La flamme de la résistance ne doit pas s'éteindre...

L’opération s’inscrit dans le contexte de la formation du maquis d’Esténos, en Haute-Garonne, France, dans le secteur du Comminges, en 1943. La source FNAPOG décrit ce maquis comme composé de réfractaires au Service du travail obligatoire, de résistants français et d’exilés espagnols, et lui attribue des missions de récupération de parachutages, de sabotage de voies de communication, ainsi que d’hébergement de résistants ou de militaires alliés.

La fiche générale de Mémoire Vive de la Résistance situe le maquis d’Esténos près de Saint-Béat, Haute-Garonne, France, sous la direction de Pierre GUERRE, dans un dispositif pyrénéen plus large associant filières d’évasion et maquis territoriaux. Elle lui attribue notamment une fonction de protection des sentiers et de surveillance contre les patrouilles allemandes.

Déroulement de l’opération

L’événement est daté par la FNAPOG du 15 mars 1943. Cette source indique que des gendarmes, engagés dans des battues régulières contre ce type de groupe, rencontrent plusieurs personnes courant dans la montagne. Cinq gendarmes tentent de les interpeller ; les fuyards abandonnent des sacs contenant des armes et du matériel divers. Trois hommes, identifiés comme venant de cambrioler la mairie d’Esténos, sont arrêtés après un échange de coups au cap de la Serre d’Auarje, à environ 1 500 mètres d’altitude, près de Cierp-Gaud, Haute-Garonne, France. Les autres, parmi lesquels Pierre GUERRE, parviennent à rejoindre le maquis avec le reste du matériel récupéré.

Une source complémentaire publiée dans le bulletin Guerrilleros apporte une précision différente sur la datation : elle situe le cambriolage de la mairie d’Esténos dans la nuit du 13 au 14 mars 1943, pour se procurer des armes et des tickets de ravitaillement, puis indique que trois membres du groupe sont arrêtés le lendemain par les gendarmes. Cette source nomme les trois arrêtés Bertrand, Caussat et Castagnier. La divergence entre « 15 mars 1943 » et « nuit du 13 au 14 mars 1943 » doit être conservée comme une incertitude documentaire.

Figures marquantes

Pierre GUERRE est identifié comme chef du maquis d’Esténos. La FNAPOG le présente comme commandant le groupe FTPF et précise qu’il échappe à l’arrestation lors de l’épisode, rejoignant le maquis avec le reste du matériel. Le bulletin Guerrilleros indique qu’il était épicier à Luchon, Haute-Garonne, France, adhérent au PCF depuis 1933, engagé en faveur des républicains espagnols, puis chef du maquis d’Esténos en mars 1943.

Robert CAUSSAT est l’un des trois hommes arrêtés à la suite de l’épisode. La FNAPOG indique qu’il est condamné à huit ans de travaux forcés, interné à Eysses, transféré à Royallieu-Compiègne, puis déporté à Dachau le 18 juin 1944. La fiche des Résistants d’Eysses, fondée sur le Service historique de la Défense, confirme son arrestation le 15 mars 1943, sa condamnation pour vol qualifié, détention d’armes et activité communiste, sa peine de huit ans de travaux forcés, son passage par Eysses et Compiègne, sa déportation le 18 juin 1944, son matricule 73227 et sa libération en 1945.

Jean BERTRAND, alias Louis, est identifié par la FNAPOG comme l’un des trois arrêtés. La même source précise qu’il est né le 21 septembre 1913, qu’il est Lyonnais, étudiant à Toulouse, France, et qu’il est tué au combat le 19 mars 1944 à Montchal, Loire, France. Le résultat Maitron consultable par extrait confirme l’existence d’une notice « Bertrand Jean, dit Louis », mort en action le 19 mars 1944 à Montchal.

Jean CASTANET, dit parfois CASTAING, est identifié par la FNAPOG comme le troisième homme arrêté. La source lui attribue une naissance le 9 janvier 1915 à Pau, Pyrénées-Atlantiques, France, une profession de mécanicien, une participation antérieure à des récupérations de parachutages à Gabarret, Landes, France, et une présence dans le maquis par refus du Service du travail obligatoire. La source indique son décès le 7 novembre 2023.

Victimes

Aucune mort immédiate n’est attestée dans les sources consultées pour l’opération de réquisition elle-même. Les sources identifient en revanche Jean BERTRAND, alias Louis, comme mort au combat ultérieurement, le 19 mars 1944 à Montchal, Loire, France.

Survivants

Robert CAUSSAT survit à la déportation. La fiche des Résistants d’Eysses indique qu’il est libéré le 29 avril 1945 à Sandbostel et rapatrié le 10 juin 1945 par le centre de rapatriement Paris-Lutetia. La Dépêche du Midi mentionne en 2014 l’inauguration d’une salle Robert Caussat à Blagnac, Haute-Garonne, France, rappelant son engagement dans la Résistance, son passage par Eysses et sa déportation.

Pierre GUERRE survit à l’épisode. Le bulletin Guerrilleros indique qu’après avoir été traqué par les Allemands, il se cache quelque temps à Luchon, passe en Espagne, est incarcéré à Barbastro, rejoint ensuite le Maroc, s’engage dans la 2e DB du général Leclerc et participe aux campagnes de Normandie, Paris, Vosges, Alsace et Allemagne. Ces éléments concernent son parcours ultérieur et non le déroulement immédiat de l’opération.

Jean CASTANET survit également à la guerre selon la FNAPOG, qui indique son décès le 7 novembre 2023.

Conséquences

La conséquence immédiate attestée de l’opération est l’arrestation de Robert CAUSSAT, Jean BERTRAND et Jean CASTANET, après la réquisition ou le cambriolage de la mairie d’Esténos et la poursuite par les gendarmes. Pour Robert CAUSSAT, les conséquences judiciaires et concentrationnaires sont confirmées par une source issue des Résistants d’Eysses : condamnation par la Section spéciale de Toulouse, peine de huit ans de travaux forcés, incarcérations successives, internement à Eysses, remise aux autorités allemandes, déportation à Dachau puis parcours concentrationnaire jusqu’à sa libération.

La portée militaire exacte de l’opération ne peut pas être évaluée à partir des sources disponibles. Les sources consultées attestent l’utilité matérielle de ce qui est récupéré pour le groupe, mais ne permettent pas de mesurer un impact stratégique ou opérationnel plus large.

Mémoire et lieux commémoratifs

La FNAPOG mentionne des travaux de recherche, conférences et commémorations à Blagnac, Haute-Garonne, France, pilotés par « Histoire et Mémoire » de la ville de Blagnac. Elle publie également une photographie légendée de Robert CAUSSAT en 1994.

La Dépêche du Midi rapporte qu’en septembre 2014 le nom de Robert CAUSSAT a été donné à une salle de réunion située au premier étage de l’ancienne Maison de l’histoire, place des Arts, à Blagnac, Haute-Garonne, France. L’article rappelle son engagement dans la Résistance, son rôle dans les Jeunesses communistes, sa participation au maquis d’Esténos, son emprisonnement à Eysses et sa déportation.

Les Archives départementales de la Haute-Garonne ont annoncé en 2024 une table ronde « Résistances et Libération en Comminges » comprenant une intervention d’André Arnal et Annie Thomas intitulée « Les destins croisés de membres du maquis d’Esténos : Robert Caussat, Pierre Guerre et Jean Bertrand ». Cette mention confirme l’existence d’un travail mémoriel et historique local récent autour de ces protagonistes.

Références bibliographiques

Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot dir., Robert Laffont, 2006. Ouvrage de synthèse utile pour replacer l’opération dans le cadre général des maquis, des FTPF et de l’évolution de la Résistance intérieure. Il ne constitue pas une étude spécifique de l’événement du 15 mars 1943, mais fournit le contexte national nécessaire à l’interprétation prudente des actions de maquis.

Les Maquisards. Combattre dans la France occupée, Fabrice Grenard, Vendémiaire, 2019. Ouvrage consacré aux maquis, à leurs formes d’organisation, à leurs contraintes matérielles et à leurs modes d’action. Il permet de contextualiser les réquisitions, la clandestinité et les risques de répression, sans documenter spécifiquement l’opération d’Esténos.

Aux frontières de la liberté. Vichy, Madrid, Alger, Londres. S’évader de France sous l’Occupation, Robert Belot, Fayard, 1998. Étude importante sur les filières pyrénéennes et les passages vers l’Espagne. L’ouvrage permet d’éclairer le contexte régional des filières d’évasion et des groupes clandestins des Pyrénées, même si l’épisode du 15 mars 1943 n’y est pas ici attesté directement.

La Résistance française : une histoire périlleuse, Laurent Douzou, Seuil, 2005. Ouvrage de synthèse sur les enjeux historiographiques, politiques et sociaux de la Résistance française. Il est utile pour encadrer la prudence méthodologique nécessaire face aux événements locaux peu documentés.

Les FTP, soldats sans uniforme, Charles Tillon, Julliard, 1962. Témoignage et récit d’un responsable communiste sur les Francs-tireurs et partisans. L’ouvrage apporte un contexte sur les FTPF, leurs formes d’action et leur culture clandestine, mais ne doit pas être utilisé comme source directe pour les faits précis d’Esténos sans recoupement.

Références internet

FNAPOG – Fédération Nationale Autonome Pupilles de la Nation orphelins de Guerre. Article consacré au maquis d’Esténos et à la Résistance dans le Comminges. Il constitue la source narrative principale sur l’opération, les circonstances de la fuite, les sacs abandonnés, les arrestations et l’identification des trois hommes arrêtés. https://fnapog.fr/maquis-destenos-le-comminges-en-resistance/

Résistants d’Eysses. Fiche biographique Robert CAUSSAT fondée sur le Service historique de la Défense, Caen. Elle confirme l’arrestation du 15 mars 1943, les motifs de condamnation, le passage par Eysses, la déportation depuis Compiègne le 18 juin 1944, le matricule de déportation et la libération. https://www.resistants-eysses.fr/biographie/pdf/caussat-robert

Mémoire Vive de la Résistance. Fiche générale « Réseaux de Résistance pyrénéens » mentionnant le maquis d’Esténos, Pierre GUERRE et Robert CAUSSAT dans un dispositif plus large de maquis et filières pyrénéennes. Cette source n’est pas une fiche spécifique de l’opération du 15 mars 1943. https://mvr.asso.fr/reseaux-de-resistance-pyreneens/

Guerrilleros, bulletin nos 170-171. Publication associative mémorielle consacrée aux guérilleros espagnols et à leurs réseaux, contenant un article sur Pierre GUERRE. Elle apporte une variante importante sur la date de l’action, située dans la nuit du 13 au 14 mars 1943, ainsi que la précision sur l’objectif de récupération d’armes et de tickets de ravitaillement. https://www.lagavillaverde.org/Paginas/Noticias/Documentos/Guerrilleros170-171.pdf

La Dépêche du Midi. Article du 23 septembre 2014 sur l’inauguration de la salle Robert Caussat à Blagnac. Il apporte des éléments de mémoire locale et rappelle le parcours de Robert CAUSSAT dans la Résistance, son passage par Eysses et sa déportation. https://www.ladepeche.fr/article/2014/09/23/1956966-inauguration-de-la-salle-robert-caussat.html

Fiabilité

Fiabilité B — bonne. L’existence de l’événement est attestée par une source associative détaillée et partiellement recoupée par une source issue des Résistants d’Eysses fondée sur le Service historique de la Défense pour le cas de Robert CAUSSAT. La fiche ne peut pas être classée en fiabilité A, car le déroulement complet de l’opération repose principalement sur la FNAPOG et sur le bulletin Guerrilleros, avec une divergence de datation entre le 15 mars 1943 et la nuit du 13 au 14 mars 1943.

Observations

Une divergence existe sur la date exacte de l’action. La FNAPOG présente l’épisode comme survenu le 15 mars 1943, tandis que le bulletin Guerrilleros situe le cambriolage de la mairie dans la nuit du 13 au 14 mars 1943 et les arrestations le lendemain. La décision retenue pour le titre est « 15 mars 1943 », car cette date est également celle de l’arrestation de Robert CAUSSAT dans la fiche des Résistants d’Eysses.

Une divergence existe sur le nom du troisième arrêté. La FNAPOG mentionne Jean CASTANET, dit parfois CASTAING, tandis que le bulletin Guerrilleros donne la forme Castagnier. La décision retenue est Jean CASTANET, dit CASTAING, car cette forme est la plus détaillée dans la source consacrée au maquis d’Esténos.

Les sources consultées ne permettent pas de préciser le nombre total de participants, l’heure exacte de l’interception, la liste exhaustive des biens emportés, ni l’existence éventuelle d’un rapport de gendarmerie consultable en ligne. Aucune hypothèse n’est retenue sur ces points.

Sources consultées Date de vérification : 5 mai 2026

FNAPOG – Maquis d’Esténos, le Comminges en résistance, https://fnapog.fr/maquis-destenos-le-comminges-en-resistance/

Mémoire Vive de la Résistance – Réseaux de Résistance pyrénéens, https://mvr.asso.fr/reseaux-de-resistance-pyreneens/

Résistants d’Eysses – Robert CAUSSAT, https://www.resistants-eysses.fr/biographie/pdf/caussat-robert

Maitron / Fusillés 1940-1944 – Bertrand Jean, dit Louis, https://fusilles-40-44.maitron.fr/bertrand-jean-dit-louis/

FranceArchives – Robert Caussat, la déportation du bataillon d’Eysses, https://francearchives.gouv.fr/facomponent/b8899bc126e003b337f1e097eef906467fe2b469

La Gavilla Verde – Guerrilleros nos 170-171, https://www.lagavillaverde.org/Paginas/Noticias/Documentos/Guerrilleros170-171.pdf

Archives départementales de la Haute-Garonne – Table ronde Résistances et Libération en Comminges, https://archives.haute-garonne.fr/actualites/rendez-vous-2/table-ronde-resistances-et-liberation-en-comminges-1513/n%3A187

La Dépêche du Midi – Inauguration de la salle Robert Caussat, https://www.ladepeche.fr/article/2014/09/23/1956966-inauguration-de-la-salle-robert-caussat.html

Fondation de la Résistance – consultée pour le contexte général des FTPF et des maquis, https://www.fondationresistance.org/

Musée de la Résistance en ligne – consulté pour le contexte général des maquis, https://www.museedelaresistanceenligne.org/

Mémoire des Hommes – aucune fiche événementielle spécifique retrouvée pour l’opération du 15 mars 1943 du maquis d’Esténos, https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/

Ordre de la Libération – aucune notice spécifique retrouvée pour l’opération, https://www.ordredelaliberation.fr/

Gallica BnF – aucune source directement exploitable retrouvée pour l’opération, https://gallica.bnf.fr/

Service historique de la Défense – mention indirecte via la fiche Résistants d’Eysses fondée sur le SHD, Caen ; aucun dossier d’événement consultable en ligne identifié, https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/

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