René NOËL, né en 1907 à Hornu (Hainaut, Belgique), mort en 1987 à Mons (Hainaut, Belgique), belge.
René Noël naquit à Hornu dans une famille ouvrière : son père était carreleur et sa mère ménagère. Il obtint en 1927 un diplôme de régent en mathématiques, puis exerça comme enseignant. Il s’engagea également dans le syndicalisme au cours des années 1930. Les dates complètes de naissance et de décès n’apparaissent pas dans les résultats institutionnels ouverts consultés.
Engagement dans la Résistance
Hostile à l’occupation allemande, René Noël se rapprocha du communisme en 1941 et entra dans le Front de l’Indépendance. Il devint rapidement un cadre du mouvement dans le Borinage, puis à l’échelle provinciale à la fin de 1942. À partir de 1943, il appartint à la direction nationale du Front.
Son parcours illustre le rôle joué par des enseignants, syndicalistes et militants locaux dans la constitution de structures clandestines capables d’articuler presse, propagande, mobilisation sociale et organisation politique.
Appartenance à un réseau ou mouvement
René Noël appartenait au Front de l’Indépendance. Les sources le présentent comme responsable pour le Brabant et le Hainaut lors de la préparation du Faux Soir, ainsi que comme responsable de la presse clandestine pour le Brabant en 1943.
Son engagement politique se situait dans l’environnement du Parti communiste de Belgique. Aucune appartenance certaine à un service de renseignement allié ou à un réseau d’évasion n’a été retrouvée.
Missions et actions
René Noël donna son aval à la proposition de Marc Aubrion de parodier Le Soir. Il participa à la mise en place du projet et à sa coordination politique au sein du comité national du Front de l’Indépendance. Les réunions préparatoires eurent notamment lieu chez le peintre Léon Navez.
Il rechercha les moyens financiers indispensables à l’impression. Par l’intermédiaire d’Andrée Grandjean, une avance de 50 000 francs belges fut obtenue auprès d’Alfred Fourcroy. Noël participa également à l’organisation de la diffusion, qui prévoyait des contingents pour Bruxelles, le Hainaut, Liège et le Luxembourg belge.
Le Faux Soir, diffusé le 9 novembre 1943, fut un succès de propagande. Par son imitation matérielle du quotidien contrôlé par l’occupant et son contenu satirique, il ridiculisa la collaboration et contribua au prestige du Front de l’Indépendance.
Les sources biographiques disponibles indiquent plus largement que René Noël occupa des fonctions dirigeantes dans le Front de l’Indépendance à l’échelle régionale, provinciale puis nationale. Les autres opérations précises qu’il coordonna ne sont pas détaillées dans les résultats ouverts consultés.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, évasion ou déportation de René Noël n’a été établie par les sources consultées. Il survécut à l’Occupation et reprit après la Libération une activité politique publique.
Camarades de combat
Marc Aubrion travailla avec lui à l’origine du Faux Soir. Fernand Demany, Adrien van den Branden de Reeth et Pierre Ansiaux en rédigèrent les textes. Andrée Grandjean et Alfred Fourcroy assurèrent le financement, tandis que Ferdinand Wellens prit en charge l’impression.
Au sein du Front de l’Indépendance, René Noël appartint à un mouvement dont les dirigeants nationaux comprenaient notamment Fernand Demany, Albert Marteaux et l’abbé André Boland.
Retour à la vie civile
Après la guerre, René Noël poursuivit son engagement au Parti communiste de Belgique. Il fut parlementaire et siégea au Sénat en 1949-1950, puis de 1954 à 1974 pour l’arrondissement de Mons-Soignies.
Il joua également un rôle majeur dans la vie politique locale de la région montoise. Les sources secondaires le présentent comme une figure du mouvement wallon et comme l’un des principaux représentants communistes du Hainaut. Il obtint des résultats électoraux importants lors des scrutins communaux montois du début des années 1970.
Il mourut en 1987 à Mons.
Décorations
Aucune décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que René Noël n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.
Son parcours de dirigeant résistant belge rend possible l’existence d’une reconnaissance officielle nationale, mais aucun arrêté, dossier de statut ou extrait du Moniteur belge n’a été identifié dans les résultats accessibles.
Lieux de mémoire
La mémoire de René Noël est associée à Mons, au Borinage et à l’histoire du Front de l’Indépendance dans le Hainaut. Le parcours mémoriel Liberation Route Europe le présente comme une figure emblématique de la Résistance montoise.
Elle est aussi liée au Faux Soir, conservé par la Belgian War Press et par le Musée de la Résistance de Belgique. Une photographie de René Noël est reproduite dans l’article institutionnel du CegeSoma consacré à l’opération.
Références bibliographiques
Marie Istas, Le « faux » Soir. 9 novembre 1943, Bruxelles, Collet, 1987. L’ouvrage décrit la préparation et la diffusion du pastiche et permet de préciser le rôle d’autorisation, de coordination et de financement exercé par René Noël.
Histoire du faux « Soir » du 9 novembre 1943, publiée à l’occasion du cinquantième anniversaire du faux Soir, Bruxelles, Louis Hamelrijck. Cette publication commémorative rassemble des éléments sur l’équipe du journal et la mémoire de l’opération.
José Gotovitch, Du rouge au tricolore. Les communistes belges de 1939 à 1944, Bruxelles, Labor, 1992. Cette étude est essentielle pour situer l’adhésion de René Noël au communisme et son ascension dans le Front de l’Indépendance.
Fabrice Maerten, travaux sur le Front de l’Indépendance et la presse clandestine belge. Ces recherches éclairent la structuration régionale du mouvement, ses publications clandestines et sa capacité de mobilisation dans le Hainaut et le Brabant.
Références internet
Belgium WWII – CegeSoma / Archives de l’État. L’article « Le faux Soir » précise que René Noël était responsable du Front de l’Indépendance pour le Brabant et le Hainaut, qu’il approuva le projet, rechercha son financement et participa à son organisation.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/le-faux-soir.html
Liberation Route Europe. Le portrait « René Noël » fournit les années de naissance et de décès et décrit son passage du communisme au Front de l’Indépendance, puis son accession aux directions provinciale et nationale du mouvement.
https://www.liberationroute.com/fr/stories/16/rene-noel
Mémoire Vive de la Résistance. La page « Le Faux Soir, Bruxelles », notice thématique, confirme son rôle de coordinateur politique de l’opération. Aucune notice individuelle de René Noël n’a été identifiée.
https://mvr.asso.fr/le-faux-soir-bruxelles/
Wikipédia. La notice « René Noël » fournit des éléments sur sa famille, sa formation, son activité d’enseignant, ses mandats parlementaires et sa carrière politique. Ces renseignements sont retenus avec prudence et recoupés, lorsqu’ils se rapportent à la Résistance, avec le CegeSoma et Liberation Route Europe.
https://fr.wikipedia.org/wiki/René_Noël
Centre des archives communistes en Belgique. La base des biographies communistes signale l’existence d’une documentation biographique consacrée à René Noël et confirme son inscription dans l’histoire du mouvement communiste belge.
https://www.carcob.eu/Biographies-communistes
Dossier d’homologation consulté
Aucune référence nominative de dossier belge de reconnaissance comme résistant, résistant par la presse clandestine ou prisonnier politique n’a été retrouvée dans les interfaces ouvertes consultées.
Aucune cote française du Service historique de la Défense de type GR 16 P n’a été identifiée, ce qui est cohérent avec un parcours entièrement inscrit dans la Résistance belge.
Observations
Les résultats accessibles donnent les années 1907 et 1987, ainsi que Hornu et Mons, mais n’affichent pas les jours et mois de naissance et de décès. Ils n’ont donc pas été complétés par hypothèse.
Le titre précis de ses responsabilités varie selon les sources : responsable du Brabant et du Hainaut, responsable provincial, ou responsable de la presse clandestine pour le Brabant. Ces fonctions ne sont pas nécessairement contradictoires et peuvent correspondre à des périodes ou à des champs d’activité différents.
Aucune notice individuelle consacrée à René Noël n’a été identifiée sur le site MVR.
Indice de fiabilité Niveau B — L’identité générale, les années et lieux de naissance et de décès, l’engagement au Front de l’Indépendance, les responsabilités régionales et nationales et le rôle dans le Faux Soir sont établis par une source institutionnelle et plusieurs sources concordantes. L’état civil incomplet et l’absence de dossier individuel accessible empêchent un classement au niveau A.
Chronologie
| Date | Événement |
| 1907 | Naissance à Hornu (Belgique). |
| 1927 | Obtention d’un régendat en mathématiques. |
| Années 1930 | Activité d’enseignant et engagement syndical. |
| 1941 | Ralliement au communisme et engagement dans le Front de l’Indépendance. |
| Fin de 1942 | Accession à des responsabilités dans le Hainaut. |
| 1943 | Entrée dans la direction nationale du Front de l’Indépendance. |
| Automne 1943 | Approbation et organisation du projet du Faux Soir. |
| 9 novembre 1943 | Diffusion du Faux Soir. |
| 1949-1950 | Premier mandat au Sénat belge. |
| 1954-1974 | Sénateur pour Mons-Soignies. |
| 1987 | Mort à Mons. |
Sources consultées
Belgium WWII – CegeSoma / Archives de l’État. L’article « Le faux Soir » a établi les fonctions de René Noël au Front de l’Indépendance, son aval au projet, son rôle dans le financement et l’organisation de l’opération.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/le-faux-soir.html
Liberation Route Europe. Le portrait « René Noël » a fourni les années de naissance et de décès et les principales étapes de son engagement dans le Front de l’Indépendance, de l’échelon régional à la direction nationale.
https://www.liberationroute.com/fr/stories/16/rene-noel
Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique « Le Faux Soir, Bruxelles » a confirmé sa place parmi les coordinateurs politiques. La recherche n’a pas identifié de notice individuelle à son nom.
https://mvr.asso.fr/le-faux-soir-bruxelles/
Wikipédia. La notice « René Noël » a fourni les éléments relatifs à son origine familiale, à sa formation, à son activité enseignante et syndicale et à ses mandats politiques.
https://fr.wikipedia.org/wiki/René_Noël
Centre des archives communistes en Belgique. La liste des biographies communistes a confirmé l’existence d’un corpus biographique consacré à René Noël, sans que le dossier détaillé ait été directement accessible dans les résultats ouverts.
https://www.carcob.eu/Biographies-communistes