Marc AUBRION, pseudonyme non retrouvé, dates et lieux de naissance et de décès non retrouvés, belge.
Les recherches ouvertes permettent d’identifier Marc Aubrion comme un journaliste ou collaborateur de presse ayant travaillé au Soir avant la Seconde Guerre mondiale. Elles ne permettent pas d’établir avec certitude son état civil complet, sa formation, sa situation familiale ni les étapes de sa carrière avant l’Occupation. Le risque d’homonymie demeure limité dans le contexte précis du Faux Soir, mais l’absence de dates d’état civil impose de ne pas lui attribuer des renseignements issus d’autres personnes portant le même nom.
Engagement dans la Résistance
Marc Aubrion rejoignit le Front de l’Indépendance belge durant l’Occupation. Les sources du CegeSoma le présentent comme un affilié encore récent du mouvement à l’automne 1943, mais déjà suffisamment intégré pour soumettre à sa direction une opération de propagande clandestine d’une ampleur exceptionnelle.
À l’approche du vingt-cinquième anniversaire de l’armistice de novembre 1918, la direction du Front de l’Indépendance souhaitait accomplir une action spectaculaire. Aubrion proposa de fabriquer un pastiche d’un journal collaborationniste afin de tourner l’occupant et ses relais belges en dérision. Le projet visa d’abord Le Pays réel, puis fut réorienté vers Le Soir, journal contrôlé par l’occupant et communément surnommé « Le Soir volé ». Son importante diffusion promettait à l’opération une résonance bien supérieure.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Marc Aubrion appartenait au Front de l’Indépendance, vaste mouvement de Résistance intérieure belge actif dans la presse clandestine, l’aide aux personnes pourchassées et la mobilisation patriotique. Les sources consultées ne permettent pas de lui attribuer avec certitude une appartenance distincte aux Partisans armés, à un réseau de renseignement ou à une filière d’évasion.
La page de la Mémoire Vive de la Résistance consacrée au Faux Soir est une notice thématique portant sur l’opération collective.
Missions et actions
Marc Aubrion fut l’initiateur intellectuel du Faux Soir. Après l’accord de René Noël, responsable du Front de l’Indépendance pour le Brabant et le Hainaut, le projet fut préparé au cours de réunions du comité national tenues notamment au domicile du peintre Léon Navez. Aubrion participa à l’organisation générale de l’entreprise, tandis que Fernand Demany, Adrien van den Branden de Reeth et Pierre Ansiaux furent chargés de la rédaction du numéro.
Le pastiche fut imprimé dans la nuit du 6 au 7 novembre 1943 au 35 rue de Ruysbroeck à Bruxelles, dans l’atelier de Ferdinand Wellens. Cinquante mille exemplaires furent produits. Une partie fut mêlée aux exemplaires ordinaires dans des kiosques bruxellois le 9 novembre 1943 ; les autres furent distribués par les sections du Front de l’Indépendance à Bruxelles, dans le Hainaut, à Liège et au Luxembourg belge.
L’opération reposait sur une imitation fidèle de la présentation du quotidien, mais son contenu tournait en ridicule les autorités allemandes, les dirigeants collaborationnistes et les journalistes du Soir volé. Le retentissement fut considérable en Belgique et atteignit Londres. Le Faux Soir devint l’une des réalisations les plus célèbres de la presse clandestine belge.
Arrestation / évasion / déportation
Après la découverte, en février 1944, de la rotative utilisée pour l’impression, la police allemande remonta progressivement jusqu’à plusieurs participants. Marc Aubrion fut arrêté en mars 1944. Les sources consultées indiquent qu’il fut condamné, mais que sa peine fut commuée ; elles ne le comptent pas parmi les participants morts en déportation.
Les lieux successifs de détention, la juridiction qui le condamna, la nature exacte de la peine initiale et la date de sa libération n’ont pas été retrouvés dans les sources ouvertes consultées. Aucune évasion n’est documentée.
Camarades de combat
René Noël fut son principal interlocuteur politique dans le lancement du projet. Fernand Demany, Adrien van den Branden de Reeth et Pierre Ansiaux rédigèrent le faux numéro. Andrée Grandjean assura la recherche du financement, obtenu auprès d’Alfred Fourcroy. Louis Muller procura des renseignements internes sur la présentation et la distribution du véritable Soir. Ferdinand Wellens accepta d’imprimer le journal, tandis que Pierre Balencourt contribua à la mise en relation avec l’imprimeur.
Léon Navez accueillit des réunions préparatoires. Théo Mullier, Julien Oorlynk, Henri Vandevelde, Jean Hella et d’autres militants intervinrent dans la fabrication, le stockage ou la diffusion. Plusieurs furent arrêtés ; Ferdinand Wellens et Théo Mullier ne revinrent pas de la captivité nazie.
Retour à la vie civile
Les sources ouvertes consultées établissent que Marc Aubrion survécut à la répression, mais elles ne permettent pas de retracer sa libération, son retour à la vie civile, sa carrière journalistique après 1945 ni la date de son décès.
Décorations
Aucune décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que Marc Aubrion n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.
Les bases françaises indiquées par le prompt sont peu adaptées au cas d’un résistant belge n’ayant pas servi dans une organisation française homologuée. Aucune distinction belge certaine n’a été identifiée dans les résultats accessibles du Moniteur belge ou des ressources mémorielles consultées.
Lieux de mémoire
La mémoire de Marc Aubrion est principalement attachée au Faux Soir du 9 novembre 1943. Un exemplaire est conservé par le Musée de la Résistance de Belgique et le titre est numérisé ou référencé par la Belgian War Press du CegeSoma.
Le 35 rue de Ruysbroeck à Bruxelles, où eut lieu l’impression, constitue le principal lieu matériel associé à l’opération. Une plaque commémorative y rappelle l’histoire du journal clandestin. L’ancien ensemble lié aux ateliers d’impression a également accueilli des institutions consacrées à la mémoire de la Résistance.
Aucune photographie de Marc Aubrion n’a été identifiée avec certitude dans les bases officielles consultées.
Références bibliographiques
Marie Istas, Le « faux » Soir. 9 novembre 1943, Bruxelles, Collet, 1987. Cette monographie est consacrée à la conception, à la fabrication, à la diffusion et à la répression du Faux Soir. Elle constitue la référence imprimée la plus directement liée à l’action initiée par Marc Aubrion.
Histoire du faux « Soir » du 9 novembre 1943, publiée à l’occasion du cinquantième anniversaire du faux Soir, Bruxelles, Louis Hamelrijck. Cette publication commémorative restitue l’organisation interne de l’opération et la mémoire de ses participants. Elle est signalée dans la bibliographie institutionnelle du CegeSoma.
Catherine Wiot, Dossier : L’histoire vraie du faux « Soir », 1981. Cette étude est consacrée aux protagonistes, aux conditions matérielles de production du numéro et à la répression allemande consécutive à sa diffusion.
José Gotovitch et Jules Gérard-Libois, L’An 40. La Belgique occupée, Bruxelles, CRISP. L’ouvrage replace la presse clandestine et la formation des mouvements de Résistance dans le contexte politique et social de la Belgique occupée.
José Gotovitch, Du rouge au tricolore. Les communistes belges de 1939 à 1944, Bruxelles, Labor, 1992. Cette étude éclaire la genèse du Front de l’Indépendance, sa stratégie de rassemblement et la place de militants issus de la mouvance communiste dans ses opérations de propagande.
Références internet
Belgium WWII – CegeSoma / Archives de l’État. L’article « Le faux Soir », rédigé par Alain Colignon, constitue la principale source institutionnelle utilisée. Il identifie Marc Aubrion comme l’initiateur du projet, décrit la préparation, les rédacteurs, le financement, l’impression, la diffusion et la répression.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/le-faux-soir.html
Mémoire Vive de la Résistance. La page « Le Faux Soir, Bruxelles » est une notice thématique et non une notice individuelle. Elle confirme le rôle d’initiateur de Marc Aubrion, son arrestation en mars 1944 et sa survie à la guerre.
https://mvr.asso.fr/le-faux-soir-bruxelles/
The Belgian War Press – CegeSoma. Cette base patrimoniale répertorie le Faux Soir comme titre de presse clandestine publié à Bruxelles le 9 novembre 1943 et permet d’en documenter matériellement l’existence.
https://warpress.cegesoma.be/fr/node/44166
Archives de la Ville de Bruxelles. La page consacrée à la publication du Faux Soir replace l’opération dans l’histoire bruxelloise de la Résistance et décrit la répression exercée contre l’équipe de fabrication.
https://archives.bruxelles.be/un-acte-de-resistance-la-publication-du-faux-soir-le-9-novembre-1943
Inventaire du patrimoine architectural de Bruxelles-Capitale. La notice du bâtiment de la rue de Ruysbroeck documente le lieu de fabrication du journal et sa postérité mémorielle.
https://monument.heritage.brussels/fr/buildings/37264
Wikipédia. La page « Faux Soir » a été consultée comme source secondaire développée. Elle confirme l’association entre Marc Aubrion et René Noël dans la mise en œuvre du projet, mais les données retenues ont été recoupées avec le CegeSoma.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_Soir
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote nominative belge de dossier de reconnaissance comme résistant par la presse clandestine, prisonnier politique ou résistant civil n’a été retrouvée pour Marc Aubrion dans les interfaces ouvertes consultées.
Aucune cote du Service historique de la Défense français de type GR 16 P n’a été identifiée. Une telle absence n’est pas surprenante pour un militant belge du Front de l’Indépendance dont l’activité s’est déroulée en Belgique.
Observations
L’état civil complet de Marc Aubrion n’a pas été retrouvé. Les sources institutionnelles le désignent toutefois de manière concordante comme ancien du Soir, membre récent du Front de l’Indépendance et initiateur du Faux Soir.
Certaines publications romancées ou littéraires amplifient son rôle et lui attribuent des traits personnels non documentés par les sources historiques consultées. Ces éléments n’ont pas été intégrés.
La page MVR consacrée au Faux Soir constitue une notice d’opération collective, non une notice individuelle consacrée à Marc Aubrion.
Indice de fiabilité Niveau C — L’existence de Marc Aubrion, son appartenance au Front de l’Indépendance, son initiative dans la conception du Faux Soir et son arrestation sont établies par plusieurs sources concordantes, dont une synthèse institutionnelle du CegeSoma. L’absence d’état civil complet, de dossier nominatif accessible et d’informations sûres sur son après-guerre ne permet pas de retenir le niveau A ou B.
Chronologie
| Date | Événement |
| Avant 1940 | Activité au journal Le Soir, selon le CegeSoma. |
| Avant l’automne 1943 | Adhésion au Front de l’Indépendance. |
| Début de l’automne 1943 | Proposition de réaliser le pastiche d’un journal collaborationniste. |
| Automne 1943 | Approbation du projet par René Noël et préparation avec le comité national du Front de l’Indépendance. |
| Nuit du 6 au 7 novembre 1943 | Impression clandestine du Faux Soir à Bruxelles. |
| 9 novembre 1943 | Diffusion du Faux Soir. |
| Février 1944 | Découverte de la rotative par la police allemande et début de la vague d’arrestations. |
| Mars 1944 | Arrestation de Marc Aubrion. |
| 1944-1945 | Condamnation, puis commutation de sa peine ; survie à la guerre. |
Sources consultées
Belgium WWII – CegeSoma / Archives de l’État. L’article « Le faux Soir » a fourni le rôle de Marc Aubrion comme initiateur de l’opération, son appartenance récente au Front de l’Indépendance, la préparation collective, l’impression et la diffusion du pastiche.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/le-faux-soir.html
Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique « Le Faux Soir, Bruxelles » a confirmé son rôle d’initiateur, son arrestation en mars 1944 et sa survie. La page n’étant pas une notice individuelle, la recherche a été poursuivie.
https://mvr.asso.fr/le-faux-soir-bruxelles/
Archives de la Ville de Bruxelles. La page « Un acte de résistance : la publication du Faux Soir le 9 novembre 1943 » a documenté l’histoire municipale et mémorielle de l’opération ainsi que la répression frappant l’équipe.
https://archives.bruxelles.be/un-acte-de-resistance-la-publication-du-faux-soir-le-9-novembre-1943
The Belgian War Press – CegeSoma. La fiche du Faux Soir a confirmé le statut de presse clandestine, le lieu et la date de publication.
https://warpress.cegesoma.be/fr/node/44166
Wikipédia. La notice « Faux Soir » a été consultée comme source secondaire et pour ses références ; les renseignements retenus ont été recoupés avec le CegeSoma.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_Soir