Joséphine BAKER, née le 3 juin 1906 à Saint-Louis (Missouri, États-Unis), morte le 12 avril 1975 à Paris (France)
Née à Saint-Louis dans le Missouri le 3 juin 1906, sous le nom de Freda Josephine McDonald, grandit aux États-Unis avant de gagner la France, où sa carrière de danseuse et de chanteuse la rend mondialement célèbre. La notice officielle de l’Ordre de la Libération confirme sa naturalisation française par mariage en novembre 1937. La nationalité retenue pour la période de Résistance est donc française.
Engagement dans la Résistance
La notice de l’Ordre de la Libération indique qu’elle « se met dès 1939 au service du contre-espionnage français ». Le Musée de la Résistance en ligne confirme qu’elle entre en contact en 1939 avec le service de contre-espionnage de l’état-major de l’Armée et qu’elle est immatriculée comme « honorable correspondant ». Ces deux sources convergent sur la précocité de son engagement, antérieur à l’Occupation totale du territoire.
Appartenance au contre-espionnage français, puis un engagement au service de la France libre et des Formations féminines de l’Air. La formule la plus sûre est donc celle d’un agent de renseignement et de propagande liée aux services français, puis d’une engagée des formations féminines de l’Air.
Missions et actions
A Paris elle profite des soirées mondaines pour recueillir des renseignements au profit du contre-espionnage. En 1940 elle refuse de se produire devant les Allemands et reprend ses activités clandestines, notamment lors d’une tournée en Espagne et au Portugal avec Jacques Abtey et d’autres agents.
Le Musée de la Résistance en ligne complète ce tableau en indiquant qu’elle fournit en 1940 des renseignements sur l’Italie et le Japon, puis poursuit son activité au service des Alliés depuis l’Afrique du Nord.
À partir de janvier 1943, elle reprend une intense activité artistique au profit des armées françaises, tout en continuant le renseignement. Cette articulation entre prestige public, mobilité internationale et action secrète constitue le cœur de son parcours résistant.
Le 23 mai 1944, Joséphine Baker signe son engagement dans les Formations féminines de l’Air avec le grade de sous-lieutenant.
Le Musée de la Résistance en ligne précise son affectation à la direction des formations féminines de l’état-major général de l’Air comme rédactrice de 1re classe faisant fonction d’officier de propagande.
Arrestation / évasion / déportation
Aucune arrestation, déportation ou évasion n’a été confirmée pour Joséphine Baker dans les sources fiables consultées pour cette recherche.
Camarades de combat
Le nom de Jacques Abtey est explicitement associé à son activité clandestine par la notice officielle de l’Ordre de la Libération et par les documents du Musée de la Résistance en ligne. D’autres agents sont évoqués, mais sans identification nominative sûre dans les sources retenues ici ; je m’abstiens donc d’en dresser une liste plus large.
Retour à la vie civile
La notice officielle indique qu’elle est démobilisée le 8 septembre 1945. Après-guerre, elle poursuit sa carrière artistique et son engagement antiraciste ; Éduscol rappelle notamment le rôle du château des Milandes et de sa « tribu arc-en-ciel » dans cette seconde partie de sa vie.
Décorations
- La Médaille de la Résistance française avec rosette par décret du 5 octobre 1946, JO du 13 octobre 1946.
- La Légion d’honneur par décret du 9 décembre 1957, JO du 14 décembre 1957.
- La Croix de guerre 1939-1945 avec palme est confirmée par les documents du Musée de la Résistance en ligne relatifs à la remise de la Légion d’honneur. E
- Médaille commémorative des services volontaires dans la France Libre mentionnée par le Musée de la Résistance en ligne avec le numéro de diplôme 15.968 information non confirmée par décret.
Lieux de mémoire
Le lieu de mémoire le plus évident est le Panthéon, où Joséphine Baker a fait l’objet d’une entrée symbolique en 2021.
Le ministère des Armées rappellent aussi son ancrage mémoriel au château des Milandes en Dordogne.
Références bibliographiques
Joséphine Baker, La Résistance en chantant, Guy Penaud, Les livres de l’îlot, 2023.Cet ouvrage est directement centré sur l’engagement de Joséphine Baker pendant la Seconde Guerre mondiale. Il permet de suivre le passage de la vedette de music-hall à l’agente du contre-espionnage, puis à la personnalité engagée au service de la France libre. Il est particulièrement utile pour comprendre les formes atypiques de son action résistante, entre renseignement, diplomatie mondaine et soutien moral aux combattants.
La Guerre secrète de Joséphine Baker, Jacques Abtey, Éditions Siboney, 1948.Ce témoignage d’un acteur direct est essentiel pour saisir la dimension clandestine de l’action de Joséphine Baker. Il doit être lu avec le recul critique nécessaire à tout récit mémoriel d’après-guerre, mais il demeure précieux pour reconstituer les modalités concrètes de ses missions et l’environnement des services secrets français.
Références internet
L’Ordre de la Libération et son musée La notice officielle consacrée à Joséphine Baker donne les éléments les plus sûrs sur sa médaille de la Résistance, sa date de naissance, la chronologie générale de son engagement et sa naturalisation. C’est la source prioritaire retenue pour la présente fiche. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/medailles/josephine-freda-baker
Musée de la Résistance en ligne L’exposition virtuelle et les médias documentaires consacrés à Joséphine Baker permettent de préciser la chronologie de son activité de renseignement, son engagement dans l’Armée de l’air et les procédures de décoration. Le site apporte des reproductions et analyses documentaires très utiles pour sécuriser les points délicats. https://museedelaresistanceenligne.org/
Éduscol Le dossier pédagogique officiel consacre une synthèse fiable à Joséphine Baker, replacée dans l’histoire nationale et mémorielle. Il ne remplace pas les sources primaires, mais confirme plusieurs éléments biographiques stables et l’importance reconnue de son engagement. https://eduscol.education.gouv.fr/6438/josephine-baker-entre-au-pantheon
Dossier d’homologation consulté : oui/non – cote SHD
Oui pour l’existence d’un dossier signalé dans la notice de l’Ordre de la Libération : cote 1O2337. Le SHD propose en outre un dossier individuel thématique consacré à Joséphine Baker, mais la cote détaillée n’a pas pu être extraite proprement dans cette recherche.
Observations Les sources consultées emploient des graphies différentes pour son patronyme de naissance : MC DONALD dans la notice officielle de l’Ordre de la Libération, McDonald dans les notices d’autorité administratives et pédagogiques. Nous avons retenu Freda Josephine McDonald, forme aujourd’hui la plus stable dans les autorités biographiques, tout en signalant que la notice officielle de l’Ordre écrit « née MC DONALD ».
Une divergence existe aussi sur la date de démobilisation : la notice officielle de l’Ordre de la Libération indique le 8 septembre 1945, alors que des synthèses secondaires donnent parfois le 1er septembre 1945. J’ai retenu 8 septembre 1945, parce qu’il s’agit ici de la notice officielle de l’Ordre de la Libération.
Pour le lieu de décès, la convergence la plus sûre porte sur Paris ; La date du 12 avril 1975 converge entre les autorités administratives et les dossiers pédagogiques officiels consultés.
La chronologie générale de l’engagement résistant est bien assurée par les sources institutionnelles. Les principales prudences ont porté sur la graphie du patronyme de naissance, la date exacte de démobilisation et le statut exact de certaines décorations secondaires.
Sources consultées le 11 mars 2026
- Ordre de la Libération, notice officielle Joséphine Baker : biographie, médaille de la Résistance, cote de dossier.
- Musée de la Résistance en ligne, exposition et médias sur Joséphine Baker : chronologie des activités, affectation dans l’Armée de l’air, procédure de décoration.
- Éduscol : synthèse biographique et mémorielle officielle.
- FranceArchives et autorités administratives : confirmation de la date de décès.
- Mémoire Vive de la Résistance : absence de notice nominative identifiée, seulement mention thématique.