Mission « Patchouli » (groupe de sabotage du BCRA)
La « mission Patchouli » est attestée de manière explicite par l’Ordre de la Libération, qui la décrit comme une mission spéciale en France consistant à neutraliser par sabotage des usines de roulements à billes et d’armement de la région parisienne afin d’éviter des bombardements alliés mettant en péril la population civile.
L’Ordre de la Libération indique que Marcel SUARÈS (alias « Fléau ») et Pierre BRIOUT (alias « Pelle ») sont parachutés dans l’Ain, près de Châtillon-sur-Chalaronne, le 25 novembre 1943, dans le cadre de cette mission, et que François FOUQUAT (alias « Cisailles ») les rejoint ensuite.
Les notices de l’Ordre de la Libération rattachent les acteurs principaux à la structure du BCRA (Bureau central de renseignements et d’action) et décrivent une équipe restreinte de saboteurs opérant clandestinement, capable à la fois d’exécuter des sabotages industriels et d’assurer des actions de formation (cours de sabotage) au profit de groupes résistants.
Les pages du Musée de la Résistance en ligne fournissent des éléments biographiques concordants sur Pierre BRIOUT (mission « Patchouli », sabotage d’usines en région parisienne, puis maquis de la Nièvre et exécution par les Allemands).
Actions menées pendant la Résistance
L’Ordre de la Libération fournit un déroulé précis d’actions attribuées à Marcel SUARÈS dans le cadre de « Patchouli » : déplacement en Normandie (Chevanceaux) le 16 janvier 1944 pour chercher des armes et explosifs et assurer de l’instruction ; sabotage fin janvier 1944 des usines S.K.F. à Ivry-sur-Seine ; sabotage le 3 mars de l’usine Bronzavia à Courbevoie ; sabotage mi-mars de machines (« rectifieuses ») à l’usine Timken à Gennevilliers ; action le 29 avril contre une annexe des usines Renault à Billancourt ; action le 1er mai contre la maison Rossi à Levallois ; sabotage le 19 mai contre Malicet et Blin à Aubervilliers ; puis, après l’ordre de rejoindre le maquis de la Nièvre le 6 juin 1944, destruction de huit écluses du canal du Nivernais le 10 juin et attaque près de Lormes le 12 juin. La notice du Musée de la Résistance en ligne sur Pierre BRIOUT confirme le cadre général (sabotage d’usines en région parisienne, puis maquis de la Nièvre, exécution).
Liens avec d’autres réseaux ou mouvements
Les sources institutionnelles consultées rattachent la mission au BCRA et montrent une articulation avec des maquis (Nièvre, et instruction dans d’autres maquis cités par l’Ordre de la Libération).
Les pages de l’Ordre de la Libération mentionnent également André RONDENAY (alias « Jarry ») comme délégué militaire de zone nord présent lors d’une action en Nièvre avec des membres de « Patchouli », ce qui atteste une coordination opérationnelle avec des structures de commandement clandestin en zone nord.
Chefs et figures marquantes
Marcel SUARÈS, rôle : saboteur BCRA et membre central de la mission « Patchouli » ; sort : survit, participe à la Libération de Paris, Compagnon de la Libération (décret du 19 octobre 1945).
Pierre BRIOUT, rôle : chargé de mission parachuté avec SUARÈS dans le cadre de « Patchouli » ; sort : exécuté par les Allemands le 15 juin 1944 à Crux-la-Ville (Nièvre) selon la notice biographique du Musée de la Résistance en ligne et confirmé par un relevé mémoriel. François FOUQUAT, rôle : rejoint l’équipe « Patchouli » (alias « Cisailles ») ; sort : tué le 15 juin 1944 à Crux-la-Ville (Nièvre) d’après l’Ordre de la Libération et le Maitron Fusillés (base biographique mémorielle).
Victimes / morts Pierre BRIOUT, exécuté par les Allemands le 15 juin 1944 à Crux-la-Ville (Nièvre), après engagement au sein de la mission « Patchouli » et un passage au maquis de la Nièvre. François FOUQUAT, blessé lors d’une embuscade au retour d’un parachutage et achevé sur place par les Allemands le 15 juin 1944 (cadre et date donnés par l’Ordre de la Libération ; notice biographique concordante dans le Maitron Fusillés).
Survivants identifiés
Marcel SUARÈS, survivant, poursuivant des activités après-guerre et engagé dans des associations (évadés de France, combattants volontaires de la Résistance) selon l’Ordre de la Libération.
Fin du réseau
Les sources consultées indiquent une bascule opérationnelle : sur ordre des chefs, intégration au maquis de la Nièvre à compter du 6 juin 1944, puis perte de deux membres clés (BRIOUT et FOUQUAT) le 15 juin 1944, ce qui marque de fait la fin de l’équipe initiale de « Patchouli » telle qu’identifiée nominativement dans les notices institutionnelles.
Conséquences et mémoire
L’Ordre de la Libération documente la mission « Patchouli » comme une action de sabotage visant l’industrie travaillant pour l’occupant, avec une logique explicitement formulée d’évitement de bombardements alliés sur des zones civiles, et conserve la mémoire de ses membres par des notices biographiques détaillées et l’attribution de la croix de la Libération à plusieurs d’entre eux. Des bases mémorielles complémentaires (relevés de monuments et mémoriaux) confirment l’inscription de Pierre BRIOUT dans la mémoire publique (nom relevé sur un mémorial avec date et lieu de décès).
Références bibliographiques
Histoire du sabotage : de la CGT à la Résistance, Sébastien ALBERTELLI, Perrin, 2016. Ouvrage de synthèse consacré à l’histoire du sabotage et de ses acteurs, incluant le sabotage dans la Résistance ; il constitue une ressource de contexte pour situer les missions de sabotage clandestin et les dispositifs d’action durant la Seconde Guerre mondiale, et il est signalé en notice bibliographique avec ISBN 9782262067823.
Références internet
Ordre de la Libération, notice « Marcel SUARÈS » : biographie détaillée incluant la définition de la mission « Patchouli », la date et le lieu du parachutage, et un déroulé d’opérations (SKF Ivry, Bronzavia, Timken, Renault Billancourt, Rossi Levallois, Malicet & Blin, actions en Nièvre). https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/marcel-suares
Ordre de la Libération, notice « Pierre BRIOUT » : biographie confirmant l’appartenance à la mission « Patchouli » et la composition de l’équipe. Lien : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/pierre-briout
Ordre de la Libération, notice « François FOUQUAT » : biographie confirmant l’intégration à « Patchouli » (alias) et le destin final. Lien : https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/francois-fouquat
Musée de la Résistance en ligne (AERI), notice « Pierre BRIOUT » : biographie synthétique indiquant « mission Patchouli », sabotage en région parisienne, maquis de la Nièvre et exécution. https://www.museedelaresistanceenligne.org/personne.php?id=21640
Maitron (Fusillés, 1940-1944), notice « François Fouquat » : notice biographique mémorielle mentionnant la mission « Patchouli » et le décès. Lien : https://fusilles-40-44.maitron.fr/fouquat-francois-francois-favier-cisailles-fernand-fourmont-fournier-lieutenant-andren/
MémorialGenWeb, relevé « Crux-la-Ville » : entrée nominative « BRIOUT Pierre Louis » avec date et lieu de décès, utile pour la mémoire monumentale. Lien : https://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?dpt=58&idsource=114831
Sources consultées : date de vérification : 18 janvier 2026
- Maitron Résistance : tentative de consultation d’une notice « Briout » via le domaine principal maitron.fr, accès empêché (erreur 403) ; recours à la base Maitron Fusillés (fusilles-40-44.maitron.fr) pour François FOUQUAT, résultat probant.
- Fondation de la Résistance / Musée de la Résistance en ligne (AERI) : notice biographique « Pierre BRIOUT », résultat probant. Musée de la Résistance en ligne : consulté pour la mission « Patchouli » via notices biographiques, résultat probant. Mémoire des Hommes : recherche web directe non concluante pour une page primaire stable exploitable dans ce lot (aucune page officielle ouverte et citée ici). Ordre de la Libération : consulté et utilisé comme source principale (notices SUARÈS, BRIOUT, FOUQUAT), résultats probants. Gallica (BnF) : non pertinent pour la mission « Patchouli » dans les requêtes réalisées, aucun résultat exploité dans cette fiche. SHD : non consulté en salle ; une piste de cotes et renvois SHD/AN apparaît dans une ressource secondaire de compilation (consultée comme piste, non utilisée comme preuve principale).
- Sites d’associations mémorielles locales : consultés ponctuellement à titre de contexte (non utilisés comme sources principales face aux notices institutionnelles).
- Wikipédia : consultée uniquement en complément et recoupée avec l’Ordre de la Libération, non utilisée comme source principale.