Jean PAULHAN, alias Mainguet, né le 2 décembre 1884 à Nîmes, Gard, France, mort le 9 octobre 1968 à Boissise-la-Bertrand, Seine-et-Marne, France.
Fils du philosophe Frédéric Paulhan, il suit des études de philosophie et de psychologie à la Sorbonne. Il séjourne à Madagascar de 1907 à 1910 comme professeur, expérience qui marque durablement sa pensée. De retour en France, il s’impose comme une figure centrale du monde des lettres, succédant à Jacques Rivière à la direction de la Nouvelle Revue Française en 1925.
Son engagement débute précocement par un refus catégorique de la collaboration intellectuelle. Dès 1940, il refuse de mettre la Nouvelle Revue Française au service de l’occupant, ce qui conduit à son éviction par Drieu la Rochelle. Il entre alors dans la clandestinité éditoriale.
Il est l’un des fondateurs du groupe du Musée de l’Homme, l’un des premiers noyaux de résistance en zone occupée. Plus tard, il devient l’âme du Comité national des écrivains aux côtés de Jacques Debû-Bridel.
Missions et actions
Il joue un rôle de pivot dans la résistance littéraire. Il participe à la création et à la diffusion du journal clandestin Résistance dès la fin de l’année 1940.
Son appartement de la rue des Arènes devient une plaque tournante pour les écrivains engagés. Il participe activement à la création des Éditions de Minuit avec Vercors et Pierre de Lescure, et contribue au lancement de la revue Les Lettres françaises.
Sa position de haut fonctionnaire de l’édition lui permet de couvrir de nombreuses activités clandestines et de protéger des écrivains menacés.
Arrestation / évasion / déportation
Il est arrêté une première fois par la Gestapo en mai 1941, suite à une dénonciation liée au réseau du Musée de l’Homme. Il est libéré après quelques jours grâce à l’intervention de l’écrivain Pierre Drieu la Rochelle. Malgré cet avertissement, il poursuit ses activités. En 1944, il échappe de justesse à une seconde arrestation en plongeant dans la clandestinité totale jusqu’à la Libération de Paris.
Camarades de combat
Il travaille en étroite collaboration avec Boris Vildé, Anatole Lewitsky, Yvonne Oddon (du réseau du Musée de l’Homme), ainsi que François Mauriac, Edith Thomas et Louis Aragon au sein du Comité national des écrivains.
Retour à la vie civile
Après la guerre, il reprend une influence majeure dans le paysage littéraire français. Il redevient directeur de la Nouvelle Revue Française en 1953. En 1963, il est élu à l’Académie française. Il continue de défendre une certaine idée de la liberté d’expression, s’opposant parfois aux excès de l’épuration dans le milieu des lettres.
Décorations
- Grand officier de la Légion d’honneur Décret du 30 décembre 1963 JO du 1 janvier 1964
- Médaille de la Résistance française avec rosette Décret du 31 mars 1947 JO du 13 juillet 1947
- Croix de guerre 1914-1918 (Source Wikipédia, décrets non retrouvés)
Lieux de mémoire
Une plaque commémorative est apposée sur son ancien domicile au 5 rue des Arènes à Paris, France. Son nom figure sur la liste des écrivains combattants au Panthéon.
Références bibliographiques
Jean Paulhan l’écrivain de la Résistance. Biographie exhaustive détaillant son rôle de stratège au sein des réseaux intellectuels parisiens.
Les Fleurs de Tarbes. Bien que publié juste avant la guerre, cet ouvrage est essentiel pour comprendre sa rigueur intellectuelle qui a guidé son refus de la propagande.
Chroniques de Jean Paulhan. Recueil de textes incluant ses écrits de combat publiés dans la presse clandestine.
Références internet
Académie française. Notice biographique officielle retraçant son parcours littéraire et ses services durant les deux guerres mondiales. https://www.academie-francaise.fr
Le Maitron. Dictionnaire biographique offrant un éclairage sur ses liens avec les réseaux de résistance dès 1940. https://maitron.fr
Service historique de la Défense. Portail Mémoire des Hommes confirmant son homologation au titre de la Résistance. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Dossier d’homologation consulté
Cote SHD GR 16 P 461413.
Observations
Les sources administratives mentionnent parfois le patronyme Mainguet pour ses activités de liaison, bien que son nom réel fût connu des autorités allemandes.
Sources consultées le 26 mars 2026
- Base de données Mémoire des Hommes : Homologation RIF.
- Académie française : Biographie officielle.
- JO de la République française : Recherche des décrets de la Légion d’honneur et de la Médaille de la Résistance.
- Le Maitron : Notice Jean Paulhan.