La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

WELLENS Ferdinand

Ferdinand WELLENS, parfois prénommé « Fernand » dans des sources secondaires, pseudonyme non retrouvé, né vers 1882 ou 1883 en un lieu non retrouvé, mort le 28 février 1945 à Berlin (Allemagne), belge.

La jeunesse, l’origine familiale et la formation de Ferdinand Wellens n’ont pas été reconstituées dans les sources ouvertes consultées. L’inscription figurant sur son monument funéraire le qualifie de « maître imprimeur » et indique qu’il mourut à l’âge de soixante-deux ans, ce qui situe sa naissance vers 1882 ou 1883 sans permettre d’en déterminer la date exacte.

Il exerçait avant et pendant l’Occupation comme imprimeur à Bruxelles. Son atelier était établi au 35 rue de Ruysbroeck, à proximité du Sablon.

Engagement dans la Résistance

Ferdinand Wellens fut mis en relation avec les organisateurs du Faux Soir par un ouvrier typographe membre du Front de l’Indépendance. Le CegeSoma indique qu’il passait auparavant pour une personnalité ambiguë, son imprimerie comptant parmi ses clients aussi bien l’occupant que des milieux rexistes. Après un temps de réflexion, il accepta néanmoins de mettre son entreprise au service de l’opération clandestine.

Certaines sources secondaires affirment qu’il avait déjà imprimé des documents pour le Front de l’Indépendance. Cette indication est compatible avec son engagement, mais elle est moins explicitement attestée que sa participation directe au Faux Soir.

Son acceptation représentait un risque considérable. Le matériel utilisé était identifiable par les particularités mécaniques de la rotative, tandis que la quantité de papier, la mobilisation du personnel et le fonctionnement nocturne de l’atelier pouvaient attirer l’attention.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Ferdinand Wellens collabora avec le Front de l’Indépendance dans le domaine de l’impression clandestine. Les sources ne permettent pas de préciser s’il en fut membre formel, militant régulier ou sympathisant mobilisé pour cette opération.

Aucune appartenance à un service de renseignement, à une formation armée ou à une filière d’évasion n’a été retrouvée.

La page de la Mémoire Vive de la Résistance consacrée au Faux Soir constitue une notice thématique sur l’opération.

Missions et actions

Ferdinand Wellens mit à la disposition de l’équipe clandestine son atelier, sa rotative et les moyens humains nécessaires à l’impression du faux numéro. Son établissement du 35 rue de Ruysbroeck constituait l’une des rares imprimeries capables de réaliser rapidement un tirage de plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires imitant matériellement un grand quotidien.

L’impression eut lieu dans la nuit du 6 au 7 novembre 1943. Le tirage fut fixé à 50 000 exemplaires. Les feuilles devaient être rognées afin de supprimer les marques ou dentelures susceptibles d’identifier la machine utilisée.

Le travail mobilisa notamment le linotypiste Julien Oorlynk et le rotativiste Henri Vandevelde. Les exemplaires furent ensuite conditionnés et répartis entre les kiosques bruxellois et les sections régionales du Front de l’Indépendance.

Le 9 novembre 1943, une partie du tirage fut introduite dans le circuit ordinaire de vente du Soir. Le succès public du pastiche donna à l’opération un retentissement national et international, mais exposa l’imprimerie à une enquête approfondie de la Sipo-SD.

Arrestation / évasion / déportation

En février 1944, la police allemande identifia la rotative ayant servi à fabriquer le journal. Ferdinand Wellens fut arrêté peu après, en même temps que Théo Mullier, Julien Oorlynk et Henri Vandevelde.

Les sources consultées ne permettent pas de reconstituer avec certitude la date exacte de son arrestation, les prisons où il fut détenu, sa condamnation ni les étapes de son transfert vers l’Allemagne.

Il mourut en captivité le 28 février 1945. Les Archives de la Ville de Bruxelles parlent d’une mort en déportation ; l’inscription funéraire indique plus précisément Berlin.

Une source secondaire situe sa mort au camp de Gross-Rosen, mais cette localisation n’est pas corroborée par l’inscription funéraire, qui mentionne Berlin. Elle n’est donc pas retenue comme certaine.

Camarades de combat

Marc Aubrion fut l’initiateur du projet ; René Noël en coordonna l’organisation politique. Fernand Demany, Adrien van den Branden de Reeth et Pierre Ansiaux en rédigèrent les textes.

Pierre Balencourt ou un autre ouvrier typographe du Front de l’Indépendance mit l’équipe en relation avec Ferdinand Wellens. Julien Oorlynk participa à la composition typographique et Henri Vandevelde au fonctionnement de la rotative.

Théo Mullier fournit les éléments issus du véritable Soir nécessaires à la reproduction de son titre et à la connaissance de son circuit de distribution. Il fut arrêté au cours de la même enquête et mourut lui aussi en déportation.

Retour à la vie civile

Ferdinand Wellens ne revint pas de captivité.

Les informations relatives à son épouse apparaissent sur son monument funéraire, qui mentionne « Madame F. Wellens, née Louise Pay, 1878-1956 ». La formule gravée « Ferdinand Wellens Pay » pourrait résulter de l’association du nom du défunt et du nom de naissance de son épouse ou d’une disposition funéraire ambiguë ; elle ne permet pas de modifier avec certitude son état civil.

Décorations

Aucune décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que Ferdinand Wellens n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.

Son décès en déportation et sa participation au Faux Soir ont pu donner lieu à une reconnaissance belge posthume, mais aucun arrêté nominatif du Moniteur belge ni aucun dossier officiel de distinction n’a été retrouvé.

Lieux de mémoire

Le principal lieu de mémoire est le 35 rue de Ruysbroeck à Bruxelles, emplacement de son imprimerie et lieu de fabrication du Faux Soir. Le bâtiment a été transformé et intégré à l’école primaire du lycée Henriette Dachsbeck.

Une plaque, apposée en façade le 27 mars 1999, rappelle l’impression clandestine du journal et le sacrifice de participants tels que Ferdinand Wellens et Théo Mullier.

La sépulture de Ferdinand Wellens se trouve au cimetière de Bruxelles à Evere. Son monument porte une inscription le désignant comme « maître imprimeur » et « auteur du “Soir” clandestin du 9 novembre 1943 », mort à Berlin en captivité le 28 février 1945.

Les Archives de la Ville de Bruxelles et le Musée de la Résistance de Belgique entretiennent également la mémoire matérielle du Faux Soir et de son imprimeur.

Références bibliographiques

Marie Istas, Le « faux » Soir. 9 novembre 1943, Bruxelles, Collet, 1987. Cette monographie constitue la référence principale pour l’histoire de l’impression, de la diffusion et de la répression. Elle permet de replacer Ferdinand Wellens dans l’organisation technique de l’opération.

Histoire du faux « Soir » du 9 novembre 1943, publiée à l’occasion du cinquantième anniversaire du Faux Soir, Bruxelles, Louis Hamelrijck. Cette publication commémorative restitue le rôle des membres de l’équipe et la mémoire collective de l’imprimerie de la rue de Ruysbroeck.

Catherine Wiot, Dossier : L’histoire vraie du faux « Soir », 1981. L’étude porte sur les protagonistes, la logistique clandestine et les arrestations intervenues après l’identification de la rotative.

José Gotovitch et Jules Gérard-Libois, L’An 40. La Belgique occupée, Bruxelles, CRISP. Cet ouvrage général fournit le contexte politique de l’Occupation, du Front de l’Indépendance et de la presse clandestine belge.

Références internet

Belgium WWII – CegeSoma / Archives de l’État. L’article « Le faux Soir » fournit le rôle de Ferdinand Wellens, l’adresse de son atelier, le déroulement de l’impression et les circonstances générales de son arrestation.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/le-faux-soir.html

Archives de la Ville de Bruxelles. La page « Un acte de résistance : la publication du Faux Soir le 9 novembre 1943 » confirme son arrestation et sa mort en déportation le 28 février 1945.
https://archives.bruxelles.be/un-acte-de-resistance-la-publication-du-faux-soir-le-9-novembre-1943

Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique « Le Faux Soir, Bruxelles » confirme qu’il imprima le journal dans son atelier et mourut en déportation. Elle n’est pas une notice individuelle.
https://mvr.asso.fr/le-faux-soir-bruxelles/

Circuit Marolles-Midi. La page consacrée au Faux Soir localise l’imprimerie, reproduit un portrait de Ferdinand Wellens et documente la plaque commémorative apposée en 1999.
https://marolles-jewishmemories.net/le-faux-soir/

Wikimedia Commons. La catégorie consacrée à sa sépulture reproduit l’inscription funéraire indiquant sa profession, son âge approximatif, le lieu de captivité et la date de son décès.
https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Grave_of_Ferdinand_Wellens

Dossier d’homologation consulté

Aucune référence de dossier individuel belge de résistant par la presse clandestine, de prisonnier politique ou de déporté n’a été retrouvée dans les interfaces ouvertes consultées.

Aucune cote française du Service historique de la Défense de type GR 16 P n’a été identifiée.

Les dossiers du Service des victimes de la guerre, les archives du CegeSoma et les archives judiciaires de la répression allemande pourraient contenir un dossier nominatif, mais aucun dossier physique n’a été directement consulté.

Observations

Le prénom apparaît sous les formes « Ferdinand » et « Fernand ». Les sources institutionnelles du CegeSoma et des Archives de Bruxelles emploient Ferdinand ; cette forme a été retenue.

L’inscription funéraire donne un décès à Berlin le 28 février 1945 à l’âge de soixante-deux ans. Certaines sources secondaires évoquent le camp de Gross-Rosen, tandis qu’un document local indique par erreur le 28 janvier 1945. La date du 28 février et la localisation à Berlin, attestées par le monument, ont été privilégiées.

Aucune notice individuelle consacrée à Ferdinand Wellens n’a été identifiée sur le site de la Mémoire Vive de la Résistance.

Indice de fiabilité Niveau B — La profession, le lieu d’activité, l’engagement dans l’impression du Faux Soir, l’arrestation et la mort en captivité sont établis par plusieurs sources institutionnelles et mémorielles concordantes. L’absence d’état civil complet et de dossier nominatif accessible limite toutefois la reconstitution biographique.

Chronologie

DateÉvénement
Vers 1882 ou 1883Naissance, d’après l’âge porté sur la sépulture.
Avant 1943Activité de maître imprimeur à Bruxelles.
Automne 1943Acceptation de l’impression du Faux Soir.
Nuit du 6 au 7 novembre 1943Impression clandestine du journal au 35 rue de Ruysbroeck.
9 novembre 1943Diffusion du Faux Soir.
Février 1944Identification de la rotative par la Sipo-SD et arrestation.
28 février 1945Mort en captivité à Berlin, selon l’inscription funéraire.

Sources consultées

Belgium WWII – CegeSoma / Archives de l’État. L’article « Le faux Soir » a fourni la profession de Ferdinand Wellens, les circonstances de son recrutement, l’adresse de son atelier, le tirage réalisé et les conditions générales de son arrestation.
https://www.belgiumwwii.be/belgique-en-guerre/articles/le-faux-soir.html

Archives de la Ville de Bruxelles. La page « Un acte de résistance : la publication du Faux Soir le 9 novembre 1943 » a confirmé qu’il fut dénoncé, arrêté et mourut en déportation le 28 février 1945.
https://archives.bruxelles.be/un-acte-de-resistance-la-publication-du-faux-soir-le-9-novembre-1943

Mémoire Vive de la Résistance. La notice thématique « Le Faux Soir, Bruxelles » a confirmé son rôle d’imprimeur et sa mort en déportation. La page n’étant pas une notice individuelle, les recherches ont été poursuivies.
https://mvr.asso.fr/le-faux-soir-bruxelles/

Circuit Marolles-Midi. La page « Le faux Soir » a fourni l’emplacement de l’imprimerie, l’existence d’un portrait et les renseignements concernant la plaque commémorative du 27 mars 1999.
https://marolles-jewishmemories.net/le-faux-soir/

Wikimedia Commons. La catégorie « Grave of Ferdinand Wellens » a fourni la transcription de son inscription funéraire, indiquant qu’il était maître imprimeur, mourut à Berlin en captivité le 28 février 1945 et était âgé de soixante-deux ans.
https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Grave_of_Ferdinand_Wellens

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