La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

TRIBOUT Raymond Charles alias Boileau,

Raymond Charles TRIBOUT, alias « Boileau », né le 2 février 1916 à Igney (Vosges), mort le 25 novembre 1977 à Troyes (Aube), français.

Raymond Charles Tribout naquit le 2 février 1916 à Igney, dans les Vosges. Son identité est confirmée par les données d’état civil disponibles : le fichier des décès donne Raymond Charles Tribout, né à Igney le 2 février 1916 et décédé à Troyes le 25 novembre 1977.

Très jeune, il choisit la Marine. Le 8 avril 1932, âgé de seize ans, il s’engagea à l’École des apprentis-marins de Brest pour cinq années, la période d’engagement courant à partir du 1er octobre 1932, date de sa sortie de l’école. Il quitta ultérieurement la Marine avec le grade de quartier-maître torpilleur.

Lors de la mobilisation générale, il fut rappelé le 8 septembre 1939 au centre des sous-marins de Toulon. Après la défaite française de mai-juin 1940 et la démobilisation, il regagna son foyer le 3 août 1940. Il entra ensuite dans la police en qualité de gardien de la paix. La fiche auboise le donne précisément comme « gardien de la Paix » en 1940.

Engagement dans la Résistance

Son entrée effective dans la Résistance se situe en octobre 1942. Raymond Tribout fut contacté par Raymond Wagner, qui utilisait le pseudonyme de « Richard ». Il rejoignit alors le réseau de renseignement Manipule sous le pseudonyme de « Boileau » et reçut le matricule RN 452.

Cette appartenance est particulièrement bien établie. La Mémoire Vive de la Résistance le cite parmi les survivants identifiés du réseau Manipule et indique elle aussi son entrée en octobre 1942, son matricule RN 452 ainsi que son activité dans le renseignement et l’aide aux aviateurs américains.

Appartenance à un réseau ou mouvement

Raymond Tribout appartint au réseau Manipule. La source auboise le rattache également à « CDLL », sigle reproduit tel quel dans cette documentation.

Manipule était un réseau de renseignement de la France combattante constitué dans l’environnement du mouvement Ceux de la Résistance (CDLR) et lié au Bureau central de renseignements et d’action (BCRA). Sa fonction essentielle consistait à recueillir des renseignements militaires et économiques — mouvements et installations militaires, infrastructures ferroviaires, défenses, dépôts et autres renseignements utiles — destinés à être transmis à Londres.

Les archives de liquidation du réseau sont conservées au Service historique de la Défense sous la cote GR 28 P 3 105. Elles comprennent notamment des états d’agents, des listes nominatives, la correspondance du liquidateur et des documents relatifs aux arrestations de membres du réseau.

Missions et actions

Les activités clandestines attribuées à Raymond Tribout sont relativement précisément documentées. Elles comprenaient la collecte de renseignements, la diffusion de journaux clandestins, le transport d’armes et de munitions ainsi que l’aide à l’hébergement d’aviateurs américains.

Sa profession de gardien de la paix pouvait lui procurer des possibilités d’observation et de déplacement particulièrement utiles à une organisation de renseignement. Les sources disponibles ne permettent cependant pas de déterminer précisément l’ensemble des informations qu’il transmit au réseau ni les filières par lesquelles elles furent acheminées.

Au début de 1944, son activité clandestine prit également une dimension de sabotage. Alors qu’il était de garde au dépôt de la Société nationale des chemins de fer français (SNCF) de Troyes, il devait participer à une opération dirigée contre les voies ferrées. C’est dans ce contexte qu’il fut arrêté par la Gestapo le 1er janvier 1944, au moment où il allait procéder au sabotage.

Arrestation / évasion / déportation

Arrêté le 1er janvier 1944, Raymond Tribout fut d’abord incarcéré à Troyes jusqu’au 13 janvier. Il fut ensuite transféré à Châlons-sur-Marne (Marne), où il demeura jusqu’au 16 janvier, puis envoyé au camp de rassemblement et d’internement de Compiègne (Oise).

Il fut ensuite déporté en Allemagne dans le convoi parti de Compiègne à destination de Buchenwald à la fin de janvier 1944. La fiche du Musée de la Résistance en ligne indique une déportation à Buchenwald le 29 janvier 1944.

Une source indépendante de l’Association française Buchenwald-Dora et Kommandos permet de préciser de façon particulièrement importante son parcours concentrationnaire. Raymond Tribout figure parmi les déportés du convoi de janvier 1944 sous le matricule de Buchenwald 43585. Cette source mentionne explicitement « TRIBOUT Raymond 43585 » parmi les déportés associés au groupe envoyé à la mine de sel de Vansleben/Wansleben.

Après son arrivée à Buchenwald, il fut affecté au kommando de Wansleben, orthographié « Vansleben » dans certaines sources françaises. La fiche biographique du Musée de la Résistance en ligne donne la date du 13 février 1944 pour cette affectation.

Raymond Tribout survécut à la déportation. Il fut libéré le 14 avril 1945 par les troupes américaines dans le contexte de l’évacuation des kommandos dépendant de Buchenwald. Il ne rentra en France que le 26 mai 1945, après plus de seize mois d’arrestation, d’internement et de déportation.

Camarades de combat

Raymond Wagner, alias « Richard », est le seul camarade ou responsable clandestin directement relié à Raymond Tribout par la documentation individuelle actuellement retrouvée : c’est lui qui le contacta et l’introduisit dans Manipule.

La documentation générale du réseau établit que Manipule fut durement frappé par la répression allemande en 1943-1944. Plusieurs de ses membres connurent, comme Tribout, l’arrestation et la déportation. Les recherches présentes ne permettent toutefois pas d’établir avec suffisamment de certitude quels agents travaillèrent directement avec lui dans son groupe troyen ; leurs noms ne sont donc pas ajoutés à cette rubrique.

Retour à la vie civile

Raymond Tribout rentra en France le 26 mai 1945. La documentation retrouvée atteste qu’il entreprit ensuite les démarches de reconnaissance administrative de son engagement résistant : une demande de carte de combattant volontaire de la Résistance, portant le n° 53459, fut déposée le 13 décembre 1946.

Les recherches accessibles n’ont pas permis de reconstituer avec une précision suffisante sa carrière professionnelle après son retour de déportation ni de déterminer s’il reprit durablement ses fonctions dans la police.

Raymond Charles Tribout mourut à Troyes le 25 novembre 1977, à l’âge de soixante et un ans. Cette date, indiquée dans la documentation résistante, est confirmée indépendamment par les données issues du fichier INSEE des personnes décédées, qui donnent également Troyes comme lieu du décès et l’acte n° 1350.

Décorations

Aucune décoration française ou étrangère attribuable avec certitude à Raymond Charles Tribout n’a pu être confirmée lors des présentes recherches dans les sources institutionnelles et documentaires accessibles.

Sa carte de combattant volontaire de la Résistance n° 53459, demandée le 13 décembre 1946, constitue une reconnaissance administrative de son engagement, mais ne doit pas être confondue avec une décoration.

Aucune décoration retrouvée lors des présentes recherches dans les bases consultées ; cela ne signifie pas cependant que Raymond Tribout n’ait reçu aucune distinction, mais seulement qu’aucune n’a pu être confirmée par les sources consultées.

Lieux de mémoire

Les principaux lieux directement associés à son parcours sont Igney (Vosges), où il naquit ; Brest (Finistère), où il fut formé dans la Marine ; Toulon (Var), où il fut mobilisé en septembre 1939 ; Troyes (Aube), centre de son activité résistante et lieu de son arrestation ; Châlons-sur-Marne (Marne) et Compiègne (Oise), étapes de son internement ; enfin Buchenwald et le kommando de Wansleben, en Allemagne, lieux de sa déportation.

Aucun monument, plaque ou voie publique portant spécifiquement son nom n’a pu être identifié avec suffisamment de certitude lors des présentes recherches.

Aucune photographie individuelle authentifiée supplémentaire n’a été retrouvée dans les bases officielles consultées ; la fiche fournie et celle du Musée de la Résistance en ligne comportent un emplacement invitant à transmettre une photographie du résistant.

Références bibliographiques

Marie Ducoudray, Ceux de Manipule. Un réseau de renseignements dans la Résistance en France, Paris, Tirésias, 2001. Monographie consacrée au réseau Manipule, fondée sur des archives et témoignages. Elle constitue une référence importante pour replacer l’engagement individuel de Raymond Tribout dans l’organisation, les missions et la répression du réseau. L’ouvrage est également donné comme référence par la Mémoire Vive de la Résistance.

François Marcot (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance. Résistance intérieure et France libre, Paris, Robert Laffont, 2006. L’article consacré à Manipule permet de replacer le réseau dans l’organisation de la Résistance française, notamment ses rapports avec Ceux de la Résistance et les services de renseignement de la France combattante.

La Résistance dans l’Aube, CD(DVD)-ROM, 2010. Cette base est à l’origine de la fiche individuelle de Raymond Tribout reproduite dans le document fourni par l’utilisateur et publiée par le Musée de la Résistance en ligne. Elle apporte l’essentiel des renseignements individuels concernant sa formation, son entrée dans Manipule, ses missions, son arrestation et sa déportation.

Références internet

Musée de la Résistance en ligne – Fondation de la Résistance. La fiche « Raymond TRIBOUT », issue du CD(DVD)-ROM La Résistance dans l’Aube (2010), constitue la principale source biographique actuellement accessible : état civil, carrière maritime, profession, pseudonyme, matricule RN 452, réseau, missions clandestines, arrestation, déportation, libération et carte CVR.
Fiche Raymond Tribout – Musée de la Résistance en ligne

Mémoire Vive de la Résistance. La notice consacrée au réseau Manipule confirme indépendamment l’appartenance de Raymond Tribout au réseau, son entrée en octobre 1942, son matricule RN 452 et ses activités de renseignement et d’aide aux aviateurs américains. Elle fournit également le contexte institutionnel et archivistique de Manipule.
Réseau Manipule – Mémoire Vive de la Résistance

Association française Buchenwald-Dora et Kommandos. Un numéro du Serment consacré au convoi de janvier 1944 mentionne Raymond Tribout sous le matricule concentrationnaire 43585 et apporte un recoupement indépendant de sa déportation à Buchenwald et de son passage dans le système concentrationnaire lié à Wansleben.

Service historique de la Défense. L’inventaire du réseau Manipule, cote GR 28 P 3 105, conserve notamment les états d’agents, les listes nominatives, la correspondance de liquidation et des documents relatifs aux arrestations du réseau. La cote est identifiée par la documentation MVR ; le dossier matériel n’a pas été consulté directement dans le cadre des présentes recherches.

Fichier INSEE des personnes décédées. Les données reproduites dans la base consultée confirment l’identité complète Raymond Charles Tribout, sa naissance le 2 février 1916 à Igney et son décès le 25 novembre 1977 à Troyes, acte n° 1350.

Dossier d’homologation consulté

La documentation consultée établit l’existence de la carte de combattant volontaire de la Résistance n° 53459, demandée le 13 décembre 1946.

Le fonds de liquidation du réseau Manipule est identifié au Service historique de la Défense sous la cote GR 28 P 3 105.

Une fiche nominative « Raymond Charles TRIBOUT », né en 1916 à Igney, est par ailleurs signalée dans les données indexant Mémoire des Hommes.

La cote individuelle éventuelle SHD GR 16 P de Raymond Tribout n’a pas pu être déterminée avec certitude à partir des ressources accessibles en ligne lors des présentes recherches. Aucun numéro de dossier individuel n’est donc proposé par déduction.

Observations

Une homonymie importante existe : plusieurs personnes portant le nom de Raymond Tribout apparaissent dans les fichiers d’état civil.

L’identification retenue ici repose sur la combinaison concordante Raymond Charles Tribout — 2 février 1916 — Igney — Troyes — réseau Manipule — déportation à Buchenwald. Le fichier des décès confirme notamment l’existence de Raymond Charles Tribout, né à Igney le 2 février 1916 et mort à Troyes le 25 novembre 1977.

Le nom du kommando apparaît sous la graphie « Vansleben » dans certaines sources françaises. La forme historiquement usuelle est Wansleben, kommando extérieur de Buchenwald. La graphie de la source a été respectée lorsqu’elle était directement citée.

La date exacte du transport mérite également une précaution documentaire. La fiche du Musée de la Résistance en ligne indique que Tribout fut « déporté à Buchenwald le 29 janvier 1944 », tandis que la publication de l’Association Buchenwald-Dora rattache le matricule 43585 au « convoi du 25 janvier 1944 ». Ces indications peuvent correspondre à des étapes différentes du transport ou à une datation divergente ; elles ne doivent donc pas être artificiellement harmonisées sans consultation du dossier concentrationnaire original.

Indice de fiabilité de la notice Niveau A —L’identité, l’engagement dans Manipule, le pseudonyme « Boileau », le matricule RN 452, les principales activités résistantes, l’arrestation, la déportation et le retour sont établis par une source biographique spécialisée de la Fondation de la Résistance et partiellement recoupés par la Mémoire Vive de la Résistance, une publication de l’Association Buchenwald-Dora et les données d’état civil. Le matricule concentrationnaire 43585 apporte un élément d’identification supplémentaire particulièrement probant. Certaines informations secondaires — carrière après-guerre, décorations et cote individuelle SHD — restent néanmoins lacunaires.

Chronologie

DateÉvénement
2 février 1916Naissance à Igney (Vosges).
8 avril 1932Engagement à l’École des apprentis-marins de Brest.
1er octobre 1932Début de l’engagement de cinq ans après la sortie de l’école.
8 septembre 1939Mobilisation au centre des sous-marins de Toulon.
3 août 1940Retour au foyer après la défaite ; entrée ultérieure dans la police comme gardien de la paix.
Octobre 1942Entrée dans le réseau Manipule, matricule RN 452, pseudonyme « Boileau ».
1er janvier 1944Arrestation par la Gestapo au dépôt SNCF de Troyes alors qu’il devait participer à un sabotage ferroviaire.
13 janvier 1944Fin de l’incarcération à Troyes ; transfert à Châlons-sur-Marne.
16 janvier 1944Départ de Châlons-sur-Marne ; passage ultérieur par Compiègne.
Janvier 1944Déportation vers Buchenwald ; matricule 43585.
13 février 1944Affectation au kommando de Wansleben selon la fiche auboise.
14 avril 1945Libération par les forces américaines.
26 mai 1945Retour en France.
13 décembre 1946Demande de la carte CVR n° 53459.
25 novembre 1977Décès à Troyes (Aube).

Les éléments de cette chronologie reposent principalement sur la fiche du Musée de la Résistance en ligne, complétée par la source Buchenwald-Dora et l’état civil.

Tableau des divergences entre sources

Élément biographiqueSource 1Source 2Décision retenue
Date du transport vers BuchenwaldMusée de la Résistance en ligne : 29 janvier 1944Association Buchenwald-Dora : « convoi du 25 janvier 1944 »Divergence conservée et signalée ; aucune date unique imposée sans consultation du dossier primaire.
Orthographe du kommando« Vansleben »Forme usuelle : Wansleben« Wansleben » dans le récit, avec signalement de la variante « Vansleben ».

Sources consultées

Musée de la Résistance en ligne – Fondation de la Résistance. La fiche « Raymond TRIBOUT », données extraites du CD(DVD)-ROM La Résistance dans l’Aube (2010), a fourni les principaux éléments d’état civil et de parcours : carrière maritime, profession de gardien de la paix, recrutement par Raymond Wagner, appartenance à Manipule, pseudonyme « Boileau », matricule RN 452, activités clandestines, arrestation, itinéraire carcéral, déportation, libération, retour en France et demande de carte CVR. Notice consultée

Mémoire Vive de la Résistance. La page « Réseau Manipule » a confirmé l’existence et l’organisation du réseau, son rattachement à la Résistance de renseignement, ainsi que l’entrée de Raymond Tribout en octobre 1942, son matricule RN 452 et son activité dans la collecte de renseignements et l’aide aux aviateurs américains. Elle identifie également le fonds de liquidation du réseau conservé au SHD sous la cote GR 28 P 3 105. Page consultée

Association française Buchenwald-Dora et Kommandos, Le Serment, n° 165. La publication relative au convoi de janvier 1944 mentionne nominativement « TRIBOUT Raymond » et lui attribue le matricule concentrationnaire 43585 ; elle apporte également des éléments sur le transport et le kommando de Wansleben.

Fichier INSEE des personnes décédées, via la base Acte-deces.fr. La recherche a permis de distinguer les nombreux homonymes et de confirmer Raymond Charles Tribout, né le 2 février 1916 à Igney, décédé le 25 novembre 1977 à Troyes à l’âge de soixante et un ans, acte n° 1350.

Mémoire des Hommes, signalement indexé par GénéaFrance. La recherche nominative fait apparaître une entrée « TRIBOUT Raymond Charles », né en 1916 à Igney, cohérente avec l’identité du résistant étudié. Cette source a été utilisée uniquement comme confirmation de l’existence d’une fiche nominative, son dossier détaillé n’ayant pas été directement exploitable dans les résultats accessibles.

Lettre d'information

Les derniers PDF

AG MVR 2025

Messe de la France Libre en Hommage au Général De Gaulle à l’occasion du 55eme anniversaire de sa mort

Cérémonie Commémorative LA CROIX VALMER – Square du Souvenir – 15 AOUT 2025

MARSEILLE-FETE-DU-14-JUILLET-2025

Commémoration de la Bataille de Bir Hakeim

CEREMONIE-COMMEMORATIVE-DU-8-MAI-1945-A-MARSEILLE

Appel à cotisation 2025

RAPPORT AG MVR 13 DECEMBRE 2024