La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

MICHEL Henri Jules

Henri Jules MICHEL, né le 28 avril 1907 à Vidauban (Var), mort le 5 juin 1986 à Paris (XIIIe arrondissement), français.

Henri Michel naquit dans une famille modeste de Vidauban. Son père était petit cultivateur et sa mère commerçante. Après des études secondaires au lycée de Draguignan, il poursuivit sa formation en hypokhâgne au lycée Thiers de Marseille, puis en khâgne au lycée Henri-IV à Paris. Il y fut notamment marqué par l’enseignement du philosophe Alain et eut pour condisciple Louis Poirier, futur écrivain Julien Gracq.

Reçu à l’agrégation d’histoire et de géographie en 1932, il fut nommé professeur au lycée de Toulon. Parmi ses élèves figura Jacques Le Goff, futur historien. Henri Michel adhéra en 1934 à la Section française de l’Internationale ouvrière et collabora au Populaire du Var.

Engagement dans la Résistance

Pendant l’Occupation, Henri Michel participa à la Résistance en Provence. Militant socialiste, il collabora à la presse clandestine et représenta la Section française de l’Internationale ouvrière dans les organismes de coordination de la Résistance varoise. Son engagement associa ainsi activité politique clandestine, diffusion d’informations et préparation du rétablissement des institutions républicaines.

À la Libération, il siégea au Comité départemental de Libération du Var, où il fut chargé de la commission de la presse. Cette responsabilité prolongeait son activité clandestine et le plaçait au cœur de la réorganisation de la vie publique et de l’information dans le département.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Henri Michel appartint à la Résistance socialiste dans le Var et représenta clandestinement la Section française de l’Internationale ouvrière au sein des structures de coordination départementales. Les sources consultées ne permettent pas de l’associer avec certitude à un réseau de renseignement homologué portant un nom particulier.

Son activité se déploya dans l’environnement des mouvements de Résistance provençaux, des organismes unitaires et du Comité départemental de Libération du Var. Le pôle formé par les Mouvements unis de Résistance et l’Armée secrète constituait alors l’une des principales structures résistantes du département.

Missions et actions

Henri Michel participa à la rédaction et à la diffusion de la presse clandestine. En tant que représentant socialiste, il contribua aux échanges politiques et à la coordination entre les courants résistants du Var. Les sources accessibles ne donnent pas le détail matériel de ses missions, des titres clandestins auxquels il collabora ni de ses déplacements.

À la Libération, sa nomination à la commission de la presse du Comité départemental de Libération lui conféra une fonction importante dans l’épuration, la réorganisation et le contrôle démocratique de la presse locale.

Arrestation / évasion / déportation

Aucune arrestation, évasion, détention ou déportation d’Henri Michel n’est mentionnée dans les sources biographiques consultées. Il poursuivit son activité clandestine jusqu’à la Libération du Var.

Camarades de combat

Henri Michel agit avec les militants socialistes clandestins et les représentants des mouvements siégeant dans les organismes de coordination de la Résistance varoise. Les sources consultées ne fournissent pas une liste suffisamment précise de ses compagnons directs pour permettre leur identification sans risque de généralisation.

Après la guerre, son travail d’historien le mit en relation avec de très nombreux anciens résistants, correspondants départementaux, archivistes et chercheurs. Cette activité scientifique postérieure ne doit toutefois pas être confondue avec ses relations opérationnelles pendant la clandestinité.

Retour à la vie civile

À la Libération, Henri Michel participa à la réorganisation des institutions du Var. Il exerça pendant environ deux ans les fonctions d’inspecteur d’académie du département, avant de s’installer à Paris en 1947 afin de développer l’étude historique de l’Occupation, de la Résistance et de la Seconde Guerre mondiale.

Il devint directeur de recherches au Centre national de la recherche scientifique et secrétaire général de la Commission d’histoire de l’Occupation et de la Libération de la France. Après la fusion de cette commission avec le Comité d’histoire de la guerre, il assura le secrétariat général du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

En 1950, il fonda la Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale. Il constitua un réseau de correspondants départementaux chargé de recueillir témoignages, archives privées et renseignements sur l’Occupation, la Résistance et la Libération, contribuant ainsi à la naissance d’une histoire scientifique du temps présent. Il joua également un rôle majeur dans la création et l’animation du Comité international d’histoire de la Seconde Guerre mondiale.

Henri Michel publia de nombreux ouvrages de synthèse et de recherche, parmi lesquels Histoire de la Résistance, Les Courants de pensée de la Résistance, Jean Moulin, l’unificateur et, avec Marie Granet, La Résistance. Histoire de la Résistance en France, 1940-1944. En 1962, il soutint une thèse consacrée aux courants de pensée de la Résistance française.

Il fut à l’origine, en 1955, de la commande faite à Alain Resnais du film Nuit et Brouillard et en fut le conseiller historique. Son action associa ainsi recherche, conservation des témoignages, enseignement et transmission publique de l’histoire du système concentrationnaire nazi.

Décorations

Les sources institutionnelles accessibles au cours des présentes recherches n’ont pas permis d’établir une liste vérifiée de décorations avec les dates des décrets et de publication au Journal officiel.

Aucune décoration ne peut donc être reproduite comme définitivement confirmée dans la présente notice. Cette absence documentaire ne signifie pas qu’Henri Michel n’ait reçu aucune distinction civile, scientifique ou honorifique.

Lieux de mémoire

La mémoire d’Henri Michel demeure principalement attachée à Vidauban, sa commune natale, au Var où il enseigna et résista, ainsi qu’aux institutions historiques qu’il contribua à créer ou à développer à Paris.

Ses archives, ses publications et les collections constituées par le Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale forment une part importante du patrimoine documentaire consacré à la Résistance et à la Seconde Guerre mondiale.

Une photographie d’Henri Michel est reproduite dans plusieurs publications et notices biographiques, mais aucune photographie issue d’une base officielle librement accessible n’a été authentifiée au cours des présentes recherches.

Références bibliographiques

Henri Michel, Histoire de la Résistance. Publié initialement dans la collection « Que sais-je ? » en 1950, cet ouvrage compte parmi les premières synthèses générales consacrées à la Résistance française. Il témoigne de la volonté de son auteur d’organiser scientifiquement une histoire encore très proche des événements.

Henri Michel, Les Courants de pensée de la Résistance. Issu de sa thèse de doctorat soutenue en 1962, cet ouvrage analyse les idées politiques, sociales et philosophiques qui traversèrent les mouvements et organisations de Résistance. Il constitue une référence essentielle pour comprendre l’interprétation que l’historien-résistant donna de la diversité résistante.

Marie Granet et Henri Michel, La Résistance. Histoire de la Résistance en France, 1940-1944. Cette synthèse publiée aux Presses universitaires de France en 1958 présente la formation, le développement et l’unification des organisations résistantes. Elle demeure représentative de la première historiographie scientifique de la Résistance.

Henri Michel, Jean Moulin, l’unificateur. Cette biographie publiée chez Hachette en 1964 replace Jean Moulin dans le processus d’unification de la Résistance intérieure. Elle témoigne de l’importance accordée par Henri Michel aux institutions clandestines et à la construction de l’unité résistante.

Henri Michel, Quatre années dures. Publié en 1945, ce roman-témoignage s’inspire de l’expérience de l’auteur pendant l’Occupation et la Résistance. Il constitue une source littéraire sur sa perception immédiate des années de guerre.

Références internet

Le Maitron. La notice « Michel Henri, Jules », rédigée dans le dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, fournit les éléments d’état civil, la carrière enseignante, le militantisme socialiste, l’engagement résistant et le parcours scientifique d’Henri Michel.
https://maitron.fr/michel-henri-jules/

Wikipédia. La notice développée consacrée à Henri Michel rassemble les principales étapes de sa formation, de son engagement dans la Résistance et de sa carrière d’historien. Les informations qui en sont issues ont été recoupées, lorsque cela était possible, avec le Maitron et des publications scientifiques.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Michel_%28historien%29

Persée. Le compte rendu publié dans les Annales documente la réception scientifique des ouvrages Les Courants de pensée de la Résistance française et Bibliographie critique de la Résistance.
https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1965_num_20_2_421808_t1_0401_0000_1

Fondation de la Résistance. Les publications de la Fondation rappellent le rôle d’Henri Michel dans le Comité international d’histoire de la Seconde Guerre mondiale et dans la structuration de l’étude scientifique de la période.
https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance054.pdf

Mémoire Vive de la Résistance. Plusieurs notices thématiques et bibliographies du site citent les ouvrages d’Henri Michel comme références fondamentales pour l’histoire des premiers mouvements et de l’unification de la Résistance.
https://mvr.asso.fr/journal-valmy/
https://mvr.asso.fr/galerie-romanin/

Dossier d’homologation consulté

Aucune cote nominative de dossier d’homologation du Service historique de la Défense n’a été retrouvée avec une certitude suffisante au cours des présentes recherches.

Aucun dossier FFC, FFI, DIR, CVR ou de déporté-résistant n’a donc été consulté.

Observations

Il existe de nombreux homonymes portant le nom Henri Michel. La présente notice concerne exclusivement Henri Jules Michel, né le 28 avril 1907 à Vidauban et mort le 5 juin 1986 à Paris, professeur, militant socialiste, résistant et historien.

Les informations relatives à son activité résistante sont moins détaillées que celles portant sur sa carrière d’historien. Les sources concordent sur sa participation à la presse clandestine, sa représentation de la Section française de l’Internationale ouvrière et sa présence au Comité départemental de Libération du Var, mais elles ne décrivent pas précisément ses missions quotidiennes ni ses pseudonymes éventuels.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A — L’identité, le militantisme socialiste, l’engagement résistant, les fonctions exercées à la Libération et la carrière scientifique d’Henri Michel sont établis par plusieurs sources biographiques et historiographiques concordantes, dont le Maitron et des publications scientifiques. Certaines missions clandestines et les décorations demeurent toutefois insuffisamment documentées.

Chronologie

DateÉvénement
28 avril 1907Naissance à Vidauban (Var).
1932Réussite à l’agrégation d’histoire et de géographie.
À partir de 1932Enseignement au lycée de Toulon.
1934Adhésion à la Section française de l’Internationale ouvrière.
1940-1944Participation à la Résistance en Provence, collaboration à la presse clandestine et représentation socialiste dans les structures de coordination.
1944Membre du Comité départemental de Libération du Var, chargé de la commission de la presse.
1944-1947 environParticipation à la réorganisation administrative du Var et fonctions d’inspecteur d’académie.
1947Installation à Paris pour développer l’étude de l’Occupation et de la Résistance.
1950Fondation de la Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale et publication de son Histoire de la Résistance.
1955Initiative du film Nuit et Brouillard d’Alain Resnais ; conseiller historique du film.
1958Publication, avec Marie Granet, de La Résistance. Histoire de la Résistance en France, 1940-1944.
1962Soutenance de sa thèse sur les courants de pensée de la Résistance.
1964Publication de Jean Moulin, l’unificateur.
5 juin 1986Mort à Paris (XIIIe arrondissement).

Sources consultées

Le Maitron, notice « Michel Henri, Jules », a fourni les données d’état civil, la profession, l’engagement socialiste, la participation à la Résistance et les principales étapes de la carrière d’historien d’Henri Michel.
https://maitron.fr/michel-henri-jules/

La notice Wikipédia « Henri Michel (historien) » a fourni une biographie détaillée portant sur sa formation, son enseignement à Toulon, sa Résistance, sa participation au Comité départemental de Libération du Var, son activité au Centre national de la recherche scientifique et son œuvre historiographique. Ces éléments ont été recoupés autant que possible avec le Maitron et les références scientifiques consultées.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Michel_%28historien%29

La base Persée, compte rendu des ouvrages d’Henri Michel, a confirmé la publication et l’importance historiographique de Les Courants de pensée de la Résistance française et de la Bibliographie critique de la Résistance.
https://www.persee.fr/doc/ahess_0395-2649_1965_num_20_2_421808_t1_0401_0000_1

La Fondation de la Résistance, dans une publication consacrée aux institutions historiques de l’après-guerre, a documenté le rôle d’Henri Michel dans le Comité international d’histoire de la Seconde Guerre mondiale et dans la structuration internationale des recherches consacrées au conflit.
https://www.fondationresistance.org/wp-content/uploads/2025/05/LettreResistance054.pdf

La Mémoire Vive de la Résistance, à travers ses pages consacrées au journal Valmy et à la galerie Romanin, a confirmé la place des ouvrages d’Henri Michel dans la bibliographie classique de la Résistance et de Jean Moulin.
https://mvr.asso.fr/journal-valmy/
https://mvr.asso.fr/galerie-romanin/

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024