Ce journal est créé en juillet 1943 dans le département des Côtes-du-Nord, France. Il est fondé par Jean Devienne, responsable local du Front National de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. L’objectif initial est de doter le mouvement d’un organe de propagande départemental pour dénoncer les réquisitions, le Service du Travail Obligatoire (STO) et coordonner l’action des patriotes bretons.
Organisation interne
Le journal fonctionne sous l’autorité du triangle départemental du Front National. La rédaction est assurée principalement par Jean Devienne, qui collecte les informations auprès des réseaux de résistance locaux. La structure est strictement cloisonnée pour protéger les membres des arrestations. Les contacts entre la rédaction et les équipes techniques s’effectuent par des boîtes aux lettres clandestines et des agents de liaison.
Impression et modes d’impression
La réalisation technique du journal est d’abord marquée par la difficulté de trouver un professionnel acceptant les risques de la clandestinité. Jean Devienne parvient à recruter Louis Boclé, imprimeur à Morlaix, Finistère, France. Ce dernier, ancien combattant de la guerre 1914-1918, accepte de mettre ses presses au service de la Résistance. Les numéros sont imprimés de nuit ou sous le couvert d’autres travaux légaux. Le tirage initial est de 1500 exemplaires.
Diffusion et mode de diffusion
La diffusion est organisée par les agents de liaison du Front National et des Francs-tireurs et partisans français (FTPF). Le transport des ballots de journaux s’effectue souvent à bicyclette depuis Morlaix, Finistère, France, vers les principaux centres de distribution des Côtes-du-Nord, France, tels que Saint-Brieuc, Guingamp et Lannion. Le journal est distribué de la main à la main dans les usines et glissé dans les boîtes aux lettres des particuliers.
Rédacteur en chef et journalistes
Jean Devienne, Fondateur et rédacteur principal, assure la direction éditoriale et la coordination avec les imprimeurs. Louis Boclé, Imprimeur clandestin, assure la production physique des exemplaires. Pascal de Plestin-les-Grèves, Recruteur et agent de liaison, facilite la mise en relation entre la rédaction et les structures techniques. Mireille Chrysostome, Agent de liaison, participe activement à la logistique du mouvement.
Victimes et morts
Mireille Chrysostome, dite Jacquotte, est arrêtée par les services de sécurité allemands en juillet 1944. Elle est torturée et son corps est retrouvé après la Libération dans une fosse commune en forêt de l’Hermitage-Lorge, Côtes-du-Nord, France. Plusieurs distributeurs anonymes du réseau ont été arrêtés lors des contrôles routiers durant l’année 1944.
Résistants connus ayant survécu à la guerre
Jean Devienne survit aux opérations de la Résistance et aux combats de la Libération. Louis Boclé survit également au conflit malgré les risques permanents liés à l’usage de son imprimerie pour des titres clandestins.
Fin du Journal
Le journal change de nom pour devenir Le Patriote des Côtes du Nord à la fin de l’année 1943 ou au début de l’année 1944, augmentant considérablement son tirage qui atteint plusieurs milliers d’exemplaires lors de la Libération du département en août 1944.
Références bibliographiques
La Résistance en Bretagne par Jean-Jacques Monnier, Éditions Skol Vreizh, 2007.
Les Côtes-du-Nord de l’Occupation à la Libération par Christian Bougeard, Archives départementales des Côtes-d’Armor, 1987.
Les FTP : combattants de la liberté par Charles Tillon, Éditions Julliard, 1962.
Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François Marcot, Éditions Robert Laffont, 2006.
Références internet
Maitron Résistance Notice biographique de Jean Devienne détaillant la création du journal. https://fusilles-40-44.maitron.fr/
Archives départementales des Côtes-d’Armor Histoire de la presse et de l’imprimerie clandestine dans le département. https://archives.cotesdarmor.fr/
Musée de la Résistance en ligne Fonds documentaire sur la presse clandestine du Front National. https://museedelaresistanceenligne.org/
Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Gallica (BnF), Service Historique de la Défense (SHD), Archives départementales des Côtes-d’Armor, Mémoire Vive de la Résistance (21 mars 2026).