Le 20 juillet 1944, les forces allemandes lancent une offensive de grande ampleur contre le Corps franc de la Montagne Noire, formation résistante installée dans le massif entre le Tarn et l’Aude.
Les sources officielles et mémorielles consultées montrent que l’expression « attaque du Pic de Nore » désigne en réalité une attaque contre l’ensemble des camps du Corps franc dans le secteur du Pic de Nore, et non un seul combat concentré au sommet.
Le Corps franc, rassemblé dans ce secteur depuis le 6 juin 1944, compte alors plus de 800 hommes selon le Musée de la Résistance en ligne et plus de 900 hommes dès la fin du mois selon l’Ordre de la Libération.
L’offensive commence à l’aube par une attaque aérienne allemande. Les camps sont bombardés, notamment celui de La Galaube, puis les positions résistantes subissent l’assaut de forces terrestres appuyées par des blindés et de l’armement lourd.
Les sources convergent pour établir que l’attaque du 20 juillet frappe le dispositif du Corps franc dans la Montagne Noire et provoque la destruction ou l’abandon de plusieurs camps. Henri SÉVENET, l’un des chefs du Corps franc, est tué lors du bombardement de La Galaube.
Après plusieurs heures de combat, les responsables du Corps franc donnent l’ordre de décrochage pour éviter l’encerclement et préserver l’essentiel des effectifs. Une partie des hommes se replie vers le massif du Pic de Nore et d’autres groupes se retirent par d’autres itinéraires. Les sources disponibles permettent donc d’établir que le Pic de Nore est à la fois le centre de concentration initial du Corps franc et un point majeur de repli au cours de la journée du 20 juillet 1944.
Circonstances
Le Corps franc de la Montagne Noire est créé au printemps 1944 dans un cadre agréé par l’état-major interallié. Sous l’autorité de Roger MOMPEZAT, avec Henri SÉVENET et Bernard JOUAN de KERVENOAËL, il rassemble des maquisards de l’Aude et du Tarn, des réfractaires au STO, des Espagnols, des Juifs engagés dans l’Armée juive, des volontaires venus d’autres régions et des militaires encadrants. Son implantation dans le secteur du Pic de Nore répond à des considérations tactiques de refuge, d’instruction et de réception de parachutages d’armes.
À la suite du débarquement de Normandie, le Corps franc intensifie sabotages, embuscades et harcèlement des communications ennemies. Les archives départementales du Tarn rappellent que ses missions portent sur la destruction des communications allemandes et la réception de parachutages, notamment au Pic de Nore du 24 au 26 juin 1944. Les actions menées en juin et juillet 1944 expliquent la riposte allemande et la série de représailles qui culminent avec l’attaque du 20 juillet.
Roger MOMPEZAT est le chef du Corps franc de la Montagne Noire. L’Ordre de la Libération lui attribue la constitution du Corps franc en avril 1944 et le rassemblement de cette unité au Pic de Nore le 6 juin 1944. Il dirige les opérations, ordonne le décrochage du 20 juillet et assure la survie de l’unité, qui se reforme ensuite.
Henri SÉVENET, officier parachuté et coorganisateur du Corps franc, joue un rôle essentiel dans la structuration militaire de l’unité. Les sources mémorielles concordent pour établir qu’il est tué le 20 juillet 1944 lors du bombardement du camp de La Galaube.
Bernard JOUAN de KERVENOAËL, dit capitaine Saint-Michel, appartient au noyau dirigeant de la formation et assure l’encadrement militaire des hommes. Sa présence dans le commandement du Corps franc est confirmée par les notices biographiques et mémorielles disponibles.
Pierre LOEB, dit Pierrot, et Nephtali Raymond LEVY, dit lieutenant Leblond, font partie des cadres issus de l’Armée juive intégrés au Corps franc sur le Pic de Nore. Le Musée de la Résistance en ligne établit qu’ils participent à la campagne du Corps franc et aux combats du 20 juillet, avant la dispersion des unités.
Victimes
L’élément le plus solidement établi par les sources ouvertes consultées est la mort de Henri SÉVENET au camp de La Galaube le 20 juillet 1944. Les mêmes sources montrent que le Corps franc subit d’autres pertes au cours de l’offensive allemande, mais les résultats consultables ici ne permettent pas de dresser avec la même sûreté une liste nominative complète de toutes les victimes de la journée dans l’ensemble du secteur du Pic de Nore. Il faut donc rester prudent sur un bilan nominatif global.
Survivants
Roger MOMPEZAT survit à l’attaque et continue de commander le Corps franc.
Pierre LOEB survit également, poursuit le combat après la dispersion du 20 juillet et participe ensuite aux opérations de libération de la région.
Nephtali Raymond LEVY survit à l’attaque elle-même et conduit le repli de son escadron par plusieurs étapes, dont le Pic de Nore, avant d’être arrêté et fusillé le 5 août 1944 dans un épisode distinct.
Conséquences
L’attaque du 20 juillet 1944 détruit le dispositif de camps du Corps franc dans la Montagne Noire, mais elle ne parvient pas à anéantir l’unité. Les hommes se dispersent, évitent l’encerclement total, puis se reforment au cours du mois d’août. Les Archives départementales du Tarn indiquent que la dispersion provoquée par les attaques allemandes du 20 juillet au 17 août empêche le Corps franc de participer directement à la libération du Tarn comme formation concentrée, mais l’unité reprend ensuite part aux combats dans l’Hérault puis aux opérations de la Libération.
Sur le plan mémoriel, l’événement est resté attaché à plusieurs toponymes du massif, notamment La Galaube et le Pic de Nore. Il existe donc un risque de confusion terminologique : parler de « l’attaque allemande du 20 juillet 1944 au Pic de Nore » est recevable comme désignation de secteur, mais la documentation consultée montre que le choc principal touche plusieurs camps du Corps franc répartis dans la Montagne Noire.
Mémoire et lieux commémoratifs
La stèle du camp de La Galaube, située sur la commune d’Arfons dans le Tarn, constitue l’un des principaux lieux de mémoire de l’attaque du 20 juillet 1944. MémorialGenWeb en atteste l’existence et la localisation.
Le secteur du Pic de Nore, entre Tarn et Aude, demeure un haut lieu de mémoire du Corps franc de la Montagne Noire, à la fois comme zone de concentration du maquis, de parachutages d’armes et de repli après l’attaque.
Les fonds d’archives du Service historique de la Défense et les fonds signalés par FranceArchives conservent la mémoire documentaire du maquis du Pic de Noré et du Corps franc de la Montagne Noire.
Une stèle à Lespinassière, dans l’Aude, honore la mémoire de Nephtali Raymond LEVY, chef d’escadron du Corps franc, fusillé le 5 août 1944 après les combats de juillet. Ce lieu ne commémore pas directement l’attaque du 20 juillet, mais il appartient à la mémoire immédiate de la dispersion qui a suivi l’offensive allemande.
Références bibliographiques
Le corps-franc de la Montagne Noire : journal de marche avril-septembre 1944 Roger MOMPEZAT, Association des anciens du Corps franc de la Montagne Noire, 4e édition, 1963. Ce texte de première main est l’un des ouvrages essentiels sur la formation, l’organisation, les combats et la dispersion du Corps franc. Il est particulièrement utile pour suivre la chronologie de juin à août 1944 et replacer le 20 juillet dans la logique militaire du maquis.
Origines et missions du Corps franc de la Montagne-Noire (1943-1945) Jean BARDIÈS, Revue du Tarn, n° 182, 2001. Cet article est explicitement signalé par les Archives départementales du Tarn comme référence de travail sur le Corps franc. Il permet de comprendre les objectifs militaires du groupement, sa zone d’action et le rôle stratégique du secteur du Pic de Nore.
Le Corps franc de la Montagne noire Sylvie PÉRILHOU, mémoire de maîtrise, 2003. Ce travail universitaire, également cité par les Archives départementales du Tarn, apporte un cadre documenté sur les effectifs, les opérations et les phases de dispersion du maquis. Il constitue un appui utile pour l’analyse de l’attaque de juillet 1944.
Combattants de la Liberté Jacques LAZARUS, 1995. Cet ouvrage est cité par le Musée de la Résistance en ligne dans la notice consacrée à Nephtali Raymond LEVY. Il éclaire notamment la place des combattants juifs au sein du Corps franc de la Montagne Noire et permet de mieux comprendre les cadres du secteur du Pic de Nore.
Dictionnaire historique de la Résistance sous la direction de François MARCOT, Robert Laffont, 2006. Ce volume de référence n’est pas centré sur le seul Pic de Nore, mais il fournit les repères essentiels sur les structures, les sigles, les réseaux et les principaux acteurs de la Résistance intérieure qui apparaissent dans ce dossier.
Références internet
Musée de la Résistance en ligne Cette ressource contient plusieurs notices majeures pour le sujet, notamment celles consacrées à Pierre LOEB et à Nephtali Raymond LEVY. Elles établissent la présence du Corps franc au Pic de Nore, la participation de ces cadres aux combats du 20 juillet 1944 et les modalités de la dispersion qui suit l’offensive allemande. https://museedelaresistanceenligne.org/media11227-Pierre-Loeb-dit-Pierrot ; https://museedelaresistanceenligne.org/media11210-Nephtali-Raymond-Levy-dit-lieutenant-Leblond
Ordre de la Libération La notice de Roger MOMPEZAT confirme la constitution du Corps franc de la Montagne Noire, son rassemblement au Pic de Nore le 6 juin 1944, ses missions et son importance numérique à l’été 1944. Elle est précieuse pour replacer l’attaque du 20 juillet dans l’histoire générale de l’unité. https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/roger-mompezat
Archives départementales du Tarn Le document pédagogique sur les réseaux de Résistance en Montagne Noire synthétise les missions du Corps franc, rappelle les parachutages d’armes au Pic de Nore et situe l’attaque allemande du 20 au 22 juillet 1944 dans la série des représailles subies par le maquis. https://archives.tarn.fr/fileadmin/mediatheque/Archives_departementales/Documents/RessourcesTarnaises/009_RessourcesTarn_ResistanceMontageNoire.pdf
FranceArchives Le portail signale l’existence d’un dossier intitulé « A.S Maquis du Pic de Noré », rattaché au maquis de la Montagne-Noire. Même si la notice est brève, elle atteste l’existence d’un fonds d’archives identifié pour le maquis du Pic de Nore dans les instruments de recherche publics. https://francearchives.gouv.fr/facomponent/5346f5b9fcf0d87b26948c9cffdc8372161dd569
Service historique de la Défense Les instruments de recherche publiés par le SHD recensent les dossiers du « Corps Franc de la Montagne Noire » dans la sous-série GR 19 P consacrée aux maquis et FFI. Cette ressource est essentielle pour localiser les archives militaires relatives au groupement attaqué le 20 juillet 1944. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/2019-10/SHDGR_INV_GR19P_UNITES_FFI_0.pdf
Sources consultées : Musée de la Résistance en ligne, Ordre de la Libération, Archives départementales du Tarn, FranceArchives, Service historique de la Défense, MémorialGenWeb, Gallica BnF, Wikipédia recoupée, Mémoire des Hommes sans résultat exploitable sur une notice événementielle spécifique au Pic de Nore. Date de vérification : 8 mars 2026.