groupes restés clandestins sont réorganisés sous l’autorité de Jean Maurin, puis participent à la constitution du Lomont.

Conséquences et mémoire

Écot occupe une place centrale dans la mémoire de la Résistance comtoise. Un Monument de la Résistance comtoise et du maquis d’Écot a été élevé à proximité du lieu des combats.

Le Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon conserve notamment le journal de marche du maquis d’Écot, document contemporain exceptionnel tenu pendant son existence et aujourd’hui présenté dans les collections du musée.

Des cérémonies commémoratives continuent d’être organisées chaque année autour du 8 juillet.

Divergences entre sources

La principale divergence concerne les forces allemandes engagées. Certaines synthèses évoquent environ 300 hommes dans les opérations préparatoires ou dans l’investissement d’un ancien camp ; les travaux récents relatifs à l’assaut du 8 juillet donnent au moins 700 soldats. Ces chiffres ne décrivent vraisemblablement pas exactement le même moment de l’opération et ne doivent donc pas être artificiellement fusionnés.

Références bibliographiques

Le Pays de Montbéliard 1944 : lutte armée et répression, Jean-Pierre Marandin, Cêtre, 2005. Ouvrage particulièrement important pour replacer Écot dans la chronologie de la Résistance armée montbéliardaise.

Pages de la Résistance comtoise : les FFI du Doubs et du Jura-Nord, 1943-1944, Fédération départementale du Doubs et du Jura-Nord FFI, 1968. Source importante pour l’organisation militaire des FFI et la succession Joly-Maurin.

Le Dernier des grands maquis de France. Le Lomont, août-septembre 1944, Jean-Pierre Marandin, Éditions du Sékoya, 2015. L’ouvrage permet de comprendre la réorganisation des FFI du Pays de Montbéliard après la destruction d’Écot.

Références internet

Le Maitron La notice d’Émile Joly documente le commandement résistant et sa mort lors de la destruction du maquis. https://fusilles-40-44.maitron.fr/joly-emile-francois-marie/

Pays de Montbéliard et Lomont – mémoire de la Résistance La synthèse historique restitue les déplacements successifs du maquis, l’attaque du 8 juillet et le bilan de 16 tués et 18 prisonniers. https://resistance-pays-de-montbeliard-et-lomont.e-monsite.com/pages/l-histoire/page-2.html

Explore Doubs Le site patrimonial départemental présente le Monument du maquis d’Écot et rappelle la destruction du maquis le 8 juillet 1944. https://explore.doubs.fr/trek/1567-Le-bois-de-Villars-sous-Ecot-et-le-Monument-du-Maquis

L’Est Républicain L’étude publiée pour le 80e anniversaire précise qu’au moins 700 soldats allemands attaquent un camp comprenant environ une centaine de résistants et confirme le bilan de 16 morts et 18 prisonniers. https://www.estrepublicain.fr/defense-guerre-conflit/2024/06/23/il-y-a-80-ans-les-55-dernieres-minutes-du-maquis-d-ecot

Fiabilité A —La création, le chef, les déplacements, l’attaque finale et le bilan sont documentés par des sources prosopographiques, muséales, mémorielles et historiographiques concordantes. Les divergences d’effectifs allemands sont identifiées et conservées.

Sources consultées —

Mémoire Vive de la Résistance : recherche « maquis d’Écot », « Ecot » et « Émile Joly » ; aucune notice collective dédiée retrouvée. https://mvr.asso.fr/

Le Maitron : notice Émile Joly et notices de plusieurs membres du maquis consultées. https://fusilles-40-44.maitron.fr/joly-emile-francois-marie/ ; https://fusilles-40-44.maitron.fr/alarcon-bartholome-grima-isidore/

Fondation de la Résistance / Musée de la Résistance en ligne : documentation sur les FFI du Doubs et sur le journal de marche du maquis consultée. https://www.museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes : recherche effectuée ; aucun dossier collectif autonome sous l’intitulé « maquis d’Écot » retrouvé dans les résultats ouverts. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération : recherche effectuée ; aucune notice collective spécifique retrouvée. https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica : recherche effectuée ; aucun document collectif déterminant retenu. https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense : recherche effectuée ; les résultats ouverts n’ont pas permis d’identifier une cote collective spécifique au maquis d’Écot. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

Explore Doubs : monument et mémoire du maquis consultés. https://explore.doubs.fr/trek/1567-Le-bois-de-Villars-sous-Ecot-et-le-Monument-du-Maquis

L’Est Républicain : enquête historique du 80e anniversaire consultée. https://www.estrepublicain.fr/defense-guerre-conflit/2024/06/23/il-y-a-80-ans-les-55-dernieres-minutes-du-maquis-d-ecot

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