Elsa TRIOLET, alias Andrieux, née le 12 septembre 1896 à Moscou, Russie, morte le 16 juin 1970 à Saint-Arnoult-en-Yvelines, Yvelines, France.
Née Ella Kagan dans une famille de l’intelligentsia juive de Moscou, elle reçoit une éducation soignée et polyglotte. Elle étudie l’architecture avant de quitter la Russie après la Révolution. Elle voyage à Londres et Berlin, séjourne à Tahiti avec son premier mari, André Triolet, dont elle garde le nom. En 1928, elle rencontre le poète Louis Aragon à Paris, qui devient son compagnon de vie et de lutte.
Elle s’engage dans la Résistance intellectuelle dès le début de l’Occupation. Son action se confond initialement avec celle d’Aragon, mais elle développe rapidement une activité propre de diffusion et d’organisation, refusant de se cantonner à un rôle de soutien.
Elle est l’une des chevilles ouvrières du Front national des écrivains et du Comité national des écrivains. Elle participe également à l’organisation de la Résistance dans la zone Sud, notamment en lien avec les réseaux communistes et les structures de la presse clandestine.
Missions et actions
Sa mission principale réside dans la lutte idéologique et littéraire. Elle assure la liaison entre les écrivains résistants, transporte des manuscrits et des tracts, et participe à la rédaction de revues interdites telles que Les Lettres françaises.
Entre 1943 et 1944, elle vit clandestinement avec Aragon dans la Drôme, à Saint-Donat-sur-l’Herbasse, où elle contribue à la logistique des maquis locaux.
En 1944, elle publie sous pseudonyme aux Éditions de Minuit son recueil de nouvelles sur la Résistance, qui sera le premier prix Goncourt attribué à une femme.
Arrestation / évasion / déportation
En juin 1941, elle est arrêtée par les autorités allemandes avec Louis Aragon alors qu’ils tentent de franchir la ligne de démarcation. Ils sont internés pendant dix jours avant d’être relâchés, faute de preuves sur leurs activités clandestines naissantes. Elle échappe par la suite à toute nouvelle arrestation grâce à une vie de déplacements constants et à l’usage de fausses identités.
Camarades de combat
Outre Louis Aragon, elle travaille étroitement avec Paul Éluard, Jean Paulhan, Pierre Seghers et les résistants du secteur de la Drôme, notamment au sein du groupe de résistants FTP du secteur de Romans-sur-Isère.
Retour à la vie civile
Après la Libération, elle devient une figure majeure de la vie culturelle et politique française. Elle poursuit sa carrière de romancière et de traductrice, tout en restant une militante active au sein du Parti communiste français. Elle se consacre à la promotion de la littérature russe en France et dirige la collection de littérature soviétique chez Gallimard. Elle finit ses jours dans sa propriété du moulin de Villeneuve à Saint-Arnoult-en-Yvelines.
Décorations
- Médaille de la Résistance française Décret du 11 mars 1947 JO du 13 juillet 1947
- Chevalier de la Légion d’honneur Décret de décembre 1957 (Source Wikipédia, décrets non retrouvés)
Lieux de mémoire
La Maison Elsa Triolet-Aragon, située au Moulin de Villeneuve à Saint-Arnoult-en-Yvelines, est un lieu de mémoire et de recherche ouvert au public. De nombreuses rues et établissements scolaires portent son nom en France.
Références bibliographiques
Le premier accroc coûte deux cents francs. Recueil de nouvelles publié clandestinement en 1944 aux Éditions de Minuit, témoignant de la vie sous l’Occupation et récompensé par le prix Goncourt.
Elsa Triolet en Résistance. Ouvrage de Marianne Delranc-Gaudric qui analyse en détail l’action militante et littéraire de l’écrivaine durant la période de guerre.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne. Notice biographique mentionnant son appartenance aux réseaux de la Drôme et son rôle au sein du Comité national des écrivains. http://museedelaresistanceenligne.org
Le Maitron. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier proposant un parcours détaillé de ses engagements politiques et littéraires. https://maitron.fr
Service historique de la Défense. Consultation de la base Mémoire des Hommes confirmant son homologation en tant que résistante. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Dossier d’homologation consulté
Cote SHD GR 16 P 578684.
Observations
Elle est souvent identifiée dans les rapports clandestins sous le pseudonyme collectif Laurent, utilisé par le couple qu’elle formait avec Aragon. Les sources divergent parfois sur son année de naissance entre 1896 et 1897, mais l’état civil retient 1896.
Sources consultées le 26 mars 2026
- Base de données Mémoire des Hommes : Dossier de résistante homologuée.
- Ordre de la Libération : Recherche du décret de la Médaille de la Résistance.
- Le Maitron : Consultation de la notice biographique rédigée par des historiens.
- Wikipédia : Détails sur les prix littéraires et les décorations après-guerre.