Jean MAHIEU-VILLARS, alias « Villars », né le 31 juillet 1923 à Bois-Colombes (Seine), mort le 22 juin 2020, lieu de décès non retrouvé lors des présentes recherches, français.
Jean Mahieu naquit à Bois-Colombes le 31 juillet 1923. Il était le fils de Lucien Mahieu, ingénieur à la Société française radioélectrique de Lyon, lui-même engagé dans le mouvement Combat. Son frère cadet André Mahieu, né en 1927, participa également à la Résistance en distribuant des journaux et des tracts clandestins.
Adolescent au moment de la défaite de 1940, Jean Mahieu envisagea d’abord de rejoindre la France libre. Son engagement clandestin interrompit ses études avant qu’il ait pu achever sa formation.
Engagement dans la Résistance
Jean Mahieu commença son activité résistante à Lyon dans le mouvement Combat, auquel appartenait déjà son père. En septembre 1943, il rejoignit Libération-Sud et devint un permanent du mouvement sous l’autorité de Louis Le Coq, alias « Berger », chef régional de l’organisation.
Sous le pseudonyme de « Villars », il fut nommé responsable de la propagande et de la diffusion des Mouvements unis de Résistance pour le département du Rhône. Il prit la direction d’un groupe franc de propagande chargé d’actions spectaculaires dans Lyon occupé.
Appartenance à un réseau ou mouvement
Jean Mahieu-Villars appartint successivement ou simultanément à Combat, à Libération-Sud et aux Mouvements unis de Résistance. Il agit également avec les Forces unies de la jeunesse et les groupes francs de l’Armée secrète.
En juillet 1944, il fut promu responsable de la propagande-diffusion pour l’ensemble de la région R1, sous l’autorité directe d’Alban Vistel. Cette fonction régionale dépassait le seul cadre du département du Rhône et le plaçait au sein de la direction clandestine chargée de la propagande et de l’action publique de la Résistance dans le Sud-Est.
Missions et actions
Le 31 décembre 1943, Jean Mahieu-Villars participa, sous les ordres de Charles Mohler, alias « Duvernois », à la diffusion du faux numéro du Nouvelliste. L’opération consistait à retirer des kiosques lyonnais l’édition authentique du quotidien collaborationniste et à lui substituer un faux journal favorable à la Résistance. Le subterfuge ne fut découvert que vers huit heures, après la vente d’une part importante du tirage clandestin.
En mars 1944, son groupe assura la répartition d’un million de tracts intitulés « La Résistance n’est pas morte. Miliciens assassins », imprimés dans l’atelier d’Eugène Pons.
Jean Mahieu-Villars constitua également un groupe motorisé utilisant des véhicules volés et obtint des armes auprès de résistants d’Ambérieu-en-Bugey afin de protéger ses hommes.
En juin 1944, son groupe réalisa une croix de Lorraine en bois d’environ trois mètres, lestée de sacs de boulons. Transportée sur le toit d’une automobile, elle fut jetée par-dessus le parapet d’un pont franchissant le Rhône afin d’offrir à la population lyonnaise une manifestation visible de la présence de la Résistance.
Jean Mahieu-Villars participa par ailleurs à des attentats et à des sabotages contre des officines de la collaboration et les fortins de la préfecture. Ces opérations furent réalisées à l’aide d’explosifs provenant de parachutages alliés.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, détention, évasion ou déportation de Jean Mahieu-Villars n’est signalée par la source institutionnelle consultée. Il poursuivit ses activités clandestines jusqu’à la Libération, malgré le caractère particulièrement exposé des actions de propagande et de sabotage auxquelles il participait.
Camarades de combat
Jean Mahieu-Villars agit notamment auprès de son père Lucien Mahieu, de son frère André Mahieu, de Louis Le Coq, alias « Berger », de Charles Mohler, alias « Duvernois », et d’Alban Vistel. Après la guerre, il conserva des liens étroits avec plusieurs anciens résistants, parmi lesquels Henri Bailly, Jacques Henriet, Yves Leleux, Maurice Leteuil et Albert Sernissi.
Retour à la vie civile
En octobre 1944, Jean Mahieu-Villars s’engagea dans l’armée pour la durée de la guerre. Après une formation à l’école des cadres d’Uriage, il fut affecté au 29e régiment de tirailleurs algériens. Il participa aux combats des Alpes, puis servit dans les troupes françaises d’occupation en Allemagne, où son unité fut cantonnée à Trèves.
Ne souhaitant pas poursuivre une carrière militaire, il revint à la vie civile et travailla à Lyon pour le journal La Marseillaise. En 1949, il fonda le groupe d’édition pour la jeunesse HEMMA.
De 1953 à 1959, il participa activement à la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance. À partir de 1989, il collabora à L’Écho de la Résistance, dont il devint rédacteur en chef en 1992, fonction qu’il exerça jusqu’en 2005. Il s’investit également dans le Concours national de la Résistance et de la Déportation et dans l’accueil de ses lauréats nationaux.
Décorations
Chevalier de la Légion d’honneur — Source : Fondation de la Résistance ; décret de nomination non retrouvé lors des présentes recherches.
Médaille de la Résistance française avec rosette — Source : Fondation de la Résistance ; décret et date de publication au Journal officiel non retrouvés lors des présentes recherches.
Lieux de mémoire
La Fondation de la Résistance conserve et publie un portrait de Jean Mahieu-Villars accompagné d’une photographie issue d’une collection familiale et d’une carte de combattant volontaire de la Résistance délivrée en 1956.
Sa mémoire est également liée à la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance, à L’Écho de la Résistance et au Concours national de la Résistance et de la Déportation, auxquels il consacra une part importante de son activité après-guerre.
Références bibliographiques
Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, BGA Permezel, 2003. Cet ouvrage constitue la principale référence bibliographique citée par la Fondation de la Résistance pour le parcours de Jean Mahieu-Villars. Il permet de replacer ses actions dans l’histoire des groupes clandestins lyonnais et de la propagande-diffusion des Mouvements unis de Résistance.
François Marcot, Bruno Leroux et Christine Levisse-Touzé (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Robert Laffont, 2006. Cet ouvrage de synthèse permet de contextualiser l’action des Mouvements unis de Résistance, de Libération-Sud, des groupes francs et des organismes de propagande auxquels Jean Mahieu-Villars fut associé.
Références internet
Fondation de la Résistance. Le portrait « Jean Mahieu-Villars », établi notamment à partir de son témoignage, fournit son état civil, ses appartenances clandestines, ses responsabilités dans la propagande-diffusion, ses actions armées et son parcours civil et mémoriel après 1945. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/portrait/jean-mahieu-villars/
Mémoire Vive de la Résistance. La page consacrée au faux Nouvelliste confirme la participation de Jean Mahieu-Villars à sa diffusion sous les ordres de Charles Mohler et replace l’opération dans son contexte lyonnais. https://mvr.asso.fr/faux-nouvelliste-lyon/
Dossier d’homologation consulté
Aucune cote nominative de dossier d’homologation conservé au Service historique de la Défense n’a été identifiée avec certitude lors des présentes recherches.
La carte de combattant volontaire de la Résistance délivrée en 1956, reproduite par la Fondation de la Résistance, atteste cependant une reconnaissance administrative de son engagement.
Observations
La source institutionnelle désigne l’intéressé sous les formes « Jean Mahieu », « Jean Villars » et « Jean Mahieu-Villars ». « Villars » fut son pseudonyme de Résistance avant d’être associé durablement à son patronyme.
Le lieu de son décès, survenu le 22 juin 2020, n’a pas été précisé par la source consultée.
Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, le pseudonyme, les responsabilités clandestines, les principales actions et le parcours après-guerre de Jean Mahieu-Villars sont établis par une notice institutionnelle détaillée de la Fondation de la Résistance, fondée notamment sur son propre témoignage, et recoupés pour l’opération du faux Nouvelliste par plusieurs sources mémorielles.
Chronologie
| Date | Événement |
| 31 juillet 1923 | Naissance à Bois-Colombes (Seine). |
| 1940-1943 | Premiers engagements dans la Résistance lyonnaise, notamment au sein de Combat. |
| Septembre 1943 | Entrée à Libération-Sud comme permanent sous le pseudonyme de « Villars ». |
| 31 décembre 1943 | Participation à la diffusion du faux Nouvelliste. |
| Mars 1944 | Répartition d’un million de tracts contre la Milice. |
| Juin 1944 | Opération de la croix de Lorraine sur un pont du Rhône. |
| Juillet 1944 | Nomination comme responsable régional R1 de la propagande-diffusion des Mouvements unis de Résistance. |
| Octobre 1944 | Engagement dans l’armée ; formation à Uriage puis affectation au 29e régiment de tirailleurs algériens. |
| 1949 | Fondation du groupe d’édition HEMMA. |
| 1953-1959 | Activité au sein de la Confédération nationale des combattants volontaires de la Résistance. |
| 1992-2005 | Rédacteur en chef de L’Écho de la Résistance. |
| 22 juin 2020 | Décès. |
Sources consultées
La Fondation de la Résistance, dans le portrait « Jean Mahieu-Villars », a fourni les éléments d’état civil, les appartenances à Combat, Libération-Sud et aux Mouvements unis de Résistance, la description de ses actions de propagande et de sabotage, son engagement militaire en 1944-1945 et son parcours professionnel et mémoriel après la guerre. https://www.fondationresistance.org/recherche-et-documentation/ressources/portrait/jean-mahieu-villars/
La Mémoire Vive de la Résistance, page « Faux “Nouvelliste”, Lyon », a confirmé sa participation à la diffusion du journal clandestin du 31 décembre 1943 sous les ordres de Charles Mohler. https://mvr.asso.fr/faux-nouvelliste-lyon/