Le réseau AV-RIF (Amis de la Volonté – Réseau d’Information de France) trouve ses racines dans le mouvement « La Volonté » créé dès 1940. Initialement axé sur la propagande, il se transforme en réseau de renseignement. Le tournant majeur survient au début de l’année 1943, période de reprise en main et de restructuration nécessaire après les premières vagues d’arrestations et l’occupation de la zone Sud. Cette réorganisation vise à professionnaliser la collecte de renseignements militaires pour le compte du BCRA (Bureau Central de Renseignements et d’Action).
Organisation interne
Sous l’impulsion de sa direction, le réseau se structure en cellules étanches. Il dispose d’un service de courrier efficace et de liaisons radio avec Londres. Sa hiérarchie est décentralisée en sous-secteurs géographiques couvrant une grande partie du territoire français. Le réseau est administrativement rattaché au BCRA et travaille en coordination avec les services alliés pour le transfert de microfilms et de rapports d’espionnage.
Actions menées pendant la Résistance
Les actions principales consistent en la surveillance des mouvements de troupes allemandes, l’identification des sites de production aéronautique et la cartographie des défenses côtières. Durant l’année 1943, le réseau intensifie ses rapports sur les fortifications du Mur de l’Atlantique. Il assure également l’exfiltration d’agents brûlés et la diffusion de consignes stratégiques émanant de la France Libre.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
AV-RIF entretient des contacts avec le mouvement Libération-Nord et certains services de l’Organisation de Résistance de l’Armée (ORA). Après la restructuration de 1943, il s’intègre plus formellement dans les plans de renseignement globaux coordonnés par le Conseil National de la Résistance (CNR).
Chefs et figures marquantes
Pierre-André-René de GORGUETTE d’ARGOEUVES, figure centrale du réseau, joue un rôle déterminant dans la coordination technique.
Georges-Robert-René DESBÉREAUX assure des fonctions de commandement opérationnel.
Jeanne-Marie-Louise-Renée de GORGUETTE d’ARGOEUVES participe activement aux liaisons clandestines avant d’être capturée.
Victimes / morts
La répression allemande frappe durement le réseau en 1943. Plusieurs membres sont arrêtés par la Gestapo, torturés et déportés. On dénombre des victimes dans les camps de concentration de Buchenwald et de Ravensbrück, où certains cadres ont succombé aux conditions de détention.
Survivants identifiés
Certains cadres techniques du réseau ont survécu à la déportation ou ont échappé aux arrestations en changeant d’identité. Après la Libération, ils ont contribué à l’homologation des services de leurs camarades auprès du Service Historique de la Défense (SHD).
Fin du réseau
Le réseau AV-RIF est officiellement dissous après la Libération de la France, ses membres étant soit démobilisés, soit intégrés dans les nouveaux services de renseignement français.
Conséquences et mémoire
L’impact du réseau est significatif dans la précision des bombardements alliés sur les objectifs militaires en France. Une mémoire discrète est entretenue par les familles et les associations de résistants, notamment à travers les dossiers d’homologation consultables au SHD de Vincennes.
Références bibliographiques
Dictionnaire historique de la Résistance, François Marcot, Éditions Robert Laffont, 2006. Cet ouvrage présente les structures de renseignement liées au BCRA et mentionne les réorganisations de 1943.
Le BCRA, service de renseignement de la France libre, Sébastien Albertelli, Éditions Perrin, 2009. Analyse les relations entre Londres et les réseaux de renseignement comme AV-RIF.
Références internet
Dossier administratif du réseau AV sur Mémoire des Hommes. Liste les homologations et les services du réseau de renseignement. https://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
Notice individuelle de Pierre d’Argoeuves sur Le Maitron. Biographie détaillée du responsable du réseau et de ses activités clandestines. https://maitron.fr
Sources consultées : Date de vérification : 18 février 2026
Maitron Résistance, Mémoire des Hommes (Inventaire des réseaux), Fondation de la Résistance, SHD (Cote 17 P 12), Wikipédia (recoupée).