Libérer et Fédérer est à la fois un mouvement et un réseau de résistance créé à Toulouse le 14 juillet 1942. Il est fondé par Silvio TRENTIN, un intellectuel italien antifasciste exilé en France. Le mouvement naît d’une volonté de lier la libération du territoire à une révolution sociale et politique visant une structure fédérale de l’Europe d’après-guerre.
Organisation interne
Le mouvement possède une structure civile (diffusion du journal clandestin éponyme) et une structure militaire (groupes d’action). Il est très implanté dans la région toulousaine et le Sud-Ouest. Il dispose de commissions d’études pour préparer les réformes de la Libération. Ses membres sont issus de divers horizons : socialistes, syndicalistes et exilés antifascistes.
Actions menées pendant la Résistance
L’action principale est la propagande par la presse clandestine, le journal Libérer et Fédérer étant l’un des plus influents du Sud-Ouest. Sur le plan militaire, le mouvement organise des groupes de sabotage et participe à la création de maquis dans le Gers et la Haute-Garonne. Il assure également la protection et le passage d’exilés vers l’Espagne.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Libérer et Fédérer s’intègre dans les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) tout en gardant une forte identité idéologique. Il a des liens étroits avec le mouvement italien Giustizia e Libertà.
Silvio TRENTIN, fondateur et théoricien, arrêté par la police italienne en 1943 et mort peu après sa libération.
Gilbert ZUGER, cadre actif du mouvement à Toulouse.
Françoise d’EAUBONNE, qui a participé à la diffusion des idées du groupe.
Victimes / morts
Le mouvement a été durement touché par la répression en 1943. Silvio TRENTIN est la victime la plus emblématique. Plusieurs distributeurs du journal ont été arrêtés par la police de Vichy et livrés aux Allemands.
Survivants identifiés
De nombreux survivants ont participé à la vie politique locale après 1944. Ils ont contribué à maintenir la mémoire de Silvio TRENTIN à Toulouse, où une rue porte aujourd’hui son nom.
Fin du réseau
À la Libération, le mouvement se transforme partiellement en parti politique mais décline rapidement au profit des grandes formations nationales (SFIO, PCF). Ses structures militaires sont fondues dans les FFI.
Conséquences et mémoire
Libérer et Fédérer a marqué l’originalité de la Résistance toulousaine par sa dimension européenne et fédéraliste. Une plaque commémorative honore Silvio Trentin au centre de Toulouse.
Références bibliographiques
Silvio Trentin et Libérer et Fédérer, Collectif, Presses Universitaires du Mirail, 2007. Ouvrage universitaire analysant les fondements idéologiques du mouvement.
La Résistance en Haute-Garonne, Michel Goubet, Éditions Milan, 1984. Retrace l’implantation du mouvement dans la région.
Références internet
Libérer et Fédérer sur Musée de la Résistance en ligne. Présentation des journaux clandestins et de l’histoire du mouvement. https://www.museedelaresistanceenligne.org
Biographie de Silvio Trentin sur Le Maitron. Détails sur son engagement et la création du mouvement. https://maitron.fr
Sources consultées : Date de vérification : 18 février 2026
Maitron Résistance, Musée de la Résistance en ligne, SHD, Gallica (archives du journal Libérer et Fédérer).