La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

Le Conseil de l’ordre de la Libération est l’organe directeur de l’Ordre de la Libération, seconde institution nationale française après la Légion d’honneur. Il est chargé de la gestion de la distinction créée pour récompenser les personnes ou les collectivités s’étant illustrées dans la libération de la France. Bien qu’étant une institution officielle de la France Libre, il fonctionne comme une structure de reconnaissance et de cohésion pour la Résistance intérieure et extérieure.

Création du réseau

L’ordre est créé par le général Charles de Gaulle par l’ordonnance n° 7 du 16 novembre 1940 à Brazzaville, Congo. Le Conseil de l’ordre est institué simultanément pour examiner les propositions de nomination. L’objectif initial est de créer un ordre de chevalerie moderne, fondé sur le mérite exceptionnel des combattants de la première heure qui refusent la défaite et s’engagent dans la France Libre ou la Résistance clandestine.

Organisation interne

Le Conseil est placé sous l’autorité du Grand Maître de l’ordre, titre détenu par Charles de Gaulle. Il est dirigé par un Chancelier, nommé par décret, assisté de membres nommés parmi les Compagnons de la Libération. Durant la guerre, ses membres sont souvent dispersés sur différents fronts ou engagés dans des missions clandestines en France occupée. Le siège administratif est d’abord fixé à Londres, Royaume-Uni, avant d’être transféré à Paris, France, après la Libération.

Actions menées pendant la Résistance

L’action du Conseil durant le conflit consiste à identifier, vérifier et valider les actes d’héroïsme des membres des Forces françaises libres et de la Résistance intérieure. Les nominations sont publiées par décrets. Cette action joue un rôle moral et politique majeur en structurant une élite combattante et en symbolisant la légitimité de la France Libre face au régime de Vichy. Le Conseil assure également le lien entre les différentes branches de la Résistance en honorant des chefs de réseaux, des militaires de carrière et des résistants isolés.

Liens avec d’autres réseaux ou mouvements

Le Conseil entretient des liens directs avec le Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) et l’État-major des Forces françaises libres pour la centralisation des dossiers de citation. Il collabore avec les chefs des grands mouvements de Résistance intérieure, tels que Combat ou Libération-Sud, pour l’attribution de la Croix de la Libération à des figures marquantes opérant sur le territoire national.

Chefs et figures marquantes

Charles de Gaulle est le Grand Maître unique de l’ordre de 1940 à 1970. Georges Thierry d’Argenlieu est nommé premier Chancelier de l’ordre en 1941 ; il participe activement aux opérations navales et diplomatiques de la France Libre avant de survivre au conflit. Honoré d’Estienne d’Orves, premier officier de marine envoyé en mission en France occupée, est nommé membre du Conseil à titre posthume après son exécution par les autorités allemandes.

Victimes et morts

Honoré d’Estienne d’Orves, fusillé le 29 août 1941 au Mont-Valérien, Suresnes, France. De nombreux Compagnons, dont les dossiers ont été examinés par le Conseil, sont morts au combat ou en déportation, tels que Jean Moulin, mort le 8 juillet 1943, ou Pierre Brossolette, mort le 22 mars 1944. Sur les 1038 Compagnons, 271 ont reçu la croix à titre posthume durant les hostilités.

Survivants identifiés

Georges Thierry d’Argenlieu a survécu à la guerre et a continué de siéger au Conseil. Jacques Chaban-Delmas, nommé Compagnon en 1945, a survécu et a joué un rôle politique majeur après-guerre. Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin, a également survécu au conflit.

Fin du réseau

L’attribution de la Croix de la Libération est close par le décret du 23 janvier 1946. Toutefois, le Conseil de l’ordre survit en tant qu’institution pérenne. Par le décret du 16 mars 1995, le Conseil de l’ordre est réorganisé pour préparer la pérennisation de la mémoire de l’ordre. Cette transition aboutit à la loi de 1999 créant le Conseil national des communes Compagnon de la Libération, qui succède administrativement au Conseil initial pour assurer la garde des traditions.

Conséquences et mémoire

L’action du Conseil a permis de sacraliser l’engagement de 1038 personnes, 5 communes et 18 unités militaires. La mémoire de l’ordre est aujourd’hui conservée au Musée de l’Ordre de la Libération, situé à l’Hôtel national des Invalides, Paris, France. Le Conseil a garanti que l’épopée de la France Libre reste inscrite dans l’histoire officielle de la République par le biais d’une élite du courage.

Références bibliographiques

Dictionnaire des Compagnons de la Libération Vladimir Trouplin, Éditions Elytis, Bordeaux, France, 2010.

L’Ordre de la Libération : une fraternité de combat Guillaume Piketty, Éditions Tallandier, Paris, France, 2020.

Références internet

Ordre de la Libération Site officiel institutionnel présentant l’historique du Conseil et les notices des Compagnons. https://www.ordredelaliberation.fr/

Musée de la Résistance en ligne Notice thématique sur la création de l’ordre et le rôle de ses premiers membres. https://museedelaresistanceenligne.org/media1033-LOrdre-de-la-Libration

Légifrance Texte du décret n° 95-290 du 16 mars 1995 relatif au Conseil de l’ordre de la Libération. https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000552250

Sources consultées Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Musée de la Résistance en ligne, Mémoire des Hommes, Ordre de la Libération, Gallica (BnF), Légifrance. Date de vérification : 9 mars 2026.

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