Le réseau Alibi est un important service de renseignement français créé en juillet 1940 par Georges CHARAUDEAU. Né à Madrid, le réseau s’installe d’abord en zone libre, à Vichy, puis se déploie sur l’ensemble du territoire français. Sa vocation initiale est de fournir des renseignements militaires de haute valeur aux services britanniques, tout en restant officiellement indépendant de la France Libre dans ses premiers mois.
Organisation interne
Alibi dispose d’une organisation très structurée avec des bureaux à Paris, Lyon, et Marseille. Il possède sa propre centrale radio et un service de courrier efficace traversant l’Espagne. Il est rattaché à l’Intelligence Service (IS) britannique tout en collaborant plus tard avec le BCRA. Il est réputé pour son professionnalisme et la qualité de ses agents recrutés dans l’administration et l’armée.
Actions menées pendant la Résistance
Le réseau se spécialise dans le renseignement d’ordre stratégique : mouvements des troupes allemandes vers le front de l’Est, localisation des usines de guerre, et détails sur les défenses côtières. Alibi a fourni des informations cruciales sur l’ordre de bataille allemand. Il a également aidé au passage de personnalités vers l’Espagne.
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Alibi a entretenu des rapports complexes avec les services officiels de Vichy (certains membres y étant infiltrés) et avec d’autres réseaux de l’IS comme Jade-Fitzroy. En 1943, il s’intègre plus étroitement dans la coordination des services secrets alliés.
Georges CHARAUDEAU, fondateur et chef charismatique.
Philippe DE VOMÉCOURT, un des premiers résistants actifs dans le réseau.
Émile COLAUD, adjoint technique et responsable des transmissions.
Victimes / morts
Le réseau subit de lourdes pertes en 1943 et 1944. De nombreux agents sont déportés vers Buchenwald ou Dachau. Le nombre de morts au sein d’Alibi est proportionnel à l’ampleur de ses effectifs nationaux.
Survivants identifiés
Georges CHARAUDEAU survit et jouera un rôle dans l’histoire des services de renseignement après la guerre. Plusieurs cadres du réseau ont laissé des témoignages écrits sur la technicité du renseignement clandestin.
Fin du réseau
Le réseau est intégré aux structures de la DGER (Direction Générale des Études et Recherches) à la Libération. Ses archives ont constitué une source documentaire majeure pour l’histoire militaire de l’Occupation.
Conséquences et mémoire
Alibi est considéré par l’historien britannique M.R.D. Foot comme l’un des réseaux de renseignement les plus efficaces de la guerre. Une plaque commémorative existe à Paris en hommage à ses membres.
Références bibliographiques
Les réseaux de renseignement de la France Combattante, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Éditions Gallimard, 1996. Mentionne Alibi comme un acteur majeur du renseignement allié.
La guerre secrète, Anthony Cave Brown, Éditions Pygmalion, 1981. Analyse du rôle d’Alibi dans les relations avec l’Intelligence Service.
Références internet
Réseau Alibi sur Maitron Résistance. Dictionnaire biographique des membres du réseau. https://maitron.fr
Fonds Georges Charaudeau sur SHD. Inventaire des dossiers du réseau Alibi déposés aux archives de la défense. https://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr
Sources consultées : Date de vérification : 18 février 2026
SHD, Maitron Résistance, Fondation de la Résistance, Gallica.